MEDIAS – Quatre fois où Rokhaya Diallo a été attaquée publiquement

POLEMIQUES – Prendre des positions quand on est un personnage public, c’est s’exposer à de violentes réactions de la part de ses détracteurs, qu’ils soient connus ou anonymes. Dans le cas de Rokhaya Diallo, ça fait presque 10 ans. Bref rappel, qu’on peut être réduite à son enveloppe et ses attributs féminins, parce qu’on défend ses opinions.

Editorialiste, auteure d’essais, d’une BD, d’un livre sur les personnalités qui portent le cheveu afro, militante et co-fondatrice de l’association Les Indivisibles, réalisatrice de films documentaires, conférencière, animatrice sur BET, mais aussi passionnée de mangas et  doubleuse de mangas, productrice, blogueuse lifestyle, égérie d’une marque de bijoux éthiques… Rokhaya Diallo est un personnage public, devenu incontournable, qui multiplie les activités dont les engagements et les prises de paroles anti-racistes, féministes, pro-sexe dans la presse et sur les réseaux dérangent. L’Afro rappelle quatre moments, -mais ils sont plus nombreux- où elle a dû faire face à des agressions au cours de débats ou sur Internet.


Quand Eric Zemmour la renvoyait à sa « race noire »

Bien avant Nadine Morano, Eric Zemmour parlait de race blanche à la télé. En 2008, alors qu’il débat avec Rokhaya Diallo sur le plateau de l’émission d’Isabelle Giordano, Paris-Berlin, à la « race noire » de R. Diallo, le polémiste lui oppose sa « race blanche », validant leurs existences du fait que cela se voit, à l’issue d’un débat où il déplorait l’effacement des « hiérarchies entre les cultures », comme le retranscrit le site acrimed. Présent, Vincent Cespedes a également rappelé que « les races » n’existaient pas pour les scientifiques.

Quand Caroline Fourest a mal pris son Y a Bon Awards

Des heurts et des prises de bec idéologiques entre Caroline Fourest et Rokhaya Diallo, il y en a eu beaucoup. La militante, co-fondatrice des Indivisibles est aussi l’organisatrice des Y a Bon Awards, une cérémonie satirique qui récompense les phrases racistes prononcées par des personnalités publiques. En 2012, pas contente d’avoir reçu un prix pour avoir parlé « des associations qui demandent des gymnases pour organiser des tournois de basket réservés aux femmes, voilées, pour en plus lever des fonds pour le Hamas », Caroline Fourest s’était exprimée longuement dans un billet sur son blog pour dénoncer Rokhaya Diallo dont « le but (…) et de son association (Les Indivisibles) n’est pas de militer contre le racisme… Mais de combattre les antiracistes ayant le tort, à leurs yeux, de défendre la laïcité. » Suite à sa volonté de porter plainte contre l’association pour injures et diffamation, d’autres personnalités telles l’écrivaine Leonora Miano, la chercheuse Christine Delphy, la cinéaste Claire Denis, le rappeur Akhenaton, ou encore le producteur Kader Aoun ont signé une pétition de soutien aux Indivisibles.

Quand un internaute a appelé à son viol sur Twitter

« Il faut violer cette conne de rokaya comme ça fini le racisme » (sic). C’est ce message qu’a adressé sur Twitter un homme, travailleur au statut d’handicapé, qui dira à son audience avoir voulu « attirer l’attention ». Un message qu’avait retweeté Rokhaya Diallo, qui ne voulait « pas garder ça sous silence ! Quand on est une femme et qu’on prend la parole, on subit ce genre de réactions sur les réseaux sociaux ». Mardi 22 décembre 2015, LCP a rediffusé Les Réseaux de la haine, le documentaire de l’éditorialiste, qui retraçait son action en justice contre ce jeune homme dénommé Samir. Streetpress avait assisté à l’audience, marquée par le moment hallucinant où l’avocate de l’accusé s’est mise à pleurer à l’évocation de la situation et de la vie difficiles de son client. Si Rokhaya Diallo a admis comprendre sa détresse, mais pas pourquoi elle est devenue sa cible, elle a tenu à rappeler qu’elle était la victime. Le 24 janvier 2014, Samir a été condamné à 2.000 euros d’amende, dont 1.400 avec sursis et 1.000 euros de dommages et intérêts, contre les 520 000 euros demandés à l’origine.

Quand Ivan Rioufol demande à Rokhaya Diallo de se désolidariser des attentats contre Charlie Hebdo

En sa qualité d’éditorialiste, Rokhaya Diallo est une habituée de On Refait le monde sur RTL. Elle intervenait dans l’émission animée par Marc-Olivier Fogiel le 8 janvier 2015, au lendemain des attentats perpétrés contre Charlie Hebdo, comme Ivan Rioufol. Ce dernier l’a sommé de se désolidariser de ces actes meurtriers, elle ainsi que tous les musulmans qu’il invite à manifester, de manière insistante, analysant une « société submergée par l’islam radical ». Laurence Parisot n’a pas apprécié qu’il sous-entende que les musulmans, « nécessairement pas solidaires » puissent adhérer à l’horreur terroriste et aient à s’en désolidariser. « Vous vous exprimez en tant que chrétien vous ? », « Vous mettez de l’huile sur le feu de manière indigne », a-t-elle notamment dit. Marc-Olivier Fogiel a dû également recadrer Ivan Rioufol, « en colère » et qui avait du mal à se contenir. « Donc, moi, je suis la seule autour de la table à devoir dire que je n’ai rien à voir avec ça ? » a dit Rokhaya Diallo, entre autres, scandalisée par un débat houleux et blessée d’avoir été prise à parti au point de  pleurer.

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