DÉBAT- À la rencontre de NOFI, Africa 24, Blackbeautybag et d’autres le 22 avril… VENEZ NOMBREUX.SE.S #mediasafrotalk

Les medias afro, intriguent, posent un certain nombre de questions. Pour notre septième débat, nous souhaitons donner la parole, aux chercheur.se.s, blogueuses, journalistes et autres acteur.ices de ces plateformes, magazines à la veille des élections présidentielles, oui, il faut qu’on parle !

Rendez-vous le samedi 22 avril à la Librairie des Orgues dans le 19ème arrondissement de Paris pour notre #mediasafrotalk

Pour prendre une place, cliquez ici >> bit.ly/2oF54OZ << PLACES LIMITÉES

Tarifs :

7€ :  boisson incluse (soft, bière, vin)

5,50€ : boisson incluse tarif réduit sur justificatif (précaires, étudiant.e.s, chômeur.se.s)

12€ : offre duo valable pour deux personnes, 2 boissons incluses

Déroulé de la soirée

19h : Qu’est-ce que les médias afro ? Quel est l’intérêt de leur existence en 2017 ? Et vous, lecteur.ices, que cherchez-vous quand vous en lisez ?

Avec Hortense Assaga (Africa 24), Sarah Kouaka (Noir et Fier)

20h : pause

20h15 : Féminin “ethnique”, news “noires”… Comment les médias afro, lancé parfois par des non professionels, font évoluer la société… ou pas

avec Danielle Ahanda (Afrosomething),  Régis Mutombo Katalayi (Negro News), Pierre-Désiré Cras (Les Docs Afro)

21h15: Les blogs, nouveaux médias à part entière ? On les dit plus libres que les médias traditionnels, ou, dans d’autres cas, trop proches des marques. Qu’en est-il vraiment ?

Avec Fatou N’Diaye ( Black Beauty Bag), Mariam NDour (Djiguene)

Nos invités 

Sarah Kouaka
Sarah Kouaka, rédactrice en chef de NOFI
Hortense Assaga
Hortense Assaga, journaliste chez Africa 24, fondatrice du magazine Cité Black
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Danielle Ahanda, fondatrice du site Afrosomething et créatrice du blog BestofD
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Pierre Désiré Cras, co-fondateur du site Les Docs Afros
Regis Negronews
Regis Mutombo Katalayi, responsable de NegroNews
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Fatou N’Diaye, fondatrice du blog Blackbeautybag (© Yves Saint Laurent)
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Mariam Ndour, fondatrice du blog Djiguene
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RECIT – Le magazine Cité Black racontée par sa fondatrice, Hortense Assaga

RENCONTRE –  L’Afro a eu la chance d’interviewer Hortense Assaga, fondatrice de feu Cité Black. Aujourd’hui sur Africa 24, la journaliste souriante et dynamique, revient sur cette aventure éditoriale, pionnière sur le web.

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C’était bien avant L’Afro mais les problématiques sont les mêmes. Hortense Assaga, journaliste télé sur  Africa 24, crée en 2000 le magazine Cité Black qui n’existe plus aujourd’hui. Toujours avec le sourire et une pointe de nostalgie, cette éternelle optimiste a accepté de revenir sur ses années en tant que fondatrice et rédactrice en chef du magazine historique disponible à la BNF.


 » Il coûtait 2 euros puis 2,30 euros, le mensuel Cité Black. Quand je me suis lancée, toute seule, en 2000, les gens me prenaient pour une folle. Il a fallu prouver que le projet était viable, nécessaire. Puis, mon entourage m’a suivi. A l’apogée du magazine, nous étions cinq. J’étais à la fois rédac chef, DAF, journaliste et rédactrice d’un peu toutes les rubriques, ce qui est très formateur. Quand je repense à ce travail, je me dis : « Quelle jeunesse ! Quelle énergie » !

Le nom Cité Black signifie Les Noirs dans la cité. La cité, non pas dans le sens péjoratif qu’il peut avoir aujourd’hui, mais dans le sens de société, ce sont les Noirs citoyens. Et puis, c’était international, puisque le magazine se vendait au Canada et aux Etats-Unis. J’ai eu l’honneur de présenter mon magazine à Aimé Césaire qui m’a dit quelque chose qui résume assez bien l’esprit du magazine : « Les Blacks d’aujourd’hui sont les nègres d’hier ».

Le magazine s’est lancé en 1999, d’abord sur le web, alors balbutiant, que j’avais découvert chez des ami.e.s à San Francisco. C’était le moyen le plus viable économiquement, à l’époque. Le mensuel s’adressait aux hommes et aux femmes de la diaspora. Il était le produit de ce que je suis, c’est-à-dire une parisienne et une africaine qui voulait se reconnaître dans ce qu’elle lisait.

Avant sa création, je n’avais pas trouvé de média dans lequel je puisse m’identifier sur des problématiques esthétiques et encore moins capillaires ! Je me souviens qu’adolescente, à Londres, j’ai vu des journalistes noir.e.s présenter le journal TV ; je me suis dit que je serai journaliste et monterai mon média en France où on y verrait des Noir.e.s.

Le plus difficile a été de financer le magazine. Pour faire un numéro, -il y en a eu 77-, ça coûtait 13 000€ ! On a donc fait appel à des annonceurs mais j’ai une éthique : le mot d’ordre c’était hors de question d’accepter des pubs de crèmes éclaircissantes et de produits défrisants ! Alors j’ai fait appel aux grandes marques mais à une condition : qu’elles fassent des pubs spécialement pour le mag avec des modèles noirs. Garnier, L’Oréal et d’autres l’ont fait. L’argent, le nerf de la guerre, est la raison pour laquelle j’ai du tout arrêter en 2008.

Quand je me replonge dans les pages du magazine, j’ai plein de souvenirs qui me reviennent. On a interviewé pas mal de personnalités noires avant qu’elles explosent : Omar Sy, Patson, Fabrice Eboué, Harry Roselmack …  Je me dis que finalement les choses ont très peu changé depuis ; on voit toujours les mêmes personnes et on a tendance à oublier ce qui a été fait avant et à toujours repartir de zéro.

On a aussi eu Josiane Balasko et Jérôme Savary, qui nous aimait beaucoup. On n’était pas sectaire et on parlait de toutes sortes de sujets comme la Marche des fiertés en 2006. Tout le monde pouvait s’y retrouver dans le magazine. D’ailleurs, parmi les abonné.e.s, on avait beaucoup de Blanch.e.s.

Remettre sur pied un tel projet aujourd’hui, c’est possible mais le problème sera toujours le même : l’argent. A celles et ceux qui veulent se lancer, je dis : soyez prescripteur.ice.s ! Et bien entouré.e.s.

Si c’était à refaire, je le referai. C’était une goutte d’eau mais avec elles, on fait des rivières. Une petite pierre à l’édifice que l’on peut consulter à la BNF. »