« Marche pour la Paix dans le 19ème », quand deux mamans se mobilisent

MOBILISATION – A l’instar de la marche initiée par des mamans à Saint-Denis, deux mères ont également décidé d’agir dans le 19ème arrondissement de Paris pour mettre fin aux violences entre les jeunes, suite à la mort d’un d’entre eux, Boubou Yatera, le 22 septembre dernier. Sandrine Valorus et Cathy Latif sont à l’initiative de la Marche pour la Paix dans le 19ème qui aura lieu samedi 25 novembre.

Un ras-le-bol après une mort « pour rien ». Voilà comment est née la mobilisation dans le 19ème arrondissement de Paris afin de lutter contre les violences entre les jeunes habitants. Quelques voix ont pu se faire entendre à ce sujet -comme le militant associatif Bakary Sakho qui a lancé un appel à la paix le 1er octobre– depuis l’élément déclencheur, la mort de Boubou Yatera, 18 ans, tué par balle le 22 septembre.

Sandrine Valorus et Cathy Latif, mères de famille vivant dans le 19ème, souhaitent également véhiculer un message fort pour qu’enfin cesse cette guerre entre quartiers. La première, âgée de 40 ans, s’est installée à Corentin Cariou il y a 15 ans, la seconde vit depuis toujours dans le 19ème et a élu domicile du côté d’Alphonse Karr après avoir grandi à Stalingrad. Les deux amies ont décidé d’organiser une « Marche pour la Paix dans le 19ème ». « Il y a eu bien d’autres jeunes tués dans les quartiers mais là, c’est la fois de trop pour nous ! » s’indigne Sandrine. « Quand c’est arrivé, nous nous sommes retrouvées toutes les deux pour en parler et on s’est dit qu’il fallait faire quelque chose. On a donc organisé une première réunion le 12 octobre qui a rassemblé une soixantaine de personnes- dont beaucoup de mamans- et on a été agréablement surprises car on ne s’attendait pas à voir autant de monde », ajoute Cathy. Les deux femmes travaillent auprès de la jeunesse, Sandrine en tant que responsable éducatif ville et Cathy comme animatrice.

Optimistes et dynamiques, elles espèrent pouvoir mettre en place une action pérenne à travers ce collectif d’habitants qu’elles ont lancé, intégrant tous les quartiers de l’arrondissement. « Le but était de rassembler les mamans de tous les coins du 19ème, aussi bien de Place des fêtes en passant par Barbanègre, Botzaris ou Riquet. » Elles espèrent, à l’issue de cette marche, qu’ « une prise de conscience » opérera auprès des jeunes. « Nos enfants sont déjà impliqués, attentifs, fiers et marcheront à nos côtés samedi », précise Sandrine. L’union faisant la force, « nous avons reçu le soutien de toutes les structures associatives du 19ème », assurent-elles presque à l’unisson. Sans oublier celui de la mairie. Mais cela ne concerne pas que cette seule zone située dans le nord-est parisien. « Cette problématique touche aussi le 20ème, le 18ème, Grigny, Les Mureaux … Les personnes avec lesquelles nous avons pu échanger sur ces questions et originaires de ces quartiers feront également le déplacement ». Pour la suite, les deux mamans envisagent tout de même de travailler avec la municipalité mais pour l’heure, « on vous invite tou.te.s à nous rejoindre sur le parvis de la mairie du 19ème samedi 25 novembre à 14h30. »

Publicités

INTERVIEW – Grace Ly, la blogueuse qui oeuvre pour une représentation plus juste des Asiatiques en France

ENTRETIEN – Née en France, Grace Ly a utilisé la cuisine comme porte d’entrée pour accéder à la culture cambodgienne transmise par ses parents en y consacrant un blog, « La Petite Banane« . Grace Ly parle volontiers de sa double culture franco-asiatique et a même créé une websérie, « Ça reste entre nous », où d’autres femmes et des hommes s’expriment sur la question. Le troisième épisode, abordant le thème de l’éducation des enfants, a été mis en ligne mercredi.
Grace Ly fait partie de celleux qui veulent montrer une autre image des Asiatiques en France,  reflétant tout simplement leur quotidien et s’éloignant ainsi des clichés établis par la société.
CREN1-Grace (c) Vanida Hoang
Grace Ly © Vanida Hoang

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Grace Ly, je tiens un blog qui s’appelle « La Petite Banane » où je parle de bonnes adresses de cantines et restaurants asiatiques mais aussi d’identité.

Pourquoi avoir appelé votre blog « La Petite Banane » ? Est-ce un nom qui a choqué certain.e.s ?

Bien sûr, on m’a déjà dit « mais pourquoi utiliser le mot ‘banane’ ? C’est raciste ! » Mais c’est le surnom que me donnait ma mère de façon affectueuse. Elle disait que jaune à l’extérieur et blanche à l’intérieur, du fait de ma double culture -mes parents ont quitté la guerre au Cambodge pour venir en France où je suis née. Ma mère voulait à tout prix que je m’intègre, elle croyait bien faire.

Quand avez-vous créé le blog ? Comment vous est venue l’idée ?

J’ai créé le blog il y a 7 ans. Il est né d’une colère, suite à une série de reportages télévisés qui pointaient du doigt les restaurants chinois pour leur mauvaise hygiène. On parlait d' »appartements raviolis ». Cela a contribué à leur faire une mauvaise réputation, ce que je trouve injuste. A cause d’une minorité, la majorité des restaurateurs sont stigmatisés. Quand on va manger dans un mauvais restaurant par exemple français, on dira « ça peut arriver », « je n’ai pas eu de chance ce coup-ci ». Alors que quand il s’agit d’un restaurant chinois, ce sera « je ne mangerai plus jamais ce type de cuisine, je vais encore tomber malade. » Je suis d’autant plus sensible à ça que mes parents sont eux-mêmes restaurateurs. J’ai également choisi de parler de cuisine car c’est le moyen le plus rapide d’accéder à la culture de mes parents.

Comment est née la websérie « Ça reste entre nous » ? Pourquoi ce nom ?

Le projet, que je réalise avec mon amie Irène Nam à la caméra, est inspiré des discussions que j’ai avec mes proches quand on se retrouve et qu’on échange autour d’un repas. L’idée, c’est de donner la parole à des asiatiques français.e.s, qui parlent de leurs expériences. Il y a un manque de visibilité à ce sujet. Ou alors, on nous limite à des stéréotypes (tou.te.s des restaurat.eur.ices, la minorité modèle etc). Dans cette websérie, on partage des choses personnelles, dont je ne peux, pour ma part, parler que dans un cadre intime. C’est de là que vient le nom « Ça reste entre nous ».

Pour le moment, vous avez réalisé trois épisodes : un sur les femmes, un autre sur les hommes et le dernier sur l’éducation des enfants. Comment avez-vous sélectionné les intervenant.e.s ? A-t-il été difficile de les convaincre de participer ?

Les intervenant.e.s sont des ami.e.s, pour des raisons pratiques ; c’était plus simple pour commencer. Iels  ont tou.te.s  accepté volontiers de participer sauf une femme, qui figure dans le dernier épisode, qui a failli ne pas le faire à la dernière minute. Encore une fois, on parle de choses intimes, elle avait peur de ce qu’aller en penser sa famille. Au final, elle a joué le jeu et m’a même dit que ça lui avait fait du bien.

CREN2-Steve (c) Camy Duong
Steve Tran © Camy Duong

Avez-vous montré le projet à vos parents ?

Ils ne comprennent pas les questionnements identitaires que je peux avoir. Pour mon père, je suis cambodgienne. Mes parents sont d’une autre génération. Ils se disent, après avoir fui la guerre, qu’ils sont bien contents que ce pays, la France, les a accueilli. Pour eux, je m’invente des problèmes à critiquer les clichés auxquels on est assimilé.e.s et je devrais juste dire merci d’avoir pu naître ici. J’aimerais donc finir certaines choses avant de leur montrer.

Avez-vous tenté de vendre ce concept pour l’adapter à la télévision ?

On a tenté de démarcher quelques chaînes mais elles sont frileuses…

Jugent-elles le programme « trop communautaire » ?

Oui, parce qu’un programme qui ne réunit QUE des asiatiques … Pourtant, quand on voit le public qui vient quand on organise des projections -comme la seconde qui a eu lieu en novembre au Musée de l’Histoire de l’Immigration– ou même l’audience sur les réseaux sociaux, on voit bien que le sujet ne parle pas qu’aux Asiatiques mais touche tout le monde. Ce sont des questions universelles qu’on aborde : l’amour,  la séduction, la confiance en soi, l’éducation des enfants …

Quelle est la suite du projet ?

Nous allons continuer « Ça reste entre nous » mais cette fois, j’aimerais beaucoup que ce soit des intervenant.e.s extérieur.e.s, des femmes et des hommes que je ne connais pas, qui y prennent part, en proposant des thèmes et en prenant la parole devant la caméra. Nous allons aussi lancer une campagne de crowdfunding car le programme a été réalisé sur nos fonds personnels jusqu’ici.

Vous pouvez retrouver Grace Ly sur la page Facebook La Petite Banane, sur la page Facebook Ça reste entre nous. Elle est également sur Twitter (@BananaGras).

(Crédits photo à la une : Camy Duong)

INTERVIEW – La photographe Joana Choumali, chroniqueuse de la société ivoirienne mais pas que

ENTRETIEN – Elle documente la société ivoirienne, où elle est née, a grandi et continue de vivre. A 43 ans et après dix de carrière comme photographe, Joana Choumali utilise son travail pour répondre à des questionnements identitaires, pour tenter de définir ce qu’est le continent africain et ce que sont censé.e.s être ses habitant.es avec son parcours, loin des clichés et de l’essentialisation de la femme africaine.
Elle est actuellement l’une des 50 femmes artistes à la Foire d’art contemporain AKAA -sur un total de 151 artistes- jusqu’à dimanche où elle présente sa série  « ça va aller… » réalisée l’an dernier à la suite de l’attentat de Grand-Bassam. Elle prendra d’ailleurs part à une discussion samedi à 14h où elle évoquera ce travail qui lui a permis « d’exorciser » ces angoisses après cet événement tragique.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Joana Choumali, je suis artiste visuelle et photographe ivoirienne vivant et travaillant à Abidjan. La plupart de mes projets tournent autour de l’identité, du rapport au corps, de la féminité aussi. Je m’inspire également des faits de société que j’observe.

Comment et quand vous êtes-vous mise à la photographie ?

Depuis l’adolescence, j’y pensais. Je suis devenue officiellement photographe en 2007 quand j’ai démissionné de l’agence de publicité où je travaillais pour créer mon propre studio. Avant ça, je me suis mise sérieusement à la photo en 1999 quand j’étais en école d’arts appliqués à la publicité et au design d’intérieur au Maroc. Des cours de photographie étaient inclus dans mon cursus. J’ai approfondi mes connaissances en prenant des cours particuliers.

Votre famille a-t-elle compris votre choix de carrière ?

A l’adolescence, je n’en parlais pas, j’y étais très intéressée et je prenais des photos de façon amateur, comme tout le monde. Ma famille n’a pas été surprise car j’ai toujours été fascinée par les images, que j’ai toujours eu une touche artistique en moi, tout le monde savait que j’étais un peu spéciale (rires). Mon père est un homme qui aime beaucoup la culture et nous a élevé dans une atmosphère de curiosité culturelle avec beaucoup de musique, de toutes sortes, mais aussi de de cinéma, de littérature …

Votre famille n’a donc pas tenté de vous en dissuader ?

Non, pas du tout.

Awoulaba taille fine Joana Choumali

Comment définissez-vous votre travail ?

Mon travail est un témoignage de mon temps, de ce qui m’entoure, des multitudes de cultures, de sous-cultures et des phénomènes que j’observe, que ce soit sur mon continent ou à l’extérieur. J’aime beaucoup faire des parallèles entre ce qui rapprochent les cultures plutôt que ce qui les divisent. Beaucoup de gens disent que mon travail est empreint d’émotions. Je fais mon travail avec le cœur et j’espère que ça se voit.

Parmi les sujets qui vous intéressent, les critères de beauté des femmes en Afrique et en Occident, la notion d’héritage, de transmission, des invisibles de la société… C’est très sociétal. Comment choisissez-vous les thèmes à traiter ?

Tout simplement, en passant mon temps à observer. J’essaie de garder un regard nouveau, innocent sur les choses. Je m’émerveille d’un rien, je ne suis jamais blasée mais au contraire toujours curieuse à l’idée de faire des découvertes. Souvent, le sujet de mes recherches n’est pas éloigné de mon quotidien. J’observe tout d’un point de vue domestique, quand je pars en voyage ou même quand je me rends tout simplement au marché près de chez moi ou vais chercher mes enfants. J’ai une vie intérieure qui est parfois un peu énervante même parce que je me pose des questions dans ma tête assez souvent (rires).  Je décide ensuite de me poser ces questions à haute voix en utilisant mon appareil photo pour ouvrir une conversation et voir si les avis convergent ou divergent.

Resilients Joana Choumali
De la série « Resilients » © Joana Choumali

Vous parliez plus tôt d’identité, thème central de votre série « Resilients » où des femmes afrodescendantes posent dans les tenues traditionnelles de leur mère ou grand-mère. Dans une interview pour Deuxième page en novembre 2015, vous disiez de ce travail qu’il vous a « permis de renouer avec la mémoire » de votre grand-mère paternelle qui parlait peu le français tandis que vous ne maîtrisiez « pas suffisamment l’Agni », la langue qu’elle parlait. Vu de la France, ou même de l’Occident, cela peut surprendre.  Vous a-t-on par exemple reproché de ne pas parler cette langue ?

Oui, bien sûr ! Quand j’étais adolescente, on me disait « oh ! ce n’est pas une vraie Africaine, elle ne parle pas la langue de sa mère ! »,  « c’est la fille de la blanche », car ma mère n’est pas ivoirienne d’origine mais métisse espagnole équato-guinéenne et on ne le voit pas sur mon visage ou ma peau. Quand on ne rentre pas dans le cliché auquel on nous a assigné, on se retrouve souvent mis de côté. A travers mon travail, j’arrive parfois à nourrir certains questionnements personnels mais qui touchent tout le monde, je pense : Qui suis-je ? D’où je viens ? Où je vais ? Qu’est-ce que je deviens ? Qu’est-ce que je veux devenir ?

L’Afrique d’aujourd’hui est encore plus à propos en ce qui concerne ces questions. Le continent mute très vite et reçoit tellement d’influences en même temps qu’il est parfois difficile de définir qui on est. Mais ce qui est vraiment formidable, c’est que grâce à internet ouvert au monde entier, un jeune qui vit à Bamako ou Kigali peut injecter un peu de sa culture en Islande ou en Allemagne. C’est passionnant de voir qu’autant nous recevons les informations et les cultures américaines ou européennes, autant nous arrivons à faire connaître notre pop culture qui existe.

Ces invisibles Joana Choumali
De la série « Ces invisibles » © Joana Choumali

Arrivez-vous à obtenir des réponses aux questions que vous vous posez à travers votre travail ?

Disons que c’est un voyage encore en cours (rires), encore fragile mais qui m’a apporté, et m’apporte encore beaucoup.

On peut aussi dire que votre travail est cathartique si on évoque votre série « ça va aller… », réalisée deux semaines après l’attentat de Grand-Bassam en mars 2016 ?

Oui complètement ! J’ai travaillé en catharsis total, c’était une sorte de méditation. Répéter le même geste en reproduisant ces tout petits points de broderie sur chaque image, de la modifier physiquement, pouvoir la toucher, c’était une forme de thérapie. Cela m’a permis de calmer une certaine anxiété, une tristesse que je n’arrivais pas à exprimer avec des mots.

Ce qui m’a le plus choqué dans cet événement, c’est le fait que l’information soit passée si vite aux oubliettes. Au départ, je voulais me lancer dans un projet documentaire mais je me suis dit qu’on allait également le jeter à la trappe rapidement. Alors que d’arriver à faire ressentir à l’autre ce qu’on a soi-même ressenti, il n’y a plus de frontière ni de couleur de peau, c’est juste un ressenti humain que l’autre reçoit.

CA VA ALLER 6
De la série « ça va aller … »  © Joana Choumali

Quel lien entretenez-vous avec la diaspora ivoirienne et plus largement africaine présente en France  ?

Je viens de temps en temps ici et j’ai des amis ivoiriens ici. J’ai en général de bons retours, y compris en Côte d’Ivoire.

Ce que je reçois très souvent et de façon directe, c’est sur mon profil Instagram où il y a une forte communauté d’Ivoirien.nes et d’Africain.es de la diaspora qui suivent ce que je fais et mes posts quasi-quotidiens de la ville et commentent en me disant « oh je suis fier.e d’être Ivoirien.ne ! », « qu’est-ce que j’ai envie de rentrer au pays ! », « ça me rappelle mon enfance ».

Y a-t-il une série qui, selon vous, a plus touché la diaspora ?

Je crois que « Resilients » a beaucoup touché les femmes de la diaspora.

Sur quoi travaillez-vous actuellement ?

Je poursuis la série « ça va aller… ».

La plupart de vos projets sont basés en Côte d’Ivoire ?

Oui, sauf « Adorn » qui est basé au Sénégal – série autour des standards de beauté et du maquillage des femmes sénégalaise ndlr. Mais si Insh’Allah, un projet futur que j’aimerais entamer me permettra de voyager dans d’autres pays africains.

Un mot de la fin ?

Soyez vous-même.

Pour suivre l’actu de Joana Choumali, rendez-vous sur son compte Instagram, sur Facebook et sur son site internet.

INTERVIEW – David Uzochukwu, le photographe autodidacte qui prouve que le talent n’a pas d’âge

ENTRETIEN – Délicatesse, intensité, nature, couleurs… Voilà la marque de fabrique des œuvres photographiques à couper le souffle de David Uzochukwu. Le photographe a écumé les tutos sur internet pour apprendre à maîtriser son art.  Celui qui fêtera ses 19 ans le mois prochain est surtout connu du grand public pour ses clichés réalisés pour la campagne Nike Women dévoilée en janvier dernier mettant en scène l’artiste FKA Twigs -qui en était l’une des directrices artistiques et a spécialement fait appel à ses services. Il présente quelques-unes de ses photos -dont une exclu- à la foire d’art contemporain Also Known As Africa (AKAA) du 10 au 12 novembre. L’occasion de revenir sur son parcours.

Pouvez-vous vous présenter ?

Je suis David Uzochukwu, j’ai 18 ans, je viens d’Autriche, j’ai grandi au Luxembourg et à Bruxelles et je viens de m’installer à Vienne pour mes études. Je fais de la photo depuis que j’ai 12 ou 13 ans et j’ai commencé à travailler comme photographe il y a trois ans. J’ai signé chez une agence parisienne, Iconoclast image.

Vous avez commencé la photo en faisant des autoportraits car vous n’étiez pas à l’aise d’aller vers les autres pour leur demander de poser. On voit maintenant pas mal de femmes et d’hommes sur vos photos. La photographie vous a-t-elle rendu moins timide ?

Je pense que oui. C’était aussi en grande partie dû au fait que je déteste faire quelque chose que je juge mauvais, commettre des erreurs et je savais que si je commençais par travailler avec d’autres personnes, j’avais de fortes chances de faire de très mauvais portraits. Donc je voulais avoir cet espace d’expérimentation, cette liberté et ce temps dont j’avais besoin et c’est là que j’ai commencé à faire des autoportraits. Puis avec le temps, quand j’ai pris plus confiance et amélioré mon savoir-faire en matière de photographie, j’ai commencé à inclure d’autres personnes dans mon travail. Je suis convaincu que ça m’a aidé à avoir plus confiance en moi au niveau personnel également et à aller plus facilement vers les autres. Je pense qu’il fallait que je me trouve d’abord.

David Uzochukwu Immortal
« Immortal » © David Uzochukwu / Galerie Number 8

Vous êtes timide mais vous posez souvent nu. Ce n’est pas trop difficile ?

C’est plus facile mais ce n’est jamais facile de prendre une photo dans un premier temps puis de la montrer. Mais en même temps, j’ai un grand sens de l’esthétique, je sais précisément ce que je veux que mes photos reflètent. Comme je ne peux pas souvent prendre de photos dans un environnement conçu par l’homme car je déteste que d’autres personnes façonnent mon image en quelque sorte, la plupart du temps, je me prends en photo sans vêtements. Quand j’avais 13 ans, je n’avais pas accès à de beaux vêtements et comme je n’avais pas de beaux vêtements, j’ai décidé de tout simplement prendre des photos sans vêtements.

Vous êtes pragmatique !

Oui, très! (rires) Je déteste les compromis en ce qui concerne mon travail personnel. Je pense qu’il est important de faire entendre sa voix et que le résultat soit satisfaisant pour soi.

Dans la plupart de vos photos, la nature est très présente. Pourquoi ce choix ? Où trouvez-vous votre inspiration ?

J’adore la nature dans la vie de tous les jours. Quand je vois un beau ciel ou un lever de soleil, je suis très ému. J’aime comment la nature nous fait nous sentir et comment notre paysage émotionnel peut ressembler au paysage qui nous entoure d’une certaine manière. J’aime également l’aspect préservé, il y a tellement d’espaces où aller. D’un point de vue purement visuel, il y a des motifs intéressants et de belles couleurs et rien n’a l’air forcé, c’est simplement naturel, organique et c’est juste là. Je trouve cela fascinant.

Pour ce qui est de l’inspiration, c’est assez difficile à expliquer. Plus je pense à un sujet, plus l’idée se précise. C’est plutôt le subconscient qui est à l’œuvre. Finalement, je ne sais pas. Je peux me balader dans la nature, penser à des sujets un peu controversés, me mettre dans un certain état d’esprit en écoutant de la musique, c’est très important pour moi. Après tout cela, les idées émergent du subconscient.

David Uzochukwu Wildfire
« Wildfire » © David Uzochukwu / Galerie Number 8

Votre mère est Autrichienne et votre père est Nigérian. Quel lien entretenez-vous avec ces pays ?

J’ai vécu en Autriche jusqu’à mes six ans et je m’y sens toujours chez moi. Nous avons déménagé plusieurs fois avec ma famille. C’est comme s’il y avait des petits bouts de chez soi partout et qu’en même temps, on n’était pas vraiment à la maison. Le Nigéria, je n’y ai jamais vécu -j’ai passé toute ma vie en Europe. J’ai rendu visite à de la famille à plusieurs reprises là-bas. J’ai adoré ! c’était fantastique, les gens étaient très ouverts, tolérants. Mais en même temps, j’ai le sentiment qu’il y a des points de vue fondamentalement différents. Le Nigéria est beaucoup plus conservateur comparé à pas mal de pays européens. Il y avait donc ce dilemme. Mais je me sens proche de ce pays, où se trouvent mes racines.

Qu’est-ce que cela vous fait d’exposer à un événement qui s’intitule ‘Also Known As Africa’ ?

Je suis très content ! Je trouve que c’était une belle opportunité. J’aime être entouré d’art africain et que mon travail soit placé dans ce contexte en tant que celui de quelqu’un issu d’une minorité, de la diaspora. Je suis très heureux et fier de participer à cet événement.

Vous disiez dans une interview pour le magazine Photo dans le numéro mars-avril de cette année, que vous aviez vécu le racisme partout et sous différentes formes. Utilisez-vous ces expériences dans votre travail ?

Il y a plusieurs choses à dire. Je n’ai pas consacré une série d’autoportraits sur la façon dont le racisme m’a forgé. Mais je pense aussi que, bien que la plupart de mes œuvres plus anciennes ne traitent pas forcément du racisme, cela m’a bel et bien forgé. Je pense qu’on retrouve cela dans d’autres choses que je fais car ça a fortement contribué à faire de moi la personne que je suis.

David Uzochukwu May be it is
« May be it is » © David Uzochukwu / Galerie Number 8

Avez-vous été victime de racisme en tant que photographe ?

Pas que je sache. Récemment, on a vu pas mal de Noir.e.s réaffirmer leur place dans la société et je pense que c’est presque un avantage pour moi de faire partie de cette communauté car je n’aurais pas pu exposer à l’AKAA autrement. C’est tout de même une question difficile.

J’ai peut-être été victime de discrimination mais au final, je m’en sors bien. Si je devais mettre dans une balance le négatif d’un côté et le positif de l’autre, elle pencherait du côté positif.

En novembre 2016, vous avez travaillé sur une campagne contre la dépigmentation de la peau avec l’association Esprit d’Ebene via l’agence Iconoclast. Comment cela s’est passé ? C’est l’association qui vous a contacté ?

Oui, l’association m’a contacté et j’étais très content de prendre part à ce projet. Je trouvais cela important de parler de ce sujet.

Il n’y a pas de photos du projet sur internet. Elles ne sont pas encore sorties ?

Je ne sais pas et je suis d’ailleurs surpris que vous parliez de cette campagne. Peut-être qu’ils changent certaines choses dans le projet, ce n’est pas toujours facile.

Comment faites-vous pour trouver un équilibre entre votre travail purement artistique et personnel et vos contrats commerciaux -comme quand vous travaillez sur la campagne Nike avec FKA Twigs ?

Les deux contextes sont très différents. Quand je travaille sur mes projets personnels, je travaille parfois seul alors que quand je me consacre à un contrat commercial, il peut y avoir entre 7 et 18 personnes. Dans le cas de Nike, il y avait plusieurs direct.eur.ice.s artistiques, FKA Twigs en était une aussi. Parfois, vous avez de la chance et les personnes avec qui vous travaillez comprennent et sont prêtes à ne pas compromettre votre vision et c’est absolument génial car vous pouvez contrôler la création. Dans d’autres cas, c’est le résultat d’un travail d’équipe et de belles choses en sortent.

Sur quoi travaillez-vous en ce moment ? Que pourra-t-on découvrir bientôt ?

Je vais me lancer dans la réalisation d’un premier film qui devrait sortir début 2018. A part ça, je suis toujours très content de continuer à expérimenter de nouvelles choses et faire de mon mieux pour faire du bon travail.

Pour voir plus d’oeuvres de David Uzochukwu, rendez-vous sur le site Galerie Number 8 et Iconoclast image.

Vous pouvez aussi retrouver le photographe sur Instagram , Facebook et Twitter

(Crédits photo à la une: « Rising » David Uzochukwu / Galerie Number 8)

#CROWDFUNDING – Paroles d’honneur, Koudmen Ba La Dominik, Jadia le film, … Liste non-exhaustive de projets afro qui ont besoin d’un coup de main financier

#CROWDFUNDING – C’est comme ça qu’Awotele, la revue ciné de qualité à laquelle participe la journaliste Claire Diao a pu financer son dernier numéro. Si vous avez un peu de sous, nous postons ici des projets afro de qualité qui demandent un soutien financier. Pick’em up 😉

L’union fait la force. Et comme Grégoire a réussi à lancer sa carrière musicale grâce aux internautes, des projets afro n’attendent que votre soutien financier pour exister.

Koudmen Ba La Dominik

Koudmen La Ba Dominik

Pour venir en aide à la Dominique après le passage de l’ouragan Maria en septembre dernier, Koudmen Ba La Dominik- un collectif de citoyens qui s’est formé en 2015 suite à la tempête Erika, a lancé une nouvelle cagnotte en ligne. L’objectif de 50 000 euros servira à reconstruire et à apporter une aide matériel à des centres de santé. Il reste encore 33 jours pour faire des dons qui s’élèvent aujourd’hui à 3 255€.

Paroles d’honneur

« Par Nous, pour Tous! Un média 100 % autonome/100 % décolonial! », tel est le slogan de l’émission dévoilée en février dernier sur http://www.lebanlieusard.fr, site d’information du rappeur Kery James. L’historienne et politologue Françoise Vergès, la députée Danièle Obono ou encore la maître de conférences Maboula Soumahoro ont pris part à des débats dans le cadre de Paroles d’honneur. Aujourd’hui, le projet a besoin de financement pour se poursuivre. Il reste un jour pour réunir un peu moins de 2000€ manquants pour atteindre la somme nécessaire.

Jadia, le film

Lorena Masikini aka Afeni
Lorena Masikini qui interprétera le rôle d’Afeni

Jadia est le nom d’un court-métrage imaginé par Marie-Ngoya, qui en est la co-scénariste, réalisatrice, productrice et distributrice. Cette fiction se focalise sur Afeni et Kelile, deux afro-français.e.s militant.e.s se mobilisant autour des violences policières. Figurent au casting : Lorena Masikini qui tiendra l’un des rôles principaux (celui d’Afeni), aux côtés de Sacko the Comedian ou encore Stomy Bugsy.

Pour que le tournage puisse débuter au mois de juillet, Marie-Ngoya cherche à réunir 20 000€. Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page Facebook du projet et pour faire un don, c’est par ici!

Vous avez déjà soutenu…

L’Arbre à Palimpseste – La série

larbre à palimpseste

Des personnages historiques africains mis en scène dans une série animée à travers le récit d’une conteuse, c’est l’idée d’Ingrid Agbo, qui a officié au cinéma comme directrice de la photographie et assistante opérateur. Pour rendre ce projet dont on a été nombreux.ses à rêver sur pied, elle a décidé avec son équipe de lancer une campagne de financement participatif. La comédienne Tatiana Rojo prendra également part au projet. Résultat : 6058€ ont été récoltés pour un objectif de 6000€).

Gueriaz d’Afro Fiction : les m1nutes films

Afro Fiction, collectif de comédien.ne.s, scénaristes, réalisat.reur.ice.s, qui cherchent à promouvoir le travail des afrodescendant.e.s dans la production cinématographique. Créée il y a un an, l’association, marrainée par la grande Firmine Richard, a déjà organisé les Chronofilms, un marathon de réalisation de court métrages en un temps limité de 48h.
L’équipe fait appel au public pour relever un nouveau défi : réalisé des films d’une minute en une journée de tournage et deux jours de post production en s’inspirant du cinéma Guerilla, d’où le nom du projet : Gueriaz. Résultat : le collectif a obtenu 1325€ sur les 4000 initialement demandés. 

Cinewax Outdoors

Cinewax

L’association Cinewax, dédiée à la promotion des cultures africaines, lance un appel au don pour la seconde édition de son festival gratuit Cinewax Outdoors qui se déroulera, comme l’an passé, en plein air dans la capitale française. Résultat : 9169€ ont été récoltés (l’objectif était de 9000€)

Slice Up

Initié par 3 journalistes, le projet marrainé par l’actrice Aïssa Maïga a pour but de former des reporters web sur le continent africain afin qu’iels puissent réaliser leurs propres sujets. Après avoir formé 10 femmes et hommes au maniement de la caméra, du montage, de la narration et de la valorisation de contenus en ligne, Elsa Miské et Nicolas Baillergeau veulent apporter leur compétence à 10 autres personnes, cette fois, au Togo début 2018, avec l’aide du data journaliste togolais Richard Folly.

Résultat : la cagnotte a réuni 10 155€ soit 155€ de plus que l’objectif de base.

Bazar Café

L’écrivain guadeloupéen Alain Foix souhaite ouvrir un café littéraire et artistique à la Charité sur Loire, baptisée  ville du livre en 2002. Le lieu permettra d’accueillir des résidences d’écrivains, d’artistes ainsi que des expositions et des conférences.

Résultat : 6535€, soit 535€ de plus que nécessaire. 

 

Afrosphères

visuel afrosphères

Ce projet de salle de lecture à Douala est marrainé par l’écrivaine Léonora Miano qu’on ne vous présente plus. Afrosphères est « dédiée à la promotion des productions intellectuelles et culturelles du monde afro », en mettant « à la disposition de jeunes de la ville, les ouvrages au programme officiel des écoles camerounaises. » L’association souhaite également organiser des événements culturels, toujours dans un but éducatif. Résultat : le projet a récolté 3 625€ (4 000€ était l’objectif initial).

Comme un Million de Papillons Noirs

 

Papillons Noirs

Après deux livres publiés, l’afroféministe Laura Nsafou aka Mrs Roots se lance dans une nouvelle aventure littéraire. Cette fois, elle veut valoriser les cheveux crépus et frisés, encore trop souvent dépréciés dans notre société, auprès des petites filles. Pour illustrer son texte, elle a fait appel à la dessinatrice Barbara Brun. Il s’agira du premier projet du genre en France. Résultat : objectif plus qu’atteint, avec une jauge qui a explosé à 22 018€ contre 10 000€ initialement demandés !

Higoma

On avait adoré ses poupées de bien-être Aku Ako, un mix entre les Kokeschi du Japon et les Akuaba ashanti*; on adore son projet de « tambours parlants ». Noumbissi Design, la petite entreprise de design créée par Simon Tam, veut créer des enceintes audio ayant la forme de djembés (tambours parlants), conçues artisanalement  au Cameroun. Une bonne manière de dépoussiérer la vision de l’objet, tout en mettant à l’honneur le savoir-faire camerounais.  Résultat : le projet a rassemblé 5 280€.
*Vous pouvez les retrouver aux Galeries Lafayette de Montparnasse, (Paris XIVe) aux côtés des créations d’Afrikanista ou de Myriam Maxo entre autres.

La crépue

La websérie visible sur Youtube qui raconte les tribulations quotidiennes d’une femme noire qui porte ses cheveux au naturel, en milieu professionnel en passant par la vie sentimentale, lance un appel au don. Le but est double, nous dit sa créatrice sur la page Facebook du projet :  « donner jour aux prochains épisodes et vous faire participer à leur création. » Objectif atteint avec 5 160€ réunis !

MAMIWATA

La comédienne Astrid Bayiha signe avec MAMIWATA sa première pièce de théâtre en tant qu’auteure. Elle y joue également. Présenté en exclusivité au public en septembre 2016, ce spectacle questionne la place des mythes dans la construction identitaire et le rapport aux autres. Il sera à nouveau mis en scène du 29 mars au 9 avril au Théâtre de l’Opprimé. À cette occasion, Astrid Bahiya a lancé un appel au don en rappelant que l’équipe, constituée de six femmes et deux hommes, a jusqu’ici travaillé de façon bénévole. La campagne de financement participatif de ce projet unique a pris fin le 28 mars. Résultat : 1275€ ont été réunis (l’équipe était en quête de 1000€).

Fanon hier, Fanon aujourd’hui : Regards croisés

La Fondation Frantz Fanon souhaite réaliser un documentaire sur la vie du psychiatre et militant martiniquais décédé en 1961 depuis 2015, année de son 90ème anniversaire. Le plus de ce projet, c’est qu’il permettrait d’exploiter des archives encore jamais utilisés dans aucun autre film parlant de lui. Elle a donc décidé de mettre en place une demande de financement participatif. Résultat : 243 contributeur.ices ont donné en deux mois 11 515€, pour un objectif initial de 11 000€.

Chimen an mwen

harry-eliezer

Harry Eliezer, animateur sur les radio France Inter, France Bleu passé chez pigiste chez Slate et actuellement coach personnel, a décidé de partir de sa propre expérience pour son documentaire : celle d’un homme d’origine guadeloupéenne qui est né et a grandi à Paris et dont les parents ont bien pris soin de ne pas lui transmettre la culture liée à son île d’origine, craignant que cela ne mette un frein à son intégration en métropole. Dans Chimen an mwen -« mon chemin » en créole- , on le suit dans sa quête identitaire où l’entre-deux culturel est questionné. Afin de pouvoir achever le tournage du film, il a lancé une campagne de crowdfunding avec comme objectif 20 000€. Résultat : objectif atteint le 25 décembre avec 20 045€ réunis.

Colocation entre filles 

colocation-entre-filles

Vous suivez peut-être Ruby Comédienne alias Yvonne Akono sur Facebook et sur Snapchat où elle poste régulièrement des sketches de quelques minutes. Elle est aussi la créatrice et une des actrices de la web-série Colocation entre filles, qui parle du quotidien de jeunes femmes qui partagent un appartement à Rouen. Pour que la troisième saison puisse voir le jour, celle qui incarne Coco a lancé un crowdfunding et demandé 10 000 euros. Résultat :  11 006€ ont été récoltés.

Le documentaire Ouvrir la voix d’Amandine Gay


ouvrir-la-voix

Il est presque enfin là, le film d’Amandine Gay. Dans Ouvrir la voix, la réalisatrice afroféministe donne la parole à des jeunes femmes noires et européennes pour en dresser « un portrait politique aussi multiple que les réalités et identités qu’il comprend », comme l’annonce la page Facebook du film. On dit que ce premier documentaire est presque là car s’il va tourner dans les festivals, il a besoin de soutien populaire et financier. Vous pouvez contribuer à faire arriver cette production indépendante et militante dans les salles en participant au crowdfunding lancé ici. Le + : en attendant de découvrir Ouvrir la voix dans son intégralité, vous pouvez découvrir des scènes coupées au montage sur la chaîne Youtube du film, qui en donne un premier aperçu. Résultat : le projet a dépassé son objectif. Vous avez pu le découvrir le 15 décembre au Centre Curial, lors d’une projection co-organisée par vos servitrices et l’ADEAS.

Welcome to Conakry

welcome-to-conakry

Conakry, capitale de la Guinée, sera également la capitale mondiale du livre de l’UNESCO en 2017. Ça tombe bien car c’est justement l’aspect culturel de la ville qu’Aïcha Diaby, l’instigatrice du projet, veut mettre en avant. À travers une série documentaire en 6 épisodes, elle nous propose de découvrir les acteur.ices de la mode, de la gastronomie ou encore du street art sur place. Le tournage a débuté fin octobre et la campagne avait déjà atteint 4 220 euros sur les 5 000 nécessaires le 15 octobre, 9 jours avant sa date de clôture.
Résultat : Le 24 octobre, les crowdfunders ont permis à l’équipe de remporter 5 235€  sur les 5000 demandés. 

Nogochi, le film

capture-decran-nogochi-le-film

« Un film d’aventure en Afrique, entre Apocalypto et Indiana Jones« , c’est ainsi qu’est présenté le projet de film Nogochi, premier long métrage de Toumani Sangaré -qui sera également à la réalisation-, co-écrit par le scénariste et auteur de bande dessinée Christian Vilà. Toumani Sangaré s’est d’abord fait connaître en tant que réalisateur de clips en tant que membre du collectif Kourtrajmé pour Mokobe ou encore Salif Keita. Plus récemment, il a lancé la série malienne à succès Taxi Tigui. Dans Nogochi, on suivra le parcours d’un ancien esclave américain de retour en Afrique de l’ouest dans les années 1880 et recueilli par une famille de Donso, les maîtres chasseurs traditionnels, le tout en langue bambara. Le projet est ambitieux et nous tient déjà en haleine ! Le + : on peut d’ores et déjà découvrir les costumes traditionnels et accessoires qui figureront dans le film par là.
Résultat : la campagne de financement participatif a pris fin le 13 octobre et a plus que dépassé son objectif en récoltant 15 560 euros alors que l’objectif était de 6 000 ! 

Le city guide de Little Africa

large_LITTLE_AFRICA_-_lancement_city_guide-02-1464138666-1464138685

Jacqueline Ngo Mpii a eu la bonne idée de monter Little Africa, qui donne à voir Paris sous son jour afro. À la faveur de balades dans divers quartiers, l’entrepreneure fait découvrir aux badauds restos, monuments, lieux, magasins et initiatives gérés, érigés, marqués, impulsés, traversés par et pour les afrodescendant.e.s. Et pour mieux faire comprendre que la ville fait aussi rêver grâce à ses  habitant.e.s, artisan.e.s, artistes, restaurateur.ice.s afrodescendant.e.s, Jacqueline et son équipe sortent un guide !!  Une excellente idée que nous soutenons.
Si la collecte réussit, le guide sera disponible en novembre 2016.
Résultat : La collecte a fonctionné pour Little Africa. 15 765 euros ont été réunis soit 765 euros de plus que la somme que l’organisation pilotée par Jacqueline Ngo Mpii avait fixée. Le guide est disponible depuis le 13 novembre sur la boutique en ligne dédiée

La dotation du prix Mahogany
Mahogany
Leonora Miano
, qui vient de sortir L’Imperatif transgressif et Crépuscule du tourment n’est pas que l’une des écrivaines importantes de la dernière décennie. C’est aussi une activiste de la littérature, qui n’hésite pas à parler des projets des autres et à les célébrer. C’est pour mettre en avant l’exigence et la qualité d’oeuvres littéraires d’auteur.e.s subsaharien.ne.s qu’elle a créé le prix Mahogany il y a quelques années. La.e gagnant.e recevait une oeuvre d’art, mais l’artiste pense qu’une dotation financière permettra de valoriser encore plus ce prix et par truchement, l’oeuvre et celui qu’il l’a écrit. Nous croyons comme Leonora Miano que cultiver les esprits est aussi important que de stimuler et de créer des richesses économiques en Afrique et dans sa diaspora.

Résultat : Si on est loin de l’argent qui devait être collecté à l’origine, soit 10 000 euros, les 1500 euros, hors frais retenus par la plateforme collectés par ici vont quand même permettre de remettre un prix au gagnant de l’édition 2017. Pour cela, Mahogany a demandé l’autorisation aux participants du crowdfunding. 

La chaîne Youtube de La Nadjance

la nadjance

Après avoir découvert -tardivement- les vidéos de Naya Ali, on a continué à fouiner sur Internet. Et c’est sur Facebook qu’on est tombé sur Nadjélika Amandine Bamba aka La Nadjance. D’origine ivoirienne, elle n’est pas qu’une humoriste qui nous fait partager sa vie quotidienne de vingtenaire , avec ses potes ou ses fans -oui, oui-. Outre son bagout, ses prises de  position, elle veut faire découvrir sa musique, qu’elle étudie, avec des vidéos de meilleure qualité qu’elle posterait sur une chaîne Youtube qu’elle veut créer grâce à vous. C’est un grand OUI pour nous !
Résultat : la collecte qui se déroulait ici, a permis à La Nadjance de récupérer 3436 sur les 3000 euros demandés à l’origine.

Le camp décolonial

camp decolonial

Il aura fait couler beaucoup d’encre ce camp décolonial, avant même d’avoir eu lieu. Co-organisé par Fania Noël et Sihame Assbague, le camp propose du 25 au 28 août 2016 formations à l’antiracisme politique à l’approche de la présidentielle 2017. Avec un Parti Socialiste exsangue et inaudible, une droite droite dans ses bottes- immigration, sécurité, identité- qui affiche quinze mille candidats, les extrêmes droites à qui on donne toujours plus de temps d’antenne et à qui on vient voler des thèmes, et l’éclatement de l’extrême-gauche, oui, ce serait pas mal d’aller voter -ou pas, mais armé.e de savoirs.
Résultat : L’objectif était de récolter 8000 euros. Les organisatrices ont reçu près de 8 825 euros et le camp décolonial a eu lieu, non sans susciter de nombreuses levées de bouclier au plus haut niveau de l’État, dont Manuel Valls ou encore Najat Vallaud-Belkacem. 

Le site média Nothing But The Wax


nbw

En 2010, c’était un blog. 2016 signe l’arrivée de Nothing But The Wax comme un site média dédié à la mode et à la beauté noire. Derrière le projet s’activent Chayet Chiénin et une team de passionné.e.s/journalistes. Pour aller plus loin, elleux ont lancé un crowdfunding et ont déjà atteint le bel objectif de 15 000 euros. Décidé.e.s à aller sur le terrain notamment à l’étranger, Chayet Chiénin et son équipe veulent atteindre le palier des 20000 euros et vous sollicitent. Assister à la naissance d’un média est important. Nous, on suit !
Résultat :  sur 15 000 euros demandés, et après une relance auprès du public, la team NBTW a réussi à obtenir 20 321 euros sur la plateforme Ulule.