« Black(s) To The Future » fait son premier festival !

INITIATIVE – Mawena  Yehouessi (au centre sur la photo avec un chapeau) a monté la plateforme Black(s) to the future, un site transmedia qui veut proposer un autre regard sur L’Afrique et la création des artistes du continent et de la diaspora. Et en juillet 2016, l’équipe organise son premier festival ! Rencontre.

MISE À JOUR – Du temps a passé depuis cet article ! Moins d’un an après notre rencontre,  alors que l’organisation d’événements étaient déjà dans l’air, l’équipe de Black(s) To The Future organise son  premier festival au Petit Bain, une salle parisienne sur l’eau les 2 et 3 juillet 2016. Au programme : des conférences, des « voyages audio » -gratuits-, des concerts, dj sets (Mo Laudi, Afronautes d’Oberkampf…) -payants-, l’afrofuturisme étant le liant de toute la manifestation. Nous avions rencontré Mawena Yehouessi, l’une des âmes de la plateforme en décembre dernier, qui nous a parlé de la philosophie du projet. 

Mawena’s curriculum

« Je suis née au Bénin, ma mère est bénino-sénégalaise. Jusqu’à mes douze ans, j’y allais tous les deux ans. On a un pied ici, un pied à Cotonou. Mon rapport à l’Afrique est forcément biaisé, fantasmé et je l’assume totalement ;  J’ADORE cette idée même ! Il y a une vraie richesse dans ce que tu peux inventer dans cet espace-là. Ici, en France, je suis vraiment dans le moule. Même si je suis noire, j’ai fait des études franco-françaises. Là-bas, dans mes pays, je suis un peu la petite Française. J’aime ce jeu. Je crois connaître vraiment le Sénégal et le Bénin, et j’ai aussi suffisamment d’espace pour les critiquer, pouvoir les réinventer tout en étant hyper attachée à leurs traditions. »

Sur la volonté de renouveler le discours

« C’est venu d’un manque visuel. Je ne retrouvais pas dans mon environnement quoi que ce soit qui me rappelle l’Afrique que je connais, ou qui m’en propose quelque chose d’inventif. Et puis le discours est toujours le même, à croire qu’hormis le wax, la sape, les Africain.e.s n’ont rien inventé !! Ce n’est pas représentatif et j’avais envie de contribuer à renouveler cela, grâce à l’afrofuturisme. »

L’afrofuturisme

« On a fait l’interview de Mark Dery qui a contribué à définir ce qu’est l’afrofuturisme, -mouvement culturel émancipateur inventé par les Afro-américain.e.s pour résister artistiquement, spirituellement dans un pays où il ne fait pas bon être non-blanc et qui puise, entre autres, dans ses origines africaines pour ce faire ndlr-. Pour ma collaboratrice Steffi, c’est le moteur d’un progrès universel. J’ai expliqué dans un long article -recommandé, ndlr- ce que cela représente pour moi. »

Pourquoi Black(s) To The Future ?

Dans mon parcours, plutôt classique, -prépa philo-, puis gestion de projets culturels, il y a eu plusieurs déclencheurs. Je savais que je voulais bosser dans l’art contemporain.
En master de philo en 2012, je travaillais sur l’art africain contemporain et questionnais cette grande appellation. Ma direction de recherche m’a souhaité bonne chance et m’a averti : « Vous ne devrez compter que sur vous ». Il n’y avait aucune ressource, pas de spécialiste à la Sorbonne, – Paris I-qui se soit intéressé.e à la question, ce que je trouve dommageable. L’esthétique en dehors de l’occident, ça n’existait pas pour eux. Le deuxième déclencheur, ça a été lors d’un séjour en Italie. J’ai passé six mois à Bologne. L’économie italienne est catastrophique, il n’y a pas d’aides, ni de subventions  pour les artistes mais il y a une émulation culturelle dingue ; le côté Do It Yourself m’a frappé. « 

La composition de l’équipe 

« Je me suis mise à penser le projet et j’ai commencé à créer l’identité visuelle. Et j’ai brainstormé avec une amie, Hélène et mon père. Il vit entre l’Afrique et ici, on n’est pas de la même génération. Il n’est pas ‘2.0’ mais mais ça a été hyper intéressant de confronter ces trois points de vue. On se voyait tous les lundis avec Hélène. Je faisais la navette entre Orléans, où vivent mes parents, et Paris et on passait au moins trois heures à chaque fois à parler du projet. Tout s’est fait de manière assez aléatoire et petit à petit. »

L’appel à contribution financière

« Grâce au crowfunding, une version 0 du site est née en septembre 2015. On a tout de suite pensé aux événements, aux conférences, à la marque, au workshop et à la structure transmedia. Steffi Njoh Monny est responsable du contenu éditorial, c’est une partie très importante de ce que nous faisons. « 

Les projets artistiques

« On fait collaborer des plasticiens avec des écrivains, des activistes sur le format des syncretics. On repère ces artistes en cherchant sur Internet. Ils ne sont pas hyper  connus ou n’ont pas de site web de première main, mais je découvre qu’ils font partie d’un réseau solide d’artistes independants.  Yves Murangwa, un plasticien, et Ytasha Womack, une auteure de science-fiction vont ainsi se rencontrer artistiquement. C’est intéressant car ce sont deux mondes différents mais ils sont animés par la même volonté de proposer un regard novateur sur les choses. »

La suite

« A terme, j’aimerai me consacrer à la partie artistique, chercher des artistes qui ont plaisir à ensuite collaborer ensemble. Le projet pour le moment est bénévole, mais on espère développer le studio, pouvoir travailler sur des projets de graphisme à destination des institutionnels pour faire entrer de l’argent. On va refaire un appel à contribution éditoriale. On a par ailleurs déjà rencontré quelques partenaires, intéressés pour des collaborations d’envergure. Des projets sont en cours. Mais pour le moment, chut ! »

Toutes les informations pour le festival Black(s) To The Future avec Mo Laudi, les Afronautes d’Oberkampf, Gato Preto… au Petit Bain ici  

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