VIDEO – Les humeurs musicales de Ouafa avec du hip-hop français mais pas que !

QUESTIONNAIRE – Ouafa, 25 ans, est la co-fondatrice de la maison d’édition Faces Cachées dédiée à la culture urbaine et créée en 2015.  Elle a beaucoup écrit sur le rap français avant de se lancer dans cette aventure et aime la musique de façon générale. C’est donc tout naturellement qu’on lui a demandé de s’apprêter au « très difficile » exercice de sélection musicale.

Le son coup de coeur du moment

« Summer Love » de Yseult ; son album tourne en boucle dans mes oreilles depuis septembre.


 

Le morceau qui la motive
« Burguesinha » de Seu Jorge ; le soleil du Brésil motive bien comme il faut !

 Le son pour accompagner un coup de blues
« Lik » de Oum ; une magnifique déclaration d’amour.

Le son qui la détend
« Palabra » de Mayra Andrade ; cette voix magnifique me transporte.

Le son qui la réveille

Le son qu’elle écoute tous les jours (ou presque)

 Le son qui l’a eu à l’usure
« Oh Lala  » de PNL ; j’adhérais vraiment pas au début mais je reconnais qu’ils font de la musique de qualité.

Le son anthem
« 1 pour la Plume » remix  de Flynt feat Ekoué, JP Mapaula, AKI, Mokless ; cet album de Flynt est un « classique » pour moi. Ce remix le clôt magistralement !

Le son qui l’émoustille
« Inconscience » d’Afrodiziac ;  LS et sa voix de velours…

Le son qu’elle a honte d’aimer

Le son qui la fait rire
« Là c’est die  » de Ridsa ; mais vous avez écouté les paroles ? ‘French kiss Olalala…’

Le son auquel il ne faut pas toucher
« Lumumba » de Lalcko ; ce mec est un génie !

Le son qu’elle a dans la tête, là, tout de suite

Le son qu’elle a saigné et qu’elle ne supporte plus
« Happy » de Pharrell  ; je crois que tout le monde l’a saigné à son insu, on l’entendait partout !

Le son qui l’énerve/l’agresse

Le son qui l’émeut

Le son qui l’ambiance
« Sapés comme jamais » de Maître Gims ;  je danse direct dès que j’entends les premières secondes !
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VIDEOS – Dix clips de Leïla Sy (@lalasy) pour s’enjailler avant notre discussion publique

Leïla Sy © Lorent Kostar
Leïla Sy ©Lorent Kostar

RETROSPECTIVE – Leïla Sy est l’invitée du blog L’Afro pour la première discussion publique sur le thème « Être afrofrançais.e, ça veut dire ? » ce jeudi 28. L’occasion de (re)voir ses clips, réalisés pour la Sexion d’Assaut en passant par Kery James, le rappeur Lino ou L.E.J..

Leïla Sy a imposé sa patte visuelle pour les vidéo-clips de nombreux artistes au cours d’une carrière de clippeuse débutée au milieu des années 2000 pour un morceau de Kery James. Petite plongée sélective dans la clipographie de Leïla Sy.

Le combat continue part. 3 co-réalisé avec Chris Macari

« Désolé » de la Sexion d’Assaut co-réalisé avec Cristobal Diaz, dont elle avait expliqué la genèse.

Mon Sound de Raggsaonic co-réalisé avec Tristan Bensaïd

Les collaborations récentes avec Kery James

 

Lettre à la République co-réalisé avec Mathieu Foucher

et Lino

Leïla Sy a également signé des réalisations qui s’éloignent du hip-hop

Entre autres, elle collabore avec L.E.J.

 

Citation

INTERVIEW – Leïla Sy :  » Même si c’est un grand jeu de dupes, il faut absolument voter »

Leïla Sy ©Lorent KostarENTRETIEN – Elle nous avait parlé musique et images lors d’une première interview. Leïla Sy, réalisatrice de clips, passe devant la caméra jeudi 28 janvier pour rencontrer les lecteur.ice.s du blog. Entre engagement artistique et citoyen, elle se raconte.
Leïla Sy, réalisatrice de clips passionnée pour quelques-unes des plumes les plus exigeantes du rap français, est une citoyenne engagée et une activiste du hip-hop. Avant de rencontrer les lecteur.ice.s du blog, celle qui dit avec humour et lucidité « remplir deux quotas en étant une femme noire » est revenue pour L’Afro sur son action au sein de l’association Devoirs de Mémoires et son implication dans le centre hip-hop à venir, La Place.

Femme et noire

« Je remplis deux quotas : je suis une femme et je suis noire. Deux sacrés dossiers. Oui, je suis métisse, c’est ma différence. J’ai pu faire des photos pour Benetton. Oui, je suis une femme, qui bosse dans un milieu d’hommes. Mais j’ai aussi cette empathie que les femmes qui sont devenues mères ont ; travailler avec moi du coup rend les choses différentes. Pour le moment, je représente pour moi, les miens, mes engagements et ça fait déjà beaucoup. Essayer de créer des images de qualité et mettre en valeur le travail d’artistes que je respecte, c’est déjà une sacrée mission, je ne vais pas mentir. Cela m’importe de prendre plus le temps de réfléchir afin de représenter pour les femmes.  »

La radicalisation dans les quartiers

(On avait rencontré Leïla peu de temps après les attentats du 13 novembre) « Tant qu’il n’y aura pas de modèles, ni de tremplin, ni de but à atteindre plus lumineux pour les enfants et petits-enfants de déraciné.e.s qui ont la peau plus pigmentée et de manière plus globale pour les jeunes issues d’un environnement modeste, ils vont là où on leur tend une main et où on leur fait une place. Je travaille sur ces thèmes, à ma façon, aux côtés de nombreux artistes talentueux. Dans Fautes de français, le clip que j’ai réalisé pour Lino, on a écrit sur des écriteaux des extraits de son texte, malheureusement tristement prémonitoires. On laisse pourrir les choses, on attend que ‘ça crame’. Ces attentats, ce sont dix, quinze ans de travail qui sont partis en fumée. »

lino YT

Devoirs de Mémoires, l’expérience associative en sommeil

« Il y avait d’autres associations engagées comme AC le feu ou les Indigènes de la République, qui faisaient bien plus que nous sur le terrain et à qui je tire mon chapeau. Devoirs de Mémoires, c’était la réunion d’un groupe d’ami.e.s ; on voulait travailler sur des questions d’histoire, on se demandait d’où venait le rejet de la France chez certains et surtout ce sentiment étrange de ne pas se sentir français. On a rencontré des spécialistes, organisé des conférences / débats avec des historiens comme Benjamin Stora. Malheureusement, les événements*, comme la mort de Zyed et Bouna notamment nous ont rattrapé.
Devoirs de Mémoires est devenue Devoirs de Réagir. On organisait des réunions hebdomadaires. Lors de l’une d’elles, une jeune femme, Madeleine, a eu l’intelligence de dire qu’il fallait proposer des solutions concrètes pour contrer le manque de respect qui avait cours dans les médias à l’époque, alors beaucoup moins libéralisés, et comme les élections pointaient leurs nez, .  On s’est regardé : sur les vingt, on était au moins la moitié à ne pas avoir notre carte d’électeur. Si nous ne l’avions pas, alors qu’on était des adultes responsables, on s’est dit qu’on devait encourager les plus jeunes à l’avoir et surtout aller nous inscrire également ;))) « 

Sur le droit de vote

« On a mobilisé notre réseau et lancé cet appel à s’inscrire sur les listes électorales. On a été médiatisé, ce qu’on recherchait, car on voulait se faire entendre, on avait envie qu’il y ait un peu d’espoir mais on était la face visible de l’iceberg. On a été beaucoup décrié, comme étant le « collectif de people » appelant au vote, –et a suscité de nombreux débats sur la toile, ndlr-. Cela m’a beaucoup peiné et a sans doute contribué à ce qu’on mette l’association en sommeil. Aujourd’hui, par rapport au droit de vote, je suis assez radicale. Même si c’est un grand jeu de dupes, il faut absolument voter : d’autres ne s’en privent pas. Ma grand-mère n’avait pas le droit de vote dans sa jeunesse, moi si. Comme disait Guillaume Depardieu, qui nous a malheureusement quitté, si tu ne t’occupes pas de la politique, la politique s’occupera de toi. L’acte de voter, c’est aussi l’acte de s’approprier son pays. Déjà que certains ne veulent pas qu’on se sente chez nous, si nous n’essayons pas de faire en sorte de l’être, on ne va pas s’en sortir. »

Son expertise sollicitée pour le centre hip-hop La Place

« La Place est gérée par une association, présidée par Agnès B., une grande dame qui a un vrai attachement au hip-hop. Elle soutient les graffiti artistes, a également une renommée qui dépasse notre milieu. Je suis membre qualifiée et bénévole au sein du conseil d’administration ; on est en charge de conseiller l’équipe qui gère le lieu au quotidien, de faire la place à toutes les disciplines, de crédibiliser le projet. C’est un idéal qui prend jour, après un travail de longue haleine, qui, j’espère, rayonnera, une fois mis en place. Enfin une reconnaissance concrète et juste de notre culture, de ma culture, le hip-hop.
C’est une évolution logique, importante et vitale pour notre pays. La France reconnaît la puissance, la richesse et l’énergie de tous ses enfants. Je suis extrêmement honorée d’avoir été contactée, même si je suis plutôt discrète. »

*A ce sujet, un article publié sur Regards dresse un bilan des actions diverses initiées nées suite aux événements de 2005

Pour lire la première partie de notre entretien : Leïla Sy, portrait musical

INTERVIEW – Racisme, afroféminisme… : Naya Ali (@laringarde) fait des vidéos

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ENTRETIEN – Y a pas que les vlogs sur le contouring, le gaming, les astuces beauté et les sketches sur YouTube, il y a aussi les vidéos de La Ringarde. Derrière ce nom se cache la journaliste Naya Ali, afroféministe revendiquée, qui parle discriminations, sexisme dans ses vidéos qu’elle réalise et monte elle-même. L’Afro l’a rencontrée.

Ça manquait en français et La Ringarde l’a fait ! La journaliste, Naya Ali de son vrai nom, ancienne de Noir et Fier et du site Madmoizelle, décrypte en vidéo les mots du racisme et du sexisme, qui touchent les personnes non-blanches en France, sans détours, avec un peu d’humour et beaucoup de pédagogie. A mettre sous tous les yeux, même si le résultat n’est pas parfait ! On a voulu en savoir plus sur cette youtubeuse qui s’affirme afroféministe, sur son parcours, ses motivations. Cinquante minutes d’entretien plus tard, nous voilà.

L’Afro :  Vous êtes un des visages de Youtube. D’où venez-vous ?

Naya Ali : Je suis née et j’ai grandi en banlieue, dans le 95, dans une petite ville où il y a beaucoup d’arbres. À 26 ans, j’y vis encore car je l’aime beaucoup !

Vous êtes passée par différents médias. Avez-vous une formation de journaliste ?

Après un Bac + 3 infocom et un master culture et médias, dans lequel on décortiquait particulièrement la télévision, j’ai écrit mon mémoire sur la représentation des femmes noires dans les magazines de mode les plus vendus et les plus connus en France, il y a trois ans. J’ai fait beaucoup de recherches, qualitatives et quantitatives ; par exemple, j’ai étudié des numéros de Vogue sortis depuis les années 70.
Surprise : il y avait plus de femmes noires qu’aujourd’hui, foncées, belles, et pas dans des postures dégradantes comme cela a pu être le cas dans les années 90 ; on se rend compte que les mannequins noires étaient très présentes, même si je n’ai pas eu la chance de rencontrer celles qui ont posé à cette époque.

C’est ce qui vous a donné envie de parler d’afroféminisme, des discriminations ? 

Si je me suis revendiquée féministe après avoir mieux compris que ce n’était pas l’image de la militante hystérique et anti-hommes qu’on nous vendait, 90% du féminisme dont on parle est blanc. En tant que jeune fille noire, je ne m’y reconnaissais pas. Comme j’ai toujours beaucoup lu, j’ai commencé à lire les théories du black feminism, l’afroféminisme en France, et je me suis sentie enfin moins seule. En français, j’ai dévoré Sois blanche et tais toi ! de Rokhaya Diallo, que je conseille pour celleux qui veulent être initié.e.s à l’afroféminisme en France.
Sinon, il y a des blogs très bien écrits sur le sujet, ou des comptes Twitter super comme celui d’Amandine Gay. Je suis très proche de ma famille, originaire des Comores, dont j’ai reçu une éducation africaine, musulmane, beaucoup de valeurs, des principes des coutumes hyper cool mais qui peuvent être très difficiles à porter quand on est une fille qui vit en France. J’étais la « rebelle ».
J’ai commencé à faire comprendre à mes parents, qu’autre chose m’intéressait, comme faire des études longues ; j’ai toujours été admirative de tout ce que ma mère savait faire, mais ce n’était pas moi. Ça a été dur de sortir de ce dans quoi j’avais le sentiment qu’on m’enfermait, la caricature de la « parfaite épouse africaine ».

Quelles sont vos expériences journalistiques ?

J’ai travaillé pour Noir et Fier. Ça a été une super expérience. Je suis arrivée dans le média, par l’intermédiaire d’un ami, qui travaillait sur l’aspect technique du site et qui m’a présenté au boss. Ce dernier m’a engagée après avoir lu quelques articles du blog -aujourd’hui disparu-, que j’avais créé à l’époque, La Ringarde dont j’ai gardé le nom pour ma chaîne Youtube, où je parlais de tout, de manière un peu décalée ; je ne suivais pas la mode, je préférais lire des bouquins. J’y suis restée près d’un an, en débutant comme rédactrice. Les derniers mois, je suis devenue rédactrice en chef et j’ai commencé à faire des vidéos sur YouTube.

La communauté noire ? Penser qu’elle existe fait du bien !

Comment êtes-vous passée de Noir et Fier à Madmoizelle ?

Une des rédactrices avait écrit un article sur une de mes vidéos. Puis Fabrice Florent, le rédac chef du site, m’a demandé d’en faire une. J’ai adoré. J’ai rejoint ensuite l’équipe pour y travailler à plein temps, en CDD. J’ai arrêté il y a près de deux mois, avant la fin de mon contrat.

Pourquoi ?

Pour me concentrer sur mes vidéos. J’avais écrit un article qui a bien fonctionné sur l’afroféminisme. J’étais super contente de voir que ça intéressait les lecteur.ice.s qui posaient plein de questions. Ça se passait toujours très bien avec l’équipe.
J’ai donc continué de faire des sujets autour des femmes, artistes noir.e.s. Certains passaient très bien, d’autres très mal. Les lectrices blanches faisaient du whitesplaining, -le fait d’expliquer des problématiques de discrimination raciale, sexuelle ou autre… à celleux qui les vivent !-, et les lectrices noires le vivaient mal, hallucinaient de lire certains commentaires, ce que je peux comprendre. Du coup, elles me disaient : « Super, ces articles, mais pas sûr que ça vaille la peine de continuer. »
A un moment, j’étais dans une impasse. Soit je restais chez Madmoizelle et je me privais de faire une partie des articles qui me plaisaient -30% à peu près sur toute ma production écrite sur le site qui touchait à plein d’autres sujets-, soit je me concentrais sur ma chaîne YouTube, -faire une vidéo de cinq minutes, ça n’a l’air de rien, mais ça demande beaucoup d’énergie-, avec des abonné.e.s suffisamment nombreux.se.s pour continuer. Je suis partie.

Naya Ali

Vos vidéos parlent beaucoup de problématiques qui touchent les Noir.e.s en France. Croyez-vous à l’existence d’une communauté noire ?

C’est un terme qu’on entend souvent chez Noir et Fier ! Penser qu’elle existe, en parler fait du bien à beaucoup de monde. Pour moi, elle existe dans le sens où on vit plus ou moins les mêmes choses, on se rassemble plus ou moins autour des mêmes choses, on peut se serrer les coudes. Par contre, je ne suis pas d’accord avec l’idée que cela veuille dire que les Noir.e.s sont tout.e.s pareil.le.s, écoutent tou.te.s du r’n’b ou du rap par exemple. On m’a souvent dit : « Tu parles comme une blanche ! » ou on a pu me reprocher de faire des « trucs de blanc » comme d’écouter des morceaux rock. Mais qu’est-ce que ça veut dire ?!
Je me suis reconcentrée sur ces termes quand j’ai travaillé dans des entreprises où il n’y avait que des personnes blanches et j’avais besoin de partager des choses avec des personnes qui me ressemblent. Retrouver certain.e.s de mes ami.e.s noir.e.s à l’extérieur était du coup libérateur, comme boire de l’eau après une grosse soif ! Communauté d’expériences, de ressentis oui, pas nécessairement d’esprit.

Quels contenus proposiez-vous au départ sur votre chaîne Youtube ? 

Des critiques de séries des années 90 notamment. Je voyais aussi qu’il y avait des chaînes de nanas super cool qui parlent d’afroféminisme aux Etats-Unis, et j’ai tenté de savoir s’il y en avait en France. J’ai même lancé un appel sur Twitter pour savoir s’il y avait des vlogueuses qui faisaient autre chose que de la beauté. À ma connaissance, il n’y en avait pas et ça m’a rendu triste. Pour moi, cela ne servait à rien de faire des articles pour ne parler qu’aux noir.e.s. et Youtube est un super vecteur pour dire des choses.  J’ai 5000 abonné.e.s, ce qui est peu pour certain.e.s., mais je m’adresse à plein de personnes différentes avec mes émissions. Je compte cependant arrêter les débriefs, car c’est très éprouvant.

À terme, je veux créer une chaîne qui parle de ces questions-là, pas forcément centrées sur les Noir.e.s et qu’on se regroupe toutes. Je connais des tas de filles qui ont des tas de trucs à dire. Je n’ai rien contre les vlogs de beauté, qui ont d’ailleurs contribuer à rendre les filles noires visibles ; je m’en inspire d’ailleurs pour me coiffer, me maquiller. Mais si elles ne font que ça parce que c’est devenu un créneau par peur de faire autre chose, je dis non (rires) ! Qu’elles aient peur de se lancer pour plein de raisons, à cause des réactions, de manque de matos – j’ai commencé avec du matériel tout pourri- : c’est pas grave, allez-y les meufs !

Sa dernière vidéo 

Combien de temps ça prend pour faire une vidéo ? 

Pour les Kezak’ Oh !, ma grosse émission avec la voix qui me pose des questions, le tournage me prend un après-midi. J’écris, ma soeur m’aide à cadrer, je monte, -c’est le plus compliqué-, je cherche des extraits que j’ai le droit d’utiliser : en tout, ça me prend 10 jours.  Pour mes vlogs, j’ai besoin d’une heure de tournage et d’une journée pour le montage.

Est-ce que l’on vous a approché pour faire des collaborations ? Diffuser vos contenus ailleurs ?

Je reçois trois messages par jour de personnes qui me disent qu’elles aiment ce que je fais, ce qui me touche beaucoup à chaque fois ! Mais pas de mail pour me dire « Merci, tu m’as donné envie de faire comme toi » ou pour collaborer. Si y a besoin, je dis volontiers quel matériel j’utilise, ou encore je peux aider à monter quelque chose vite fait !

Quels sont vos projets ? 

J’aime beaucoup ce que fait Buzzfeed, qu’on critique pour ses articles faits à la va-vite, sur sa chaîne Youtube, avec des sketches très drôles parfois. À long, long terme, j’aimerai pouvoir faire aussi de la fiction, des saynètes pour rendre les acteur.ice.s noir.e.s visibles tout en convoquant un casting métissé, quand j’aurai bien développé ma chaîne. Si vous êtes réalisateur.ce, contactez-moi (rires) !

Comment votre famille considère vos vidéos ?

Ma soeur, qui m’aide, est ma première fan ! J’ai montré la vidéo sur l’appropriation culturelle à ma mère ; elle était fière du résultat, même si quand je parle de féminisme avec elle, qui est par ailleurs très heureuse dans sa vie, elle ne comprend pas bien pourquoi je fais ces vidéos.

Et pourquoi vous faites tout ça ?   

J’aurais aimé voir quelqu’un, il y a dix ans, faire ce genre de choses. Ado, à force d’entendre des remarques désagréables, sexistes, racistes, j’étais  réellement persuadée que les filles noires valaient moins que les filles blanches. J’étais dans une haine de moi-même et j’aurai kiffé voir une meuf parler librement et évoquer les motifs qui m’auraient encouragé à m’aimer.  J’aimerais que ça aide des jeunes filles, des jeunes femmes noires qui pensent que le féminisme ne s’adresse qu’aux femmes blanches. Entre femmes, on doit être solidaire. Ce n’est pas un mec qui peut nous encourager, ce n’est pas pareil. Ensemble, les filles noires, on peut beaucoup.  Ne nous regardons pas mal dans la rue. Faisons-nous des câlins !

 

VIDEO – Les humeurs musicales de Julia, adepte de Kanye West et de sons nigérians

QUESTIONNAIRE – Directrice artistique et co-fondatrice de la marque T-shirt Noir, Julia aime la mode tout autant que le son. Petite plongée dans son univers entre hip-hop, électro et ambiance naija.

Le son coup de coeur du moment
« Hadron Collider » de Blood Orange & Nelly Furtado


 

Le morceau qui la motive
« La Danse » d’Aminé prod by Kaytranada


 

Le son pour accompagner un coup de blues
« That’s how strong my love is » d’Otis Redding ; un classique, tu pleures un bon coup et ça passe!


 

Le son qui la détend
« So Faded » de Phlake


 

Le son qui la réveille
Pour un réveil en douceur, j’opte pour de la bossa nova, « Samba de uma nota so» de Joao Gilberto.

Sinon un son doux et punchy à la fois, parfait pour se réveiller, c’est « On Me » de The Game feat. Kendrick Lamar dans le dernier album de The Game, « Documentary 2 ».


 

Le son qu’elle écoute tous les jours (ou presque)
« Girl » de The internet feat Kaytranada


 

Le son qui nous l’a eu à l’usure
Il y en a tellement, mais « Hello » d’Adele« Hello » d’Adele à force de l’entendre partout, et d’écouter des covers dans tous les sens… finalement je me dis que ce n’est pas si mal !


 

Le son anthem
Impossible de n’en choisir qu’un seul! Mais c’est assurément un son de Kanye West, il sait faire ce genre de son ou dès la première note, je me lève, danse, chante et ne répond plus de rien : « All day », « Niggas in Paris », « All of the lights », « Stronger », « Touch the sky », « Through the wire », je m’arrête là ! lol


 

Le son qui l’émoustille
« Falling » de Kartell feat Tom Bailey ; parfait pour faire des câlins !

Le son qu’elle a honte d’aimer

Je chantonne sans le vouloir « Sorry » ou « What do you mean » de Justin Bieber …  faut bien l’avouer, son dernier album est bon!


 

Le son qui la fait rire
On ne peut pas faire plus drôle pour ne pas dire ridicule que « Décalecatan, Décalecatan, Ohé, Ohé » … pas besoin de citer le groupe !


 

Le son auquel il ne faut pas toucher
«Ex-Factor » de Lauryn Hill ; je dirais même tout l’album « The Miseducation of Lauryn Hill ».


 

Le son qu’elle a dans la tête, là, tout de suite
« Amor » de Raury


 

Le son qu’elle a saigné et qu’elle ne supporte plus
« Adorn » de Miguel


 

Le son qui l’énerve/l’agresse
Tout le rap/trap français,  Gradur et tutti quanti… Je ne comprends pas, je n’ai plus l’âge pour ça !


 

Le son qui l’émeut
« Ojuelegba » de Wizkid ; je parle bien de l’original, pas du remix avec Drake.
Il y a une nostalgie qui me renvoie à mon enfance et fait remonter trop d’émotions!


 

Le son qui l’ambiance
« Dance »  de Teknomiles et plus globalement la « naija music » désormais leader sur la musique africaine… j’aime leur créativité, ils mixent à la perfection musique traditionnelle, influence hip hop et électro!