#CROWDFUNDING – FATA coffee shop … des projets solidaires et artistiques à soutenir

#CROWDFUNDING – C’est comme ça qu’Awotele, la revue ciné de qualité à laquelle participe la journaliste Claire Diao a pu financer son dernier numéro. Si vous avez un peu de sous, nous postons ici des projets afro de qualité qui demandent un soutien financier. Pick’em up 😉

L’union fait la force. Et comme Grégoire a réussi à lancer sa carrière musicale grâce aux internautes, des projets afro n’attendent que votre soutien financier pour exister.

FATA – Coffee Shop

PLats FATA coffee shop

Un café pop culture parisien où il sera possible de déguster des spécialités du monde entier avec une carte changeant en fonction des saisons, c’est l’idée d’un couple ; Fabrizio qui est chef cuisinier et Lindsay, journaliste. Iels ont décidé de lancer une campagne de crowdfunding pour financer une partie des frais nécessaires à la mise en place du projet. Il reste encore 6 jours pour réunir les près de 6000€ restants (près de 2000€ ont déjà été récoltés à ce jour).
Vous avez déjà soutenu…
The Afrolitt’ Webseries
Afrolitt
Discuter de sujets de société à partir d’oeuvres d’aut.eur.ices noires, le tout filmé au Ghana, c’est l’idée de la websérie de  Pamela Ohene-Nyako, qui s’est inspirée du travail de la réalisatrice britannique Cecile Emeke et de la française Amandine Gay. Une première saison, où elle a choisi de donner la parole exclusivement aux femmes, est déjà en ligne. Pamela sollicite aujourd’hui le public pour permettre la réalisation, la post-production et la rémunération de l’équipe sur la saison 2 qui comprendra également des intervenants. Résultat : 5092€ ont été récoltés (l’objectif était de 34 816€).

hEXagones : revue littéraire pour valoriser les auteurs racisés

Projet Hexagones

Une belle revue littéraire papier annuelle contenant à la fois des textes de théâtre, de la poésie ou encore des nouvelles, le tout signé par des aut.eur.ices racisé.e.s, écrivant de la France mais avec chacun.e son point de vue, qu’iels aient grandi dans l’hexagone ou pas, c’est le beau projet dont l’une des instigatrices n’est autre que l’autrice  Penda Diouf -qui est également une de nos Fraîches Women de l’année 2017. Au total, ce sont 16 femmes et hommes qui figureront dans cette parution parmi lesquelles le rappeur Rocé, la metteure en scène Eva Doumbia ou encore le chanteur Blick Bassy. Pour que ce premier numéro puisse exister, l’équipe a lancé une campagne de financement participatif : Résultat : 2500€ ont été récoltés (l’objectif était de 6606€).

JE T’AIM3

Equipe Je t'aim3 trilogie

L’amour-, voici le thème principal de ce projet de courts métrages en trois volets dont chacun sera mis en images par un réalisateur différent à savoir Leila Sy que l’on connait notamment pour être derrière les clips de Kery James depuis 10 ans ; Kub & Cristo, à l’initiative du projet, duo  des clips du rappeur VALD à qui ils proposent de jouer le rôle principal masculin. L’idée : explorer l’évolution du sentiment amoureux : avant, la rencontre ; pendant , le quotidien ; après,  la violence.

Résultat : quelques 882 contribut.eur.ices ont donné 68 014€ et permis de dépasser l’objectif de 67 000€ 

Dire à Lamine

direalamine.fBxX9pFDw00B

Lamine Dieng est mort le 17 juin 2007, étouffé après avoir supporté le poids de cinq policiers, face contre terre. Après 10 ans de bataille judiciaire, l’affaire s’est soldée par un non-lieu. Le collectif Vies Volées, co-fondée par Ramata Dieng, soeur de la victime, ainsi que le collectif Cases Rebelles, ont donc décidé de faire une documentaire, donnant la parole à des membres de la famille mais aussi à des militants comme Almamy Kanouté ou encore l’avocate et historienne Rosa-Amelia Plumelle-Uribe, le tout sur une bande son du duo Kami Awori. Le tournage a débuté en 2016 et l’argent récolté servira à régler les frais de post-production, incluant le mixage du son et l’étalonnage.

Résultat : 2361€ ont été récoltés ;l’objectif de base était de 2200€.

Koudmen Ba La Dominik

Koudmen La Ba Dominik

Pour venir en aide à la Dominique après le passage de l’ouragan Maria en septembre dernier, Koudmen Ba La Dominik- un collectif de citoyens qui s’est formé en 2015 suite à la tempête Erika, a lancé une nouvelle cagnotte en ligne pour reconstruire et  apporter une aide matériel à des centres de santé. Résultat : sur les 50 000€ visés à l’origine, 4790€ ont été récoltés.

Paroles d’honneur

« Par Nous, pour Tous! Un média 100 % autonome/100 % décolonial! », tel est le slogan de l’émission dévoilée en février dernier sur http://www.lebanlieusard.fr, site d’information du rappeur Kery James. L’historienne et politologue Françoise Vergès, la députée Danièle Obono ou encore la maître de conférences Maboula Soumahoro ont pris part à des débats dans le cadre de Paroles d’honneur. Le projet avait besoin de financement pour se poursuivre. Résultat : la cagnotte finale s’élève à 14 191€ (l’objectif était de 13 850€).

L’Arbre à Palimpseste – La série

larbre à palimpseste

Des personnages historiques africains mis en scène dans une série animée à travers le récit d’une conteuse, c’est l’idée d’Ingrid Agbo, qui a officié au cinéma comme directrice de la photographie et assistante opérateur. Pour rendre ce projet dont on a été nombreux.ses à rêver sur pied, elle a décidé avec son équipe de lancer une campagne de financement participatif. La comédienne Tatiana Rojo prendra également part au projet. Résultat : 6058€ ont été récoltés pour un objectif de 6000€).

Gueriaz d’Afro Fiction : les m1nutes films

Afro Fiction, collectif de comédien.ne.s, scénaristes, réalisat.reur.ice.s, qui cherchent à promouvoir le travail des afrodescendant.e.s dans la production cinématographique. Créée il y a un an, l’association, marrainée par la grande Firmine Richard, a déjà organisé les Chronofilms, un marathon de réalisation de court métrages en un temps limité de 48h.

L’équipe fait appel au public pour relever un nouveau défi : réaliser des films d’une minute en une journée de tournage et deux jours de post production en s’inspirant du cinéma Guerilla, d’où le nom du projet : Gueriaz. Résultat : le collectif a obtenu 1325€ sur les 4000 initialement demandés. 

Cinewax Outdoors

Cinewax

L’association Cinewax, dédiée à la promotion des cultures africaines, lance un appel au don pour la seconde édition de son festival gratuit Cinewax Outdoors qui se déroulera, comme l’an passé, en plein air dans la capitale française. Résultat : 9169€ ont été récoltés (l’objectif était de 9000€)

Slice Up

Initié par 3 journalistes, le projet marrainé par l’actrice Aïssa Maïga a pour but de former des reporters web sur le continent africain afin qu’iels puissent réaliser leurs propres sujets. Après avoir formé 10 femmes et hommes au maniement de la caméra, du montage, de la narration et de la valorisation de contenus en ligne, Elsa Miské et Nicolas Baillergeau veulent apporter leur compétence à 10 autres personnes, cette fois, au Togo début 2018, avec l’aide du data journaliste togolais Richard Folly.

Résultat : la cagnotte a réuni 10 155€ soit 155€ de plus que l’objectif de base.

Bazar Café

L’écrivain guadeloupéen Alain Foix souhaite ouvrir un café littéraire et artistique à la Charité sur Loire, baptisée  ville du livre en 2002. Le lieu permettra d’accueillir des résidences d’écrivains, d’artistes ainsi que des expositions et des conférences.

Résultat : 6535€, soit 535€ de plus que nécessaire. 

Afrosphères

visuel afrosphères

Ce projet de salle de lecture à Douala est marrainé par l’écrivaine Léonora Miano qu’on ne vous présente plus. Afrosphères est « dédiée à la promotion des productions intellectuelles et culturelles du monde afro », en mettant « à la disposition de jeunes de la ville, les ouvrages au programme officiel des écoles camerounaises. » L’association souhaite également organiser des événements culturels, toujours dans un but éducatif. Résultat : le projet a récolté 3 625€ (4 000€ était l’objectif initial).

Comme un Million de Papillons Noirs

Papillons Noirs

Après deux livres publiés, l’afroféministe Laura Nsafou aka Mrs Roots se lance dans une nouvelle aventure littéraire. Cette fois, elle veut valoriser les cheveux crépus et frisés, encore trop souvent dépréciés dans notre société, auprès des petites filles. Pour illustrer son texte, elle a fait appel à la dessinatrice Barbara Brun. Il s’agira du premier projet du genre en France. Résultat : objectif plus qu’atteint, avec une jauge qui a explosé à 22 018€ contre 10 000€ initialement demandés !

Higoma

On avait adoré ses poupées de bien-être Aku Ako, un mix entre les Kokeschi du Japon et les Akuaba ashanti*; on adore son projet de « tambours parlants ». Noumbissi Design, la petite entreprise de design créée par Simon Tam, veut créer des enceintes audio ayant la forme de djembés (tambours parlants), conçues artisanalement  au Cameroun. Une bonne manière de dépoussiérer la vision de l’objet, tout en mettant à l’honneur le savoir-faire camerounais.  Résultat : le projet a rassemblé 5 280€.
*Vous pouvez les retrouver aux Galeries Lafayette de Montparnasse, (Paris XIVe) aux côtés des créations d’Afrikanista ou de Myriam Maxo entre autres.

La crépue

La websérie visible sur Youtube qui raconte les tribulations quotidiennes d’une femme noire qui porte ses cheveux au naturel, en milieu professionnel en passant par la vie sentimentale, lance un appel au don. Le but est double, nous dit sa créatrice sur la page Facebook du projet :  « donner jour aux prochains épisodes et vous faire participer à leur création. » Objectif atteint avec 5 160€ réunis !

MAMIWATA

La comédienne Astrid Bayiha signe avec MAMIWATA sa première pièce de théâtre en tant qu’auteure. Elle y joue également. Présenté en exclusivité au public en septembre 2016, ce spectacle questionne la place des mythes dans la construction identitaire et le rapport aux autres. Il sera à nouveau mis en scène du 29 mars au 9 avril au Théâtre de l’Opprimé. À cette occasion, Astrid Bahiya a lancé un appel au don en rappelant que l’équipe, constituée de six femmes et deux hommes, a jusqu’ici travaillé de façon bénévole. La campagne de financement participatif de ce projet unique a pris fin le 28 mars. Résultat : 1275€ ont été réunis (l’équipe était en quête de 1000€).

Fanon hier, Fanon aujourd’hui : Regards croisés

La Fondation Frantz Fanon souhaite réaliser un documentaire sur la vie du psychiatre et militant martiniquais décédé en 1961 depuis 2015, année de son 90ème anniversaire. Le plus de ce projet, c’est qu’il permettrait d’exploiter des archives encore jamais utilisés dans aucun autre film parlant de lui. Elle a donc décidé de mettre en place une demande de financement participatif. Résultat : 243 contributeur.ices ont donné en deux mois 11 515€, pour un objectif initial de 11 000€.

Chimen an mwen

harry-eliezer

Harry Eliezer, animateur sur les radio France Inter, France Bleu passé chez pigiste chez Slate et actuellement coach personnel, a décidé de partir de sa propre expérience pour son documentaire : celle d’un homme d’origine guadeloupéenne qui est né et a grandi à Paris et dont les parents ont bien pris soin de ne pas lui transmettre la culture liée à son île d’origine, craignant que cela ne mette un frein à son intégration en métropole. Dans Chimen an mwen -« mon chemin » en créole- , on le suit dans sa quête identitaire où l’entre-deux culturel est questionné. Afin de pouvoir achever le tournage du film, il a lancé une campagne de crowdfunding avec comme objectif 20 000€. Résultat : objectif atteint le 25 décembre avec 20 045€ réunis.

Colocation entre filles 

colocation-entre-filles

Vous suivez peut-être Ruby Comédienne alias Yvonne Akono sur Facebook et sur Snapchat où elle poste régulièrement des sketches de quelques minutes. Elle est aussi la créatrice et une des actrices de la web-série Colocation entre filles, qui parle du quotidien de jeunes femmes qui partagent un appartement à Rouen. Pour que la troisième saison puisse voir le jour, celle qui incarne Coco a lancé un crowdfunding et demandé 10 000 euros. Résultat :  11 006€ ont été récoltés.

Le documentaire Ouvrir la voix d’Amandine Gay

 


ouvrir-la-voix


Il est presque enfin là, le film d’Amandine Gay. Dans Ouvrir la voix, la réalisatrice afroféministe donne la parole à des jeunes femmes noires et européennes pour en dresser « un portrait politique aussi multiple que les réalités et identités qu’il comprend », comme l’annonce la page Facebook du film. On dit que ce premier documentaire est presque là car s’il va tourner dans les festivals, il a besoin de soutien populaire et financier. Vous pouvez contribuer à faire arriver cette production indépendante et militante dans les salles en participant au crowdfunding lancé ici. Le + : en attendant de découvrir Ouvrir la voix dans son intégralité, vous pouvez découvrir des scènes coupées au montage sur la chaîne Youtube du film, qui en donne un premier aperçu. Résultat : le projet a dépassé son objectif. Vous avez pu le découvrir le 15 décembre au Centre Curial, lors d’une projection co-organisée par vos servitrices et l’ADEAS.

Welcome to Conakry

welcome-to-conakry

Conakry, capitale de la Guinée, sera également la capitale mondiale du livre de l’UNESCO en 2017. Ça tombe bien car c’est justement l’aspect culturel de la ville qu’Aïcha Diaby, l’instigatrice du projet, veut mettre en avant. À travers une série documentaire en 6 épisodes, elle nous propose de découvrir les acteur.ices de la mode, de la gastronomie ou encore du street art sur place. Le tournage a débuté fin octobre et la campagne avait déjà atteint 4 220 euros sur les 5 000 nécessaires le 15 octobre, 9 jours avant sa date de clôture.
Résultat : Le 24 octobre, les crowdfunders ont permis à l’équipe de remporter 5 235€  sur les 5000 demandés. 

Nogochi, le film

capture-decran-nogochi-le-film

« Un film d’aventure en Afrique, entre Apocalypto et Indiana Jones« , c’est ainsi qu’est présenté le projet de film Nogochi, premier long métrage de Toumani Sangaré -qui sera également à la réalisation-, co-écrit par le scénariste et auteur de bande dessinée Christian Vilà. Toumani Sangaré s’est d’abord fait connaître en tant que réalisateur de clips en tant que membre du collectif Kourtrajmé pour Mokobe ou encore Salif Keita. Plus récemment, il a lancé la série malienne à succès Taxi Tigui. Dans Nogochi, on suivra le parcours d’un ancien esclave américain de retour en Afrique de l’ouest dans les années 1880 et recueilli par une famille de Donso, les maîtres chasseurs traditionnels, le tout en langue bambara. Le projet est ambitieux et nous tient déjà en haleine ! Le + : on peut d’ores et déjà découvrir les costumes traditionnels et accessoires qui figureront dans le film par là.
Résultat : la campagne de financement participatif a pris fin le 13 octobre et a plus que dépassé son objectif en récoltant 15 560 euros alors que l’objectif était de 6 000 ! 

Le city guide de Little Africa

large_LITTLE_AFRICA_-_lancement_city_guide-02-1464138666-1464138685

Jacqueline Ngo Mpii a eu la bonne idée de monter Little Africa, qui donne à voir Paris sous son jour afro. À la faveur de balades dans divers quartiers, l’entrepreneure fait découvrir aux badauds restos, monuments, lieux, magasins et initiatives gérés, érigés, marqués, impulsés, traversés par et pour les afrodescendant.e.s. Et pour mieux faire comprendre que la ville fait aussi rêver grâce à ses  habitant.e.s, artisan.e.s, artistes, restaurateur.ice.s afrodescendant.e.s, Jacqueline et son équipe sortent un guide !!  Une excellente idée que nous soutenons.
Si la collecte réussit, le guide sera disponible en novembre 2016.
Résultat : La collecte a fonctionné pour Little Africa. 15 765 euros ont été réunis soit 765 euros de plus que la somme que l’organisation pilotée par Jacqueline Ngo Mpii avait fixée. Le guide est disponible depuis le 13 novembre sur la boutique en ligne dédiée

La dotation du prix Mahogany

 


Mahogany


Leonora Miano
, qui vient de sortir L’Imperatif transgressif et Crépuscule du tourment n’est pas que l’une des écrivaines importantes de la dernière décennie. C’est aussi une activiste de la littérature, qui n’hésite pas à parler des projets des autres et à les célébrer. C’est pour mettre en avant l’exigence et la qualité d’oeuvres littéraires d’auteur.e.s subsaharien.ne.s qu’elle a créé le prix Mahogany il y a quelques années. La.e gagnant.e recevait une oeuvre d’art, mais l’artiste pense qu’une dotation financière permettra de valoriser encore plus ce prix et par truchement, l’oeuvre et celui qu’il l’a écrit. Nous croyons comme Leonora Miano que cultiver les esprits est aussi important que de stimuler et de créer des richesses économiques en Afrique et dans sa diaspora.

Résultat : Si on est loin de l’argent qui devait être collecté à l’origine, soit 10 000 euros, les 1500 euros, hors frais retenus par la plateforme collectés par ici vont quand même permettre de remettre un prix au gagnant de l’édition 2017. Pour cela, Mahogany a demandé l’autorisation aux participants du crowdfunding. 

La chaîne Youtube de La Nadjance

la nadjance

Après avoir découvert -tardivement- les vidéos de Naya Ali, on a continué à fouiner sur Internet. Et c’est sur Facebook qu’on est tombé sur Nadjélika Amandine Bamba aka La Nadjance. D’origine ivoirienne, elle n’est pas qu’une humoriste qui nous fait partager sa vie quotidienne de vingtenaire , avec ses potes ou ses fans -oui, oui-. Outre son bagout, ses prises de  position, elle veut faire découvrir sa musique, qu’elle étudie, avec des vidéos de meilleure qualité qu’elle posterait sur une chaîne Youtube qu’elle veut créer grâce à vous. C’est un grand OUI pour nous !
Résultat : la collecte qui se déroulait ici, a permis à La Nadjance de récupérer 3436 sur les 3000 euros demandés à l’origine.

Le camp décolonial

camp decolonial

Il aura fait couler beaucoup d’encre ce camp décolonial, avant même d’avoir eu lieu. Co-organisé par Fania Noël et Sihame Assbague, le camp propose du 25 au 28 août 2016 formations à l’antiracisme politique à l’approche de la présidentielle 2017. Avec un Parti Socialiste exsangue et inaudible, une droite droite dans ses bottes- immigration, sécurité, identité- qui affiche quinze mille candidats, les extrêmes droites à qui on donne toujours plus de temps d’antenne et à qui on vient voler des thèmes, et l’éclatement de l’extrême-gauche, oui, ce serait pas mal d’aller voter -ou pas, mais armé.e de savoirs.
Résultat : L’objectif était de récolter 8000 euros. Les organisatrices ont reçu près de 8 825 euros et le camp décolonial a eu lieu, non sans susciter de nombreuses levées de bouclier au plus haut niveau de l’État, dont Manuel Valls ou encore Najat Vallaud-Belkacem. 

Le site média Nothing But The Wax

 


nbw


En 2010, c’était un blog. 2016 signe l’arrivée de Nothing But The Wax comme un site média dédié à la mode et à la beauté noire. Derrière le projet s’activent Chayet Chiénin et une team de passionné.e.s/journalistes. Pour aller plus loin, elleux ont lancé un crowdfunding et ont déjà atteint le bel objectif de 15 000 euros. Décidé.e.s à aller sur le terrain notamment à l’étranger, Chayet Chiénin et son équipe veulent atteindre le palier des 20000 euros et vous sollicitent. Assister à la naissance d’un média est important. Nous, on suit !
Résultat :  sur 15 000 euros demandés, et après une relance auprès du public, la team NBTW a réussi à obtenir 20 321 euros sur la plateforme Ulule.

Publicités

INTERVIEW – Pour Dadi, photographe ivoirien derrière les « Nuits Balnéaires », c’est Abidjan forever

EXCLU – Il est l’un des photographes le plus en vue de la jeune génération ivoirienne. Dadi, du surnom que lui a donné sa mère -il porte le nom de son grand-père maternel- 23 ans, est autodidacte et s’est fait un nom sur la toile et à l’international grâce à sa série « Nuits Balnéaires » à découvrir sur Instagram. Le projet, auquel il a pensé en 2016, immortalise l’atmosphère si particulière et intense de la côte ouest africaine alors que la nuit s’installe. L’Afro l’a rencontré pour une interview après le coucher du soleil en plein Abidjan en février dernier. De sa vision du business en tant qu’artiste, à sa passion pour la musique, en passant par son anxiété sociale et son amour profond pour son pays natal, Dadi se raconte.
Libaya+Light18
Source photo : http://www.nuitsbalneaires.com

Débuts en photographie

A la base, j’avais une sensibilité plus musicale -d’ailleurs, j’ai toujours plus de références musicales que photographiques à ce jour. Au début, la photographie, c’était un effet de mode. Je regardais beaucoup les travaux de certain.e.s : Nadège Cakpo, Rash NS, Olivier Konan … D’ailleurs, à part Olivier, iels ont tou.te.s arrêté la photo. Au final, iels m’ont permis de savoir ce qu’on pouvait faire avec un appareil. J’ai voulu étudier la photographie à l’étranger mais mes parents ne voulaient pas que je choisisse cette voie. J’ai donc décidé de m’y mettre tout seul en restant à Abidjan.

Ces deux dernières années, j’ai beaucoup travaillé dans le milieu de la mode, avec African Hippie, nouvelle marque montée par une américaine d’origine libérienne en 2017, avec Libaya, créée par une Hollandaise qui est basée au Ghana, avec la Lagos Fashion Week, avec Orange Future. Localement avec Loza Maléombho, Elie Kuame, Yhebe design, toujours basée à Abidjan et pense la femme abidjanaise avec une telle poésie, une telle beauté.

Aujourd’hui, mon public comprend des jeunes qui bossent en agence de communication, qui font également de la photo à côté, qui tiennent des blogs … Il y a également pas mal d’amateurs d’art et des petits collectionneurs qui ont acquis quelques-unes de mes œuvres. Les acheteurs sont tous des locaux et ça me fait vraiment plaisir ! Parmi eux, le duo d’architectes Koffi & Diabaté mais également un ministre.

La naissance du projet « Nuits Balnéaires »

« J’ai du mal à intégrer le découpage colonial ou post-colonial de la région et je crois bien que je n’y arriverai jamais! »

COMPRESS4
Source photo : http://www.nuitsbalneaires.com

L’idée m’est venu il y a environ deux ans, de façon spontanée, un peu comme une révélation, une nuit, vers deux ou trois heures du matin. Je me suis levé et me suis mis à écrire. J’ai même changé le pseudo de mon compte Instagram pour le rebaptiser du nom de ce projet.

« Nuits Balnéaires », c’est une vibe, une atmosphère que j’appelle « costal » en référence à la côte du golfe de Guinée, en passant par São Tomé-et-Principe, Gorée au Sénégal, bien sûr Abidjan mais aussi d’autres villes ivoiriennes comme Bassam ou Assinie. Je ressens quelque chose qui est à la fois très fort, très lourd et très beau. Ça s’illustre par les couchers de soleil, les cocotiers, les plages, la nuit abidjanaise, le lifestyle, l’esthétique, la nature, les klaxons, la fumée, la chaleur, la poésie, la musique, le vol des chauves-souris … ça englobe tout ça. C’est une atmosphère qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. C’est le monde dans lequel je vis dans ma tête. Dans le nom « nuits balnéaires », il y a un moment mais aussi un endroit : la mer. Cette ambiance m’a toujours fasciné.

Si le projet englobe également le Ghana, le Sénégal, c’est parce que j’ai du mal à intégrer le découpage colonial ou post-colonial de la région et je crois bien que je n’y arriverai jamais (rires)! Il y a eu une histoire avant les comptoirs d’où les esclaves étaient envoyé.e.s vers l’Occident, il y a eu des mouvements, une vie ici avant. La Côte d’Ivoire est finalement un mix de tout ça. D’ailleurs, quand on remonte aux origines plus lointaines de mes parents, on découvre que la famille de ma mère vient du Mali et celle de mon père du Ghana. Et quand on cherche encore plus en profondeur, on découvre qu’iels viennent d’encore plus loin.

Cette fascination remonte à mon enfance, quand je voyageais avec mon père, journaliste, sur le littoral ivoirien, en voiture, à écouter du High Life ou de la musique classique et qu’on captait la plupart du temps le coucher du soleil en rentrant. Ce sont peut-être mes plus beaux souvenirs, des moments magiques. Je me sentais toujours bien dans ces moments-là. Pour résumer, « Nuits Balnéaires », c’est un voyage sans fin.

Abidjan sinon rien

La plupart des jeunes ici, peu importe leur domaine, ne pensent qu’à une chose : partir en Europe ou en Amérique. Moi, je n’ai jamais idéalisé ces endroits. J’ai toujours été fasciné par la Côte d’Ivoire et je pense que ça se ressent dans mon travail. Ce pays est formidable, a un potentiel formidable, au-delà du tourisme et de la beauté, ce ne sont pas les opportunités qui manquent. Pour la plupart des gens, il faut forcément aller à l’étranger, arriver à un certain niveau de vie avant de revenir. Quand je regarde autour de moi, j’ai l’impression que les gens attendent le paradis et que ce paradis, c’est l’Occident. Il était important pour moi de me prouver qu’il était possible de se réaliser ici et même recevoir des commandes d’autres pays en restant à Abidjan et c’est quelque chose que j’ai réussi à accomplir. Aujourd’hui, je souhaite voyager un peu plus ! Mais même cette envie a pour finalité de me permettre de continuer à vivre dans cette ville car je ne me vois pas vivre ailleurs ! On a tout ici et je pense que cela m’a permis de développer une certaine esthétique qui est à la fois universelle dans le langage tout en ayant une coloration qui m’est propre et nourrie par mon environnement.

Photographie et business

Je suis un cas (rires)! J’arrive à en vivre correctement et d’après ce que j’entends en ce qui concerne les gens dans mon milieu, ou issus de métiers créatifs en général, même celleux qui ont commencé avant moi, c’est loin d’être le cas de tout le monde. Le management m’a beaucoup aidé. Il faudrait que les gens aient plus de notion dans ce domaine pour savoir gérer leur business.

Au final, j’essaie de vendre ce que je fais comme je le perçois et je perçois mon travail comme quelque chose qui a de la valeur. Il ne faut pas vendre son produit au rabais mais comme de l’or. C’est-à-dire produire de la qualité et penser au côté business.

Le fait de travailler dans la mode et de m’y être spécialisé m’a permis de me créer une image de marque et j’essaie de faire ressortir ça aussi dans mes productions artistiques.

Or, il faut à la fois produire de la qualité et avoir un marketing qui suit. Si l’un des deux ingrédients manquent, ça ne prend pas. De mon point de vue, c’est quelque chose qui manque chez la plupart des gens en Côte d’Ivoire.

De l’importance de la musique

J’ai grandi dans un environnement où j’avais un minimum accès à du contenu artistique. Mon père est un grand passionné de musique et d’art. Mon oncle Noël Ebony était journaliste et écrivait des poèmes.

J’écris aussi des poèmes et je viens tout juste de me mettre à la peinture. Mais c’est avant tout la musique qui plante mon décor, j’en consomme beaucoup. Ça me met dans un état d’esprit que je traduis beaucoup en images. J’écoute un peu de tout dont beaucoup de musique ivoirienne : NST Cophie’s, R.A.S et Meiway trois fois ! De la musique française comme Vanessa Paradis, Christine & the Queens , j’écoute aussi pas mal de sons underground comme Soko, Panama, du jazz aussi comme Alice Coltrane ou Nina Simone. J’écoute aussi de la musique camerounaise, congolaise et européenne en général.

La musique est un langage, et comme pour tout langage, il faut en comprendre les bases, c’est-à-dire les mots. Une fois qu’on a cette base, cela donne accès à une ouverture. Je trouve que quand on a cette sensibilité, c’est une bénédiction que tout le monde ne peut pas atteindre. J’écoute de tout. Pour mes anniversaires, je demandais à mon père de m’offrir des K7 comme des albums de Yodé et Siro.

Deux titres qui me rappellent mon enfance, par exemple : « Gbazanan » de Boni Gnahoré , une chanson qui nous a marqué ici et « Death society » de Meiway qui me donne encore la chair de poule aujourd’hui !

La musique qui résume le mieux les « Nuits Balnéaires », c’est la High Life des années 60.

Le son qui représente Abidjan pour moi, c’est « Héros National » de Douk Saga, sorti après de grands troubles politiques. Il s’agit de la période à partir de laquelle ma culture abidjanaise a réellement commencé à se construire avec le coupé-décalé entre autre. C’est un point de départ de l’Abidjan actuel. Tout est parti de là ; le farot, le boucan, le m’as-tu vu, les soirées où tu dois faire des 50 bouteilles … Ici, ce qui compte le plus, c’est le personnage et le message car Douk Saga parlait beaucoup. Sur le plan musical, c’était nouveau par rapport à tout ce qu’on avait entendu sur la planète auparavant.

Je suis aussi un grand fan de zouglou, musique de la commune de Yopougon, la plus grande d’Abidjan. Elle est un peu snobée et on lui préfère souvent le coupé-décalé. J’écoute pas mal en ce moment le groupe Revolution, Dj Kerozen, Serge Baynaud, Bebi Philipp.

« Les heures narcissiques », un projet vidéo sur la confiance en soi

« Mon plus gros challenge, c’est la confiance en moi et en mon travail, des choses qui m’ont beaucoup manqué et que j’exorcise avec ce projet vidéo. »

C’est une vidéo, un court métrage, dont j’ai dévoilé un teaser début mai sur Instagram.

Le projet parle de la confiance en soi que je traite d’une façon très personnelle. J’ai toujours eu du mal à m’exprimer, j’ai dû apprendre à le faire. Pendant plusieurs années, je ne sortais pas, je m’isolais. J’avais le choix entre rester dans mon coin et laisser mon art dormir dans ma chambre ou en sortir et tenter de parler, toucher plus de gens qu’à travers les réseaux sociaux.

J’ai peur des relations avec les êtres humains suite à des choses que j’ai vécu mais je n’ai que de l’amour pour eux.

Je sens que je passe à une autre étape de ma vie. Mon plus gros challenge, c’est la confiance en moi et en mon travail, des choses qui m’ont beaucoup manqué et que j’exorcise avec ce projet vidéo. J’ai encore du mal à m’habiller comme j’en ai envie- pourtant je ne suis pas particulièrement excentrique- à cause du regard des gens. La société ivoirienne, -la famille notamment- est très sur toi.

La photographe Joana Choumali a eu un vrai impact sur la direction que je prends actuellement. Elle m’a incité à sortir plus, à montrer davantage ma fragilité, à l’assumer, à la traduire dans mon art. Elle m’a dit qu’une fois que j’aurai réussi à accepter à la fois mes défauts et mes qualités, je pourrai enfin m’épanouir aussi bien sur le plan professionnel que personnel. Elle trouvait que jusque là, j’étais trop dans la retenue. Donc, je veux prendre mon temps sur ce travail et le faire bien.

Un ami nigérian m’a aussi poussé à sortir de ma coquille. Il m’a aussi appris l’anglais. Il m’a beaucoup épaulé, m’a aidé à sortir de ma dépression. Il est décédé il y a un an après avoir accompli sa mission.

L’anxiété sociale et la confiance en soi, peuvent être de réelles souffrances. Je me dis que je ne suis pas seul, qu’il y a des personnes qui ont réussi à les dompter ou à bien les camoufler.

En parler en France, ou ailleurs, ce n’est peut-être pas nouveau mais évoquer le fait de  se sentir mal à l’aise en société, ce n’est pas habituel en Côte d’Ivoire.

Ce qui compte véritablement pour moi, c’est qu’à terme, mon art puisse devenir une thérapie pour les gens, qu’il leur fasse du bien.

Les projets à suivre

Je me suis occupé de la direction créative en faisant des repérages à Abidjan pour deux clips de l’artiste allemand Bonaparte -dont le premier sera dévoilé courant juin. J’ai également réalisé un projet de portraits avec l’artiste hollandais Thomas Azier. Tous les deux ont enregistré en partie leurs albums respectifs dans cette ville.

Vous pouvez retrouver Dadi sur Instagram (@nuits_balneaires)

(Crédits photo : Fatima K.)

Mams Yaffa à l’origine de la campagne #stopdepigmentation : « cette démarche se veut sociale et sanitaire »

ENTRETIEN – Mams Yaffa est le fondateur de l’association Esprit d’Ebene, créée en 1998 et oeuvrant à l’insertion professionnelle de jeunes issu.e.s de quartiers populaires. Il est également à l’origine de la campagne « stop dépigmentation », soutenue par l’acteur Eriq Ebouaney , la comédienne Assa Sylla et la chanteuse et comédienne Fatoumata Diawara et dont les photos réalisées par le photographe David Uzochukwu sont affichées dans les transports franciliens. Mams a accepté de répondre à nos questions au sujet de ce projet de sensibilisation aux dangers de l’éclaircissement de la peau.

visu-01-stopdepig

Comment est né le projet « stop dépigmentation » que vous avez monté dans le cadre de l’association Esprit d’Ebene que vous présidez ?

Le projet part du constat qu’aujourd’hui encore, nous observons que des femmes, des hommes, de tout âge et de toute catégorie socio-professionnelle ont recours à la dépigmentation artificielle de la peau. L’objectif est donc d’une part de sensibiliser les populations africaines, asiatiques et maghrébines de France des dangers liés à cette pratique et d’autre part de les conduire à prendre conscience que la beauté est plurielle et qu’être « bien dans sa peau » passe par l’acceptation de soi.

En somme, cette campagne se veut être un plaidoyer en faveur de la peau naturelle, mais également une véritable démarche sociale et sanitaire.

C’est le jeune et talentueux photographe David Uzochukwu qui est l’auteur de ces clichés que l’on retrouve dans nombre de métros parisiens et en Ile-de-France depuis le 21 décembre. Comment s’est passée la rencontre ?

L’agence digitale Iconoclast est l’un des partenaires phares de cette campagne. Elle nous a aidé à définir la ligne créatrice et éditoriale de celle-ci. Dans le cadre de ce partenariat, elle a également mis à contribution les talents de David Uzochukwu, jeune photographe parmi les meilleurs de sa génération. Nous avons partagé notre vision et nos ambitions avec lui et il a su les rendre parfaitement sur les photos que vous verrez dans différentes villes françaises.

Dans quelles autres villes la campagne sera-t-elle visible ? A quel moment ?

On prévoit Marseille, Lyon, Orléans et Strasbourg à partir de septembre 2018 si tout va bien.

Le projet a été lancé fin 2016 et dévoilé au grand public le 21 décembre de cette année. Que s’est-il passé durant un an ?

Pendant un an, nous avons étudié ce phénomène à travers une grande enquête en ligne. Sur la base de ces retours, nous avons pu comprendre précisément les origines de cette pratique et cela nous a conforté dans l’idée que cette campagne était nécessaire. En partant de ce postulat, nous avons travaillé à nouer des partenariats avec des act.eur.ice.s et professionnel.le.s de la beauté, des médecins, dermatologues et coachs en développement personnel. L’objectif était de fournir une campagne complète axée essentiellement sur l’estime de soi et la prise de conscience que notre couleur de peau fait partie de notre identité,  donc que la changer, c’est se dénaturer.

Enfin, pour mener et financer une campagne de cette envergure, il a également fallu récolter des fonds. C’est tout ce travail qui a été réalisé ces derniers mois avec l’équipe projet.

visu-03-stopdepig

Combien de personnes ont répondu à cette enquête en ligne ?

860 personnes dont 90% sont des femmes.

Sur le site stopdepigmentation.com, vous indiquez « ce projet tend à déconstruire les idées reçues installées dans la conscience des femmes de couleurs et selon lesquelles l’usage de produits éclaircissants est une arme de séduction et signe d’intégration. » Quid des hommes adeptes de cette pratique ?

Les hommes qui pratiquent la dépigmentation de la peau, le font pour les mêmes raisons que les femmes : l’envie de plaire, de s’insérer plus facilement dans une société où avoir la peau claire est mieux perçu.

Dans la section où vous évoquez lutter pour « changer les comportements », vous indiquez vouloir « Détabouiser la dépigmentation artificielle de la peau : donner la parole aux personnes concernées ». Quelle(s) forme(s) cela prendra-t-il ? 

Lors de nos ateliers d’échanges seront prévus des instants de discussion avec le public pour donner la parole à tou.te.s. Ils seront accompagnés de témoignages écrits et vidéos de personnes ayant recours aux produits dépigmentants et qui ont accepté de partager leur expérience avec nous.

Parlez- vous déjà à des personnes qui ont recours à cette pratique ? Si oui, qu’est-ce qui ressort de vos échanges ? 

Oui, depuis le lancement de cette campagne, nous avons eu à échanger avec des personnes ayant recours à cette pratique. La plupart sont prêtes à témoigner de façon anonyme-la majeure partie n’assume pas- et peu la conseillerait à leur entourage. Nos interlocuteurs mettent en avant la relation de dépendance qui existe avec ces produits;  il y a donc une prise de conscience.

visu-02-stopdepig

Une campagne de crowdfunding sera lancée en janvier. A quoi servira l’argent récolté ?

Cette campagne, mise au point avec l’aide de l’agence de communication Solicom, servira à compléter le financement du dispositif de communication au niveau national et international à savoir le financement du personnel des ateliers en île-de-France, le financement des fascicules à destination des centres médicaux, la location d’un bus et des besoins logistiques pour une tournée de sensibilisation nationale et européenne, en Belgique, en Allemagne,  en Angleterre, en Suisse, en Espagne, au Portugal et en Italie. Au niveau européen, on espère interpeller les décideurs des Etats afin d’avoir un durcissement des lois au niveau européen tant sanitaire mais surtout en terme de représentativité ou de représentation dans les pubs. A y regarder de plus près, on touche assez vite le combat contre le racisme. le financement d’un concert caritatif pour la cause de la dépigmentation de la peau et la production audiovisuelle.

En Afrique,  ce sera d’abord une campagne de communication à grande échelle puis nous alerterons des pays comme la Côte d’Ivoire et le Ghana afin d’arriver à l’interdiction des mauvais produits. Ces fonds serviront aussi à l’organisation d’un concert caritatif et à la production de contenus audiovisuels.

Retrouvez la campagne « Stop dépigmentation » sur Facebookl’Instagram de l’association Esprit d’Ebene et sur le site internet d’Esprit d’Ebene.

INTERVIEW – Grace Ly, la blogueuse qui oeuvre pour une représentation plus juste des Asiatiques en France

ENTRETIEN – Née en France, Grace Ly a utilisé la cuisine comme porte d’entrée pour accéder à la culture cambodgienne transmise par ses parents en y consacrant un blog, « La Petite Banane« . Grace Ly parle volontiers de sa double culture franco-asiatique et a même créé une websérie, « Ça reste entre nous », où d’autres femmes et des hommes s’expriment sur la question. Le dernier épisode mis en ligne à ce jour, le troisième aborde le thème de l’éducation des enfants. Pour les six suivants de la saison 1, elle a décidé avec son équipe de lancer une campagne de crowdfunding qui s’achève dans 46 jours.  Déjà 27% de l’objectif atteint soit 4170€. Pour contribuer, c’est par ici !
Grace Ly fait partie de celleux qui veulent montrer une autre image des Asiatiques en France,  reflétant tout simplement leur quotidien et s’éloignant ainsi des clichés établis par la société.
CREN1-Grace (c) Vanida Hoang
Grace Ly © Vanida Hoang

Pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Grace Ly, je tiens un blog qui s’appelle « La Petite Banane » où je parle de bonnes adresses de cantines et restaurants asiatiques mais aussi d’identité.

Pourquoi avoir appelé votre blog « La Petite Banane » ? Est-ce un nom qui a choqué certain.e.s ?

Bien sûr, on m’a déjà dit « mais pourquoi utiliser le mot ‘banane’ ? C’est raciste ! » Mais c’est le surnom que me donnait ma mère de façon affectueuse. Elle me disait jaune à l’extérieur et blanche à l’intérieur, du fait de ma double culture -mes parents ont quitté la guerre au Cambodge pour venir en France où je suis née. Ma mère voulait à tout prix que je m’intègre, elle croyait bien faire.

Quand avez-vous créé le blog ? Comment vous est venue l’idée ?

J’ai créé le blog il y a 7 ans. Il est né d’une colère, suite à une série de reportages télévisés qui pointaient du doigt les restaurants chinois pour leur mauvaise hygiène. On parlait d' »appartements raviolis ». Cela a contribué à leur faire une mauvaise réputation, ce que je trouve injuste. A cause d’une minorité, la majorité des restaurateurs sont stigmatisés. Quand on va manger dans un mauvais restaurant par exemple français, on dira « ça peut arriver », « je n’ai pas eu de chance ce coup-ci ». Alors que quand il s’agit d’un restaurant chinois, ce sera « je ne mangerai plus jamais ce type de cuisine, je vais encore tomber malade. » Je suis d’autant plus sensible à ça que mes parents sont eux-mêmes restaurateurs. J’ai également choisi de parler de cuisine car c’est le moyen le plus rapide d’accéder à la culture de mes parents.

Comment est née la websérie « Ça reste entre nous » ? Pourquoi ce nom ?

Le projet, que je réalise avec mon amie Irène Nam à la caméra, est inspiré des discussions que j’ai avec mes proches quand on se retrouve et qu’on échange autour d’un repas. L’idée, c’est de donner la parole à des asiatiques français.e.s, qui parlent de leurs expériences. Il y a un manque de visibilité à ce sujet. Ou alors, on nous limite à des stéréotypes (tou.te.s des restaurat.eur.ices, la minorité modèle etc). Dans cette websérie, on partage des choses personnelles, dont je ne peux, pour ma part, parler que dans un cadre intime. C’est de là que vient le nom « Ça reste entre nous ».

Pour le moment, vous avez réalisé trois épisodes : un sur les femmes, un autre sur les hommes et le dernier sur l’éducation des enfants. Comment avez-vous sélectionné les intervenant.e.s ? A-t-il été difficile de les convaincre de participer ?

Les intervenant.e.s sont des ami.e.s, pour des raisons pratiques ; c’était plus simple pour commencer. Iels  ont tou.te.s  accepté volontiers de participer sauf une femme, qui figure dans le dernier épisode, qui a failli ne pas le faire à la dernière minute. Encore une fois, on parle de choses intimes, elle avait peur de ce qu’aller en penser sa famille. Au final, elle a joué le jeu et m’a même dit que ça lui avait fait du bien.

CREN2-Steve (c) Camy Duong
Steve Tran © Camy Duong

Avez-vous montré le projet à vos parents ?

Ils ne comprennent pas les questionnements identitaires que je peux avoir. Pour mon père, je suis cambodgienne. Mes parents sont d’une autre génération. Ils se disent, après avoir fui la guerre, qu’ils sont bien contents que ce pays, la France, les a accueilli. Pour eux, je m’invente des problèmes à critiquer les clichés auxquels on est assimilé.e.s et je devrais juste dire merci d’avoir pu naître ici. J’aimerais donc finir certaines choses avant de leur montrer.

Avez-vous tenté de vendre ce concept pour l’adapter à la télévision ?

On a tenté de démarcher quelques chaînes mais elles sont frileuses…

Jugent-elles le programme « trop communautaire » ?

Oui, parce qu’un programme qui ne réunit QUE des asiatiques … Pourtant, quand on voit le public qui vient quand on organise des projections -comme la seconde qui a eu lieu en novembre au Musée de l’Histoire de l’Immigration– ou même l’audience sur les réseaux sociaux, on voit bien que le sujet ne parle pas qu’aux Asiatiques mais touche tout le monde. Ce sont des questions universelles qu’on aborde : l’amour,  la séduction, la confiance en soi, l’éducation des enfants …

Quelle est la suite du projet ?

Nous allons continuer « Ça reste entre nous » mais cette fois, j’aimerais beaucoup que ce soit des intervenant.e.s extérieur.e.s, des femmes et des hommes que je ne connais pas, qui y prennent part, en proposant des thèmes et en prenant la parole devant la caméra. Nous allons aussi lancer une campagne de crowdfunding car le programme a été réalisé sur nos fonds personnels jusqu’ici.

Vous pouvez retrouver Grace Ly sur la page Facebook La Petite Banane, sur la page Facebook Ça reste entre nous. Elle est également sur Twitter (@BananaGras).

(Crédits photo à la une : Camy Duong)

#Fraicheswomen2017 n°3 : Marina Wilson, dj et beatmakeuse

« Le meilleur, c’est quand des inconnus viennent me remercier de leur avoir fait passer un bon moment ; ma mission est accomplie ! »

Musique – Marina Wilson devient Cheetah quand elle est aux platines pour enjailler son monde. On est tellement fans de son oreille qu’on l’a invitée à mixer lors de notre émission spéciale Afropunk en juillet dernier et à #lafrorentree2017 qui aura lieu ce vendredi au Hasard Ludique. On lui avait même demandé de parler de sa nuit typique. Elle avait donc toute sa place dans notre liste de femmes afrofrançaises à suivre,  elle, la dj montante de la scène afroparisienne, qui est bien au fait des tendances musicales à Abidjan, à Johannesburg ou à Atlanta. En plus d’être un couteau-suisse avec une vraie vision, férue de digital (elle a d’ailleurs créé Creative Land, un site dédié où elle partage des découvertes numériques), à l’origine du webzine culture et lifestyle Black Square et tellement d’autres choses. En d’autres termes, elle ne blague pas.
Comment définissez-vous votre travail ?
Mon travail, je le définis comme étant nourri par ma polyvalence, que ce soit au niveau des morceaux que je choisis de mixer , de mes influences ou encore de mes centres d’intérêts divers et variés.
A-t-on essayé de vous décourager ou vous avez été au contraire encouragée, choyée, portée dans votre entreprise ?
Oui, on a souvent essayé de me décourager du fait de cette assignation -femme et noire- mais la personne qui m’a toujours encouragée à ne rien lâcher, c’est ma mère car elle-même était femme d’affaire donc anticonformiste.
Processed with VSCO with a6 preset
Crédits photo : Noellal
Quand vous êtes-vous sentie pleinement dj ? 
Je me suis pleinement sentie dj le 3 septembre dernier ! Je mixais pour un événement afro à Communion et à un moment donné, j’ai joué du Meiway, son classique 100% zoblazo ! Pour ceux qui connaissent le clip, une des références est de danser avec des mouchoirs … Lorsque j’ai vu les gens les sortir pour recréer la chorégraphie, c’était incroyable et aussi l’énergie globale qu’il y avait pendant mon set. Le meilleur, c’est quand des inconnus viennent me remercier de leur avoir fait passer un bon moment ; ma mission est accomplie!
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille sur l’organisation de la 3ème édition du Break The Beat, un battle de beatmakers que j’ai lancé le 2 septembre dernier.
Quelle est votre principale source d’inspiration ?
Ma mère 🙂