INTERVIEW – Adjani Salmon, créateur de « Dreaming Whilst Black » : « la spécificité fait l’universalité »

ENTRETIEN – Réalisateur jamaïcain âgé de 29 ans basé à Londres depuis cinq ans, Adjani Salmon dépeint avec sa websérie Dreaming Whilst Black le parcours de Kwabena Robinson, un jeune jamaïcain londonien qui tente de se faire sa place dans l’industrie du cinéma. Le soutien ou pas des proches, la procrastination, la page blanche, le difficile équilibre entre objectifs professionnels et vie personnelle, les problèmes financiers … Les grandes lignes de vie d’un.e créatif.ve y sont. Mais aussi le racisme et les discriminations dont on fait l’objet dans le milieu professionnel notamment quand on est issu.e d’une « minorité ». Adjani Salmon a répondu aux questions de L’Afro.

Vous avez réalisé votre première websérie, Blip online series, avec votre cousin quand vous viviez encore en Jamaïque. Que retenez-vous de cette expérience ?

C’était en 2011 et elle est encore en ligne mais elle est horrible ! (rires) il faut bien avoir en être que c’était la première fois que je réalisais du contenu. C’était bien par rapport à où j’en étais à l’époque. Je laisse mon travail sur internet pour que l’on voit mon évolution. Car beaucoup d’artistes n’assument pas ce qui a contribué à leur processus d’apprentissage et retirent leurs anciennes oeuvres pour laisser en ligne un premier film où on se dit « waouh ! c’est incroyable! » Mais j’ai évolué en tant qu’artiste. Je trouve que Blip était un concept marrant : on avait une idée le matin, on filmait le jour et on mettait l’épisode en ligne la nuit. C’est très différent de Dreaming Whilst Black. On retrouve le côté humoristique. On peut aussi déjà percevoir mon univers même si je ne maîtrisais pas encore la réalisation.

A l’âge de 14 ans, ma mère m’a offert une petite caméra avec laquelle on pouvait lire les vidéos à l’envers. On l’utilisait avec cette option avec mon cousin pour faire des films de karaté. La vie est ensuite devenue sérieuse et j’ai décidé de m’orienter professionnellement dans l’architecture que j’ai étudié en Angleterre. J’ai été diplômé à 21 ans. Quand mon cousin a fini ses études, il s’est acheté une caméra. Il était photographe et c’est là que j’ai compris qu’il était possible d’être artiste.

Comment vous est venue l’idée de la série Dreaming Whilst Black ?
Elle est le résultat d’une frustration. J’ai été diplômé d’une école de cinéma en février 2013. J’ai ensuite réalisé un court métrage, His Father’s son qui a été en compétition au sein de festivals à l’international qui permettent une nomination possible aux Oscar. Je pensais que ça suffirait. Mais ça ne change rien, ça ne rapporte pas d’argent. A l’époque, je regardais la websérie Awkward Black Girl d’Issa Rae. Un an plus tard, j’ai trouvé du travail dans la section artistique d’une grande entreprise dans l’industrie cinématographique. Puis, Cecile Emeke est arrivée sur Youtube avec sa websérie et Ackee & Saltfish. de Cecile Emeke. Je voyais ces personnes qui explosaient sur internet, qui parlaient directement à leur public et que les décideurs allaient chercher après les avoir repérées. J’ai donc décidé de tenter ma chance. Dès le début, je savais que je voulais faire une websérie. L’idée de DWB est en partie inspirée de Insecure, d’Atlanta et de Master of None, la série créée par Aziz Ansari, acteur Indien vivant à New-York sur un acteur indien vivant à New-York. Je ne pouvais pas tourner autre part qu’à Londres comme je n’avais pas d’argent, il fallait donc que mon personnage soit aussi à Londres. La stratégie était d’être le plus économe possible. Si Spielberg et vous deviez chacun.e faire un film dans votre maison, vous pourriez techniquement faire le même film. La différence sera le savoir-faire et bien sûr, les moyens puisque Spielberg a bien plus l’argent ! Une idée simple bien réalisée, c’est ce sur quoi on est parti. En termes financiers, je ne m’attendais pas à ce que ça coûte autant !

La plupart des séries britanniques avec un casting majoritairement noir parle surtout des noir.es mais ne met jamais en lumière les Blanc.hes et la question raciale de façon générale et ça change très lentement. Pour l’instant, il n’y a aucune série qui parle directement de racisme sans prendre de gants. Le plus souvent, quand ça arrive, il s’agit d’une série avec un « token », un personnage noir qui évolue seul dans un monde blanc. A Londres. Ce n’est pas réaliste! Traiter de racistes des personnes qui financent votre contenu, ça ne peut pas marcher ! Je suis indépendant et en tant que tel, je me suis dit que si je devais choisir un message à délivrer au monde, ce serait celui-là et que je le ferai avec autant de force que possible. C’est à prendre ou à laisser. Je me suis aussi dit qu’il y avait assez de noir.es en Angleterre, en Jamaïque et aux Etats-Unis qui pourraient au moins aimer la série. Mais il y a des gens qui disent que l’on a fait du racisme inversé.

On vous a dit ça ?

Pas directement mais une personne m’a fait remarquer une fois qu’il n’y avait aucun personnage blanc positif dans la série. Je lui ai répondu que c’était la vie ! (rires)

L’histoire est centrée sur l’expérience de Kwabena Robinson, un jeune réalisateur d’origine jamaïcaine et basée à Londres, comme vous. Mais la série aborde aussi la façon dont la société britannique traite les noir.es et les autres non-blanch.es. C’est le thème principal de l’épisode 2 « The Great British race off ». Pourriez-vous nous en dire plus ?

J’ai développé la série avec 4QuarterFilms (la société de production qu’il a co-fondé avec trois ex-camarades d’école de cinéma ndlr) et l’ai écrite avec mon ami Ali Hughes avec qui j’ai étudié dans la même école. Je voulais faire un épisode qui serait une métaphore de la recherche de travail car c’est ce qu’on passe le plus clair de notre temps à faire dans le monde du cinéma. On a réfléchi à la meilleure façon de mettre ça en scène. Ali a dit qu’il voulait le faire sous la forme d’une course. Là, on s’est tou.tes dit « c’est génial, faisons-le ! » Après, ça s’est compliqué. Au départ, on avait huit personnages mais le budget étant restreint, on en a gardé quatre. On a du se baser sur des statistiques prenant en compte la sexe et la race des réalisateur.ices qui ont réalisé un film en Angleterre de 1911 à nos jours; on ne pouvait pas affirmer des choses sans savoir de quoi on parlait précisément. Résultat : 94% des longs-métrages sont réalisés par des hommes blancs, 4% par des femmes blanches, 0,9% par des hommes noirs et asiatiques, 5 hommes noirs ont réalisé un long métrage et une femme indienne qui est Gurinder Chadha (Joue la pour Beckham, Coup de foudre à Bollywood). En sachant que les minorités représentent 11% de la population du pays et 40% de celle de Londres. Mais les minorités ne représentent que 8% de l’industrie à Londres. D’ailleurs, à chaque fois que je travaillais sur un tournage, j’étais le seul Noir.

Un autre sujet abordé dans DWB est la difficulté à gérer à la fois sa vie personnelle et sa carrière professionnelle. Est-ce quelque chose que vous avez vécu ?

Oui ! C’est en partie basée sur des faits personnels et Ali, qui a écrit avec moi chaque épisode, l’a vécu également. Mais ce qui nous importait surtout, c’était de raconter la relation de couple entre un créatif et une non-créative, la déconnexion qui s’opère entre les deux. C’était compliqué car on voulait que le personnage principal, Kwabena, soit un personnage noir non stéréotypé mais on devait lui trouver des défauts et on voulait éviter certains clichés du type dealer, pauvre, abusif … Finalement, Kwabena est un homme passif, qui a du mal à gérer son temps. Au fond, c’est un bon gars qui prend de mauvaises décisions.

Le casting de Dreaming Whilst Black (de gauche à droite Dani Moseley (Amy Akinsanya), Anyebe Godwin (Toby Oyasodun), Adjana Salmon (Kwabena Robinson), Tomisin Adepeju (Maurice Henry) et Vanessa Clarke (Vanessa Vanderpuye)

Comment avez-vous choisi vos acteur.ices ?

Les personnages principaux devaient être de vrai.es comédien.nes professionnel.les que ce soit pour le rôle de Vanessa, d’Amy, de l’oncle … sauf moi qui joue le rôle principal car nous n’avions pas le budget pour engager quelqu’un.
Presque tous les figurants sont des proches. Par exemple, la femme qui joue ma mère est la mère d’un ami. La dizaine de figurants de l’épisode 8, qui a été tourné en une prise, a accepté de participer gratuitement. On les a appelé et on leur a demandé s’ils étaient d’accord. Ils se sont vraiment donné et les acteur.ices ont même réduit leur salaire parce qu’iels croient au projet. Pareil pour mon amI qui nous aide avec les t-shirts et pulls portant le nom de la websérie ; je lui ai expliqué que je ne pouvais pas le payer, il m’a dit qu’il n’y avait pas de souci, qu’il me suffisait de le mentionner comme producteur, qu’il pense que la série va marcher.

Votre famille vous a-t-elle soutenu quand vous avez décidé de vous lancer dans une carrière de réalisateur ?

Pas du tout. L’épisode 4 « Family Dinners » est inspirée de ma famille. Il n’y a que ma mère qui me soutient dans l’ombre, en me prêtant mais elle se demande si j’ai pris la bonne décision. Elle ne m’a tout de même jamais dit d’arrêter. Son plus grand souci, c’est que je sois indépendant et que j’ai une situation stable. Elle sait bien que le milieu que dans lequel j’ai choisi de travailler ne permet pas de stabilité.

Vous avez expliqué dans une interview publiée en mars dernier sur le site Jamaica Gleaner que pour financer le projet, vous avez utilisé vos fonds propres puis utiliser l’argent de l’hypothèque de votre mère.

En poste dans cette grande entreprise de cinéma, j’ai pu facilement économiser de l’argent, je ne payais pas de loyer, je mangeais sur les plateaux de tournage … Pour les deux premiers épisodes de DWB, j’ai utilisé cet argent. Il a vite été dépensé ! Avec l’équipe, on s’est demandé comment on allait faire. On s’est dit qu’il fallait continuer puisqu’on était lancé. Ma mère économisait pour acheter une maison. Je lui ai demandé si elle pouvait m’en prêter à plusieurs reprises. Il me semble que les deux premières fois, je lui ai remboursé assez rapidement. Elle m’a demandé si je pensais que le projet marcherait. Je lui ai expliqué que le projet marcherait, que rien de tel n’avait encore été en Grande Bretagne et que je lui rendrai son argent avec intérêt. J’ai toujours cru en ce projet. Ma mère m’a aussi demandé combien de réalisateur.ices noir.es s’en sortaient. Je lui ai expliqué que 5% de diplômés d’école de cinéma réalisaient un long métrage mais qu’en ce qui concerne les noir.es, le nombre est tellement bas qu’on ne peut pas en faire un pourcentage. Elle m’a ensuite demandé pourquoi je pensais le suivant ? Je lui ai répondu que je ne savais pas mais que je croyais vraiment pouvoir y arriver.

Pouvez-vous nous en dire plus sur 4quarterfilms, la société de production que vous avez co-fondé ?

La majorité de l’équipe est composé d’ancien.nes camarades de l’école de cinéma qui sont réalisateur.ices. Chacun.e tentait de s’en sortir de son côté avant qu’on ne décide de travailler ensemble et de créer notre boîte de production. Quand j’ai voulu faire DWB, j’ai appelé Ali Hughes pour m’aider à écrire car je connais mes compétences et celles que je peux améliorer. L’écriture n’est pas naturelle pour moi alors qu’Ali est bon dans ce domaine. Il a accepté ce qui m’a paru étrange car c’est le mec le plus blanc que je connaisse (rires).

C’est-à-dire ?

Je suis allé le voir à Oxfordshire où il a grandi (situé dans le sud-est de l’Angleterre ndlr), j’étais le seul noir du coin et les enfants me fixaient. Un jour, j’ai trouvé Ali en train de lire Why I’m no longer talking to White people about race
(traduit en français par Le racisme est un problème de Blancs) de Reni Eddo-Lodge et je lui ai demandé pourquoi il lisait ce livre. Ce à quoi il m’a répondu qu’il écrivait une série sur les Noir.es. Il comprend ces choses-là. Il y a aussi Natasha qui est une femme asiatique et qui a tenu à réaliser l’épisode 2 car elle se sentait proche de l’histoire.

L’équipe de 4quarterFilms (de gauche à droite : Adjani Salmon, Laura Leixas, Natasha Jatania et Maximilian Evans)

La websérie DWB est-elle destinée à une audience en particulier ?
Je crois au pouvoir de la niche ; il faut qu’une personne en particulier soit atteinte avant que tout le monde puisse l’être. Je dirais donc que le programme est destiné en premier lieu aux créatif.ves issu.es des minorités, aux minorités en second lieu et enfin aux créatif.ves en général. Je n’ai jamais été en Italie mais j’adore les films de Sorrentino, j’arrive à m’identifier à ce qu’il raconte. La spécificité d’un lieu est ce qui le rend universel car il est question de problématiques auxquelles tout le monde peut être confronté.

Un conseil pour celleux qui souhaiteraient se lancer dans la réalisation ?
N’attendez pas que quelqu’un vous valide, faites vos propres contenus. Ce qui est encore très important pour moi aujourd’hui est de continuer à apprendre, tout le temps. Quand j’étudiais le cinéma,
Chung-hoon Chung, le directeur de la photographie du film Old Boy est venu faire une masterclass durant laquelle il a dit une chose essentielle : « faire du cinéma, c’est parler de la vie. N’étudiez pas le cinéma, étudiez donc la vie ». Il faut étudier la psychologie, lire comprendre ce qu’est le marketing, le story telling …

Une dernière chose : faites avec ce que vous avez, utilisez toutes les ressources dont vous disposez au maximum. Par exemple, si vous n’avez personne pour prendre le son, faites un film muet ! Si vous n’avez qu’une maison de disponible, faites en sorte d’adapter votre film à cette contrainte. C’est ce qu’on a fait avec Dreaming Whilst Black.

Quels sont les projets futurs ?
Avec 4QuarterFilms, on prépare la saison 2 de DWB en format télé. Nous avons déjà rencontré cinq sociétés britanniques mais rien n’a encore été signé.
Nous voulons prouver que nous pouvons faire en sorte que ça marche. Nous avons obtenu 15 nominations officielles et 9 prix à des festivals. On travaille aussi sur d’autres concepts de webséries et sur deux longs métrages ; un dont le tournage est prévu en mai et sera réalisé par Natasha et le deuxième sera réalisé par Laura et sera tourné entre le Portugal et le Brésil avant la fin de 2019. Enfin, on a un projet de court métrage.

Un mot de la fin ?

On aimerait pouvoir prendre plus le temps dans la saison 2 de développer davantage les personnages et continuer à faire du contenu qui apporte un récit différent de ce qu’on voit habituellement dans les médias britanniques concernant les minorités. On souhaite que DWB inspire d’autres personnes à faire de même. Et cette seconde saison prend une toute autre direction que la première …

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RECAP – 2019, on arrive! et on aimerait …

BILAN – 2018, une année bien riche. Entre polémiques et belles réalisations. On revient dessus et on partage aussi nos voeux pieux pour les prochains 365 jours de l’année à venir.

En mai 2018, nous avons eu la chance d’organiser notre premier festival, Fraîches Women. On commençait 2018 justement en vous l’annonçant. Il a pu être un véritable succès et ce grâce à vous ! Merci encore énormément pour ça !

Ce qu’on ne veut plus voir/entendre/lire

– on pense fort à ces rédactions qui se revendiquaient modernes, auprès desquelles on attendait notamment de la « diversité » et qui nous ont livré des photos de famille assez … monochromes ! Comme ici.

– on déplore l’utilisation de photoshop pour faire croire à de la diversité dans une école d’art française voulant s’implanter aux Etats-Unis ! Posons-nous peut-être la question du pourquoi du comment de la blanchité des écoles, non ? 


– on ne veut plus voir de « niggerfishing » ou cette tendance chez certaines instagrameuses à se faire passer pour des noires à coup d’autobronzant et de contouring, une autre forme de blackface bien expliquée ici 

En 2019, on dit bye bye au niggerfishing ?
Source photo : madame.suavelos.eu

– qu’on arrête de faire figurines ratées à l’effigie de l’acteur britannique Idris Elba pour les vendre presque 1000 euros l’unité

-qu’on n’écorche plus les noms d’origines africaines, à l’instar de ceux de certains joueurs de l’équipe de France de football -qui ont rapporté la coupe mondial en juillet dernier !- comme Ngolo Kanté et de Kylian Mbappé et  -notre confrère Cyril Lemba avait déjà donné des tips de prononciations à ce sujet ici et . On vous promet, ce n’est pas compliqué 😉 !

– qu’on respecte enfin l’artiste Aya Nakamura, critiquée tantôt pour avoir posté une photo d’elle sans maquillage tantôt pour utiliser des mots incompréhensibles pour le commun des mortel.le.s français.es dans ses chansons. On n’oublie pas non plus quand son nom -de scène- a été remixé deux fois lors des NRJ Music Awards en novembre dernier. Dur d’être une femme noire dans l’industrie musicale! On rappelle que son album Nakamura a été récemment certifié disque de diamant

Aya Nakamura dans « Djadja »

-et si on arrêtait avec des noms d’entreprise douteux type « Anti Black » ou des tentatives de réédition de la bande dessinée des aventures de « Bamboula » ? Et les représentants une fois interpellés, qui ne comprennent pas où est le souci … #lagrandefatigue   

-que Rachel Dolezal euh Nkechi Diallo pardon cesse de se faire de l’argent sur une vraie cause, on l’a revu à l’oeuvre suite à la polémique H&M en janvier dernier

-qu’on soit d’accord avec elles ou pas, pas possible de tolérer les insultes racistes auxquelles les personnalités publiques n’échappent pas, que ce soit en France avec Rokhaya Diallo et Hapsatou Sy ou en Belgique avec l’humoriste et présentatrice météo Cécile Djunga

qu’il n’y ait plus de non assistance en personne en danger comme ce fut le cas pour Naomi Musenga dont l’appel d’urgence n’a pas été pris au sérieux par le SAMU. La fin de la croyance d’un prétendu syndrome méditerranéen, c’est possible ?

-arrêter de culpabiliser les femmes africaines et leurs ventres, comme des responsables politiques l’ont fait et comme c’est le cas dans un article de presse datant du mois de septembre (!)

-que les cas de violences policières soient plus souvent-tout le temps!-punies. Dans un cas rare, la justice américaine a déclaré coupable de meurtre en août dernier le policier qui a tué par balle Jordan Edwards, adolescent âgé de 15 ans, à Balch Springs (Texas) alors qu’il rentrait en voiture d’une fête avec son frère et des amis, assis côté passager. … On pense notamment à la famille d’Adama Traoré,-dont la soeur, Assa, qui a accepté de parler de son combat pour la vérité lors de la première édition du Fraîches Women festival– à celle de Lamine Dieng et à bien d’autres.  On rêve même de la fin de ces violences …

-on n’oublie pas la communauté LGBT afrodescendant.es prise pour cible. Une pensée pour Kerrice Lewis, et les femmes transgenres racisées le plus souvent, victimes de crimes haineux qui ont été tuées cette année 2018

Ce qu’on est contentes de voir et ce qu’on attend avec impatience et qu’on espère voir

-le beau parcours qui se poursuit pour le documentaire Ouvrir La voix réalisé par Amandine Gay ; entre des prix reçus en festival,-le dernier en date ici– sa sortie en DVD et sa diffusion prochaine à la télévision, notamment sur TV5 Monde, Canal+ où il est déjà dispo en VOD et la chaîne belge BeTV. On attend également avec impatience son second documentaire qui portera sur l’adoption. Elle a par ailleurs lancé le mois des adopté.es en novembre dernier, une excellente initiative pour donner la parole aux adopté.es en France, en Suisse et au Québec.

– on souhaite une belle trajectoire au projet de compilation de musiques francophones de luttes, intitulée Par les damné.e.s de la terre, des voix de luttes 1969-1988 mis en place par Rocé et dont nous avons eu le grand honneur de co-organiser la release party en octobre dernier avec le label Hors Cadres

– on salue l’initiative de la femme qui se cache derrière Ovocytemoi-où elle parle surtout d’infertilité chez les femmes africaines- et de l’association Afrique Avenir qui ont organisé un événement autour de la santé sexuelle et reproductive des femmes noires en novembre dernier à Paris

le retour de Missy Elliott et Timbaland ; on a envie d’y croire cette fois !

-Hâte de découvrir le projet documentaire sur lequel l’actrice Aïssa Maïga travaille autour de la vie de son père, Mohamed Maïga, journaliste sénégalais engagé et proche de Thomas Sankara, assassiné en 1988

-on a hâte de voir des adaptations cinéma de livres marquants. De Petit pays écrit par l’artiste Gaël Faye, à Born a Crime : Stories from a South African childhood sur l’enfance sous le régime de l’apartheid en Afrique du sud de Trevor Noah avec Lupita Nyongo dans le rôle de sa mère en passant par la fiction Americanah écrite par la nigériane Chimamanda Ngozi Adichie avec, une fois de plus au casting, l’actrice kenyane cette fois épaulée de son amie et consoeur Danai Gurira

-vivement février 2019 pour la sortie du livre pour enfants Djibril: un jour de pluie, premier de la série Les aventures de Djibril à l’initiative de Makamoussou Traoré plus connue en tant que DJ Miss Mak. Elle a lancé une campagne de crowdfunding qui s’est achevé en atteignant 126% de son objectif ! Un projet important car les petits garçons noirs aussi souffrent du manque de représentation dans la littérature en France

– plus de nouveaux podcasts inclusifs en France comme Kiffe ta race animé par Rokhaya Diallo et Grace Ly ou Miroir Miroir hosté par la journaliste Jennifer Padjemi

– que Serena Williams continue d’être incroyable malgré les attaques en tout genre

-qu’on comprenne qu’il y a bien des librairies au Nigeria et pas que Boko Haram contrairement à ce que la journaliste Caroline Broué a pu adresser à Chimamanda Ngozi Adichie en interview au Quai d’Orsay le 25 janvier pour la Nuit des Idées.

-on place nos billes pour les Grammys 2019. On ne se remet pas du non sacre de SZA l’an dernier malgré ses nominations mais on a envie d’y croire pour H.E.R nominée quatre fois notamment dans les catégories nouvelle meilleure artiste et album de l’année

CINEMA – Cinq temps forts à ne pas manquer au FIFDA 2018

SEPTIEME ART – Le Festival International des Films de la Diaspora Africaine revient à Paris pour sa huitième édition. Au programme, une douzaine de projections de fictions et de documentaires, de France, des Etats-Unis ou du Cameroun sans oublier des tables rondes. Le tout démarre dès ce vendredi 7 septembre au cinéma CGR Paris Lilas. L’Afro vous propose sa sélection de moments à ne rater sous aucun prétexte.

(Re)voir Le Rêve Français 

Réalisé par Christian Faure, Le Rêve Français avait été diffusé sur France Télévisions en mars dernier. Avec Yann Gael et Aïssa Maïga dans les rôles principaux de ce téléfilm en deux parties qui évoque les révoltes de mai 67 en Guadeloupe violemment réprimées par l’Etat Français, le BUMIDOM, les désillusions qui ont suivi, traversant les décennies jusqu’aux années 2000.

La projection sera suivie d’un débat avec notamment la productrice France Zobda et l’actrice Firmine Richard.

Où ? Cinéma Saint-André des Arts, 30 rue Saint-André des Arts, 75006 Paris

Quand ? Samedi 8 septembre à 14h

Découvrir Minga et la cuillère cassée, premier film d’animation 100% camerounais

Le festival est family friendly ; vous pourrez donc vous y rendre avec vos enfants, nièces, neveux, cousin.e.s, petit.es sœurs et frères pour regarder Minga et la cuillère cassée, premier long métrage d’animation réalisé au Cameroun par un enfant du pays, le réalisateur Claye Edou. Inspiré du conte populaire La cuillère cassée, le film raconte l’histoire de Minga, orpheline, chassée de la maison familiale par sa belle-mère pour avoir cassé une cuillère. Sur son chemin, elle fera toute sorte de rencontres, le tout sur fond de chant et de musique.

Où ? Cinéma Saint-André des Arts, 30 rue Saint-André des Arts, 75006 Paris

Quand ? Dimanche 9 septembre à 14h

Echanger autour de Noire n’est pas mon métier 

La question de la place des comédiennes noires en France est un sujet prégnant depuis de nombreuses années. L’actrice Aïssa Maïga, a d’ailleurs décidé de diriger un ouvrage à ce sujet dans lequel elle s’exprime, ainsi que 15 autres comédiennes, paru en mai dernier. Trois des autrices seront présentes pour échanger avec le public : Firmine Richard, Mata Gabin et Sabine Pakora

Rendre hommage à Lorraine Hansberry avec le documentaire Sighting eyes/Feeling heart

Réalisée par l’américaine Tracy Heather Strain, professeure de cinéma, qui a remporté des prix pour son travail avec près de 30 ans de carrière au compteur, le film retrace la vie de la dramaturge Lorraine Hansberry. Connue avant tout pour sa pièce Un raison au soleil, elle était aussi une militante pour les droits civiques, décédée en 1965 à l’âge de 34 ans. Une exclu européenne.

Où ? Cinéma Saint-André des Arts, 30 rue Saint-André des Arts, 75006 Paris

Quand ? Samedi 8 septembre à 20h30

Célébrer Jocelyne Béroard avec Jocelyne, Mi Tche Mwen de 

Le documentaire signé Maharaki sur la vie de la chanteuse et comédienne Jocelyne Béroard sera diffusée en clôture du festival … en sa présence ! Oui, la figure emblématique du groupe Kassav, instigateur du zouk, sera bien là pour la première parisienne. Comment rater ça …

Où ? Cinéma 7 Parnassiens, 98 boulevard de Montparnasse, 75014 Paris

Quand ? Dimanche 9 septembre à 20h15

Pour découvrir le reste du programme et réserver vos billets :

 le site internet du FIFDA

 la page Facebook du festival

INTERVIEW – La journaliste Claire Diao, promotrice de cinémas africains et indépendants, se raconte en films

ENTRETIEN- Vous l’avez peut-être vu dans l’émission Le Cercle sur Canal + ou sur TV5 Monde dans le Journal Afrique avec sa chronique cinéma. Vous l’aurez compris, Claire Diao est une journaliste cinéphile. Elle lance d’ailleurs ce vendredi soir à 20h au Ciné 104 de Pantin le coup d’envoi de la saison 5 de Quartiers Lointains, le cycle de courts métrages entre l’hémisphère nord et le sud qui revient cette fois avec quatre productions françaises. Cette cinquième édition, qui a pour thème « l’image de soi », est parrainé par le comédien et réalisateur Lucien Jean Baptiste. L’Afro, partenaire de l’événement, a proposé à la journaliste de se plier à l’intense exercice des humeurs cinématographiques.

Elle se souvient encore de son tout premier article, en 2002, paru dans la revue du Festival du court-métrage de Villeurbanne. Sept ans plus tard, Claire Diao se lance pleinement dans le journalisme et écrit pour Courrier International, le Bondy Blog ou encore So Film. Mais la franco-burkinabè a d’autres ambitions : contribuer à une meilleure diffusion des cinémas africains et français moins privilégiés. C’est ainsi que naît Quartiers Lointains en 2013 ; une sélection de courts métrages où, d’une année à l’autre, sont présentés tantôt des productions africaines tantôt des films français, tous bien différents mais réunis autour d’un thème. Cette année, il s’agit de quatre réalisations françaises mettant en scène l’ « image de soi », avec notamment Le bleu blanc rouge de mes cheveux de Josza Anjembe.

Quartiers Lointains saison 5

Mais Claire Diao, ne s’arrête pas là puisqu’en 2015, elle co-fonde Awotele, revue de critiques de cinéma panafricain, dont le quatrième numéro a été financé par une campagne de crowdfunding. L’année suivante, elle monte Sudu Connexion, société de distribution de films d’Afrique & Diaspora. Elle publie ensuite en 2017 son premier livre Double Vague, la nouvelle vague du cinéma français où elle parle de cette génération de cinéastes français.e.s aux doubles cultures, ayant grandi en province, en banlieue ou dans des quartiers populaires, loin du monde bourgeois et parisien du septième art en hexagone.

Les humeurs cinématographiques de Claire Diao se trouvent à la croisée de tous ces univers, éclectiques.

Le film qui t’a fait tomber amoureuse du cinéma et donner envie de t’y dédier

J’ai toujours aimé le cinéma donc je ne pense pas qu’il y ait un film plus qu’un autre qui m’ait fait tomber « en amour ». Le cinéma a toujours été un échappatoire pour vivre d’autres vies, découvrir d’autres mondes, ressentir des émotions… En revanche, je me souviens précisément que c’est en 2005, à l’occasion d’une projection du film Le pianiste de Roman Polanski au Centre Culturel Français Georges Méliès de Ouagadougou devant 400 lycéens burkinabè, que j’ai eu la révélation de vouloir transmettre le cinéma.

Le film que tu ne te lasses pas de regarder

Étonnamment, je n’aime pas regarder mille fois un film car j’ai souvent mille films à regarder ! Certainement les films de Quartiers Lointains que j’accompagne durant une année ? J’ai beau les voir et les revoir, je découvre toujours une nouvelle séquence, une nouvelle tirade, un nouveau plan qui m’avait échappé.

Le film qui te bouleverse

Récemment, le documentaire Maman Colonelle de Dieudo Hamadi. Pour la ténacité de cette femme gendarme qui tente de réhabiliter des femmes violées, élève plusieurs enfants adoptés, affronte les critiques de la population et fait bouger les lignes d’une République Démocratique du Congo déchirée depuis tant d’années.

Le film qui t’a appris des choses

J’apprends tout le temps et énormément à travers le cinéma. Mais s’il ne faut en citer qu’un, ce serait sans hésiter La bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo, l’une des plus belles reconstitutions cinématographiques sur la guerre d’Algérie, la colonisation française et la révolte d’un peuple en quête d’indépendance.

Le film que tu es particulièrement fière d’avoir fait découvrir au public

Vers la tendresse d’Alice Diop, dans la 3e saison de Quartiers Lointains. Un documentaire d’utilité publique qui met des mots sur des maux que beaucoup de gens connaissent mais dont très peu parlent. Son César a été un immense plaisir car il a permis de révéler un travail d’orfèvre qu’elle mène depuis des années.

LE film classique

La Noire de... de Sembène Ousmane. Pour son propos politique, son approche esthétique et parce qu’il offre un premier grand rôle à une actrice sénégalaise, Thérèse M’Bissine Diop, qui n’a même pas été payée. Voir et revoir ce film, c’est se rappeler qu’il était possible, dans les années 60, de s’élever contre l’ancien colonisateur avec ses armes culturelles et d’être respecté des deux côtés de la Méditerranée.

Le film qui te fait rire

Pee-Wee Big Adventure de Tim Burton, un régal d’humour décalé et de situations rocambolesques (spéciale dédicace à mon beau-frère qui le déteste 😉 ! )

Le film que tu ne peux pas/plus voir

Requiem for a dream de Darren Arronofsky qui a pendant longtemps été mon film préféré. Il m’a tellement secouée que je n’ai pas besoin de le revoir. C’était la première fois, en sortant d’une salle, que je ressentais le besoin de me mettre au soleil pour revenir à la réalité. Il m’a littéralement hantée.

Le film qui symbolise le mieux le Burkina Faso

Buud Yam de Gaston Kaboré, une épopée à travers la variété des paysages burkinabè et la pluralité des peuples qui l’habitent. C’est le deuxième volet d’un diptyque (Wend Kuuni en 1983 puis Buud Yam en 1997) tourné avec les mêmes acteurs. Un grand film qui m’a révélé en images la beauté d’un pays que mon père m’a transmis par les mots.

Le film qui symbolise le mieux la France

Les 400 coups de François Truffaut. Parce qu’il nous parle de la France de la débrouille, celle d’un autre temps, en noir et blanc, où Antoine Doisnel parle comme un adulte, fait l’école buissonnière et se débrouille sans ses parents. Les vieux films français ont souvent été pour moi un moyen d’imaginer la France de mes grands-parents.

Ton dernier coup de coeur

Get Out de Jordan Peele m’a tout à la fois effrayée, amusée, épatée. Beaucoup de sentiments à la fois. J’étais scotchée.

(Crédits photo : Yoann Corthésy/FIFF)

[SPOILERS ALERT] #ACHAUD Le film « Black Panther » est-il aussi flamboyant qu’annoncé ?

SPOILERS ALERT – Depuis des mois, on en a vu des bandes-annonces et des images de ce Black Panther, mettant en scène le premier super héros noir issu de la famille Marvel. Le temps de bien apercevoir le casting canon, composé notamment de Lupita Nyong’o –12 years a slave, Star Wars-, Chadwick Boseman –Get on Up…-, Angela Bassett –What’s love got to do with it ?, Exhale, etc- ou encore Michael B. Jordan –Fruitvale Station, Creed…- les décors et des costumes à couper le souffle, une histoire qui se déroule entre l’Amérique et l’Afrique en rendant hommage à ce continent, avec ingénuosité. On a vu le film et on vous dit -dans les grandes lignes- ce qu’on en a pensé.
Black Panther, c’est l’histoire du premier super-héros noir chez Marvel, T’Challa, qui, après la mort de son père devient roi du Wakanda, un pays pacifiste et riche, situé en Afrique. Ce dernier possède des technologies uniques au monde et des ressources rares. Parmi lesquelles, le vibranium, extrêmement convoité -toute ressemblance avec des faits réels sera fortuite 😉 -. Le jeune monarque se retrouve face à une tâche délicate : protéger son peuple d’ennemis cupides.

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T’Challa joué par Chadwick Boseman / The Walt Disney Company France

 

 

 

Un vrai divertissement
Loin d’être des inconditionnelles des histoires de super-héros -les ressorts dans les histoires en général étant souvent les mêmes finissent par nous ennuyer-, on a été diverties du début jusqu’à la fin. Le film est très bien rythmé , le jeu de l’ensemble des act.eur.rice.s est expressif. On est passé par toutes les émotions… Bref, on s’est laissé transporter. Sans oublier l’esthétique au top ; des effets spéciaux, aux costumes, en passant par les décors et la flamboyance du casting afrodescendant – venu des quatre coins de l’Europe et des Etats-Unis, saurez-vous d’ailleurs reconnaître Isaach de Bankolé ?-… Ca fait du bien ! Même si les superhéro.ine.s, ce n’est pas votre truc, vous allez obligatoirement être pris.e.s au piège.
De l’importance des femmes

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Danai Gurira, Lupita Nyong’o, Florence Kasumba -Walt Disney / Marvel

 

 

Que ce soit Nakia -interprétée par Lupita Nyong’o-, Okoye -jouée par Danai Gurira- ou Shuri -personnage dans lequel s’est glissée Letitia Wright-, les personnages féminins sont bien écrits et développés. Les femmes sont des personnages-clés : elles apportent les solutions. C’est par exemple Nakia qui a le -bon- réflexe de taper à la bonne porte lorsque son amour T’Challa est laissé pour mort au cours d’un duel avec son cousin américain. C’est Okoye, meilleure guerrière du pays au service du roi, qui poussera son mari W’kabi -interprété par Daniel Kaluuya- à l’âme vengeresse à rendre les armes ou encore Shuri la soeur du monarque qui permettra, grâce à ses innovations technologiques, de sauver des vies et le royaume en question. Tout cela en étant cool, stylées, déterminées, touchantes et sacrément efficaces.

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Letitia Wright joue Shuri / Marvel Studios 2018

 

 

Accents et sons afro
On a un peu tiqué en entendant une petite partie de la bande-son, mélange de tam tam et de voix un rien cliché. On a dû s’habituer aux accents « wakandais  » des comédien.ne.s américain.e.s. Pourquoi ne pas avoir laissé le cast parler avec leur accent habituel plutôt que de forcer le trait ? Le cinéma est un monde d’imaginaire et le décor est bien planté – dans un pays africain, c’est assez clair-, on aurait donc pu comprendre de toutes les façons, non ?
Diaspora

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T’challa (de dos) affrontera bientôt Erik Killmonger / Marvel Studios 2018

 

 

La dualité entre T’Challa, enfant du pays, héritier logique du trône, et Erik Killmonger, joué par Michael B. Jordan, le cousin américain privé de son père durant son enfance par son oncle et abandonné, cristallise une vision : celle des rapports, complexes, que l’on peut entretenir avec un endroit où nos ascendant.e.s sont né.e.s. Le différend des deux personnages -outre le fait de pointer que l’ennemi vient souvent de l’intérieur- repose sur les sentiments de celui qui a connu, est né, a grandi, a quitté, est revenu sur la terre où sont nés ces parents -T’Challa- et de celui qui ne la connait pas, l’a fantasmé et rêve de la conquérir -Erik-. Le premier a la mission de ne pas galvauder ses traditions tout en accueillant l’autre alors qu’accepter cette identité hybride est un combat difficile pour le deuxième semble nous dire le film.
Erik Killmonger reçoit le coup fatal porté par T’Challa et demande à ce que son corps soit jeté dans la mer pour rejoindre ses ancêtres. Ce geste rappelle comment ils se jetaient des bateaux après avoir été capturés pour être mis en esclavage et préféraient mourir plutôt que de vivre enchaînés. Belle façon d’évoquer cette partie de l’histoire des afro-américain.e.s. Ou on ne peut voir dans tout cela que de belles bagarres, de belles paroles coincées dans le beau décor de Marvel qui fera date.
Nous divertir, nous faire réfléchir ; Black Panther a -plus que- fait le boulot.