Inscription ateliers, résa brunch, accessibilité PMR … 13 questions que vous vous posez sur le #FWFbyLafro2019

Le Fraîches Women Festival édition 2, c’est déjà dans 9 jours ! Vous êtes nombreux.ses à nous contacter pour nous demander un certain nombre de choses. On va tâcher ici de répondre au maximum à vos interrogations. Merci pour votre enthousiasme et votre bienveillance !

J’ai acheté ma place en ligne. Comment je fais pour récupérer mon billet ?

Gardez bien le mail de confirmation de paiement de votre place. On vous le demandera le jour J et on aura aussi la liste avec les noms de chaque personne ayant payé sa place en ligne.

Le festival est « un événement féminin », vous dites. Du coup, je ne peux pas venir avec mon conjoint/frère/ami ?

Et bien si ! vous pouvez et on aimerait même beaucoup qu’il soit de la partie ! Le festival a été pensé pour adresser des sujets qui sont vus comme des sujets « de bonnes femmes » et donner la parole aux 51% de la population qu’on commence à entendre un peu plus mais toujours pas assez selon nous ! L’idée est d’adresser ces enjeux sociétaux et il nous importe que tout le monde puisse entendre/apprendre/découvrir/partager ! Alors, les portes sont ouvertes à tou.te.s – y compris toute personne qui se considère non-binaire.

Et mes enfants/cousin.es/nièces/neveux, je peux les emmener au Fraîches Women Festival ?

Et comment ! On a carrément prévu le coup avec entrée gratuite pour les moins de 15 ans et deux ateliers pour elleux : un book club et une session yoga ! Ah et on allait oublier, le brunch afro veggie concocté par la cheffe Clarence Kopogo – une de nos #FraichesWomen2017 qui était également aux fourneaux l’an dernier- est à 8€ pour les petits !

En parlant du brunch, on pourra réserver sur place ? Je vois sur la billetterie qu’on peut réserver avant mais pas trop sûr.e encore …

Oui, vous pourrez réserver sur place ! Cela dit, réserver à l’avance en ligne vous permet de choisir le service souhaité –il y en a deux services : midi-14h et 14h-16h– et vous éviter la queue de la caisse avant de recevoir votre plat. Et pour le menu,

Et le soir, il y aura à manger ?

Absolument ! La cheffe Clarence Kopogo s’occupe de tout avec un menu finger food, assiette et desserts ! Voici pour la carte !

J’aurais grave envie de tweeter/je ne pourrai pas venir malheureusement mais je veux suivre le tout comme si j’y étais. Je fais comment ?

On a un hashtag #FWFbyLafro2019 pour tweeter et tout suivre sur les réseaux !

Le lieu est-il accessible aux personnes à mobilité réduite ?

Oui, La Marbrerie -située 21 rue Alexis Lepère, métro Mairie de Montreuil ligne 9- est accessible, avec un ascenseur à l’intérieur ;).

Je viendrai la journée mais que faire si je compte finalement rester le soir ?

Si vous décidez d’assister à la soirée de concerts -et on vous le conseille vivement car ça va être le FEU !!! jugez par vous-même là-, vous avez possibilité de prendre votre pass soirée sur place !

Si vous n’avez pas encore pris votre place, sachez qu’il existe les pass jour+soirée à retrouver sur la billetterie.

J’ai vu qu’il y avait des ateliers et des masterclass … mais je ne trouve pas les liens pour m’inscrire ?!

Nous avons un article sur notre site les réunissant tous. On vous le remet là. Et on les a aussi intégrer dans la billetterie ; si vous descendez, vous verrez tout le programme ainsi que la mention Pour vous inscrire aux masterclass et ateliers, c’est par là ! »En cliquant dessus, vous les retrouvez tous !

J’ai entendu dire qu’il y aurait des stands. Où se trouve toutes ces infos ?

Toute la journée, jusqu’à 18h, il y aura des stands commerciaux – où vous trouverez lingerie, bullet journals, accessoires et vêtements et objets d’artisanat ouest-africains- et associatifs – notamment la Maison des Femmes de Montreuil ou encore Nta Rajel, collectif de femmes issues de la diaspora nord-africaine qui interviendra sur la discussion « et la bienveillance bordel ? Militer, parler, écrire à l’ère du shade et de la cancel culture. On les a tous réuni ici.

J’étais là à la première édition le 6 mai 2018. C’était chouette mais on n’avait pas accès à la cour de La Marbrerie malheureusement et il faisait tellement beau ce jour-là … C’est pareil cette année ?

Figurez-vous que cette fois la cour sera ouverte jusqu’à 16h ! Vous pourrez même y prendre votre brunch si la météo s’y prête 😉

Votre événement a l’air vraiment super ! J’aimerais bien y intervenir. Je fais comment ?

Hélas, la programmation est déjà bien pleine ! Mais n’hésitez pas à nous faire suivre vos infos en écrivant à l.afrolesite@gmail.com et qui sait, peut-être une prochaine ?

Au final, qui organise le Fraîches Women festival ?

L’Afro team, le duo de journalistes basées à Paris Dolores Bakèla et Adiaratou Diarrassouba. On vous explique le pourquoi du comment du projet de plateforme média et événementielle L’Afro ici et l’histoire du projet photo qui a donné son nom au festival avec la seconde session qui date de 2019 avec 8 femmes d’enfer par . Et on remercie également notre équipe supa dupa fraîche de bénévoles qui vous accueilleront, comme l’an dernier dans la joie, la bonne humeur et avec efficacité !

L’Afro team (de gauche à droite, Dolores Bakèla et Adiaratou Diarrassouba)
©Ozal Emier

J’ai d’autres questions. Je vous contacte comment ?

Vous pouvez continuer à nous envoyer des messages privés sur la page du Fraîches Women Festival ou par email à l’adresse fraicheswomenfestival@gmail.com

Sorbet Coco, la Maison des Femmes Thérèse Clerc … tous les stands présents au #FWFbyLafro2019

Au Fraîches Women Festival qui se tient dans 11 jours, en plus de la discussion en plénière sur le thème de la bienveillance avec la journaliste Jennifer Padjemi et la co-fondatrice du collectif Féministes contre le cyberharcèlement Laure Salmona, sans oublier les ateliers book club et yoga enfants et les masterclass autour des questions de discrimination au travail et du management sportif entre autres, vous pourrez découvrir des stands commerciaux et associatifs tout au long de la journée. Lingerie, bullet journal, accessoires d’artisanat ouest-africains mais également association d’aides aux femmes basées pour certaines à Montreuil -où se trouve La Marbrerie, lieu accueillant le festival pour la seconde fois-, voici l’ensemble des stands qui seront là le jour J.

Au cas où vous n’auriez pas encore pris vos billets, on vous remet la billetterie ici !

STANDS COMMERCIAUX ET ESPACE DEDICACES

Sorbet Coco« Sorbet Coco est une entreprise à taille réduite, qui est née en février 2018. La fondatrice de Sorbet Coco avait jusqu’ici toujours eu du mal à trouver les sous-vêtements qu’il lui fallait ; les tailles dépassaient rarement le bonnet G et le tour de taille 100, et les conseils de fitting n’étaient pas toujours adaptés au confort des personnes qui en ont besoin. Elle ne trouvait plus d’espace accueillant où il était possible d’être mesuré.e et écouté.e ; elle a donc voulu créer Sorbet Coco, un lieu pour que les personnes dans la même situation puissent être conseillé.e de façon utile et bienveillante, et pour essayer de la lingerie à prix abordable. »

TSAN’A

« TSAN’A est une entreprise qui crée et commercialise des produits et accessoires axés sur le développement personnel et le lifestyle. Notre premier produit, Le WorkBook by Le Sisterhood, est un carnet qui comprend des exercices pratiques pour faire son introspection (sur sa culture, son bien-être, ses envies, etc.) et développer sa créativité. »

Diyananko

« Diyananko vous propose ses divers produits fabriqués au contact d’artisans de l’Afrique de l’ouest. Venez découvrir un petit coin d’Afrique à Paris ! »

Nafis & Sens

Nafis & Sens est une marque qui propose des parfums garantis sans alcool « aux inspirations de grandes marques. »

Faces Cachées éditions

« Faces Cachées est une maison d’édition dédiée aux parcours de vie singuliers. Entre le bitume des villes et l’appel de l’ailleurs, nous publions des épopées du quotidien. Nos auteurs veulent comprendre le temps présent à travers des yeux inédits.

Qu’il s’agisse de parcours de vies, de travaux universitaires mis à la portée de tous, de livres illustrés ou de romans, nos publications ont la même ambition : dire notre époque avec style, dans toute sa complexité. »

Annick Kamgang

Illustratrice pour la presse et d’ouvrages, Annick Kamgang vous présentera son livre « La Lucha : chroniques d’une révolution sans armes au Congo », écrit avec Justine Brabant et préfacé par Angélique Kidjo. C’est aussi elle qui signe certains de nos visuels depuis 2016, y compris l’affiche officielle du festival cette année ! L’occasion de la rencontrer de repartir avec votre dédicace.

STANDS ASSOCIATIFS

La Maison des Femmes Thérèse Clerc à Montreuil

Depuis septembre 2000, la MdF-TC se veut un lieu d’accueil de toutes les femmes pour leur accès aux droits et un lieu d’expression, de réflexion et d‘analyse féministe sur la place des femmes dans la société, et sur la portée du système patriarcal qui s’impose encore dans notre société.

La MdF-TC est un lieu de lutte, tant par l’accompagnement féministe collectif que par l’interrogation permanente des institutions et mentalités pour un avènement d’une société féministe et démocratique.

Depuis 2016, au regard de l’augmentation importante des demandes nous avons infléchi nos actions davantage sur les violences faites aux femmes, intensifiant un outil créé en 2011 : l’accueil collectif intersectoriel pour les femmes qui subissent des violences afin qu’elles trouvent dans un même espace-temps des professionnelles du droit, du social et du psy. Cela afin qu’elles puissent à la fois prendre conscience par le collectif de la portée universelle des violences faites aux femmes et donc se déculpabiliser et retrouver la force de lutter pour elles-mêmes. »

Les EnChantières

« Un chemin vers l’autonomie des femmes dans les savoirs du bâtiment. Apprendre-Partager-Transmettre-S’entraider-changer-Rencontrer à travers :

– des ateliers de bricolage.

– des chantiers participatifs

– des rencontres d’artisanes

– des actions de sensibilisation contre les préjugés

– des conseils travaux

– des chantiers d’entraide »

UTASA Infertilité

« L’association UTASA est née d’un besoin, des difficultés rencontrées par les femmes et les hommes afro-descendants en situation d’infertilité, en raison du tabou, de l’isolement et parfois l’absence d’un réel accompagnement associée à cette maladie. »

Nta Rajel ?

« Féministes et antiracistes de politique décoloniale et anticapitaliste, Nta Rajel? est un collectif rassemblant des femmes de la diaspora nord-africaine qui aspirent à élever leurs voix plurielles pour imposer leur humanité. »

Collectif Sesame F

« Collectif Sésame F est une association LGBTQ+ et féministe pensée comme un espace de construction communautaire et d’expression culturelle qui s’attache à promouvoir les échanges entre les différents groupes de minorités sexuelles pour renforcer l’amitié entre les féministes et LGBTQ+ des mondes francophone, anglophone et sinophone. »

#FraichesWomen2019 – Anne Sanogo : « La culture manque toujours de personnes racisées aux postes décisionnaires »

PORTRAIT – Anne s’est imposée à nous parce qu’à notre sens, elle est, à 34 ans, une actrice importante du milieu culturel français. Très curieuse, elle est l’affût de tout ce qui se passe en termes d’art contemporain, de danse, d’installations d’artistes… C’est à son flair et à son talent pour créer l’événement que l’on doit la venue de la grande Oumou Sangaré, la tenue du battle Break The Beat ou encore de voir mixer Bamao Yendé ou Miss Mak à la Villette, entre autres. Quand on a fait la séance photo, Anne portait encore des extensions, des « mèches ». Quand on a repris contact pour publier cette série, Anne avait fait un big chop. Un moment qui a pris des allures de véritable rite de passage – les cheveux d’avant ont été enterrés- , vers une nouvelle manière d’envisager sa vie, le regard qu’elle porte sur elle -le seul qui compte désormais-Bonne lecture !

Les 8 #fraicheswomen de l’édition 2019 ont chacune donné leur avis sur la thématique de cette seconde édition du projet photo, à savoir la « black excellence », -preuve que les Noir.es ne devraient pas être essentialisé.es -et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons créé L’Afro le 31 octobre 2015 ;).

– L’idée de bosser dans le milieu culturel : Comment ça s’est fait ? Quand as-tu eu le goût et le déclic ?

J’ai eu la chance d’habiter dans des villes où les politiques culturelles étaient présentes et à un moment où l’idée de rendre la culture accessible au plus grand nombre était prédominante.
Il y avait une vie culturelle : des associations , des équipements, des maisons de quartier où l’on pouvait faire pléthore d’activités.

J’ai aussi été  sensibilisée très jeune à l’art  à la culture en participant à des projets d’éducation artistique et culturelle durant ma scolarité et plus tard par le biais d’associations culturelles dont je faisais partie.
On organisait de évènements dans le but de fédérer, de rassembler.
En 2007, je finissais à l’époque un Master LLCE anglais  (où j’ai effectué mon mémoire sur les musiciens Gil scott Heron ,  les Last Poets  à travers le prisme du mouvement des droits civiques) , je me posais beaucoup de  questions,  puis  j’ai enchaîné sur un autre Master en Politique et gestion de la Culture.
Et là j’ai eu l’impression d’être dans mon élément,  je pense que  le fait d’avoir pu développer ma curiosité à l’art  m’a donné envie de m’y impliquer à mon tour.
Il y a toujours eu cette fibre artistique en moi, mais dans mon esprit ,j’envisageais cela comme  une activité  en dehors de toute professionnalisation.
J’ai fait des stages dans des domaines différents   ( rédaction  de magazines jazz, en presse sur un festival de cinéma…)  et suis passée par plusieurs postes (communication et développement des publics  pour des scène de musiques actuelles, chargée de production pour des festivals… ).
Et en 2011, je suis arrivée au sein de cette institution publique, d’abord en tant qu’assistante du directeur de la programmation puis en tant que chargée de programmation, poste que j’occupe actuellement.

– Est-ce que ton choix de carrière a étonné/ effrayé/ rassuré tes proches ?

Mon entourage familial ne comprenait pas toujours mes choix  à l’époque car  ils souhaitaient avant tout que je trouve un emploi  qui m’assure une stabilité, un métier  plus « conventionnel » selon leurs critères ( médecin, avocat, professeur…) mais les respectaient. Peut-être étaient-ils aussi un peu sceptiques face à un domaine  qu’ils connaissaient peu ? Au final ils m’ont toujours poussée et soutenue durant mes études car  pour eux la notion d’indépendance était très importante.
Il fallait que je puisse faire des études afin de pouvoir  choisir réellement mon  métier.

Y a-t-il eu -existent-ils toujours ?- des freins pour te permettre de travailler et de progresser tranquillement dans cet univers ? Je ne pense pas vraiment en termes de frein mais plutôt en termes de  course d’obstacles que l’on doit surmonter. Il est clair que la course  parait plus longue en tant que personne ne venant pas d’un milieu social où  la culture est présente car n’ayant pas au départ « le réseau », « les codes ».
Elle l’est d’autant plus au sein d’univers  professionnels  qui manquent toujours de représentation de femmes racisées à des postes décisionnaires.
C’est une gymnastique au  quotidien de garder confiance en soi et en ses capacités donc j’essaie de me fixer des objectifs et de les garder en ligne de mire avec de l’entraînement, de la détermination.
Et à travers mon métier au quotidien, d’intégrer au mieux la dimension inclusive lorsque j’élabore une programmation.

Que t’évoque l’expression « black excellence » ? 
Je ne connaissais pas cette expression mais ça m’évoque des figures  qui m’inspirent au quotidien et me donnent  la force  de poursuivre mes envies, d’être moi-même. Je pense à des personnalités inspirantes comme Serena Williams , Christiane Taubira, Nina Simone, Oumou  Sangaré… ma mère. Il y en a en vérité tant d’autres à citer !

Trouves-tu le temps de faire d’autres choses à côté ? J’essaie de trouver le temps, oui. C’est pas toujours évident mais c’est essentiel pour moi, cela me permet  d’élargir mon horizon  et faire appel à d’autres ressources créatives.
Je chante, je compose et j’écris. Je travaille aussi sur un projet chorégraphique.
Je suis persuadée que l’on peut porter plusieurs casquettes, le plus important est de faire les choses à fond.

– Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à quiconque, et en particulier aux femmes, qui souhaiteraient se lancer dans ton domaine ?
De  cultiver la passion et la curiosité au quotidien, c’est ce qui permet de se renouveler, se régénérer. Garder de la détermination et se faire confiance !  



#FraichesWomen2019 Jeannine Fischer Siéwé :  » La #blackexcellence peut être une injonction, une norme : qui la fixe ? »

PORTRAIT – On l’avait rencontré sur ses terres, à Lille, à la Gare Saint-Sauveur, un vendredi soir. Elle courrait partout, mettant à l’aise ses invité.e.s, orchestrant l’événement, du workshop de danse au studio photo. Jeannine Fischer Siéwé, avec WaWa L’Asso était associée à 100% Afriques, l’exposition-événement de la Villette programmée en 2017 et qui s’était posée à Lille. Le lendemain, legging et T-shirt, elle entraînait derrière elle une centaine d’élèves à suivre ses pas afrobeats. L’intégrer à l’initiative Fraîches Women pour cette édition nous permettait de parler de la danse. « Avoir le rythme dans la peau », l’association que l’on fait de cet art avec l’Afrique et les personnes afrodescendantes, et par extension, leur lascivité est récurrente. Jeannine est un visage de ce que veut dire être une femme afrodescendante en France : pas forcément parisienne, valorisant des cultures africaines autres que celles dans lesquelles elle a grandi, pleine de questionnements quant à ses pratiques.

Les 8 #fraicheswomen de l’édition 2019 ont chacune donné leur avis sur la thématique de cette seconde édition du projet photo, à savoir la « black excellence », -preuve que les Noir.es ne devraient pas être essentialisé.es -et c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles nous avons créé L’Afro le 31 octobre 2015 ;).

Les débuts

« Je m’appelle Jeannine Fischer Siéwé, j’ai 38 ans et je suis franco-camerounaise. Je nais à Paris, passe mon enfance au Cameroun, puis mon adolescence dans un petit village dans la Picardie. Mon bac en poche, j’ai migré vers le ch’nord et je n’ai plus quitté ma ville, Lille. Après une école de communication, j’ai bossé en agence de communication, responsable des achats, de la vente et de la communication pour une boutique à Lille. Il y a 5 ans, j’ai tout plaqué. J’ai fondé Wawa et j’en suis la directrice artistique. »

« Wawa est une structure culturelle lilloise inédite, qui organise et produit des événements culturels et artistiques autour des cultures afro- Caraïbes-Brésil. »

La genèse du projet Wawa L’asso

« J’ai toujours eu envie d’entreprendre. Depuis toute petite, j’organisais les spectacles de fin d’année de l’école maternelle de ma mère, je montais des groupes de danse, j’organisais des expos. À 17 ans, j’ai organisé ma 1ère expo d’artisanat dans ma fac à Lille. Je suis passionnée par plusieurs domaines : l’art, la photo, la mode, la danse, l’événementiel, la création etc. J’ai décidé de créer WaWa qui est une réunion de toutes mes passions. Ce projet mûrissait déjà dans mon esprit depuis des années et au début, je ne savais pas bien comment articuler tout cela, comment définir un projet cohérent, par où commencer etc. »

« Ma motivation principale était que j’aspirais à travailler pour moi et gagner de l’argent au travers d’un projet inspirant et surtout qui donnerait du sens à ma vie, qui me ressemblerait et qui pourrait profiter à ma communauté, la fédérer et la valoriser. Un jour, ça a été évident pour moi, je me suis lancée et depuis, ma vie a radicalement changé. »

« Aujourd’hui, nous organisons des événements qui rassemblent près de 2000 personnes, on a près de 130 élèves dans notre école de danse, on a créé une compagnie de danse, on produit nos propres événements, on a créé un webmagazine et on s’apprête à sortir notre marque de bijoux, vêtements et accessoires : Wandafull by WaWa ! »

« C’est une aventure dure, mais tellement riche ! Une aventure faite de sacrifices, de désillusions, c’est vrai. Mais j’ai gagné tellement plus à sauter le pas et j’ai appris tellement sur moi et sur les autres. Et on a encore plein de rêves, de projets à réaliser. »

La réaction de ses proches

« Entre la genèse de l’idée de WaWa et le passage à l’action, il y a eu un peu de temps et comme je disais toujours que je voulais créer quelque chose, mon entourage n’a pas vraiment été étonné. De plus, j’entreprends depuis toute petite. J’ai la chance d’avoir une famille bienveillante et qui me soutient dans mes projets. Ma mère, par exemple, a toujours veillé à ce que je fasse ce que je veux. Que je m’en donne les moyens et que je fonce. Elle m’a toujours soutenue. Elle se déplace pour presque tous les grands événements que nous organisons à Lille. Elle embarque d’autres membres de la famille, ses amies etc. »

« Ma sœur, mon père,-un peu moins à présent qu’il vit au Maroc-, mes tatas proches etc. m’ont toujours encouragé dans mes projets. »

A propos de la ‘black excellence’

« La Black excellence, je connais bien : l’élite noire française. J’essaye de participer tous les ans au Gala Efficience à Paris qui réunit et met en avant ces talents de la Black excellence. Et surtout, qui met en lumière toute la question de la nécessité de la représentation positive. Pour tout dire, j’appréhende ce concept de 2 manières : d’un côté, en tant qu’entrepreneure, figure de ma communauté à Lille, j’aime à cultiver cet esprit de Black excellence. Oui, on a besoin de modèles de réussite, oui, on a besoin de figures inspirantes, on a besoin de ramener de l’excellence au sein de nos communautés et on a besoin de montrer et de démontrer aussi cette excellence pour casser les poncifs qui pèsent encore trop sur nos communautés noires en France. »

« Mais d’un autre côté, je m’interroge aussi sur l’injonction que suppose ce modèle de « la réussite ». Cette notion de Black Excellence, qui sous-entend aussi que pour appartenir à cette élite noire, et être reconnu.e dans ce cercle, on doive obéir à certaines normes . Du coup, ce concept peut exclure aussi. Que faut -il faire pour appartenir à cette catégorie sociale ? Et à quel prix ? Avons-nous moins de valeur si nous ne sommes pas reconnus de la Black excellence ? »

Des conseils à quiconque voudrait suivre sa voie, en particulier les femmes

« Mon domaine, la conception et la production d’événements autour des cultures Afro- Caraïbes- Brésil est un marché de niche, encore plus dans ma région des HDF – Hauts-de-France, ndlr-. »

« De plus, mon métier croise plusieurs secteurs : le volet chorégraphique et créatif, le volet pédagogique, la production et la diffusion d’événements, le volet commerce et vente, entre autres. »

« Cela suppose pas qu’il faut avoir pas mal de compétences et de casquettes différentes à gérer. »

« Bonne nouvelle, il reste beaucoup de choses à faire et à inventer. Autre bonne nouvelle : les réseaux sociaux et la communication digitale, nous font gagner un temps et du coup, il y a des bénéfices financiers non négligeables. Dernière bonne nouvelle, nous n’avons jamais eu autant d’opportunités à saisir ! »

« Cependant, il faut s’armer de patience, car c’est un secteur où l’activité est longue à décoller et à être rentable. Il faut être créatif.ve et avant-gardiste. Être constamment en veille sur le marché pour bien l’appréhender. Avoir un bon sens commercial pour booster son réseau et bien s’entourer, avoir un vrai leadership pour fédérer une équipe et une communauté. Outre le fait indispensable d’avoir la foi en son projet, je dirais qu’il est important de trouver ce qui va nous différencier de la concurrence et d’en faire sa force. »

« Avoir toujours une stratégie sur le long terme et un mental fort. C’est une course de fond. Il faut être focus sur ses objectifs. »

« Très important : ne pas avoir peur de faire des erreurs, car pour apprendre il faut se tromper mais l’essentiel est de se relever. »

« De manière générale, pour quiconque veut se lancer dans l’entreprenariat, je dirais très simplement ce que j’ai appris sur le terrain :

  • savoir bien s’entourer : amis, inspirations personnes bienveillantes, expert.e.s etc.
  • être curieux.se, bouger, voyager pour puiser l’inspiration, renouveler les énergies, rencontrer, échanger.
  • Pratiquer un sport qui force la discipline, l’endurance physique, le dépassement de soi, le gout du challenge.
  • Ne pas avoir peur de demander de l’aide et se reposer.
  • Investir sur soi. A titre personnel, j’investis près de 500 € par an dans du coaching et des formations.
  • Ne pas avoir peur d’être différent.e. Même si au début, la différence et le changement font peur aux autres. Plus on gagne en succès avec sa différence, plus on interroge l’autre, plus on attire les jalousies car on renvoie aux autres, leur incapacité à oser embrasser leur différence et à changer. Et j’ai appris douloureusement qu’on pardonne encore moins à une femme… noire qui OSE ! »

Un tournant ou un grand défi dans sa vie

« Quand j’ai vu qu’on pouvait réunir plus de 2000 personnes à notre dernier événement (Fashion Outlet Party, notre événement annuel sur la mode éthique, solidaire et afro qui a eu lieu en novembre 2018. Le plus grand défilé entièrement chorégraphié dans les H.D.F: 12 créateurs, 120 modèles, du show, de la danse, de la mode, des performances) là j’ai pris une claque et j’ai réalisé tout le travail accompli. »

« Mon défi ? Je dirai mes défis ! Je veux toujours plus, je veux toujours faire mieux. Mon prochain défi sur le court terme est la création d’emplois dans WAWa. On vise 2-3 emplois pour 2019-2020. »

« Sur le long terme, mon défi est la création de notre centre culturel dédié aux cultures de matrice africaine, conçu, créé et géré par des afro-descendant.e.s. Voilà mon grand défi : marquer l’histoire ! »

 Un moment où on lui a fait sentir que le fait d’être une femme noire pouvait être un obstacle ou te ralentir dans son parcours ? Ou le contraire ? Ou autre chose ?

« Pour moi, être une femme noire est une bénédiction. Je le vois comme une force dès le départ et cette différence a toujours été ma force et je m’appuie sur ma double culture franco- camerounaise qui est pour moi une chance. »

« Je ne vois pas a priori de facteurs qui pourraient me freiner. Je dis bien a priori car je suis très au fait des discriminations et j’ai fait, je fais et je ferais probablement encore longtemps la douloureuse et injuste expérience de l’intersection de discriminations de genre, et de race et des clichés qui sont liés à ces deux pans de mon identité ‘femme’ et ‘noire’. »

« Mais, mes projets sont mes combats contre ces discriminations, je refuse de baisser les bras et des les laisser gagner, j’apporte ma pierre à l’édifice pour les générations qui arrivent ! »

Ce qui l’a aidé à arriver là elle en est aujourd’hui

« Plusieurs choses : la foi, la foi en moi et la foi en mon projet. Il faut y croire dur quand parfois, on doit marcher à contre sens, et affronter des courants qui nous mettent K.O. Il faut rêver constamment et puis réaliser ces rêves. Il faut cultiver cette flamme, au fond de son cœur , cet espoir intime de changer les choses. »

« Autre chose, je me suis entourée de vrais bras droits, de vraies amies, je n’en ai que 2 ! Je filtre beaucoup mon entourage, la famille, les amis, je chasse les personnes toxiques. Parfois ça demande de sacrifier des supposées amitiés ou des relations. Avec le temps, ça m’est moins compliqué de le faire. »

« Aussi, les rencontres, les déceptions, la rage, les épreuves vécues, la rage encore de se dépasser, l’ambition d’inspirer, de laisser une trace. »

Ses modèles et inspirations

« J’en ai tellement… les femmes de manière générale dans leur diversité, leur pluralité m’inspirent et pour ce qui est des femmes noires, ce qui me plaît précisément dans ce projet de festival, c’est de montrer qu’il n’y a pas une femme noire mais une grande diversité de femmes noires. Avec leurs paradigmes, leurs contradictions, leurs paradoxes, leurs victoires leurs batailles, leurs avis etc. Sinon j’aime aussi Oprah Winfrey, mon modèle absolu : empowerment, entreprenariat, force de caractère, noblesse d’âme, vision stratégique, richesse. »

« J’aime ma maman,ma base… et puis Simone Veil, elle a délivré tellement de femmes…entre autres mais il y en a tellement d’autres que je pourrai citer … »

Un mot, un slogan, un leitmotiv qui résume son état d’esprit

« Quand viennent les temps durs, les temps où on pense que c’est insurmontable, j’aime à me répéter cette phrase : Si tu veux avoir le miel, tu devras affronter les abeilles. »

« Automatiquement, une autre phrase me vient à l’esprit : Plus grand sera ton effort, plus importantes seront tes victoires. »

« Le fait que le travail paie toujours tôt ou tard. »

Ce sur quoi elle travaille en ce moment ?

« En bref : La restructuration de WaWa, les travaux de rénovation de notre salle de danse, notre gala de danse de fin d’année et ce projet de création de postes. « 

Ses projets futurs ?

« En bref : mon voyage au Brésil. Mon voyage au Cameroun. Mon voyage en Jamaïque, tous les carnavals que je rêve de faire dans le monde … »

« Ma marque Wandaful by WaWa, le shooting des produits cet été. »

« Plus loin : la création de mon centre culturel, des projets plus personnels, construire au pays … »

(Jeannine Fischer Siéwé animera aussi un workshop afrobeat lors de la seconde édition du Fraîches Women Festival samedi 11 mai à La Marbrerie à Montreuil et elle sera à son image : une bouffée d’oxygène qui vous mettra dans un mood positif !)

Awori, Meryl, Leys, Diva : les concerts du Fraiches Women festival sont là !!

Comme lors de la première édition, le Fraîches Women Festival clôture sa journée de discussions et d’ateliers par une soirée présentant le meilleur de la scène afro, locale et internationale.

Talents de la scène rap et dancehall, ambiance soulful et afro… prévoyez vos meilleurs moves, ça va kicker et whiner sec !

Vous pouvez prendre vos billets ici – et retrouver toute la programmation, en scrollant jusqu’en bas- : bit.ly/FraichesWomenfestival2

Awori (FR/Ouganda)

On avait eu la chance de la découvrir et de la voir jouer au sein de Kami Awori. Aujourd’hui, Awori poursuit sa carrière de vocaliste à la voix de velours inspirée en solo. La chanteuse, rappeuse, compositrice, porte en elle des influences diverses allant de l’Afrique de l’Est d’où elle est originaire, jusqu’à la Caraïbe, en passant par les productions des diasporas afros en Europe et aux Etats-Unis. Un véritable panafricanisme musical fait de Soul, R&B, Hip Hop et rythmiques ougandaises, le tout chanté en anglais, luganda ou swahili.

Leys (FR/Reims)

La rappeuse Leys poursuivra l’inauguration de la soirée. Basée à Reims, elle s’est fait remarquer en passant dans le Cercle, l’émission rap du rappeur Fianso ou encore sur OKLM, la radio de Booba, dans l’émission de Jacky.

Depuis, elle a fait la première partie de Kery James. Leys est l’un des espoirs d’une scène rap française qui se diversifie toujours plus !! Venez la (re)découvrir.

L’un de ses derniers titres

Meryl (FR/Martinique)

C’est l’une des révélations musicales de ces derniers mois. Ce sera son premier concert en France hexagonale. Croisée aux côtés de Timal,

mélodiste pour la rappeuse Shay -oui, oui-, son talent et sa musicalité en font l’une des chanteuses/rappeuses les plus agiles et douées de sa génération. Le succès de son dernier titre « Béni » ou de « Band sot » le prouve : elle excelle tant en toastant qu’en chantant. 
Préparez-vous, ça va être le 🔥

Le tout premier clip de Méryl en solo https://www.youtube.com/watch?v=YPvFIdn8E8Q

Diva (DJ set-FR/UK)

Diva vient spécialement de Londres pour distiller ses meilleures tracks, captées des quatre coins de l’espace afrodiasporique. Hip-Hop, soul, afro ou encore latin vibes, elle nous fait l’honneur de clôturer la soirée de cette deuxième édition de festival. Vous ne pourrez pas ne pas danser.