[SPOILERS ALERT] #ACHAUD Le film « Black Panther » est-il aussi flamboyant qu’annoncé ?

SPOILERS ALERT – Depuis des mois, on en a vu des bandes-annonces et des images de ce Black Panther, mettant en scène le premier super héros noir issu de la famille Marvel. Le temps de bien apercevoir le casting canon, composé notamment de Lupita Nyong’o –12 years a slave, Star Wars-, Chadwick Boseman –Get on Up…-, Angela Bassett –What’s love got to do with it ?, Exhale, etc- ou encore Michael B. Jordan –Fruitvale Station, Creed…- les décors et des costumes à couper le souffle, une histoire qui se déroule entre l’Amérique et l’Afrique en rendant hommage à ce continent, avec ingénuosité. On a vu le film et on vous dit -dans les grandes lignes- ce qu’on en a pensé.
Black Panther, c’est l’histoire du premier super-héros noir chez Marvel, T’Challa, qui, après la mort de son père devient roi du Wakanda, un pays pacifiste et riche, situé en Afrique. Ce dernier possède des technologies uniques au monde et des ressources rares. Parmi lesquelles, le vibranium, extrêmement convoité -toute ressemblance avec des faits réels sera fortuite 😉 -. Le jeune monarque se retrouve face à une tâche délicate : protéger son peuple d’ennemis cupides.
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T’Challa joué par Chadwick Boseman / The Walt Disney Company France

 

 

 

Un vrai divertissement
Loin d’être des inconditionnelles des histoires de super-héros -les ressorts dans les histoires en général étant souvent les mêmes finissent par nous ennuyer-, on a été diverties du début jusqu’à la fin. Le film est très bien rythmé , le jeu de l’ensemble des act.eur.rice.s est expressif. On est passé par toutes les émotions… Bref, on s’est laissé transporter. Sans oublier l’esthétique au top ; des effets spéciaux, aux costumes, en passant par les décors et la flamboyance du casting afrodescendant – venu des quatre coins de l’Europe et des Etats-Unis, saurez-vous d’ailleurs reconnaître Isaach de Bankolé ?-… Ca fait du bien ! Même si les superhéro.ine.s, ce n’est pas votre truc, vous allez obligatoirement être pris.e.s au piège.
De l’importance des femmes
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Danai Gurira, Lupita Nyong’o, Florence Kasumba -Walt Disney / Marvel

 

 

Que ce soit Nakia -interprétée par Lupita Nyong’o-, Okoye -jouée par Danai Gurira- ou Shuri -personnage dans lequel s’est glissée Letitia Wright-, les personnages féminins sont bien écrits et développés. Les femmes sont des personnages-clés : elles apportent les solutions. C’est par exemple Nakia qui a le -bon- réflexe de taper à la bonne porte lorsque son amour T’Challa est laissé pour mort au cours d’un duel avec son cousin américain. C’est Okoye, meilleure guerrière du pays au service du roi, qui poussera son mari W’kabi -interprété par Daniel Kaluuya- à l’âme vengeresse à rendre les armes ou encore Shuri la soeur du monarque qui permettra, grâce à ses innovations technologiques, de sauver des vies et le royaume en question. Tout cela en étant cool, stylées, déterminées, touchantes et sacrément efficaces.
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Letitia Wright joue Shuri / Marvel Studios 2018

 

 

Accents et sons afro
On a un peu tiqué en entendant une petite partie de la bande-son, mélange de tam tam et de voix un rien cliché. On a dû s’habituer aux accents « wakandais  » des comédien.ne.s américain.e.s. Pourquoi ne pas avoir laissé le cast parler avec leur accent habituel plutôt que de forcer le trait ? Le cinéma est un monde d’imaginaire et le décor est bien planté – dans un pays africain, c’est assez clair-, on aurait donc pu comprendre de toutes les façons, non ?
Diaspora
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T’challa (de dos) affrontera bientôt Erik Killmonger / Marvel Studios 2018

 

 

La dualité entre T’Challa, enfant du pays, héritier logique du trône, et Erik Killmonger, joué par Michael B. Jordan, le cousin américain privé de son père durant son enfance par son oncle et abandonné, cristallise une vision : celle des rapports, complexes, que l’on peut entretenir avec un endroit où nos ascendant.e.s sont né.e.s. Le différend des deux personnages -outre le fait de pointer que l’ennemi vient souvent de l’intérieur- repose sur les sentiments de celui qui a connu, est né, a grandi, a quitté, est revenu sur la terre où sont nés ces parents -T’Challa- et de celui qui ne la connait pas, l’a fantasmé et rêve de la conquérir -Erik-. Le premier a la mission de ne pas galvauder ses traditions tout en accueillant l’autre alors qu’accepter cette identité hybride est un combat difficile pour le deuxième semble nous dire le film.
Erik Killmonger reçoit le coup fatal porté par T’Challa et demande à ce que son corps soit jeté dans la mer pour rejoindre ses ancêtres. Ce geste rappelle comment ils se jetaient des bateaux après avoir été capturés pour être mis en esclavage et préféraient mourir plutôt que de vivre enchaînés. Belle façon d’évoquer cette partie de l’histoire des afro-américain.e.s. Ou on ne peut voir dans tout cela que de belles bagarres, de belles paroles coincées dans le beau décor de Marvel qui fera date.
Nous divertir, nous faire réfléchir ; Black Panther a -plus que- fait le boulot.
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#Unjouruneactriceafrofrançaise #43 : Roukiata Ouédraogo

TROMBINOSCOPE – Parce qu’on n’en peut plus d’entendre que les comédien.ne.s noir.e.s en France sont invisibles, qu’on n’en connaît peu, que si, que là… on a décidé d’en présenter un, brièvement, tous les jours. Aujourd’hui : Roukiata Ouédraogo.

Invisibles, les comédien.ne.s afrofrançais.e.s ? Pendant que nous nous demandons si nous sommes capables d’en citer plus de cinq, les artistes s’affairent dans les écoles de formation, les bureaux de casting, sur les plateaux de cinéma, les planches.

Loin de nier la ligne de couleur qui règne au théâtre, au cinéma, à la télévision et malgré des améliorations, nous voulons les mettre en valeur, comme d’autres avant nous, justement parce qu’il peut être difficile de savoir où /quand on peut les voir.

Vous trouverez ici chaque semaine le nom et la photo d’un.e comédien.ne noir.e, sa date de naissance, les productions marquantes dans lesquelles ille a joué, son dernier rôle. Aujourd’hui : Roukiata Ouédraogo.

Roukiata Ouédraogo est née en 1979.

La comédienne débute sa carrière au théâtre en 2008, où elle joue et met en scène la première pièce qu’elle a écrite, Yennenga, l’épopée des Mossi. 

En 2012, Roukiata Ouédraogo crée son premier one woman show, « Ouagadougou pressé« .  En 2017, elle part en tournée avec son second seule en scène, « Roukiata tombe le masque ».

Au cinéma, elle fait une apparition dans le film Samba avec Omar Sy et Charlotte Gainsbourg, réalisé par Olivier Nakache et Eric Toledano en 2014, dans La vie de château de Cédric Ido et et Modi Barry, avec Jacky Ido ou encore Tatiana Rojo en 2016.

Roukiata Ouédraogo sera sur scène avec son dernier spectacle Je demande la route dès ce 11 janvier au soir jusqu’au 7 avril 2018, les jeudis, vendredis et samedis au Théâtre Lucernaire à Paris. On la retrouve également à la radio en tant que chroniqueuse sur France Inter dans l’émission « Par Jupiter ! » de Charline Vanhoenacker et Alex Vizorek à 17h.

(Source photo : Agencesartistiques.com)

#MARCHEPOURMARIAMA – déroulement et prises de parole

Pour celleux qui peuvent, voici les informations  pour participer  à la marche pour Mariama, morte le 29 décembre 2017 sous les coups de son compagnon.

MARCHE SILENCIEUSE EN HOMMAGE À MARIAMA K.

ET CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES

mercredi 10 janvier 2018, 17h30, Montreuil (93)

 

DÉROULEMENT

 

17h30 RDV au pied de la tour OPHM

118, avenue du Pdt. Salvador Allende, à Montreuil

 

* Dépôt des gerbes : 

1°) L’OPHM: Stéphan Beltran, conseiller municipal délégué au logement et à l’habitat et Mmes. HOLDERBAUM Nathalie et PINTO Simone’ gardiennes de la cité de l’Amitié

2°) L’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis (à confirmer)

3°) SOS femmes 93 (à confirmer)

4°) La Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil

5°) Le Conseil départemental (Stéphane Troussel et Pascale Labbé)

6°) La ville de Montreuil (Patrice Bessac, maire de Montreuil et Riva Gherchanoc, adjointe déléguée à la santé, à l’égalité femme / homme, à la lutte contre les violences faites aux femmes et à la lutte contre les discriminations et un membre de la famille de Mariama.

 

* Minute de silence/recueillement

 

Mise en place du cortège : derrière la banderole: la famille – Patrice Bessac, maire de Montreuil – Riva Gherchanoc, adjointe déléguée à la santé, à l’égalité femme / homme, à la lutte contre les violences faites aux femmes et à la lutte contre les discriminations – les présidentes d’associations puis derrière les élus et la population.

 

18h00 Départ de la marche silencieuse vers la Mairie

 

Itinéraire : avenue du Pdt. S. Allende – bld. de la Boissière – bld. Aristide Briand – bld. Paul Vaillant Couturier  – Hôtel de Ville de Montreuil (place Jean-Jaurès).

 

18h30/18h45 Arrivée devant la mairie

 

Allocutions (en haut des marches) :

1°) Patrice Bessac, maire de Montreuil

2°) Un membre de la famille

3°) Les associations :  – L’Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis – SOS femmes 93 – La Maison des femmes de Montreuil

L’année 2017 vue par des journalistes afrofrançais.e.s

Qu’iels officient chez Le Monde Afrique, Buzzfeed ou encore le Parisien, les journalistes afrofrançais.e.s sont peu visibles mais pourtant bien présent.e.s ! Iels ont d’ailleurs des choses à dire. L’Afro leur a donc demandé de nous parler des trois faits les plus marquants de l’an 2017 selon elleux. Au menu : politique, faits de société, foot et musique.

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Coumba Kane, journaliste pour Le Monde Afrique

« J’ai retenu des faits panafricains qui ont une résonance avec le continent. Ce sont des événements qui sont anachroniques, des choses qui ne devraient plus se passer en 2017. »

La manifestation du 18 novembre à Paris contre l’esclavage en Libye

On savait bien sûr que les noirs étaient maltraités en Libye. Mais les images du reportage réalisé par une journaliste de CNN ont marqué les esprits. La manifestation du 18 novembre que j’ai couverte pour ma rédaction était une façon pour les gens de montrer qu’ils en avaient marre d’être considéré comme n’appartenant pas au genre humain, ce n’est pas comparable à ce qu’ils vivent en France mais ça les a renvoyé à leurs conditions hors d’Afrique subsaharienne. Il y a souvent des manifestations d’opposants, politiques gabonais ou congolais à Paris mais ce jour-là, il y a eu une vraie cohésion panafricaine. Cette solidarité et cette spontanéité m’ont marqué. La plupart des manifestants n’étaient pas des militant.e.s mais des hommes et des femmes qui manifestaient parfois pour la première fois. Il y a une communauté qui s’exprime, une libération de la parole.

La visite d’Emmanuel Macron en Afrique de l’ouest (novembre-décembre)

On l’a présenté comme un président jeune et progressiste mais il n’a pas été en rupture avec ses prédécesseurs ; le fait qu’il ait prononcé un discours adressé à la jeunesse africaine, c’est paternaliste et ça ne devrait pas exister en 2017.  Au niveau de la forme, il y a une image que j’ai trouvé extrêmement gênante, c’est le moment où le président français a fait sa blague sur la climatisation et où l’on voit le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré qui avait l’air gêné sans oser parler. Alors que quand Emmanuel Macron s’est rendu au Ghana, le président ghanéen Nana Akufo-Addo a fait un discours de rupture ; il était debout, digne, expliquant qu’on n’a rien à attendre de la part de pays comme la France. C’est un symbole fort. Cela illustre bien les relations entre les présidents d’Afrique de l’ouest et les présidents français.

La chute du président zimbabwéen Robert Mugabe (21 novembre)

On se pensait tou.te.s que soit il mourrait au pouvoir, comme il le disait lui-même, soit qu’il y aurait eu effusion de sang pour lui faire quitter le pouvoir. Après 37 ans passé au pouvoir, jusqu’à l’âge de 93 ans, il a finalement démissionné, on lui a bien sûr forcé la main mais de voir que ça s’est fait aussi rapidement,  (en deux semaines ndlr ) sans violence alors qu’on le croyait indéboulonnable. Cela devrait donner à réfléchir à pas mal de chefs d’Etat mal élus et qui s’accrochent malgré tout au pouvoir.

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Jennifer Padjemi, journaliste pour Buzzfeed France

L’investiture de Donald Trump (20 janvier)

Ce jour venait officialiser la réalité de cette élection qui semblait être un terrible cauchemar dont le monde allait se réveiller. Il n’en fut rien, tout ceci est bien arrivé pour le pire. On avait beau nous répondre jusqu’ici que la politique américaine n’avait pas de réels impacts sur la France à chaque fois qu’on pouvait «s’émerveiller» sur la présidence d’Obama; l’élection de Trump nous a prouvé le contraire. Son impact sur le monde est bien là et son élection venait enclencher une série d’extrémisme politique dans le reste de la planète. La France y a échappé de justesse en élisant Macron, mais était-ce vraiment pour le meilleur ? Je ne pense pas, mais il nous reste encore quatre ans pour le savoir.

L’enquête Weinstein du New Yorker et du NY Times (octobre) 

Une sombre affaire d’accusations de harcèlements sexuels, d’agressions sexuelles et de viols contre l’un des producteurs les plus puissants d’Hollywood. Des femmes ont élevé la voix et ont trouvé le courage de parler des actes qu’elles ont subies, parfois pendant des années. S’en est suivi les hashtags #MeToo et #BalanceTonPorc, illustration moderne de la culture du viol qui montre que TOUTES les femmes ont déjà été victimes d’une forme d’agression sexuelle de la part d’hommes. C’est bien la première fois qu’un mouvement a dépassé les réseaux sociaux pour devenir un symbole de la lutte contre le sexisme et les violences contre les femmes. En espérant que les hommes qui restent impunis continuent à tomber en 2018, mais surtout que la France suive le pas en considérant l’importance de ces sujets.

L’arrivée de la gamme de maquillage Fenty Beauty (septembre)

Ou comment Rihanna a commencé une révolution grâce à une ligne de maquillage inclusive dans tous les sens du terme. Pour certain.e.s, ce n’est que du maquillage, mais c’est en fait bien plus que ça : c’est la représentation des minorités, notamment des femmes noires, celles qu’on ne voit jamais dans les médias. Elle a donné le “la” à une industrie capitaliste qui réalise enfin que ce n’est plus possible de ne pas s’intéresser à nous. Dans cet esprit, il y a également le film Ouvrir la voix d’Amandine Gay qui a été le déclencheur d’une prise de conscience sur les femmes noires et leurs expériences. Après de nombreux bâtons dans les roues -coucou le CNC!-, elle a réussi à sortir son film en salles en octobre, et ce nationalement. Un exemple de combativité qui, espérons-le, ouvrira la voie à toutes celles qui comme elles se battent au quotidien pour voir leurs projets se concrétiser.

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Sindanu Kasongo, journaliste spécialiste hip hop et responsable programmes et antennes chez BET France

L’esclavage en Libye révélé dans un reportage de CNN (novembre)

Ce mois de novembre, une journaliste de CNN a filmé une vente de Noirs en Libye. Oui , une vente. Comme à la « belle époque ». Heureusement, l’efficace ONU a dénoncé « une situation inhumaine » et la Libye « assure qu’une enquête va être ouverte ». Que reste-t-il après la mobilisation (un samedi devant une ambassade vide) à Paris, le coup de gueule de Claudy Siar et quelques hashtags ? Un sentiment d’impuissance partagé par beaucoup de sœurs et de frères et une grande colère face aux gouvernements africains, qui restent les premiers coupables de ces drames.

L’affaire Théo (février)

Début février, Théo, un jeune français, était violé et brutalisé par des policiers. Il y a eu les manifestations, la visite express du président Hollande à son chevet, des témoignages accablants et puis…Plus rien. Enfin si. Certains médias évoquaient « les contradictions dans l’affaire Théo ». D’autres révélaient que son frère était sous le coup d’une enquête pour « suspicion d’abus de confiance et escroquerie ». Enfin, il se chuchotait que le jeune homme avait un oncle ministre au Congo RDC. Super. Il reste que près d’un an plus tard on ne sait toujours pas comment lors d’une interpellation une matraque a pu entrer par « accident » dans l’intimité du jeune homme.

La sortie de l’album « 444 » de Jay-Z (30 juin)

Il s’agit du treizième album de Jay Z. La prouesse, c’est qu’en 2017 il propose son meilleur album depuis longtemps -ça se discute- et son album le plus personnel : ça, c’est indéniable. 46 ans, multimillionnaire –810 millions selon Forbes-, plus de vingt ans de carrière, deux enfants et Beyoncé au bras mais Shawn Carter continue d’être motivé. Mieux, il sort de sa zone de confort et a proposé des clips de qualité et originaux. En plus, pour éviter de se confronter au jugement des ventes -ambitieux mais pas fou le gaillard)-Jay a soigneusement fait acheter un million d’exemplaires par la compagnie Sprint la première semaine et ainsi s’assurer son disque de platine. Brillant.

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Maïram Guissé, journaliste pour Le Parisien et co-réalisatrice du documentaire L’amour en cité

L’esclavage en Libye révélé dans un reportage de CNN (novembre)

On sait que l’esclavage n’a pas cessé, malheureusement. Qu’il existe encore sous diverses formes. Mais voir au XXIè siècle des Noirs vendus au marché… c’est forcément choquant. L’histoire se répète pour le pire. 2017, on en est encore là !

Les violences subies par les Rohingyas

Cette minorité musulmane de Birmanie subit un génocide, selon les Nations-Unies. Je n’arrive pas à comprendre qu’en 2017, à cause de son appartenance religieuse -quelle qu’elle soit, on puisse faire subir de telles atrocités à toute une population !

Les  femmes de ménage victimes de harcèlement sexuel 

C’est une affaire qui remonte à 2012, traitée par Médiapart en 2015 et jugée au mois de novembre aux Prud’Hommes, comme expliqué dans un article de Slate. Ces femmes de ménage, employées par une entreprise sous-traitante de la SNCF, ont été victimes de diverses discriminations et de harcèlement sexuel. Elles ont lutté, ont obtenu gain de cause après des années de galère, tout ça dans beaucoup d’indifférence.

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Sarah Kouaka, journaliste et rédactrice en chef pour Nofi

L’ouragan Irma (août-septembre)

Il a ravagé Saint-Martin, une partie de Saint-Barthélémy et la Dominique. S’il s’agit d’une catastrophe naturelle que nul n’aurait pu empêcher, c’est le traitement préventif du chaos et sa résolution par l’Etat français qui ont été choquants et nous ont fait exploser en pleine figure le mépris envers ces populations d’outre-mer. On savait que le cyclone serait violent, on connaissait la vulnérabilité des habitant.e.s sur place, mais les institutionnel.le/s ont préféré regarder comme des spectateurs impuissants, alors qu’iels auraient dû prévenir avant d’essayer de guérir. On a aussi clairement pu voir et entendre que les autorités se sont occupées en priorité des ressortissants blancs, comme si les autres n’étaient pas Français. La Dominique quant à elle, n’est pas sous domination française, donc elle a carrément sombré dans l’oubli.

L’acquittement d’un violeur (novembre)

Une fillette de 11 ans d’origine congolaise, violée par un homme de 30 ans, acquitté neuf ans plus tard parce qu’on n’aurait pas pu prouver qu’elle n’était pas consentante et que lui était en pleine possession de ses facultés mentales. C’est tout simplement révoltant qu’on se pose la question. Elle était enfant, il était adulte, c’est une agression sexuelle et qu’est-ce que le consentement à cet âge ? D’autant qu’elle est tombée enceinte et a accouché. Quels dégâts psychologiques pour cette jeune femme ? Cela démontre la façon dont les institutions nous perçoivent. Une étude américaine récente a d’ailleurs démontré que la société occidentale ne prêtait pas aux petites filles noires la même innocence infantile qu’aux petites filles blanches. Les premières seraient plus au fait sur les questions de sexe et pourraient même être demandeuses de ces rapports. Les clichés ont la vie dure.

L’esclavage en Libye révélé dans un reportage (novembre)

On savait que la négrophobie structurelle dans le monde arabe était et demeure un fléau. Mais les images de cette vente ont levé le voile sur beaucoup de choses : la responsabilité des dirigeants africains dans le départ forcé de leurs populations ; la responsabilité des dirigeants européens qui savent et ne font rien ; la responsabilité de la diaspora et cette impression d’être toujours des esclaves dans les yeux et l’esprit des peuples arabo-maghrébins. Cette dernière problématique est capitale parce que nous la vivons ici dans les rapports que nous entretenons et personne ne souhaite lever le tabou, parce que c’est douloureux et désagréable et qu’il y a beaucoup de risques d’amalgames. Néanmoins, le point le plus intéressant est que cette violence a permis aux diasporas afro-caribéennes de s’unir pour protester, pour agir.

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Hortense Assaga, fondatrice de feu Cité black, actuellement journaliste pour Africa 24.

La fin du second mandat d’Ellen Johnson Sirleaf, présidente du Libéria (novembre)

Première femme démocratiquement élue à la tête d’un Etat africain, le Libéria. Elle est aussi une des rares dirigeantes au monde. Elle a choisi de quitter le pouvoir cette année après deux mandats. Si on peut émettre quelques réserves sur sa gouvernance – Cf. les accusations de népotisme- on se doit cependant, de lui reconnaître une chose : elle n’a pas tenté de « bidouiller » la constitution de son pays pour se maintenir au pouvoir. Alors, messieurs, chers collègues de Dame Ellen, prenez-en de la graine !

Le film Moonlight sacré meilleur film aux Oscars (27 février)

Et le gagnant est… La La Land. Il est à Paris, près de 06H00 du matin, quand le verdict tombe à Los Angeles. En direct de la cérémonie des Oscars. Et puis, quelques instants après… Oh surprise ! On annonce une inversion d’enveloppe. Il y a eu erreur sur le nom du gagnant. C’est finalement, le très réussi Moonlight qui remporte l’Oscar du Meilleur film. La joie se lit sur les visages des comédien.ne.s-réalisat.eur.ice.s et dans le public. Non ! Les Oscars, en cette année 2017, ont choisi de ne pas être « so White ». Pourvu que ça dure !

Les talents qui nous ont quitté

Le OO7 Roger Moore. Johnny Hallyday. Simone Veil. Robert Guillaume, la voix de Rafiki dans Le Roi Lion. Dick Gregory, activiste. La musique a également été endeuillée avec Chuck Berry, Charles Bradley, l’immense pianiste Fats Domino -110 millions de disques vendu, rien que ça ! Sans oublier la sister Joni Sledge. Et Al Jarreau, roi du « Boogy down ». Et puis, il y a eu le départ du poète et dramaturge Derek Walcott à 87 ans, Prix Nobel de littérature en 1992 qui, toute sa vie a clamé sa fierté afrocaribéenne. Sûr que les Arts sont à l’honneur dans les cieux avec tous ces êtres de talent.

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N’fanteh Minteh, journaliste présentatrice du journal Afrique sur TV5 Monde

L’arrivée au pouvoir de Donald Trump 

La grosse claque. Je crois que personne ne croyait à sa victoire dans les média français, dans l’opinion. Cela montre à quel point on a manqué quelque chose. Il y a eu ce basculement après les années Obama que je n’ai pas perçu, naïvement peut-être. Un grand plongeon dans l’inconnu.

L’affaire Théo (février)

Les violences policières sont une réalité. Aujourd’hui, Théo est l’énième victime en France de ces dérives. Dans son cas, des preuves médicales témoignent du viol qu’il a subi. Je crois que les violences policières sont un sujet que notre société sous-estime. Pourtant, elles brisent la vie de centaines de jeunes noir.e.s et arabes chaque année.

La coulée de boue en Sierra Leone (août)

Plus de 500 morts, 600 disparus. Je regrette le traitement à deux vitesses d’un tel événement en Occident. Quelques images, un reportage tout au plus dans les JT. La situation est toujours catastrophique pour les sinistrés. Or, ce drame est l’illustration parfaite de plusieurs phénomènes : la déforestation, les bouleversements climatiques et l’exode rurale.

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Cyril Lemba, journaliste auteur du blog justseereal.wordpress.com 

L’affaire Théo (février)

Début février, le jeune Théodore Luhaka, 22 ans, est interpellé par les forces de l’ordre. L’intervention est plus que musclée. Insultes racistes, coups et viol ; un policier a introduit un bâton télescopique dans le corps du jeune homme. Résultat : une déchirure anale sur 10 cm. Théo a encore d’importantes séquelles aujourd’hui. Cette affaire a ému et scandalisé une bonne partie du pays.
Cet événement m’a particulièrement marqué car Théo aurait pu être moi ou mon petit frère ; tu es au quartier, la police intervient, tu veux faire le médiateur pour éviter que ça dégénère mais les policiers ne l’entendent pas de cette oreille. Et bim, tu prends des coups. Tu peux alors finir à l’hôpital ou bien mourir asphyxié dans une gendarmerie.
Pour plagier un rappeur célèbre, je dirais « être un Noir dans le pays de Marianne, c’est pas une vie mais une aventure, rencontre un flic raciste et ça devient vite une mésaventure ».

Le phénomène Kylian Mbappé, footballeur au PSG

Quand tu aimes le foot, tu ne vis que pour voir de beaux joueurs et des beaux matchs. Et cette année, on a été servi. On a assisté à l’éclosion d’un phénomène, Kylian Mbappé.
Touché de balle, accélération, instinct de tueur devant le but…  Des grands clubs l’ont courtisé cet été. L’enfant de Bondy, en Seine-Saint-Denis âgé de 18 ans devient  le joueur français le plus cher de l’histoire après un transfert historique de Monaco au PSG qui a coûté 180 millions d’euros. En 2017, il est aussi le meilleur buteur français toutes compétitions confondues.
Je me considère comme chanceux d’être un contemporain de celui qui rentrera dans le panthéon des plus grands joueurs français de l’histoire. Au même rang que les Platini ou Zidane. C’est tout ce que je lui souhaite en tout cas.
Par contre toi qui me lis là arrête de dire M-Bappé, please, dit Mbappé sans isoler le M. En te remerciant 😉 -je suis cool,j’ai même fait une vidéo où je t’explique comment faire.

Les productions de femmes noires dans le domaine de la création artistique

Elles sont quatre à m’avoir marqué cette année.
Amandine Gay et son film documentaire Ouvrir la Voix, Laura Nsafou aka Mrs Roots et son livre jeunesse Comme un million de papillons noirs, Madina Guissé et son ouvrage pour enfants, Neïba, je sais tout (ou presque) et Jo Güstin et son recueil de nouvelles 9 histoires lumineuses où le bien est le mal.
Le point commun entre ces différentes œuvres : mettre à l’écran ou sur papier des personnages que l’on voit peu ou pas du tout. Ces quatre auteures se réapproprient la narration. Elles racontent des histoires dont les personnages principaux sont Noir.e.s et elles trouvent leur public. Comme quoi l’état d’esprit FUBU (For us by us) n’enferme pas dans des niches. Il permet au contraire d’élargir les horizons de certain.e.s et pour d’autres de se sentir enfin représenté.e.s.
En espérant que ce vent nouveau se poursuive en 2018. Mais d’après ce que je sais ce n’est plus près de s’arrêter. 2019, 2020, 2021 et tout ce qui s’en suit. #VersLInfiniEtAuDelà

Mams Yaffa à l’origine de la campagne #stopdepigmentation : « cette démarche se veut sociale et sanitaire »

ENTRETIEN – Mams Yaffa est le fondateur de l’association Esprit d’Ebene, créée en 1998 et oeuvrant à l’insertion professionnelle de jeunes issu.e.s de quartiers populaires. Il est également à l’origine de la campagne « stop dépigmentation », soutenue par l’acteur Eriq Ebouaney , la comédienne Aicha Sylla et la chanteuse et comédienne Fatoumata Diawara et dont les photos réalisées par le photographe David Uzochukwu sont affichées dans les transports franciliens. Mams a accepté de répondre à nos questions au sujet de ce projet de sensibilisation aux dangers de l’éclaircissement de la peau.

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Comment est né le projet « stop dépigmentation » que vous avez monté dans le cadre de l’association Esprit d’Ebene que vous présidez ?

Le projet part du constat qu’aujourd’hui encore, nous observons que des femmes, des hommes, de tout âge et de toute catégorie socio-professionnelle ont recours à la dépigmentation artificielle de la peau. L’objectif est donc d’une part de sensibiliser les populations africaines, asiatiques et maghrébines de France des dangers liés à cette pratique et d’autre part de les conduire à prendre conscience que la beauté est plurielle et qu’être « bien dans sa peau » passe par l’acceptation de soi.

En somme, cette campagne se veut être un plaidoyer en faveur de la peau naturelle, mais également une véritable démarche sociale et sanitaire.

C’est le jeune et talentueux photographe David Uzochukwu qui est l’auteur de ces clichés que l’on retrouve dans nombre de métros parisiens et en Ile-de-France depuis le 21 décembre. Comment s’est passée la rencontre ?

L’agence digitale Iconoclast est l’un des partenaires phares de cette campagne. Elle nous a aidé à définir la ligne créatrice et éditoriale de celle-ci. Dans le cadre de ce partenariat, elle a également mis à contribution les talents de David Uzochukwu, jeune photographe parmi les meilleurs de sa génération. Nous avons partagé notre vision et nos ambitions avec lui et il a su les rendre parfaitement sur les photos que vous verrez dans différentes villes françaises.

Dans quelles autres villes la campagne sera-t-elle visible ? A quel moment ?

On prévoit Marseille, Lyon, Orléans et Strasbourg à partir de septembre 2018 si tout va bien.

Le projet a été lancé fin 2016 et dévoilé au grand public le 21 décembre de cette année. Que s’est-il passé durant un an ?

Pendant un an, nous avons étudié ce phénomène à travers une grande enquête en ligne. Sur la base de ces retours, nous avons pu comprendre précisément les origines de cette pratique et cela nous a conforté dans l’idée que cette campagne était nécessaire. En partant de ce postulat, nous avons travaillé à nouer des partenariats avec des act.eur.ice.s et professionnel.le.s de la beauté, des médecins, dermatologues et coachs en développement personnel. L’objectif était de fournir une campagne complète axée essentiellement sur l’estime de soi et la prise de conscience que notre couleur de peau fait partie de notre identité,  donc que la changer, c’est se dénaturer.

Enfin, pour mener et financer une campagne de cette envergure, il a également fallu récolter des fonds. C’est tout ce travail qui a été réalisé ces derniers mois avec l’équipe projet.

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Combien de personnes ont répondu à cette enquête en ligne ?

860 personnes dont 90% sont des femmes.

Sur le site stopdepigmentation.com, vous indiquez « ce projet tend à déconstruire les idées reçues installées dans la conscience des femmes de couleurs et selon lesquelles l’usage de produits éclaircissants est une arme de séduction et signe d’intégration. » Quid des hommes adeptes de cette pratique ?

Les hommes qui pratiquent la dépigmentation de la peau, le font pour les mêmes raisons que les femmes : l’envie de plaire, de s’insérer plus facilement dans une société où avoir la peau claire est mieux perçu.

Dans la section où vous évoquez lutter pour « changer les comportements », vous indiquez vouloir « Détabouiser la dépigmentation artificielle de la peau : donner la parole aux personnes concernées ». Quelle(s) forme(s) cela prendra-t-il ? 

Lors de nos ateliers d’échanges seront prévus des instants de discussion avec le public pour donner la parole à tou.te.s. Ils seront accompagnés de témoignages écrits et vidéos de personnes ayant recours aux produits dépigmentants et qui ont accepté de partager leur expérience avec nous.

Parlez- vous déjà à des personnes qui ont recours à cette pratique ? Si oui, qu’est-ce qui ressort de vos échanges ? 

Oui, depuis le lancement de cette campagne, nous avons eu à échanger avec des personnes ayant recours à cette pratique. La plupart sont prêtes à témoigner de façon anonyme-la majeure partie n’assume pas- et peu la conseillerait à leur entourage. Nos interlocuteurs mettent en avant la relation de dépendance qui existe avec ces produits;  il y a donc une prise de conscience.

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Une campagne de crowdfunding sera lancée en janvier. A quoi servira l’argent récolté ?

Cette campagne, mise au point avec l’aide de l’agence de communication Solicom, servira à compléter le financement du dispositif de communication au niveau national et international à savoir le financement du personnel des ateliers en île-de-France, le financement des fascicules à destination des centres médicaux, la location d’un bus et des besoins logistiques pour une tournée de sensibilisation nationale et européenne, en Belgique, en Allemagne,  en Angleterre, en Suisse, en Espagne, au Portugal et en Italie. Au niveau européen, on espère interpeller les décideurs des Etats afin d’avoir un durcissement des lois au niveau européen tant sanitaire mais surtout en terme de représentativité ou de représentation dans les pubs. A y regarder de plus près, on touche assez vite le combat contre le racisme. le financement d’un concert caritatif pour la cause de la dépigmentation de la peau et la production audiovisuelle.

En Afrique,  ce sera d’abord une campagne de communication à grande échelle puis nous alerterons des pays comme la Côte d’Ivoire et le Ghana afin d’arriver à l’interdiction des mauvais produits. Ces fonds serviront aussi à l’organisation d’un concert caritatif et à la production de contenus audiovisuels.

Retrouvez la campagne « Stop dépigmentation » sur Facebookl’Instagram de l’association Esprit d’Ebene et sur le site internet d’Esprit d’Ebene.