#CROWDFUNDING – Sortie de l’album « Afro-Cotempo » de l’artiste Kiki Diallo … sélection de projets à soutenir et déjà soutenus

#CROWDFUNDING – C’est comme ça qu’Awotele, la revue ciné de qualité à laquelle participe la journaliste Claire Diao a pu financer son dernier numéro. Si vous avez un peu de sous, nous postons ici des projets afro de qualité qui demandent un soutien financier. Pick’em up 😉

L’union fait la force. Et comme Grégoire a réussi à lancer sa carrière musicale grâce aux internautes, des projets afro n’attendent que votre soutien financier pour exister.

Sortie de l’album « Afro-Cotempo » par Kiki Diallo

L’artiste parisienne Kiki Diallo finalise son premier album. Après avoir notamment sorti son clip « Roots Dawta » en 2016, où elle dévoile son univers à la croisée du hip hop, de la soul, du reggae et de l’électro, elle a besoin d’un coup de pouce pour le mastering-phase finale de l’élaboration d’un album-, la promotion de son projet musical sur les réseaux sociaux et la captation live de sa soirée de pre-release où elle présentera sa nouvelle formation sur scène. Si vous souhaitez la soutenir, il reste 15 jours. Actuellement, 561€ sur 3000 ont été récoltés, soit 18% de l’objectif.

VOUS AVEZ DEJA SOUTENU …

Me, My Sexe and I saison 2



Axelle Jah Njiké a autoproduit la première saison de ce podcast donnant la parole à des femmes afrodescendantes sur leur intime. On a pu y entendre Danielle Ahanda, plus connue sous le nom de blogueuse BestofD ou encore Fatou N’Diaye derrière Black Beauty Bag. Un sujet qu’elle aborde régulièrement notamment sur son blog Parlons plaisir féminin et dont elle nous a fait l’honneur d’échanger à deux reprises lors d’un événement sur la santé que nous avons organisé en février dernier mais aussi lors de la première éditin de notre Fraîches Women festival. 20000€, c’est la somme qu’Axelle Jah Njiké souhaitait réunir pour produire la saison 2, pour financer les déplacements pour des entretiens en Europe et dans la Caraïbe, la création d’un site web dédié au podcast et le sous-titrage du programme en version anglaise. Les sept prochains épisodes devaient être mis en ligne en février 2019.

Résultat : 4885€ sur les 20000 demandés ont été réunis

Partir ?

Donner la parole à des migrant.es subsaharien.nes ayant bravé les dangers de la traversée et laisser leurs familles derrière elleux pour tenter leur chance en Occident, ceci dans le but d’alerter les prochain.es tenter de se lancer dans cette périlleuse aventure et permettre que les Occidentaux les voient différemment, avant tout comme des êtres humains, c’est ce que veut faire la réalisatrice originaire du Cameroun Marie-Noël Niba avec son projet de documentaire « Partir? ». Un film soutenu par la boîte de production De l’Autre Côté du Périph’ montée par Laurence Lascary qui explique cette campagne de crowdfunding par le fait que toutes les institutions ont refusé de le financer à ce jour.

Résultat : la cagnotte a atteint 103% de son objectif qui était de 22 000€ ! 

P!nkshasa Diaspora

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Ecrivaine et militante LGBT à Bruxelles, Joëlle Sambi Nzeza souhaite recueillir la parole des membres de la communauté issue de la diaspora de la République Démocratique du Congo et les rendre visibles et audibles à travers un film documentaire. Pour financer les prochaines sessions de tournage, ainsi que le montage et la post-production, elle cherchait à réunir 4 200€ d’ici le 30 novembre. Résultat : elle a finalement obtenu 4711€ !

Me too (court-métrage)

Me too Aude Konan 2

Depuis l’affaire Weinstein qui a éclatée en octobre 2017, les témoignages concernant le harcèlement et les abus sexuels subis par les femmes dans toutes les sphères de la société se sont multipliés, certains médias allant jusqu’à parler de « libération de la parole », cristallisés par le hashtag #Metoo. L’auteure Aude Konan a décidé de réaliser un court-métrage où il est question de mettre en scène des adolescentes, trop souvent mises de côté lorsque ces questions sont abordées. L’histoire : en Grande Bretagne, trois camarades, en route pour les cours, se font siffler par deux ouvriers du bâtiment qui deviennent de plus en plus insistants … Pour que le film Me too, du nom du hashtag popularisé par l’actrice Alyssa Milano l’an dernier, -bien que créé par l’afro-américaine Tarana Burke dix ans plus tôt- devienne réalité, Aude Konan, a lancé une campagne de crowdfunding. Il reste encore 6 jours pour réunir 8500£ -soit environ 9500€- en sachant que 19% de l’objectif a déjà été atteint.

FATA – Coffee Shop

PLats FATA coffee shop
 
Un café pop culture parisien où il sera possible de déguster des spécialités du monde entier avec une carte changeant en fonction des saisons, c’est l’idée d’un couple ; Fabrizio qui est chef cuisinier et Lindsay, journaliste. Iels ont décidé de lancer une campagne de crowdfunding pour financer une partie des frais nécessaires à la mise en place du projet. Résultat : 2035€ sur 8000€ ont été récoltés.
 
 
The Afrolitt’ Webseries
 
Afrolitt
 
Discuter de sujets de société à partir d’oeuvres d’aut.eur.ices noires, le tout filmé au Ghana, c’est l’idée de la websérie de  Pamela Ohene-Nyako, qui s’est inspirée du travail de la réalisatrice britannique Cecile Emeke et de la française Amandine Gay. Une première saison, où elle a choisi de donner la parole exclusivement aux femmes, est déjà en ligne. Pamela sollicite aujourd’hui le public pour permettre la réalisation, la post-production et la rémunération de l’équipe sur la saison 2 qui comprendra également des intervenants. Résultat : 5092€ ont été récoltés (l’objectif était de 34 816€).
 

hEXagones : revue littéraire pour valoriser les auteurs racisés

Projet Hexagones

Une belle revue littéraire papier annuelle contenant à la fois des textes de théâtre, de la poésie ou encore des nouvelles, le tout signé par des aut.eur.ices racisé.e.s, écrivant de la France mais avec chacun.e son point de vue, qu’iels aient grandi dans l’hexagone ou pas, c’est le beau projet dont l’une des instigatrices n’est autre que l’autrice  Penda Diouf -qui est également une de nos Fraîches Women de l’année 2017. Au total, ce sont 16 femmes et hommes qui figureront dans cette parution parmi lesquelles le rappeur Rocé, la metteure en scène Eva Doumbia ou encore le chanteur Blick Bassy. Pour que ce premier numéro puisse exister, l’équipe a lancé une campagne de financement participatif : Résultat : 2500€ ont été récoltés (l’objectif était de 6606€).

JE T’AIM3

Equipe Je t'aim3 trilogie

L’amour-, voici le thème principal de ce projet de courts métrages en trois volets dont chacun sera mis en images par un réalisateur différent à savoir Leila Sy que l’on connait notamment pour être derrière les clips de Kery James depuis 10 ans ; Kub & Cristo, à l’initiative du projet, duo  des clips du rappeur VALD à qui ils proposent de jouer le rôle principal masculin. L’idée : explorer l’évolution du sentiment amoureux : avant, la rencontre ; pendant , le quotidien ; après,  la violence.

Résultat : quelques 882 contribut.eur.ices ont donné 68 014€ et permis de dépasser l’objectif de 67 000€ 

Dire à Lamine

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Lamine Dieng est mort le 17 juin 2007, étouffé après avoir supporté le poids de cinq policiers, face contre terre. Après 10 ans de bataille judiciaire, l’affaire s’est soldée par un non-lieu. Le collectif Vies Volées, co-fondée par Ramata Dieng, soeur de la victime, ainsi que le collectif Cases Rebelles, ont donc décidé de faire une documentaire, donnant la parole à des membres de la famille mais aussi à des militants comme Almamy Kanouté ou encore l’avocate et historienne Rosa-Amelia Plumelle-Uribe, le tout sur une bande son du duo Kami Awori. Le tournage a débuté en 2016 et l’argent récolté servira à régler les frais de post-production, incluant le mixage du son et l’étalonnage.

Résultat : 2361€ ont été récoltés ;l’objectif de base était de 2200€.

Koudmen Ba La Dominik

Koudmen La Ba Dominik

Pour venir en aide à la Dominique après le passage de l’ouragan Maria en septembre dernier, Koudmen Ba La Dominik- un collectif de citoyens qui s’est formé en 2015 suite à la tempête Erika, a lancé une nouvelle cagnotte en ligne pour reconstruire et  apporter une aide matériel à des centres de santé. Résultat : sur les 50 000€ visés à l’origine, 4790€ ont été récoltés.

Paroles d’honneur

« Par Nous, pour Tous! Un média 100 % autonome/100 % décolonial! », tel est le slogan de l’émission dévoilée en février dernier sur http://www.lebanlieusard.fr, site d’information du rappeur Kery James. L’historienne et politologue Françoise Vergès, la députée Danièle Obono ou encore la maître de conférences Maboula Soumahoro ont pris part à des débats dans le cadre de Paroles d’honneur. Le projet avait besoin de financement pour se poursuivre. Résultat : la cagnotte finale s’élève à 14 191€ (l’objectif était de 13 850€).

L’Arbre à Palimpseste – La série

larbre à palimpseste

Des personnages historiques africains mis en scène dans une série animée à travers le récit d’une conteuse, c’est l’idée d’Ingrid Agbo, qui a officié au cinéma comme directrice de la photographie et assistante opérateur. Pour rendre ce projet dont on a été nombreux.ses à rêver sur pied, elle a décidé avec son équipe de lancer une campagne de financement participatif. La comédienne Tatiana Rojo prendra également part au projet. Résultat : 6058€ ont été récoltés pour un objectif de 6000€).

Gueriaz d’Afro Fiction : les m1nutes films

Afro Fiction, collectif de comédien.ne.s, scénaristes, réalisat.reur.ice.s, qui cherchent à promouvoir le travail des afrodescendant.e.s dans la production cinématographique. Créée il y a un an, l’association, marrainée par la grande Firmine Richard, a déjà organisé les Chronofilms, un marathon de réalisation de court métrages en un temps limité de 48h.

L’équipe fait appel au public pour relever un nouveau défi : réaliser des films d’une minute en une journée de tournage et deux jours de post production en s’inspirant du cinéma Guerilla, d’où le nom du projet : Gueriaz. Résultat : le collectif a obtenu 1325€ sur les 4000 initialement demandés. 

Cinewax Outdoors

Cinewax

L’association Cinewax, dédiée à la promotion des cultures africaines, lance un appel au don pour la seconde édition de son festival gratuit Cinewax Outdoors qui se déroulera, comme l’an passé, en plein air dans la capitale française. Résultat : 9169€ ont été récoltés (l’objectif était de 9000€)

Slice Up

Initié par 3 journalistes, le projet marrainé par l’actrice Aïssa Maïga a pour but de former des reporters web sur le continent africain afin qu’iels puissent réaliser leurs propres sujets. Après avoir formé 10 femmes et hommes au maniement de la caméra, du montage, de la narration et de la valorisation de contenus en ligne, Elsa Miské et Nicolas Baillergeau veulent apporter leur compétence à 10 autres personnes, cette fois, au Togo début 2018, avec l’aide du data journaliste togolais Richard Folly.

Résultat : la cagnotte a réuni 10 155€ soit 155€ de plus que l’objectif de base.

Bazar Café

L’écrivain guadeloupéen Alain Foix souhaite ouvrir un café littéraire et artistique à la Charité sur Loire, baptisée  ville du livre en 2002. Le lieu permettra d’accueillir des résidences d’écrivains, d’artistes ainsi que des expositions et des conférences.

Résultat : 6535€, soit 535€ de plus que nécessaire. 

Afrosphères

visuel afrosphères

Ce projet de salle de lecture à Douala est marrainé par l’écrivaine Léonora Miano qu’on ne vous présente plus. Afrosphères est « dédiée à la promotion des productions intellectuelles et culturelles du monde afro », en mettant « à la disposition de jeunes de la ville, les ouvrages au programme officiel des écoles camerounaises. » L’association souhaite également organiser des événements culturels, toujours dans un but éducatif. Résultat : le projet a récolté 3 625€ (4 000€ était l’objectif initial).

Comme un Million de Papillons Noirs

Papillons Noirs

Après deux livres publiés, l’afroféministe Laura Nsafou aka Mrs Roots se lance dans une nouvelle aventure littéraire. Cette fois, elle veut valoriser les cheveux crépus et frisés, encore trop souvent dépréciés dans notre société, auprès des petites filles. Pour illustrer son texte, elle a fait appel à la dessinatrice Barbara Brun. Il s’agira du premier projet du genre en France. Résultat : objectif plus qu’atteint, avec une jauge qui a explosé à 22 018€ contre 10 000€ initialement demandés !

Higoma

On avait adoré ses poupées de bien-être Aku Ako, un mix entre les Kokeschi du Japon et les Akuaba ashanti*; on adore son projet de « tambours parlants ». Noumbissi Design, la petite entreprise de design créée par Simon Tam, veut créer des enceintes audio ayant la forme de djembés (tambours parlants), conçues artisanalement  au Cameroun. Une bonne manière de dépoussiérer la vision de l’objet, tout en mettant à l’honneur le savoir-faire camerounais.  Résultat : le projet a rassemblé 5 280€.
*Vous pouvez les retrouver aux Galeries Lafayette de Montparnasse, (Paris XIVe) aux côtés des créations d’Afrikanista ou de Myriam Maxo entre autres.

La crépue

La websérie visible sur Youtube qui raconte les tribulations quotidiennes d’une femme noire qui porte ses cheveux au naturel, en milieu professionnel en passant par la vie sentimentale, lance un appel au don. Le but est double, nous dit sa créatrice sur la page Facebook du projet :  « donner jour aux prochains épisodes et vous faire participer à leur création. » Objectif atteint avec 5 160€ réunis !

MAMIWATA

La comédienne Astrid Bayiha signe avec MAMIWATA sa première pièce de théâtre en tant qu’auteure. Elle y joue également. Présenté en exclusivité au public en septembre 2016, ce spectacle questionne la place des mythes dans la construction identitaire et le rapport aux autres. Il sera à nouveau mis en scène du 29 mars au 9 avril au Théâtre de l’Opprimé. À cette occasion, Astrid Bahiya a lancé un appel au don en rappelant que l’équipe, constituée de six femmes et deux hommes, a jusqu’ici travaillé de façon bénévole. La campagne de financement participatif de ce projet unique a pris fin le 28 mars. Résultat : 1275€ ont été réunis (l’équipe était en quête de 1000€).

Fanon hier, Fanon aujourd’hui : Regards croisés

La Fondation Frantz Fanon souhaite réaliser un documentaire sur la vie du psychiatre et militant martiniquais décédé en 1961 depuis 2015, année de son 90ème anniversaire. Le plus de ce projet, c’est qu’il permettrait d’exploiter des archives encore jamais utilisés dans aucun autre film parlant de lui. Elle a donc décidé de mettre en place une demande de financement participatif. Résultat : 243 contributeur.ices ont donné en deux mois 11 515€, pour un objectif initial de 11 000€.

Chimen an mwen

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Harry Eliezer, animateur sur les radio France Inter, France Bleu passé chez pigiste chez Slate et actuellement coach personnel, a décidé de partir de sa propre expérience pour son documentaire : celle d’un homme d’origine guadeloupéenne qui est né et a grandi à Paris et dont les parents ont bien pris soin de ne pas lui transmettre la culture liée à son île d’origine, craignant que cela ne mette un frein à son intégration en métropole. Dans Chimen an mwen -« mon chemin » en créole- , on le suit dans sa quête identitaire où l’entre-deux culturel est questionné. Afin de pouvoir achever le tournage du film, il a lancé une campagne de crowdfunding avec comme objectif 20 000€. Résultat : objectif atteint le 25 décembre avec 20 045€ réunis.

Colocation entre filles 

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Vous suivez peut-être Ruby Comédienne alias Yvonne Akono sur Facebook et sur Snapchat où elle poste régulièrement des sketches de quelques minutes. Elle est aussi la créatrice et une des actrices de la web-série Colocation entre filles, qui parle du quotidien de jeunes femmes qui partagent un appartement à Rouen. Pour que la troisième saison puisse voir le jour, celle qui incarne Coco a lancé un crowdfunding et demandé 10 000 euros. Résultat :  11 006€ ont été récoltés.

Le documentaire Ouvrir la voix d’Amandine Gay

 

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Il est presque enfin là, le film d’Amandine Gay. Dans Ouvrir la voix, la réalisatrice afroféministe donne la parole à des jeunes femmes noires et européennes pour en dresser « un portrait politique aussi multiple que les réalités et identités qu’il comprend », comme l’annonce la page Facebook du film. On dit que ce premier documentaire est presque là car s’il va tourner dans les festivals, il a besoin de soutien populaire et financier. Vous pouvez contribuer à faire arriver cette production indépendante et militante dans les salles en participant au crowdfunding lancé ici. Le + : en attendant de découvrir Ouvrir la voix dans son intégralité, vous pouvez découvrir des scènes coupées au montage sur la chaîne Youtube du film, qui en donne un premier aperçu. Résultat : le projet a dépassé son objectif. Vous avez pu le découvrir le 15 décembre au Centre Curial, lors d’une projection co-organisée par vos servitrices et l’ADEAS.

Welcome to Conakry

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Conakry, capitale de la Guinée, sera également la capitale mondiale du livre de l’UNESCO en 2017. Ça tombe bien car c’est justement l’aspect culturel de la ville qu’Aïcha Diaby, l’instigatrice du projet, veut mettre en avant. À travers une série documentaire en 6 épisodes, elle nous propose de découvrir les acteur.ices de la mode, de la gastronomie ou encore du street art sur place. Le tournage a débuté fin octobre et la campagne avait déjà atteint 4 220 euros sur les 5 000 nécessaires le 15 octobre, 9 jours avant sa date de clôture.
Résultat : Le 24 octobre, les crowdfunders ont permis à l’équipe de remporter 5 235€  sur les 5000 demandés. 

Nogochi, le film

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« Un film d’aventure en Afrique, entre Apocalypto et Indiana Jones« , c’est ainsi qu’est présenté le projet de film Nogochi, premier long métrage de Toumani Sangaré -qui sera également à la réalisation-, co-écrit par le scénariste et auteur de bande dessinée Christian Vilà. Toumani Sangaré s’est d’abord fait connaître en tant que réalisateur de clips en tant que membre du collectif Kourtrajmé pour Mokobe ou encore Salif Keita. Plus récemment, il a lancé la série malienne à succès Taxi Tigui. Dans Nogochi, on suivra le parcours d’un ancien esclave américain de retour en Afrique de l’ouest dans les années 1880 et recueilli par une famille de Donso, les maîtres chasseurs traditionnels, le tout en langue bambara. Le projet est ambitieux et nous tient déjà en haleine ! Le + : on peut d’ores et déjà découvrir les costumes traditionnels et accessoires qui figureront dans le film par là.
Résultat : la campagne de financement participatif a pris fin le 13 octobre et a plus que dépassé son objectif en récoltant 15 560 euros alors que l’objectif était de 6 000 ! 

Le city guide de Little Africa

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Jacqueline Ngo Mpii a eu la bonne idée de monter Little Africa, qui donne à voir Paris sous son jour afro. À la faveur de balades dans divers quartiers, l’entrepreneure fait découvrir aux badauds restos, monuments, lieux, magasins et initiatives gérés, érigés, marqués, impulsés, traversés par et pour les afrodescendant.e.s. Et pour mieux faire comprendre que la ville fait aussi rêver grâce à ses  habitant.e.s, artisan.e.s, artistes, restaurateur.ice.s afrodescendant.e.s, Jacqueline et son équipe sortent un guide !!  Une excellente idée que nous soutenons.
Si la collecte réussit, le guide sera disponible en novembre 2016.
Résultat : La collecte a fonctionné pour Little Africa. 15 765 euros ont été réunis soit 765 euros de plus que la somme que l’organisation pilotée par Jacqueline Ngo Mpii avait fixée. Le guide est disponible depuis le 13 novembre sur la boutique en ligne dédiée

La dotation du prix Mahogany

Mahogany


Leonora Miano
, qui vient de sortir L’Imperatif transgressif et Crépuscule du tourment n’est pas que l’une des écrivaines importantes de la dernière décennie. C’est aussi une activiste de la littérature, qui n’hésite pas à parler des projets des autres et à les célébrer. C’est pour mettre en avant l’exigence et la qualité d’oeuvres littéraires d’auteur.e.s subsaharien.ne.s qu’elle a créé le prix Mahogany il y a quelques années. La.e gagnant.e recevait une oeuvre d’art, mais l’artiste pense qu’une dotation financière permettra de valoriser encore plus ce prix et par truchement, l’oeuvre et celui qu’il l’a écrit. Nous croyons comme Leonora Miano que cultiver les esprits est aussi important que de stimuler et de créer des richesses économiques en Afrique et dans sa diaspora.

Résultat : Si on est loin de l’argent qui devait être collecté à l’origine, soit 10 000 euros, les 1500 euros, hors frais retenus par la plateforme collectés par ici vont quand même permettre de remettre un prix au gagnant de l’édition 2017. Pour cela, Mahogany a demandé l’autorisation aux participants du crowdfunding. 

La chaîne Youtube de La Nadjance

la nadjance

Après avoir découvert -tardivement- les vidéos de Naya Ali, on a continué à fouiner sur Internet. Et c’est sur Facebook qu’on est tombé sur Nadjélika Amandine Bamba aka La Nadjance. D’origine ivoirienne, elle n’est pas qu’une humoriste qui nous fait partager sa vie quotidienne de vingtenaire , avec ses potes ou ses fans -oui, oui-. Outre son bagout, ses prises de  position, elle veut faire découvrir sa musique, qu’elle étudie, avec des vidéos de meilleure qualité qu’elle posterait sur une chaîne Youtube qu’elle veut créer grâce à vous. C’est un grand OUI pour nous !
Résultat : la collecte qui se déroulait ici, a permis à La Nadjance de récupérer 3436 sur les 3000 euros demandés à l’origine.

Le camp décolonial

camp decolonial

Il aura fait couler beaucoup d’encre ce camp décolonial, avant même d’avoir eu lieu. Co-organisé par Fania Noël et Sihame Assbague, le camp propose du 25 au 28 août 2016 formations à l’antiracisme politique à l’approche de la présidentielle 2017. Avec un Parti Socialiste exsangue et inaudible, une droite droite dans ses bottes- immigration, sécurité, identité- qui affiche quinze mille candidats, les extrêmes droites à qui on donne toujours plus de temps d’antenne et à qui on vient voler des thèmes, et l’éclatement de l’extrême-gauche, oui, ce serait pas mal d’aller voter -ou pas, mais armé.e de savoirs.
Résultat : L’objectif était de récolter 8000 euros. Les organisatrices ont reçu près de 8 825 euros et le camp décolonial a eu lieu, non sans susciter de nombreuses levées de bouclier au plus haut niveau de l’État, dont Manuel Valls ou encore Najat Vallaud-Belkacem. 

Le site média Nothing But The Wax

 

nbw

En 2010, c’était un blog. 2016 signe l’arrivée de Nothing But The Wax comme un site média dédié à la mode et à la beauté noire. Derrière le projet s’activent Chayet Chiénin et une team de passionné.e.s/journalistes. Pour aller plus loin, elleux ont lancé un crowdfunding et ont déjà atteint le bel objectif de 15 000 euros. Décidé.e.s à aller sur le terrain notamment à l’étranger, Chayet Chiénin et son équipe veulent atteindre le palier des 20000 euros et vous sollicitent. Assister à la naissance d’un média est important. Nous, on suit !
Résultat :  sur 15 000 euros demandés, et après une relance auprès du public, la team NBTW a réussi à obtenir 20 321 euros sur la plateforme Ulule.

EVENEMENT – RDV le 28 octobre au Hasard Ludique pour la release party de « Par les damné.es de la terre » de Rocé

Le rappeur Rocébien connu pour son engagement sans faille, sortira le 2 novembre prochain son nouveau projetPar les damné.e.s de la terre, une compilation de musiques engagées du temps des décolonisations et des luttes ouvrières, dont la sortie est prévue le 2 novembre.
Pour l’occasion, L’Afro et le label Hors Cadres organisent la soirée de présentation du projet avec les historien.ne.s qui ont participé au livret et la comédienne Aïssa Maïga, qu’on ne présente plus, et qui évoquera notamment son père, le journaliste Mohamed Maïga, grande figure de la résistance africaine.

On vous donne rendez-vous le dimanche 28 octobre à 16H au Hasard Ludique, 128 avenue de Saint Ouen, 75018 Paris, métro : Guy Môquet.

Au programme :

de 16h à 18h, une discussion suivie d’un échange avec le public avec

Amzat Boukari-Yabara

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©Maonghe M.

Historien et docteur de l’EHESS, Amzat Boukari-Yabara est notamment l’auteur de Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme (2014, éditions La Découverte) et de Walter Rodney (1942-1980) : les fragments d’une histoire de la révolution africaine (2015, éditions Présence Africaine) . Militant panafricain, il est également actif au sein de l’organisation Ligue-Panafricaine UMOJA.

Aïssa Maïga

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Source photo : Agences Artistiques

Aïssa Maïga est une actrice de cinéma depuis plus de 20 ans en France. En 2018, elle dirige et publie l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier où une douzaine de comédiennes afrodescendantes en France partagent leurs expériences et leurs points de vue sur la pratique du métier en France en tant que femmes noires. Elle est également la fille du journaliste malien Mohamed Maïga, proche du président Burkinabè Thomas Sankara, qui a été assassiné en 1987. 

Naïma Yahi

Naïma Yahi Africultures
Source photo : Africultures

Naïma Yahi est historienne et chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (URMIS) de l’université de Nice Sophia Antipolis. Spécialiste de l’histoire culturelle des Maghrébins en France, elle est directrice de Pangée Network, organisme faisant la promotion d’une meilleure connaissance des différentes cultures composant la nation française au sein des institutions et des écoles. En 2009, elle est co-commissaire de l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France » et en a rédigé le catalogue à La Cité nationale de l’histoire de l’immigration désormais connue sous le nom de Musée National de l’histoire de l’Immigration. En 2013, elle co-dirige l’ouvrage collectif La France arabo-orientale, treize siècles de présence aux côtés de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Yvan Bastaut (éditions La Découverte).

Rocé

rocé Facebook
Source photo : Rocé Facebook

Fils du résistant et anticolonialiste Adolfo Kaminsky, Rocé, rappeur indépendant semble avoir l’engagement dans le sang. Il démarre sa carrière dans le rap il y a une vingtaine d’années, a travaillé avec d’autres rappeurs tels que Manu Key de la Mafia K1fry ou encore JP Manova et a su imposer son style et sa vive plume. Cinq ans après avoir sorti son dernier album Gunz N’ Rocé (2013, Hors Cadres), Rocé présente son nouveau projet Par les Damné.e.s de la Terre. Il s’agit d’une compilation de chansons de luttes francophones, rendant hommage à des figures de luttes, de Colette Magny en passant par l’activiste et psychiatre Frantz Fanon, qui a inspiré le nom de l’opus dont la sortie est prévue en novembre 2018.

La journée finira avec une série des dj sets de 18h à 20h30 avec :
– Dj Kwabena NTK – Afro – West Indies – Soul – Hip Hop
– Dj Krimo (Toukadim) – Consciousness – Maghreb – Hip Hop
– Cheetah – Grime – Afrobeat – Afropop – Baile Funk – Hip Hop
– Momo Big Cheese – Soul – Funk – Maghreb

ENTREE LIBRE !

On vous attend nombreux.ses 😉 !

ENTRETIEN – Jean-Claude Barny (« Le Gang des Antillais ») : « Chiwetel Ejiofor pour jouer Fanon, pourquoi pas ? »

Le Gang des Antillais n’est plus en salles, mais ce film de genre, ancré dans l’histoire française du BUMIDOM n’a pas dit toute sa complexité. On a en parlé pour sa sortie en DVD avec son réalisateur, Jean-Claude Barny qui s’est aussi confié sur son prochain long métrage, consacré à l’éminent Frantz Fanon.

Jean-Claude Barny continue d’explorer les grandes figures antillaises qui ont marqué l’histoire, à coup de biopics. Après Le Gang des Antillais, sorti en DVD, qui retraçait l’histoire vraie de Loïc Lery, il travaille sur une fiction consacrée à Frantz Fanon. Il nous a parlé de ces deux films en profondeur : attention, SPOILERS.

Vous disiez que si le public se mobilisait, vous réaliseriez un biopic sur Frantz Fanon ?

Il est en route ! Depuis le début de ma collaboration avec Sébastien Onomo, l’un des rares producteurs afro, nous travaillons sut un triptyque : il y a d’abord eu Le Gang des Antillais, suit le projet sur Frantz Fanon et un autre sur Battling Siki, -le fameux boxeur sénégalais et mort à 28 ans, ndlr-. Sébastien Onomo a une culture franco-camerounaise, donc universelle et est sensible à des projets comme les miens.

À quel état d’avancement en est le film sur Fanon ?

On termine l’écriture, on enchaîne les versions. On pense ouvrir le film avec sa femme Josie. Derrière chaque grand homme, il y a une grande femme et cela a été son cas ici, d’une manière hélas tragique.

Sur quelle partie de sa vie vous concentrez-vous ?

Le moment de son arrivée à Blida, en Algérie, où il va élaborer ses théories sur l’anticolonialisme, jusqu’à la fin de sa vie. C’est une période qui correspond exactement à ce que j’essaie de faire : une fiction dure, avec de l’action mélangée à des propos conscients, pas du cinéma verbeux. C’est également le moment de l’indépendance algérienne. Dans mon film, Fanon est le pivot entre ce moment historique et le colonialisme français. C’est d’actualité avec la question identitaire qui traverse en ce moment la France à travers l’islamophobie notamment.

« Fanon a été un accélérateur de conscience » 

Que voulez-vous raconter à travers ce film ?

La vie de Fanon évidemment, brillant médecin, psychiatre, son travail énorme sur la parole du malade et tant d’autres choses. C’est aussi l’occasion pour moi, grâce à lui qui est le témoin privilégié de pencher sur la question de la colonisation sur d’autres territoires que les Antilles, ou l’Afrique subsaharienne. Il y a selon moi une véritable prise d’otage de cette histoire par les pieds-noirs -les anciens colons d’Afrique du nord, qui en sont parti.e.s au moment des indépendances-, ce qui explique la difficulté d’avoir un véritable débat de part et d’autre.

Quel lecteur de Fanon êtes-vous ?

J’ai eu la chance d’être élevée par une mère militante et lettrée, arrivée en France hexagonale à 20 ans via le BUMIDOM dans les années 70, belle comme un cœur, avec une obsession en tête : se cultiver. Elle a rempli sa bibliothèque de livres, que j’ai lus dès mes 14-15 ans. Je trouvais que les intellectuels afro-américains, qui parlaient de discriminations, représentaient mieux ce que je vivais que ceux des Antilles. Puis, j’ai poussé ma réflexion avec Fanon. Peaux noires, masques blancs a été le premier de ses ouvrages que j’ai lu facilement. Direct, efficace : Fanon a été un accélérateur de conscience pour moi.

Travaillez-vous avec la famille de F. Fanon ? 

Il n’y a pas besoin de l’accord des ayants-droits car son œuvre est tombée dans le domaine public, mais on travaille en collaboration avec son fils Olivier Fanon, et j’espère, prochainement avec Mireille. Comme peu de personnes l’ont connu de son vivant, je fais un gros travail de recherches, je recoupe des informations pour essayer de dégager une certaine réalité de Fanon, le faire vivre à l’écran. Ce qui m’intéresse, ce sont ses parts sombres et lumineuses. Je ne fais pas un biopic à sa gloire, mais je veux en parler à la hauteur de sa complexité.

Avez-vous avancé sur le casting ? 

Non. On a des idées, des envies, on pense international. Chiwetel Ejiofor ferait un excellent premier rôle…

Quand sortira le film ?

On aimerait être prêt pour 2018 mais cela dépend aussi de l’intérêt des pouvoirs publics et privés. Or, notre cinéma noir français est plus déprécié, on ne part pas sur la même ligne de départ que d’autres.

Le cinéma noir français existe-t-il vraiment ?

Bien sûr, comme n’importe quel autre cinéma de genre. Sauf qu’il est pubère, nouveau depuis 50 ans, car il a du mal à entrer dans une « commercialisation intelligente ». Tous les 10-15 ans, un cinéaste se distingue : Euzhan Palcy, Christian Lara, Idrissa Ouédraogo, Lucien Jean-Baptiste… ils y sont tous arrivés à la force du poignet. Le cinéma noir se bat pour exister en tant que proposition artistique en tant que telle. Les réalisat.eur.ices en France n’ont pas ce problème : on accepte qu’iels fassent des films d’action ou des romances sans souci.

Vous dites « en France », alors que des Lucien Jean-Baptiste, Christian Lara y travaillent / résident.

C’est un lapsus révélateur, qui résume bien ce que je disais : on est à la fois au cœur de la chose, mais on nous traite comme si on était en dehors. On existe, on est en France, mais on est comme des spectateurs chez nous.

On a la chance d’avoir autre chose à raconter que la vie de couples de quarantenaires qui s’ennuient au lit ou des comédies : le champ historique. Nous, les Afro, avons la chance d’avoir en stock beaucoup d’histoires, la face B de films qui n’ont jamais été faits en France, qui vont renouveler le genre des films sur les grandes révolutions, grands mouvements politiques.

Comment avez-vous monté Le Gang des Antillais financièrement ?

J’ai beaucoup appris par rapport à mes autres films. Il s’est fait dans une économie suicidaire. Grâce au talent de mes techniciens, de mes comédiens et de mon producteur, on a fait un très beau film avec 2 millions d’euros, 3 semaines de préparation et moins de 28 jours de tournage, contre 4 semaines en moyenne pour un long-métrage habituellement. On est tout le temps obligé de faire moins et mieux et le film, c’est ça. En même temps, c’est un piège, car c’est difficile de faire jeu égal avec d’autres productions. Mais quand je regarde le film, je suis content du résultat.

Avez-vous des regrets ? 

Quand on écrit, on pense toujours qu’on a inventé quelque chose. J’étais en train d’écrire en pensant avoir un coup d’avance, alors que ce sont les débats en cours. Je regrette juste de ne pas avoir fait de discussion autour du film. Ce dernier a également pâti du fait que mon regard est afro-caribéen. J’ai le sentiment que si un réalisateur afro-américain l’avait proposé, ça serait passé. Du coup, la question qui se pose, c’est « êtes-vous prêts à devenir nos collègues, à nous suivre sur le terrain économique, à lâcher des postes du fait de nos compétences ? »

La séquence d’ouverture du Gang des Antillais est une archive, et bien qu’impactante, courte et saccadée… 

Tous mes films sont indéboulonnables au niveau historique, je travaille avec des professionnels pour cela. Après c’est un travail de montage, purement technique, qui doit aussi parler au public. Les premières images doivent être dans l’énergie de ce que va être le reste du film et c’est ce que j’ai essayé de faire avec l’intro du Gang des Antillais.

Comment s’est fait le choix des comédien.ne.s ?

Je pense qu’on est assez mûr pour prendre des comédien.ne.s qui soient noir.e.s sans être nécessairement antillais.e.s. pour qu’iels jouent dans mon film. On ne m’a jamais questionné sur le choix des comédien.ne.s aux Antilles. Pareil pour Rose et le soldat, Zita Hanrot a été choisie pour son talent.

On est des Européens ; ne faire un film qu’avec des noir.e.s si ce n’est pas un acte de militantisme, quand on est noir ou blanc, ça a encore du mal à passer contrairement aux États-Unis. Il y a effectivement ce truc à déconstruire. C’est pour cela que tant que le public n’est pas de notre côté pour imposer cette conviction, nous sommes à la merci des financiers.

Les femmes ont la peau claire dans Le Gang des Antillais. Y a-t-il un problème de colorisme dans l’industrie cinématographique ?

Dans mon premier court-métrage, tout le monde est noir, je le suis, une femme métisse également pour moi. L’industrie a privilégié des femmes blanches et plus claires ; les femmes noires ont été dégagées. Elles sont moins présentes de ce fait, les rares qui sont là le sont par volonté farouche. Mais elles travaillent moins, du coup ne jouent pas pareil… c’est le serpent qui se mord la queue. Il faut donc leur dire « Revenez !! » pour que la proposition puisse être très plus large.

Des femmes talentueuses et à la peau foncée existent pourtant et jouent régulièrement, comme Annabelle Lengronne et bien d’autres…

Je l’ai découverte tardivement, dans La Fine Equipe et elle est vraiment talentueuse. Lors du casting de La Haine, il y avait des dizaines de propositions de 300-400 comédien.ne.s noires, maghrébin.e.s. Aujourd’hui, moins. On manque clairement de mises en connexions efficaces. Grâce aux réseaux sociaux, les femmes se montrent, se maquillent et ce faisant, imposent leurs codes, leurs envies. Comme les réalisateurs ne font pas nécessairement l’effort de chercher, ils ne vont plus les « créer » mais aller les trouver là où elles se mettent en scène.

« Cessons de fabriquer des icônes, il faut faire entendre des voix diverses afrodescendantes »

C’est dramatique d’entendre cela.

C’est schizophrène et c’est pourtant le débat dans lequel on est.

Et cela perpétue le problème de visibilité : celles qui sont les plus visibles seront les plus valorisées.

Sauf si des initiatives particulières de mise en valeur se multiplient et qu’on les laisse croître.

« La question n’est pas raciale, mais sociale », dit le film  : c’est de vous ou de Loïc Léry ?

De moi. Quand je dis ça, c’est une manière de dire qu’il faut passer à un autre niveau, ne plus constater seulement ce que l’on sait, -que l’on subit des discriminations juste parce qu’on est noir.e -, ce que disaient déjà nos grands-parents, nos parents, en Afrique du Sud, partout. Qu’il faut redistribuer les richesses. Qu’il faut qu’on puisse être collègue, dans cette industrie. Philippe Bernard est un homme blanc avec qui je travaille. Il est scénariste, il voyage. La culture afro est à mettre entre toutes les mains des personnes qui la respectent et qui savent la mettre en valeur. Que ne tombent pas sur les trois mêmes réalisateur.ice.s noir.e.s les doléances d’un public gourmand de s’entendre, de se voir représenté.e, mais qu’on laisse plus de place à d’autres.  Je ne fais pas des films en estimant que c’est la pensée définitive d’un homme noir sur des sujets. Il faut qu’on sorte de la pensée unique, même chez nous afrodescendant.e.s. Qu’on cesse de fabriquer des icônes et qu’on donne plutôt les moyens de diffuser des propos, de la création, de la réflexion. Dans Le Gang, le blanc ne montre jamais la voie aux noir.e.s dans le film ; ce sont les noir.e.s qui montrent la voie aux noir.e.s.

Les femmes prennent cher dans le film. Elles sont toutes mutilées, scarifiées. Pourquoi ?

La meilleure façon de dénoncer quelque chose, c’est de le montrer. Dans les années 70, c’était très violent pour les femmes en France, ce n’est pas pour rien qu’il y avait le MLF, elles luttaient pour leurs droits, l’obtention de la pilule.

Mais on ne le voit pas dans le film, du tout !

Ce n’était pas le propos du film.

On aurait pu mieux comprendre ce contexte de violences faites aux femmes, dans le décor, des inserts -on n’est pas cinéaste hein;) -, à part les costumes pour les hommes ou le spectaculaire de certaines de leurs agressions. 

J’ai une sensibilité d’homme. Je vais m’améliorer là-dessus. Je sais que je dois intégrer à mon combat celui des femmes noires de plus en plus. C’en est une qui m’y a initié. Je n’en ai pas à mon catalogue et ce n’est pas un appel mais je le dis : je serai vraiment content de me battre sur un projet de film qui irait dans ce sens. Ce sont des thèmes forts qui doivent exister dans un propos au long court, un film.