CULTURE – Cinq bonnes raisons d’acheter le city guide de Little Africa

ENTREPRENARIAT – Jacqueline Ngo Mpii a enfin sorti son city guide de L’Afrique à Paris. On a pu l’acheter et -bien- le feuilleter. On valide et on vous dit pourquoi.

Grâce à des années de crapahutage dans Paris à la recherche de bonnes adresses afroparisiennes, un crowdfunding réussi et beaucoup de persévérance, Jacqueline Ngo Mpii a pu sortir le city guide de l’Afrique à Paris. En vente en avant-première lors de la foire AKAA au Carreau du Temple, il est disponible sur une boutique en ligne dédiée depuis dimanche. On vous donne cinq bonnes raisons de vous le procurer le plus vite possible.

1) Si on ne parle que de la forme, c’est déjà top !

On s’attendait à un pavé, un genre de beau livre, à couverture épaisse. Le guide est un livre de poche qu’on peut facilement emporter partout, ce qui ne l’empêche pas d’avoir une jolie couverture et d’être bien fourni. Le tout, bien écrit, se lit facilement, les informations sont bien claires, les photos soignées. Pour de l’auto-édition, c’est un quasi-sans fautes : on dit juste BRAVO !

2) Un ouvrage de référence de ce genre manquait

C’est important de dire que Paris ne se résume pas qu’à aller voir la Tour Eiffel ou le Louvre. Que nos vies dans cette capitale ne se passent  pas uniquement entre les Champs-Elysées -pour le shopping, évidemment- et Saint-Michel -pour les études à la Sorbonne et le patrimoine culturel-. Que les Africain.e.s de Paris ne consomment, ne bougent, ne vont danser, ne se font pas coiffer qu’à Château d’Eau ou Gare du Nord.  Difficile de trouver une mine d’informations aussi précieuses dans les guides traditionnels tels que le Routard ou encore Lonely Planet ; La Goutte-d’Or ou Château-Rouge n’y sont pas forcément des zones parisiennes de référence à visiter. L’intérêt de ce petit manuel est de concentrer toutes les adresses, testées et approuvées par Jacqueline et son équipe. Et sur ce point, il n’a rien à envier aux guides historiques.

3) Le Paris afro politique, topographique et culturel est bien mis en valeur

Un vrai travail éditorial a été fait pour permettre de mettre les traces africaines à Paris en perspective de plusieurs manières, en pensant au confort des lecteur.ice.s. Il est utile même -et surtout- quand on se dit qu’on connaît déjà. Une carte permet d’avoir une vision globale de l’étendue du Paris afro (page 22). On peut se perdre dans les rues de la capitale et en apprendre un peu plus sur la colonisation et les grands hommes politiques noirs et invisibilisés par l’histoire (page 40). Si on a moins de temps, Jacqueline, qui organise des visites régulières dans la capitale selon des thématiques, a concocté un programme pour les touristes qui font un séjour parisien de 3 jours (page 50). Mention spéciale à la rubrique qui délivre « 10 bonnes manières pour déconstruire les préjugés », (page 13) utiles au voyageur de longue ou courte durée, comme aux travailleur.se.s ou aux habitant.e.s de la ville. C’est toujours bon de rappeler à tout le monde qu’il ne faut pas « demander à toucher les cheveux crépus d’un africain », ou que l’on peut « utiliser le mot noire pas black pour désigner une personne noire » ou encore que « Les Africains ne sont pas tous noirs » -c’est aussi vrai dans l’autre sens ;)- !

4) La présence d’artistes ajoute un plus

C’est important de montrer que la ville reste dynamique et créative. Le guide met en avant des artistes afro comme Alif King ou Fred Ebami qui donnent leur vision de Paris. Une bonne idée, surtout que leurs travaux sont divers. C’est une excellente manière de faire découvrir leur travail et de sortir des images d’Épinal d’un Paris dessiné uniquement par les peintres de Montmartre ou de Beaubourg. Cela laisse augurer de nombreuses possibilités pour la suite et les nombreuses rééditions de ce guide – oui, on est sûr de ça 😉 -, car la ville regorge d’artistes et d’autant de manières de voir et de vivre Paris.

5) L’esprit qui anime la team little africa est positif et inspirant

Celle qui disait partir d’un échec a bien rebondi. Jacqueline Ngo Mpii a mené cette aventure de bout en bout, de la conception à l’édition accompagné d’une équipe. Si on peut la retrouver tout au long du guide, parée de vêtements ou d’accessoires, c’est avant tout une manière de mettre en avant la richesse des créateurs afro que ce soit Afrikanista (page 19), Babatunde (page 156) et bien d’autres. Car le guide est un travail de groupe mené en partie en famille et avec des collaborateur.ice.s fidèles et surtout compétent.e.s, comme Stéphane Aissa Bandassak, graphiste ou Guilain Richard, photographe. Et ça, on aime particulièrement ! Allez, payez votre billet de 20 euros, vous ne le regretterez pas 😉

Ce qu’on aimerait voir dans la deuxième édition : encore plus de nouveaux lieux, de nouvelles personnalités, un autre visage qui mette en avant les marques et créateurs afro qu’on aime porter dans la capitale et dans le monde. Et pourquoi pas une édition indépendante sur tou.te.s les entreprises, lieux culturels, de mémoire, acteur.ice.s afro en dehors de Paris ? Le potentiel de cette première édition est juste sans limite.

Les cinq adresses préférées de Jacqueline Ngo Mpii

pour manger…

au Ô Petit club africain « Le brunch de 25€ avec buffet à volonté, c’est du jamais vu ! Découvert il y a 2 ans, j’y vais souvent le samedi. »

http://opetitclub.fr/

pour danser… au VRP Vendôme « J’y suis allée une fois et j’ai trouvé ça pas mal. »
http://vrp-paris.com/

pour se balader, se cultiverau Jardin tropical de Vincennes. « Je l’ai découvert il y a 3 ans. Je n’y vais pas autant que je souhaiterais, juste l’été quand il fait beau mais ce lieu a un charme fou. Je vais au Musée de l’histoire de l’immigration. L’édifice est majestueux et j’y vais parce que ça parle de l’histoire de l’immigration en France, de la colonisation. »
http://www.vincennes-tourisme.fr/Decouvrir/Bois-de-Vincennes-et-ses-alentours/Le-Jardin-d-Agronomie-Tropicale
http://www.histoire-immigration.fr/

pour s’habiller Sakina M’sa « On peut trouver les vêtements de la créatrice d’origine comorienne dans le 18e et dans le 3e au Front de mode. »
http://www.sakinamsa.com/concept-store/

pour kiffer, tout court... « C’est plutôt un arrondissement de Paris : le 18ème. J’ai vécu du côté chic-Anvers-, je travaille du côté populaire -la Goutte d’Or-. Il est parfaitement à l’image de ce Paris africain : ce sont deux mondes différents qui se juxtaposent, cohabitent ensemble, se mixent parfois et qui pourtant s’ignorent totalement. »

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