Babylon Bis, cantine intemporelle des noctambules initiés

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Dans l’antre du Babylon Bis

Qu’ont en commun Dany Brillant, Rihanna, Beyoncé, Snoop Dogg ou encore Laurent Voulzy ? D’avoir mangé, au moins une fois, au Babylon Bis. Non averti(e), on peut risquer de rater la porte de ce restaurant afro-caribéen, lumière tamisée sur fond de Bob Marley et de musique nigériane, déco aux imprimés zèbre et léopard, tapi dans la rue Tiquetonne (Paris 2e). « Un restau tenu par des Blacks (sic) et qui sert des plats africains et antillais si tard, c’est devenu rare », note Christiane, la gérante, bientôt 50 ans, qui contribue à sa réputation mais qui n’aime pas se raconter. Les murs parlent pour elle : tout le show showbusiness s’y trouve en photo. Claude Nougaro y vint se délecter d’un poulet braisé, « notre spécialité ». Serena Williams, comme Lenny Kravitz, y ont leur rond de serviette. Lupita Nyongo s’y est restaurée une semaine.

Christiane, la gérante du Babylon Bis
Christiane, la gérante du Babylon Bis

Une affaire de famille

Le Babylon Bis, adresse appréciée et recommandée jadis par Marvin Gaye, attire un public varié d’anonymes, « des étrangers, surtout des Américains et des Asiatiques mais peu de Noirs finalement qui trouvent que c’est trop cher ». Quant à Almamy Sylla, autre pilier du lieu, il déplore que les clients, surtout les jeunes, sont devenus difficiles. Arrivé de Guinée pour devenir footballeur, l’homme est cuisinier, serveur, physio… « Je sens si une personne va créer des problèmes. On ne veut pas risquer la fermeture à cause de ça. » Une affaire de famille « C’est mon mari, Faze, qui a monté l’affaire il y a 35 ans. Je poursuis son oeuvre », explique Christiane, qui travaille avec son cousin et ses deux frères et soeurs.

Une vie de nuit

Finalement, elle se met à table. Née en Martinique, arrivée à Paris à 13 ans, elle étudie la gestion ; à 22 ans, rencontre Faze, d’origine guinéenne. Et ne s’imaginait alors pas diriger l’établissement. « Je tenais le salon Idriss Coiffure. J’ai vendu et rejoint l’équipe à plein-temps », se souvient-elle. Fini le Balisier à deux pas, le Copacabana, le Baby Antilles et autres boîtes où Christiane partait en plein service danser deux heures et revenait travailler ! Debout de 20h à 5h, le couple a été victime de surmenage. « J’ai arrêté l’alcool, maintenant c’est sport et repos ! Mais j’aime la nuit », dit Christiane. On part, laissant derrière nous un fond de sauce chien, le papier tigré, Beyoncé et les autres. Et la sensation d’avoir été dans l’un des derniers bastions d’un Paris afro et fun. On reviendra, c’est sûr.

Paru initialement sur le magazine Afriscope 

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