MUSIQUE – Dadju, Roga Roga, Serge Beynaud … la playlist qui enjaille la Côte d’Ivoire par Dj BDK (Trace)

ENJAILLEMENT – Dj et même Vj de Trace Côte d’Ivoire, il fait partie de celleux qui ambiancent dans les boîtes de nuit abidjanaises, faisant naviguer le public entre nostalgie avec des classiques et fraîcheur avec les derniers tubes allant du zouglou, au coupé-décalé en passant par du rap et du r&b. Il a accepté de nous concocter une sélection des morceaux qui font vibrer la Côte d’Ivoire actuellement.
Il a commencé à mixer en 2004 en direct de sa chambre pour se faire la main. Jusqu’à ce qu’une radio locale commerciale de l’époque à l’audience non négligeable lui réserve une tranche horaire et hebdomadaire le samedi après-midi. Aujourd’hui, il est une référence des nuits abidjanaises. A l’écoute de ce qui parle musicalement et sur les pistes de danse aux Ivoirien.ne.s en ce moment, en voici un échantillon.

Safarel Obiang – « Grattanhou »

Dadju – « Ma fuzzy style »

StarBoy feat Wizkid, Ceeza Milli, Spotless, Terri – « Soco »

Kerozen feat Serge Beynaud – « ça dépend de toi »

Olamide – « Science Student »

Shado Chris, Locko – « Kitadi »

Roga Roga – « 242 »

Serge Beynaud – « Babatchai »

Singuila – « Faut pas me toucher »

(Crédits photo = Adriel BOKA)

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F.A.Q. : #FraichesWomenFestival – Quelques questions que vous vous posez peut-être

« Comment accéder aux ateliers ? », « est-ce que vous vous enrichissez grâce à la billetterie ? », « est-ce que l’événement est ouvert aux hommes? », « est-ce que ça va être trop bien ? » (SPOILER SUR CELLE-CI : OUI !)

  1. Comment prendre des billets ? 

En prévente, ici > bit.ly/BilletterieFraichesWomenFestival

    2. Merci… Ouh la la, je suis sur le site de la billetterie. JE COMPRENDS PAS LES TAROS !!!

Alors, c’est pas compliqué 😉

On vous laisse la possibilité de prendre votre billet seulement pour la journée -15€-, seulement pour la soirée -15€- ou pour les deux -un pass- et c’est 20€.

Il y a des tarifs réduits -pensez à apporter un justificatif le jour J- sur les trois formules : le pass jour et soirée passe à 15€, le tarif seulement pour la journée c’est 10€ et pour les concerts c’est 10€, aussi (il faut scroller tout en bas pour le trouver celui-là 😉 )

Vous pouvez venir à deux et pour ça, il y a les pass duo sur le même principe. Comme il n’y a pas de tarif réduit sur cette formule-là, calculez bien !

Et pour les enfants, jusqu’à 16 ans, c’est gratuit !

3. Merde, j’ai pris mon billet, mais je suis 1) un homme cis-het 2) une femme, mais je ne suis pas afroféministe 3) intéressé.e mais j’ai zappé que je peux pas faire garder mes enfants ce jour-là… Je peux venir quand même ? 

Oui. L’événement est ouvert à tou.te.s, sans conditions.

4. En vrai, on est dimanche 6 mai, il fait 23°C, il fait trop beau, j’ai trop envie de sortir, je viens de voir la programmation du festival, ça a l’air d’être le feu -on confirme 😉 – mais j’ai PO PRIS MON BILLET KOMENJFÈ ?????

Pas de panique, vous pouvez prendre vos billets tout au long de la journée. Pour les concerts du soir, la billetterie réouvre dès 19h30.

5. Top ! J’ai vu qu’il y avait des ateliers. Je peux y aller comme je veux ? 

Oui, si vous avez pris un billet ! Une fois votre place en main, vous choisissez l’un des quatre ateliers très cools que vous voulez. Les places sont limitées !!! Ne tardez pas…

Voici les quatre ateliers, cliquez sur les liens pour avoir toutes les infos :

Atelier littérature et identité avec la journaliste Mélody Thomas – n’oubliez pas de ramener un livre 😉 – : https://goo.gl/forms/SVMFZ5HKCR1U8KGF3

Atelier journalisme avec les journalistes Coumba Kane -Le Monde Afrique- et Hortense Assaga – Africa 24- : https://goo.gl/forms/sUggoVdozVML4dPV2
Atelier « sexualités et imaginaire » avec Sharone Omankoy et Axelle Jah Njiké https://goo.gl/forms/sUggoVdozVML4dPV2
Atelier « RDV SexCare : les enjeux de pouvoir dans le couple » avec Stella Tiendrebeogo et Audrey Warrington : https://goo.gl/forms/ddWCvdtebgy0C7Uc2

6. Ok, cool. Mais si j’ai faim, ça se passe comment ? 

Figurez-vous que la cheffe Clarence Kopogo et sa Table Nali prépare un menu de dingo, un brunch végétarien avec plein de produits frais. Si vous souhaitez être sûr.e qu’on vous garde un plat, -le service sera assuré jusque 15h-, vous pouvez nous écrire à fraicheswomenfestival@gmail.com avec OBJET : je veux manger et le nombre de personnes dans le corps du mail.

Menu brunch Table Nali Fraiches Women Festival Facebook (1)

7. En fait, c’est cool, j’ai pris mes billets et tout mais je suis pas sûr.e d’avoir envie de rester toute la journée. Je peux partir vers 16h et revenir pour les concerts ? 

Oui ! À condition d’avoir un tampon et/ou le pass jour et soirée 😉

8. Justement, j’avais pris juste un billet journée et j’ai envie de rester pour les concerts (variante : j’ai pris un billet soirée mais en fait, je veux rester la journée)

Vous pourrez régler le supplément sur place.

9. Je veux absolument TOUT VOIR du début jusqu’à la fin. Je dois être là à partir de quelle heure exactement ?

Et on vous comprend ! Rendez-vous à midi pile à la Mairie de Montreuil où le coup d’envoi de la première édition du festival sera donnée par la fanfare afro-féministe 30 Nuances de Noir-es qui vous conduira en toute beauté et flamboyance vers La Marbrerie, lieu qui nous accueillera toute la journée et toute la soirée.

10. Je veux venir avec ma pote / mon frère / ma cousine / mes enfants, mais ils sont en fauteuil roulant ou ne se déplacent pas sans aide. Iels peuvent venir quand même ? 

La Marbrerie est un lieu top pour ça, car il est vraiment accessible à tou.te.s. Y a une rampe tout au long du couloir d’entrée et un ascenseur pour accéder à tous les espaces.

11. Du coup, vous dites qu’il y a un espace enfants mais ça s’organise comment ? 

Ce n’est pas une garderie, mais un coin afin qu’iels puissent se divertir pendant que vous écoutez les conversations. Iels peuvent y rester deux heures maximum -afin de permettre à un maximum d’en profiter ;)-, et s’y verront proposer au moins deux activités par deux de nos bénévoles de choc, spécialisées dans la petite enfance.

12. En vrai, y a plein de trucs mais j’ai du mal à avoir la programmation bien en tête 

La revoici, la revoilà !

13. J’hallucine !! Je vais voir FAKA ? J’ADOOOOORE !!!

Oui, c’est leur premier concert en France, avant d’aller notamment aux Eurockéennes de Belfort 😉

14. Ce sont des gens qui m’ont parlé du festival. Mais je ne sais pas vraiment qui l’organise. Et pourquoi. 

On vous explique tout dans cette vidéo 😉 !

15. Ca va être bien ? Mais trop !!!!!!!

Nkaliworks, Les Rdv SexCare, la sensation sud-africaine Faka… : toute la programmation du #FraîchesWomenFestival est là ;)

On est super contentes de vous annoncer la programmation du #FraîchesWomenFestival, qui aura lieu le 6 mai, de 13h à minuit.

Si vous voulez participer à tout l’événement – la journée d’ateliers, de discussions et la soirée de concerts- on a prévu un pass à 20€ au tarif plein.

Pour plus d’informations sur les tarifs -gratuité, tarifs réduits, duo etc- c’est ici : https://www.helloasso.com/associations/l-afro/evenements/fraiches-women-festival

Pour les tarifs de groupe, contactez-nous.

Les inscriptions aux ateliers sont ouvertes ! Il vous faut avoir pris vos billets pour le faire. Attention, les places sont limitées !

Le dimanche 6 mai, c’est la première édition du festival Fraîches Women. La programmation propose d’aller à la rencontre des artistes, activistes, citoyennes qui changent les choses, sans forcément faire beaucoup de bruit.

Cette première édition est en forme d’interrogation : « Libérée pour tout.e.s, la parole ? » elle est l’occasion de rappeler que la « libération de la parole » n’a pas commencé en octobre 2017 et les révélations autour de Weinstein. Cependant, il n’est pas sûr que ces paroles, plurielles, soient toutes entendues. Sans nul doute que c’est une véritable prise de conscience collective qui a eu lieu ; bref, il devient urgent d’écouter TOUTES les femmes et celleux qui s’identifient au genre féminin.



PROGRAMMATION 

12h : départ de la fanfare afro-féministe 30 Nuances de noir-es de la Mairie de Montreuil en direction de la Marbrerie

30 nuances de noires def

13h Lancement du festival avec la marraine Leïla Sy

Leïla Sy

 13h10-13h20 Parole de Fraîches Women par Lasseindra Ninja

Lasseindra Ninja est une figure
 majeure du voguing en France, qu’elle a contribué à imposer.
 Organisatrice de soirées – La Crème de la crème…-, l’artiste propose
 une réflexion autour de la question « Qu’est-ce qu’être une femme
 noire ? » Sourires et décalage garantis !

Lasseindra

 13h30-15h30 Discussion modérée par Vanessa Vertus, journaliste politique qui vit
 et travaille à Toulouse.

 « Féminismes en France : passé, présent et futur »

 De tous temps, les femmes, notamment non-blanches, se sont organisées pour faire valoir leurs droits en France, quand il ne s’agissait pas de les arracher.

 Non exhaustif niveau intervenantes, ce temps d’échange se propose d’en faire l’état des
 lieux, avec des actrices de différentes obédiences et de différentes
 générations, pour échanger entre elles.

 Les 45 minutes de la fin permettront au public de poser des questions
 aux intervenantes.

 Avec Gerty Dambury, autrice et militante, Estelle du collectif
 Afro-Fem, une membre du collectif Mwasi, Rebecca Amsellem des
 Glorieuses et Brigitte du Collectif Asiatique Décolonial.

 

 

15h30-15h45 Pause

 15h45-15h55 Parole de Fraîches Women avec Marie Dasylva 

Marie Dasylva, que vous connaissez sans doute pour son travail sur Nkali Works, est une énergie. Lors de ses ateliers -nous avions eu l’occasion de participer à l’un d’eux-, elle distille trucs et astuces pour mieux vivre micro-agressions et réflexions racistes au  travail. Un boulot d’ampleur, salué par des salles qui ne désemplissent pas et des sollicitations.

Marie Da Silva

Elle présentera « 300 secondes ou le refus de justifier son humanité », le nouvel outil qu’elle développe, en exclusivité devant un large public.

 https://www.facebook.com/nkaliworks/

 16h-18h Discussion autour de la question de l’intergénérationnalité modérée par Laurie Pezeron, fondatrice du READ! Club de lecture des auteurs afro

 « Comment transmettre la mémoire des luttes des femmes »

 Dans les luttes féministes, notamment afrodescendantes, difficile de ne pas avoir l’impression que les combats sont nouveaux.
 L’afroféminisme, par exemple, qui jouit d’une attention renouvelée, a une histoire en France, méconnue, mais la manière dont le mainstream s’en est emparé, donne le sentiment aux publics concernés que cette forme de lutte serait née de la dernière pluie.

 La question de la transmission est essentielle et nous souhaitons
 l’aborder, avec des activistes, des mères, des citoyennes.

 Avec Leïla Sy, la militante Assa Traoré et la comédienne, autrice, metteure en scène et Fraîche Woman édition 2017 Maroussia Pourpoint.

Assa Traoré def

Maroussia Pourpoint def

18h-18h10 Parole de Fraîches Women avec Grace Ly

Grace Ly, blogueuse food
franco-chinoise à l’initiative de la websérie Ca reste entre nous sur
la question asiatique en France nous proposera une introduction à sa
vision du militantisme en tant que femme asiatique ; il sera sans doute
question de minorité modèle et de nourriture 😉

lapetitebanane.com

En parallèle, nous proposons quatre ateliers pour échanger de manière
intimiste sur différentes thématiques.

SALLE 1

13h30-15h30 Les Rendez-Vous SexCare ou comment parler d’intimité pour
mieux la vivre et défaire les tabous. Avec ses animatrices Stella Tienbedreogo (psychologue et sexologue) et Audrey Warrington (militante afroféministe), il sera question des enjeux de pouvoir dans le couple.

Pour vous inscrire, il vous faut avoir pris vos places. Puis direction ce lien : http://bit.ly/inscription-atelier-RDVSexCare-Fraiches-Women-Festival

Attention : atelier limité à 10 places !

Audrey Warrington bis

Stella Tiendrebeogo def

https://www.facebook.com/lesrendezvoussexcare

16h15-18h15 littérature et représentation avec Mélody Thomas,
journaliste et co-auteure de la newsletter « What’s good ? » 

Si vous avez chopé vos entrées pour le festival, vous pouvez réserver votre place pour cet atelier. Les places sont limitées à 10 personnes !

Inscrivez-vous vite >> http://bit.ly/inscription-atelier-littérature-identité-fraiches-women-festival

https://www.facebook.com/whatsgoodnl/

SALLE 2

13h30-15h30 : ateliers journalisme
Coumba Kane travaille pour le Monde Afrique. Avec elle, vous pourrez
aborder la question du journalisme en général, et en particulier celle
du travail journalistique sur le continent.

Coumba Kane.png

Hortense Assaga, journaliste chez Africa 24, travaille entre la France, différents pays africains et où se trouvent leurs diasporas. Elle partagera son expérience du terrain.

#africaisnotacountry

Attention : entrées limitées ! Pour vous inscrire, c’est là: http://bit.ly/inscription-ateliers-journalisme-Fraiches-Women-Festival

16h15-18h15 « Se réapproprier l’intime » Avec les militantes Sharone
Omankoy et Axelle Jah Njiké
 

Une fois vos places achetées, vous pouvez remplir le formulaire pour y participer ici : http://bit.ly/inscription-atelier-réappropriation-intime-fraiches-women-festival

 

 

> https://lekitambalaagite.tumblr.com

>> www.parlonsplaisirfeminin.com

18h10 Clôture de la journée

18h30-20h15 Pause

20h15 Ouverture des portes pour les concerts

20h30-21h Sira Niamé est une chanteuse franco-malienne qui a grandi à
Montreuil. L’enfant de la ville proposera sa pop africana accompagnée
d’un joueur de n’goni.

Sira Niamé def

21h15-21h45 Kami Awori ; duo soul futuriste qui a fait la première
partie de la chanteuse canado-haïtienne Mélissa Laveaux lors de la
dernière édition du festival Les Femmes S’en Mêlent et qui tisse sa
toile sur la scène musicale.

Kami Awori def

22h-22h45 FAKA, le groupe sudafricain queer et genderfluide, dont les prestations artistiques anthologiques commencent à faire parler d’elles, se produit pour la première fois en France et propose un concert aux sonorités gqom. Performance artistique de folie garantie !!

 

23h-minuit Cheetah (DJ set)

Marina Wilson aka Cheetah nous ambiancera entre hip-hop, baile funk, dancehall, afrobeat et nous surprendra avec des remixes dénichées sur la toile et qu’elle affectionne particulièrement.

Cheetah def

Tout au long de la journée, retrouvez les expositions artistiques de la photographe Noëlla L et de l’artiste Estelle Prudent.

Estelle Prudent def

Noëlla L def

INTERVIEW – La journaliste Claire Diao, promotrice de cinémas africains et indépendants, se raconte en films

ENTRETIEN- Vous l’avez peut-être vu dans l’émission Le Cercle sur Canal + ou sur TV5 Monde dans le Journal Afrique avec sa chronique cinéma. Vous l’aurez compris, Claire Diao est une journaliste cinéphile. Elle lance d’ailleurs ce vendredi soir à 20h au Ciné 104 de Pantin le coup d’envoi de la saison 5 de Quartiers Lointains, le cycle de courts métrages entre l’hémisphère nord et le sud qui revient cette fois avec quatre productions françaises. Cette cinquième édition, qui a pour thème « l’image de soi », est parrainé par le comédien et réalisateur Lucien Jean Baptiste. L’Afro, partenaire de l’événement, a proposé à la journaliste de se plier à l’intense exercice des humeurs cinématographiques.

Elle se souvient encore de son tout premier article, en 2002, paru dans la revue du Festival du court-métrage de Villeurbanne. Sept ans plus tard, Claire Diao se lance pleinement dans le journalisme et écrit pour Courrier International, le Bondy Blog ou encore So Film. Mais la franco-burkinabè a d’autres ambitions : contribuer à une meilleure diffusion des cinémas africains et français moins privilégiés. C’est ainsi que naît Quartiers Lointains en 2013 ; une sélection de courts métrages où, d’une année à l’autre, sont présentés tantôt des productions africaines tantôt des films français, tous bien différents mais réunis autour d’un thème. Cette année, il s’agit de quatre réalisations françaises mettant en scène l’ « image de soi », avec notamment Le bleu blanc rouge de mes cheveux de Josza Anjembe.

Quartiers Lointains saison 5

Mais Claire Diao, ne s’arrête pas là puisqu’en 2015, elle co-fonde Awotele, revue de critiques de cinéma panafricain, dont le quatrième numéro a été financé par une campagne de crowdfunding. L’année suivante, elle monte Sudu Connexion, société de distribution de films d’Afrique & Diaspora. Elle publie ensuite en 2017 son premier livre Double Vague, la nouvelle vague du cinéma français où elle parle de cette génération de cinéastes français.e.s aux doubles cultures, ayant grandi en province, en banlieue ou dans des quartiers populaires, loin du monde bourgeois et parisien du septième art en hexagone.

Les humeurs cinématographiques de Claire Diao se trouvent à la croisée de tous ces univers, éclectiques.

Le film qui t’a fait tomber amoureuse du cinéma et donner envie de t’y dédier

J’ai toujours aimé le cinéma donc je ne pense pas qu’il y ait un film plus qu’un autre qui m’ait fait tomber « en amour ». Le cinéma a toujours été un échappatoire pour vivre d’autres vies, découvrir d’autres mondes, ressentir des émotions… En revanche, je me souviens précisément que c’est en 2005, à l’occasion d’une projection du film Le pianiste de Roman Polanski au Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou devant 400 lycéens burkinabè, que j’ai eu la révélation de vouloir transmettre le cinéma.

Le film que tu ne te lasses pas de regarder

Étonnamment, je n’aime pas regarder mille fois un film car j’ai souvent mille films à regarder ! Certainement les films de Quartiers Lointains que j’accompagne durant une année ? J’ai beau les voir et les revoir, je découvre toujours une nouvelle séquence, une nouvelle tirade, un nouveau plan qui m’avait échappé.

Le film qui te bouleverse

Récemment, le documentaire Maman Colonelle de Dieudo Hamadi. Pour la ténacité de cette femme gendarme qui tente de réhabiliter des femmes violées, élève plusieurs enfants adoptés, affronte les critiques de la population et fait bouger les lignes d’une République Démocratique du Congo déchirée depuis tant d’années.

Le film qui t’a appris des choses

J’apprends tout le temps et énormément à travers le cinéma. Mais s’il ne faut en citer qu’un, ce serait sans hésiter La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, l’une des plus belles reconstitutions cinématographiques sur la guerre d’Algérie, la colonisation française et la révolte d’un peuple en quête d’indépendance.

Le film que tu es particulièrement fière d’avoir fait découvrir au public

Vers la tendresse d’Alice Diop, dans la 3e saison de Quartiers Lointains. Un documentaire d’utilité publique qui met des mots sur des maux que beaucoup de gens connaissent mais dont très peu parlent. Son César a été un immense plaisir car il a permis de révéler un travail d’orfèvre qu’elle mène depuis des années.

LE film classique

La Noire de... de Sembène Ousmane. Pour son propos politique, son approche esthétique et parce qu’il offre un premier grand rôle à une actrice sénégalaise, Thérèse M’Bissine Diop, qui n’a même pas été payée. Voir et revoir ce film, c’est se rappeler qu’il était possible, dans les années 60, de s’élever contre l’ancien colonisateur avec ses armes culturelles et d’être respecté des deux côtés de la Méditerranée.

Le film qui te fait rire

Pee-Wee Big Adventure de Tim Burton, un régal d’humour décalé et de situations rocambolesques (spéciale dédicace à mon beau-frère qui le déteste 😉 ! )

Le film que tu ne peux pas/plus voir

Requiem for a dream de Darren Arronofsky qui a pendant longtemps été mon film préféré. Il m’a tellement secouée que je n’ai pas besoin de le revoir. C’était la première fois, en sortant d’une salle, que je ressentais le besoin de me mettre au soleil pour revenir à la réalité. Il m’a littéralement hantée.

Le film qui symbolise le mieux le Burkina Faso

Buud Yam de Gaston Kaboré, une épopée à travers la variété des paysages burkinabè et la pluralité des peuples qui l’habitent. C’est le deuxième volet d’un diptyque (Wend Kuuni en 1983 puis Buud Yam en 1997) tourné avec les mêmes acteurs. Un grand film qui m’a révélé en images la beauté d’un pays que mon père m’a transmis par les mots.

Le film qui symbolise le mieux la France

Les 400 coups de François Truffaut. Parce qu’il nous parle de la France de la débrouille, celle d’un autre temps, en noir et blanc, où Antoine Doisnel parle comme un adulte, fait l’école buissonnière et se débrouille sans ses parents. Les vieux films français ont souvent été pour moi un moyen d’imaginer la France de mes grands-parents.

Ton dernier coup de coeur

Get Out de Jordan Peele m’a tout à la fois effrayée, amusée, épatée. Beaucoup de sentiments à la fois. J’étais scotchée.

(Crédits photo : Yoann Corthésy/FIFF)

INTERVIEW – Ayana V. Jackson, photographe : « Je dois défendre mon travail mais aussi mon corps »

ENTRETIEN – Ayana Velissia Jackson séduit le monde avec ses oeuvres singulières. L’artiste américaine et ses autoportraits, dans lesquels elle se glisse dans le corps de femmes noires, illustres ou inconnues, de toutes les époques, sont de retour à Paris.

Nous avions rencontré Ayana V. Jackson en mars 2017 à l’occasion de la foire Art Paris Art Fair où elle a exposé. Sa série « Intimate justice in the stolen moment » est à découvrir à la galerie Baudoin Lebon dès ce vendredi 16 février et ce jusqu’au 7 avril 2018. Elle a étudié la sociologie et s’intéresse de près à l’histoire et à la représentation des corps noirs en se mettant elle-même en scène dans ses propres oeuvres. De ses débuts en tant que photographe, sa vie entre New York, Paris et Johannesburg, les défis liés au fait d’utiliser son corps dans son travail, à ses inspirations … On a pu poser quelques questions à cette artiste à l’oeuvre déjà foisonnante.

Comment avez-vous débuté dans la photographie ?

Mon père était un grand amateur de photographie. C’est une activité qu’on pratiquait régulièrement ensemble. J’ai fini par prendre des cours à l’université.

Quels ont été les premiers sujets de votre travail ?

Je me suis d’abord intéressée aux artistes Hiplife à Accra, aux musiciens du festival Afropunk à New York – j’ai travaillé en freelance pour des magazines lifestyle quand j’avais la petite vingtaine. Puis, j’ai travaillé sur « African by legacy, Mexican by birth » -Africain par héritage, Mexicain de naissance, ndlr-, un projet collaboratif avec Marco Villalobos. Cette série a conduit à une étude plus approfondie des populations afrodescendantes en Amérique latine. Sans oublier les conduct.eur.rice.s de matatu -taxis partagés- au Kenya, les artistes, activistes, intellectuel.le.s et étudiant.e.s en Afrique du sud après 1994, les artistes hip hop et graffeurs à Paris et j’en passe.
Ce qui est certain, c’est que je me focalisais sur les Africain.e.s et afrodescendant.e.s, en faisant bien attention à représenter le corps noir de façon dynamique et globale, pour rompre avec les récits qui associent ces personnes à un fort taux de mortalité, aux maladies, à la violence, à des victimes, ce que j’ai beaucoup entendu durant ma formation.

« Je ne suis ni latina, ni africaine, mais je sais ce que c’est que d’être noire »

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« Demons/Devotees I » par Ayana V. Jackson de la série « Archival Impulse » / Galerie Baudoin Lebon

Selon vous, ces travaux, qui vous ont permis de travailler à la fois sur le continent africain et auprès de la diaspora en Amérique latine et en France, ont-ils ouvert un autre type de discussion entre les résidents du continent et les afrodescendant.e.s ?

Absolument. A l’époque, je cherchais à élargir mon champ. En tant qu’américaine noire ayant grandi aux Etats-Unis, j’avais conscience des limites de nos médias et de notre éducation. J’ai longtemps connu mon père musicien , avant qu’il ne devienne avocat. Son groupe jouait de la musique du Ghana et d’Afrique de l’ouest en général, mais aussi du Brésil, et d’autres styles comme du jazz, du hip-hop, mais il les connectait entre elles comme des musiques issues de la diaspora. Très vite, j’ai su que l’histoire des Américain.e.s noir.e.s n’était qu’une partie de l’Histoire. Quand j’en ai appris davantage sur les communautés noires vivant dans d’autres régions des Amériques, comme le Mexique, le Venezuela, le Nicaragua et que j’ai rapporté les photos que j’y avais prises, ça a choqué du monde ! Ces personnes-là ne se rendaient pas compte que la traite des esclaves avaient été aussi étendue. De même pour le hip-hop au Ghana, les gens ne réalisaient pas que la voix de l’Amérique noire, à travers cette culture, avait porté si loin.

Ces personnes qui étaient si choquées, était-elles blanches ? Noires ? Les deux ?

Les deux. Par exemple, quand j’ai exposé à la Banque Mondiale, un des cadres blancs m’a dit : « Waouh ! J’ai travaillé dans cette région pendant 20 ans et je ne savais pas qu’on faisait du hip hop là-bas ! » En parallèle, les concierges ghanéen.ne.s qui faisaient le ménage pendant que j’accrochais mes photos étaient impressionné.e.s et très conten.t.e.s de voir Lord Kenya et Obrafour, des artistes Hiplife, affichés sur les murs. Iels voulaient savoir comment je les avais connu.

Je pense que cela a pu permettre d’ouvrir les esprits à la fois des noir.e.s et des non-noir.e.s. La plupart se demandaient « mais comment se fait-il que je ne savais pas ça ? »

Pourquoi, selon vous, ne savait-iels pas ces choses-là ?

On se contente de ce qu’on nous a dit… sans remettre cela en question. Que ce soit ce qu’on nous a appris à l’école, ou les informations dont les médias nous bombardent à longueur de journée. Il faut dire que tout le monde n’a pas le privilège de voyager. Alors on croit ce qu’on voit, lit et entend. Et si ces autres récits ne sortent pas -ou qu’on ne va pas pour les chercher- , on ne peut pas faire grand-chose. C’est ce que j’essaie de faire en partie avec mon travail : encourager une réflexion critique plutôt que de la passivité.

Suite à des expériences vécues au sein de ma famille, je savais qu’être noir.e était bien plus que ce qu’on m’avait montré. J’ai eu la chance d’avoir des ressources qui me permettent de voyager et de le voir.

Quand avez-vous voyagé pour la première fois ?

Je ne m’en souviens pas, ma mère était hôtesse de l’air. J’ai voyagé toute ma vie.

Mon premier voyage sans ma famille, c’était à 12 ans en Espagne avec ma classe. Plus tard, j’ai étudié à la fac en République dominicaine et en Argentine. En ce qui concerne ma première fois en Afrique, j’avais 24 ans.

J’ai toujours été habituée à vivre entre deux endroits. Mes parents étant divorcés alors que j’étais enfant, je vivais entre deux villes.

Ayana V Jackson 1
Ayana V. Jackson devant ses oeuvres « Lucy » et « Anarcha » de la série « Intimate Justice in the stolen moment » à Art Paris Art Fair (mars 2017)

Vous vivez actuellement entre New York, Johannesburg et vous venez souvent à Paris. Le fait de se trouver régulièrement entre 3 continents aide-t-il à nourrir votre travail ?

Absolument. Je rencontre tout le temps de nouvelles personnes avec qui je partage des expériences, des idées. Montrer mon travail dans des contextes différents m’aide aussi dans mon rapport à mon travail.

Quand on s’est rencontré au Art Paris Art Fair en mars 2017, vous m’aviez dit que votre regard en tant qu’américaine regardant des Africain.e.s avaient été questionné par un ami blanc. Pouvez-vous expliquer ce qu’il a dit et comment vous avez réagi ?

C’était quelques années avant que je n’utilise mon corps dans mes oeuvres. J’étudiais à Berlin quand mon « regard d’américaine » a été remis en question. Je travaillais donc sur le Mexique et le Ghana. Il m’a interrogé sur le fait que je ne photographie que des africain.e.s et afrodescendant.e.s et m’a demandé, pourquoi est-ce que je pouvais le faire alors que je n’étais ni originaire d’Amérique du sud ni africaine -je suis donc une personne extérieure, tout comme lui, en tant qu’homme blanc- sans que cela ne soulève de question. Je me suis défendue en lui expliquant que l’une des choses que je partage avec toutes ces personnes est l’expérience de vivre dans un corps noir. Je reconnais que je ne suis pas une personne de l’intérieur mais j’ai une autre relation avec les femmes et hommes afrodescendant.e.s que lui n’a pas. Je trouve que c’est une question intéressante. C’est quelque chose qui m’habite encore à chaque fois que je prépare un nouveau projet; je me demande pourquoi je suis si sensible à la façon dont je représente le corps noir, pourquoi je choisis de photographier les afrodescendant.e.s d’une certaine manière, ce que j’essaie de faire.

AyanaVJackson_tignon
« Tignon » par Ayana V. Jackson de la série « Intimate justice in the stolen moment » / Galerie Baudoin Lebon

A quel moment avez-vous débuté les autoportraits ?

Mes premiers autoportraits, ou plutôt performances-car je ne me représente pas moi-même mais je me glisse dans la peau d’autres personnes- remontent à 2009 avec la série « Leapfrog (a bit of the other) Grand Matron Army » [Saute-Mouton (un peu de l’autre) L’Armée de la Grande Matrone], que j’ai commencé après avoir obtenu une résidence à Paris. Pour la première fois de ma vie, je me retrouvais dans un atelier à proprement parler et j’ai dû réfléchir à la manière dont je devais l’exploiter.

À de nombreuses reprises, dans des cercles élitistes, blancs, riches, j’ai été considérée comme un objet d’étude anthropologique ou comme une bizarrerie et j’en ai eu assez. Dans ces moments-là, j’aurais aimé pouvoir me multiplier et devenir toutes les femmes actives que je connaissais, pour les présenter à ces gens afin qu’ils sachent que les noir.e.s complexes, éduqué.e.s, et ayant voyagé existent… On pourrait alors parler de la pluie, du beau temps ou, que Dieu nous en garde, de l’art, comme des gens normaux.

La série « Leapfrog » est le résultat de cette envie de pouvoir me multiplier, alors, c’est ce que j’ai fait.

Qu’est-ce qui est le plus compliqué dans le fait de se mettre en scène dans ses propres oeuvres ?

Le plus compliqué est non seulement de défendre mon travail, mes choix, mes recherches, mes compétences mais aussi mon apparence physique et toutes les questions relatives à mon corps. On m’a par exemple posé des questions sur ma « beauté ». Comment dans « Archival impulse » (ndlr : série qui utilise des archives photographiques datant de l’expansion coloniale en Afrique et dans les Amériques entre le 19ème et le 20ème siècle) et « Poverty pornography » (ndlr : série autour de la représentation de la pauvreté dans les pays dits du sud et les clichés racistes), j’évoque des histoires très douloureuses, problématiques et peut-être aussi bien laides. Mais tout cela, selon ces personnes, en mettant en avant un beau corps ou un beau visage. Tout cela semble incompatible pour certain.e.s.

C’est fatigant d’être encore confrontée à cela car les questions que je pose dans mon travail repose sur bien plus qu’un corps. Cela est révélateur de leur relation à mon corps et aux corps qu’il représente quand je me mets en scène. Je suis retenue en arrière par ces traumas sur lesquels j’essaie de travailler. Dans ces moments-là, je suis bouleversée.

death
« Death » par Ayana V. Jackson de la série « Poverty pornography » / Galerie Baudoin Lebon

Dans quels pays africains avez-vous exposé votre travail ? Comment le public l’a-t-il reçu ?

J’ai exposé en Afrique du sud, au Nigeria, au Sénégal, au Mali. A chaque fois, mon travail a été bien reçu.

En Afrique du sud, cela dit, c’était comparable aux Etats-Unis ; les gens ont plutôt apprécié « Archival impulse » et « Poverty Pornography », mais en même temps, ils étaient troublés et préféraient ne pas « se souvenir ».

Il n’y a qu’au Nigeria que mon travail a été perçu d’une façon totalement différente. C’était surprenant. Iels ne s’identifiaient pas à travers ces traumas et voyaient donc autre chose.

Quel.le.s artistes vous inspirent ?

Carrie Mae Weems, Rembrandt, Claude Cahun, Vermeer, Lorna Simpson, Ike Ude, Gilbert et George.

Vous pouvez retrouver le travail d’Ayana V Jackson sur Instagram https://www.instagram.com/ayanavjackson/
son site internet : https://www.ayanavjackson.com/