TRIBUNE – Dans la peau d’une Africaine-Américaine en France

Anndi,  noire américaine de 22 ans, a vécu en France pendant près d’un an, arrivée en septembre 2015. Sur son compte Tumblr La Noire Afar, elle raconte son expérience dans le pays. Entre clichés, fantasmes et belles découvertes, la jeune femme adresse ce message à ses compatriotes restés aux Etats-Unis : vous n’êtes pas les seuls afrodescendants de la planète.

Noir.e en Europe

(Traduction du texte initialement publié le 20 mars 2016 sur La Noire Afar : http://lanoireafar.tumblr.com/post/141377340833/black-in-europe)

‘Mouais j’ai pas aimé la France. Les Français sont racistes. Va en Italie ! Ils sont tellement accueillants et on m’a dit qu’ils adoraient les femmes noires.’ ‘Est-ce qu’il y a d’autres Noirs chez les Allemands que ceux qui sont dans l’armée ?’

« La plupart des Noirs qui voyagent se demandent une chose avant de s’aventurer à l’étranger : commentje serai perçu dans cet espace où les blancs sont prédominants ? C’est une question légitime. Au mieux, on peut nous mettre sur un piédestal grâce à notre différence. Au pire, on peut nous maltraiter. Même en voyageant dans des coins reculés des Etats-Unis, on tombe sur des gens qui nous dévisagent et posent des questions exaspérantes du genre « je peux toucher tes cheveux ? ». Je me suis donc demandée comment je m’en sortirais en France.

Mais ce post ne parle pas que de moi. Oui, je suis noire. Oui, je me trouve actuellement en Europe. Mais cela ne fait pas de moi un être spécial. Parce que bien qu’il n’y ait qu’un petit pourcentage d’Africains-américains qui voyagent en Europe chaque année, il y a des dizaines de millions de noirs qui sont déjà là : les Afro-européens.

 Les Noirs ne vivent pas qu’en Afrique et aux Etats-Unis. Grâce au (enfin, « grâce » non …) colonialisme, la diaspora africaine s’est retrouvée dans des coins improbables de la planète. La plupart des Africains-Américains se trompent en supposant que nous constituons le seul groupe de descendants africains vivant en tant que minorité sous-représentée, maltraitée, discriminée dans des espaces majoritairement blancs. Allez dire ça aux quelque 55 millions d’Afro-brésiliens ou aux millions de descendants noirs vivant au Royaume-Uni, en Italie et en France.

Mais notre égocentrisme n’est pas uniquement de notre faute. Moi aussi, je n’avais pas d’idée précise du nombre de noirs qui vivaient en Europe avant d’y aller. Nourrie par les images que j’ai vu à la télévision et dans les films en grandissant, je pensais que l’Europe était un continent complètement blanc, que tout y était uniforme avec une très faible variation en termes de couleur ou de culture (du moins pas de culture d’un point de vue ethnique). C’est la diversité invisible de l’Europe. De la même façon que les Africains Américains sont sous-représentés dans presque toutes les strates de la société, les Afro-européens le sont encore plus.

tumblr_Anndi

Pendant mes premiers mois passés en France, j’ai rencontré beaucoup de personnes mais je ressentais tout de même un manque. Je mourrais d’envie d’échanger avec des gens qui avaient les mêmes idées que moi. Des gens avec lesquels je partageais un lien indéniable. Pour faire court, j’avais besoin de me faire des amis noirs. Certains trouveront ça bête mais quiconque fait partie d’une minorité quelle qu’elle soit, peu importe le groupe en question (lié à la race, à la sexualité etc) comprend cette envie.

Le problème, ce n’était pas le manque de Noirs mais plutôt de trouver comment en faire naturellement des amis. Se faire des amis à l’âge adulte n’est pas tâche facile. Pour les enfants, c’est tellement simple ! Il y a juste à dire « hey ! je te trouve vraiment cool ! »

Mais en tant qu’adulte, comment dire à une personne qu’on ne connait pas qu’on la trouve cool et qu’on aimerait la fréquenter en tout bien tout honneur sans paraître louche ?

Plusieurs mois plus tard, j’ai fait la connaissance d’amis d’amis, rencontré de nouvelles personnes grâce aux réseaux sociaux et même rejoint un groupe Meet-Up d’expats noirs à Paris. En parlant à ces différentes personnes, j’ai recueilli plusieurs points de vue.

Les Africains Américains sont à la fois admirés et enviés en France. Croyez-le ou non, nous bénéficions d’une visibilité à travers le monde qui n’est pas donnée à d’autres africains de la diaspora. Les Africains-Américains représentent ce qui est cool, ce sont les créateurs de la pop culture. Nos célébrités sont leurs célébrités, nos émissions télé préférées sont leurs émissions télé préférées aussi. Les Africains-Américains font entendre leurs voix en temps d’injustice sociale, quand il y a des inégalités et des réactionnaires. Mike Brown et Trayvon Martin ne sont pas des noms que l’on prononce uniquement sur le territoire américain. Le discours « I Have a Dream » est connu des Européens, le cri « Black Lives Matter » a retenti dans le monde et le mouvement des droits civiques leur est enseigné tout comme chez nous. En bref, l’expérience noire américaine a laissé une empreinte nette dans l’histoire mondiale.

tumblr_black and abroad

L’histoire des noirs européens quant à elle, a été balayée sous le tapis. Je ne suis PAS DU TOUT une experte du sujet mais voici un résumé de l’histoire de la colonisation européenne en Afrique avec mes propres mots.

** L’histoire de la conquête de l’Afrique version extra-courte et très simplifiée d’après Anndi**

A la fin du 19ème siècle, plusieurs pays européens tels que le Royaume-Uni, la France et le Portugal ont établi des villes portuaires en Afrique pour vendre des marchandises et des matières premières. Tout allait pour le mieux jusqu’à ce qu’un mec, le roi Léopold II de Belgique se dise « Vous savez ce qui serait vraiment génial? Faire du Congo mon territoire. » Alors le gars a coupé un gros morceau du Congo rien que pour lui, même pas au nom de la Belgique. Les autres puissances européennes (Royaume-Uni, France, Italie, Portugal et Allemagne) ont commencé à flipper et ont pensé « merde, mon égo est juste trop gros, comment je peux le rendre encore plus énorme ? ». Alors elles se sont réunies en Allemagne, ont trouvé la carte de l’Afrique et ont littéralement découpé le continent comme on le fait avec une pizza. Il faut préciser qu’aucun des pays africains en question n’a été invité à la « soirée pizza ». Donc 90% du continent a été colonisée sans l’accord de ses habitants, des millions d’Africains ont été contraints au travail forcé, les matières premières ont été exploitées, des hommes ont été tués, des femmes ont été violées, des enfants ont été mutilés, des groupes ethniques en conflit ont été mélangés … tout ça sous prétexte de ‘sauver les sauvages non civilisés de la damnation éternelle.’

Plusieurs décennies plus tard, les puissances européennes ont finalement commencé à quitter le territoire. Qu’ils soient partis selon leurs propres termes ou chassés par des groupes révolutionnaires, les effets pervers de l’impérialisme – gouvernements corrompus, éternelles guerres civiles, traumatismes psychologiques- sont manifestes dans plusieurs pays africains. 

**La fin** … Sauf que ce n’est pas la fin puisque ces effets pervers perdurent.

J’ai remarqué un léger manque dans la communauté chez les Afrofrançais. Pour les Africains-Américains, il y a cette idée de lien fictif. Je ne te connais ni d’Eve ni d’Adam mais si nous sommes les deux seuls noirs dans un espace majoritairement blanc, alors on se reconnaîtra. C’est ce qu’il se passe à petite échelle. A grande échelle, nous sommes passés maîtres dans l’art de créer des espaces qui nous sont réservés ; les salons de coiffure et les barbershops, les écoles et universités historiquement noires, la chaîne de télé BET, la NAACP … on a même notre propre hymne national ! Tout cela avec la volonté de s’élever et de se donner de la force, pour prendre notre place au sein d’une société qui n’a pas été conçue pour nous.

Mais notre sens de la communauté émane de nos expériences communes. Beaucoup de nos ancêtres étaient des esclaves. Beaucoup de membres de nos familles encore en vie ont connu la ségrégation. En ce qui concerne la France, et de nombreux pays européens, les expériences d’Européens noirs, bien que similaires, ne sont pas identiques et ne sont pas partagés non plus.

De toute façon, il est difficile d’avoir un sens de la communauté quand on n’a même pas idée du nombre de descendants africains qui vivent dans le pays. Apparemment, les statistiques ethniques sont ‘constitutionnellement interdites’ en France.

Dans le cas des Afrofrançais, ils ne sont pas liés par la race ou les origines de leurs familles. Quand on est une femme noire originaire de la Guadeloupe, on se sent plus proche des populations antillaises que de celles d’Afrique de l’ouest. Pour être honnête, j’envie tellement les Afroeuropéens parce qu’ils savent d’où ils viennent exactement et ont même de la famille qui vivent encore dans ces pays. Je n’ai jamais eu aussi honte de ne pas connaître mes racines que depuis que je me suis installée en France. A chaque fois que je rencontre un Afrofrançais pour la première fois, la conversation ressemble à ça :

Eux : « Alors tu viens d’où ? »

Moi : « Je viens des Etats-Unis ! »

Eux : « Oui, je sais. Mais je veux dire, tu viens d’où, vraiment? »

Moi : « De Washington DC. »

Eux : « Je veux dire d’où est originaire ta famille. »

Moi : » Hum … Je ne sais pas ? Mes ancêtres étaient des esclaves donc … »

Eux : « ….. »

Moi : « ….. Enchantée ! »

En général, on croit que les Noirs vivant dans des pays majoritairement blancs n’en sont pas originaires. Les Afrofrançais peuvent être nés et avoir grandi à Paris sans jamais se sentir ou être perçus comme étant « Français ». De même, quand je rencontre des européens blancs, ils sont en général sceptiques concernant l’histoire de mes origines mais pour une autre raison. Comme j’ai la peau plus claire que la plupart des Afrofrançais, beaucoup pensent que je suis métisse. Pendant mon voyage en Italie, un italien m’a dit ‘vous êtes belle. J’adore les femmes mulâtres’, ça m’a vraiment dérangé car être noire et être belle ne sont pas des concepts qui s’opposent, mon ami ! Mais j’adore la déception qui se lit sur leur visage quand je leur réponds que je suis fièrement et indubitablement NOIRE à 100%.

Mais parlons de choses positives parce qu’il y en a pas mal. Que les Français noirs ne s’organisent pas de la même façon pour lutter contre les injustices, cela signifie pas qu’ils n’ont pas de discussions importantes à ce sujet. Le mouvement afroféministe a l’air d’avoir de l’ampleur ici. J’ai vu bon nombre d’articles, de vidéos sur Youtube, de tweets sur le sujet et j’ai même été invitée à des conférences organisées par des afroféministes qui parlaient de l’intéressante question d’équilibre entre race et genre.

J’ai rencontré tellement de femmes noires qui sont intelligentes, conscientes et drôles. Des femmes qui souhaitent être les porte-paroles de leur communauté. Des femmes artistes, poétesses et chanteuses. Des femmes belles à l’intérieur comme à l’extérieur. Des femmes qui écrivent. Des femmes qui ont du style. Des femmes qui ont un cursus universitaire. Des femmes qui veulent élever et donner plus de force à leurs soeurs. Des femmes qui veulent être vectrices de profonds changements dans leur société.

Alors ne négligez pas les Afro-européens; ils occupent une véritable place dans notre monde.

Je m’en voudrais de ne pas parler de la série Strolling de Cecile Emeke qui, pour dire vrai, m’a permis de découvrir des points de vue d’Afroeuropéens pour la première fois. Cecile Emeke est une femme britannique qui a brillamment filmé des personnes noires issues de la diaspora africaine. Le résultat ? Elle y défait l’idée d’une expérience générale pour tous les noirs en déroulant une série de témoignages singuliers et personnels. Emeke a filmé aux Pays-Bas, en Italie, en Jamaïque, et dans beaucoup d’autres pays et l’intérêt suscité par son concept a engendré une grande popularité sur Youtube. Bien sûr, on y entend les histoires bien connues de micro-agressions, de « respectability politics »*, et d’estime de soi. Mais on y parle aussi de santé mentale, d’orientation et d’expression sexuelle, de capitalisme, de véganisme, de réparations coloniales et de pléthores d’autres sujets que l’on entend peu souvent venant de la part de personnes noires.

Si ça vous intéresse, je vous conseill de regarder 3 des témoignages que j’ai le plus aimé : deux amies noires en France, un homme afroféministe venant du Royaume-Uni et une actrice noire à Londres.

Alors, qu’est-ce que c’est que d’être Noir en Europe ? Je répondrai la même chose qu’à quelqu’un qui demanderait ce que c’est que d’être Noir aux Etats-Unis : qu’il n’y a pas de réponse simple. La culture, les mentalités, les idées, les joies, les luttes des Noirs ne sont pas uniformes, elles sont diverses, ils sont nuancées, elles peuvent se rejoindre mais ne se confondent pas.

J’écris pour expliquer que l’expérience noire ne se résume pas à notre expérience personnelle. Je pense qu’il est important non seulement de discuter de ce que c’est que d’être Noir aux Etats-Unis mais aussi dans un contexte plus global. Et rappelons-nous qu’en tant que Noirs Américains, notre visibilité à travers le monde nous donnent un certain privilège. La prochaine fois que vous direz #BlackLivesMatter, regardez au-delà de l’Amérique du Nord. Quand vous penserez à la communauté noire, faites-vous violence et dépassez les limites de votre imaginaire.

Et si vous en avez la possibilité, voyagez, parlez aux gens, discutez de ces sujets. Vos yeux et votre esprit s’ouvriront bien plus que vous ne le croyez. »

*Idée selon laquelle des « minorités » ou autres groupes marginalisés doivent changer leur comportement pour être mieux considérés et traités par le groupe dominant

EDITO – Et si on explorait le corps noir ?

Depuis quelques années, on peut voir, entendre ou lire dans certains médias toutes sortes de choses sur le « phénomène nappy » en France. Depuis une dizaine d’années, on voit effectivement de plus en plus de femmes et d’hommes abandonner les pots de défrisant pour laisser leur cheveu revenir à leur état naturel. On a pu assister à des guéguerres entre les « nappex » (nappy extrémistes rejetant totalement les artifices capillaires) et les personnes continuant à modifier chimiquement la nature de leur cheveu ou à porter des mèches, des tissages et autres perruques, preuve du tiraillement entre une revendication militante pour certain.e.s et un simple souci esthétique pour d’autres. Au même moment blogueuses, vlogueuses et auto-entrepreneuses et artistes inspirées par du poil crânien made in France  émergent et continuent aujourd’hui, pour la plupart à occuper la scène française. 

L’Afro se plonge dans ces questions capillaires pour tenter d’y démêler le vrai du faux, entre légendes urbaines et réalités. Mais ne s’y limite pas.

On s’intéresse au corps noir au sens large, tête, visage, peau. Le corps noir est un corps chargé d’histoire dont il porte encore les stigmates en 2016. Tantôt fantasmé, décrié ou fièrement affiché,  le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est régulièrement l’objet de polémiques. Comme ce fut le cas en février dernier avec les lèvres de la mannequin Aamito Stacie Lagum.  Un corps dont on ne sait pas trop quoi faire, comme dans les magazines de beauté féminins, épinglé en couverture une fois dans l’année ou objet d’un hors-série. Un corps qui, de la tête au pied, peut coûter très cher, la femme noire étant celle qui dépense le plus au monde en terme de cosmétique.

Le corps noir, un sujet plus profond et complexe qu’une simple histoire de beauté donc. Un sujet riche que l’on traitera tout le long du mois de mars.

Bonne lecture !

VIDEO – Black History Month à la française en musique, une sélection de l’historien Amzat Boukari

Pour clôturer le mois de l’histoire des noirs, nous avons demandé à l’historien panafricain Amzat Boukari, auteur du livre Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme, de nous proposer une sélection de 10 titres pour célébrer le BHM version française.

Après avoir parlé figures noires marquantes du monde francophone avec Maboula Soumahoro et retenu quelques blogs français célébrant Black History Month , place pour un petit cours d’histoire en musique à travers une playlist concoctée par l’historien Amzat Boukari, docteur du Centre d’études africaines de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et auteur du livre Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme.

Tonton David, Peuples du monde (1990).

« C’est l’hymne raggamuffin qui rappelle que la génération précédente a lutté. J’apprécie la référence très significative à Marcus Garvey. »

I AM, Tam-Tam de l’Afrique (1991)

« Le texte de Shurik’n posé sur les tam-tams et les samples de Stevie Wonder et Isaac Hayes fait voyager dans l’histoire de l’esclavage avec finesse et intelligence. »

Zebda, Le bruit et l’odeur (1995)

« Zebda déconstruit le regard de borgne sur l’histoire de l’immigration. Les faussaires courent après l’original pendant que les populations visées et stigmatisées cherchent juste à s’en sortir. »

Collectif des 11’30’’ contre les lois racistes (1997)

« Un cours d’histoire du droit des étrangers par un collectif de rappeurs, un projet militant. Toujours d’actualité. »

X-Men, Retour aux pyramides (1997)

« Un extrait de la BO d’un film qui a posé l’étiquette « jeune des cités ». Un morceau assez peu connu, costaud et référencé, qui dérange, avec un appel à revenir à l’équilibre des pyramides d’Egypte. »

Edith Lefel, Apartheid (2002)

« Cette chanson contre l’apartheid composée en 1986 par le regretté Paulo Rosine est reprise par son groupe Malavoi avec Edith Lefel. Une cause parmi les nombreuses autres défendues par ces ambassadeurs d’une musique afro-caribéenne dénigrée par les médias. La preuve étant le décès d’Edith Lefel en janvier 2003, un mois après ce concert, qui a été annoncé en cinq secondes comme un banal fait divers à la fin d’un journal télévisé alors qu’elle était la chanteuse préférée d’une grande partie de la communauté antillaise. »

MC Solaar, Les colonies (2001)

« Les textes de MC Solaar sont des bijoux de conscientisation politique et sociale, des chevaux de Troie qui détournent la langue française. Le mépris subi par les Noirs en France est le reflet du dénigrement de l’histoire de l’Afrique. On a connu les colonies, on connaît actuellement une recolonisation. Un appel à la réflexion et à l’action, loin de l’excitation et de l’agitation stérile du rap contemporain. »

Casey, Chez Moi (2006)

« Tout simplement parce que c’est chez moi aussi, et qu’il s’agit de connaître et reprendre les combats menés par Frantz Fanon, Aimé Césaire, Eugène Mona et Ti Emile. La Martinique est Afrique. Une chanson anticolonialiste qui exalte la dignité d’être nègre. »

Christine Salem, Listwar (2010)

« Jouée clandestinement sous l’esclavage par les Africains de La Réunion et des îles de l’Océan Indien, la musique maloya est interdite par les autorités jusqu’au début des années 1970 pour des raisons politiques. La fin de cette chanson puissante de Christine Salem explique le problème de l’histoire et de la revendication identitaire. »

Kery James, Lettre à la République (2012)

« Kery James en a fait d’autres qui ont encore plus de sens, y compris avec Ideal J, mais cette chanson est dans l’air du temps. Elle est peut être un peu légère sur la forme, mais idéale pour lancer un débat sur l’histoire de la République. »

 

AUDIO – Le cercle de lectures afro-caribéennes vu par deux de ses créatrices, Beata et Isabelle Kanor

LITTERATURE – L’Afro a rencontré des créateurs de clubs de lecture afro pour parler livres, identités, auteur.e.s afro. Après Laurie Pézeron et son Read ! Club, c’est au tour de Beata et Isabelle de nous présenter le cercle de lecture afro-caribéen qu’elles ont monté avec deux autres femmes dans la ville de Bordeaux.

Depuis novembre 2014, le premier jeudi de chaque mois, elles organisent des discussions autour d’auteur.e.s noir.e.s. au Samovar à Bordeaux. Parmi les 4 fondatrices, 2 d’entre elles – la franco-rwandaise Beata, 36 ans, et la martiniquaise Isabelle, 47 ans- se sont confiées à la fin d’une session de leur cercle de lecture afro-caribéen. La prochaine aura lieu le 3 mars avec la première invitée depuis le début du projet : Fabienne Kanor.

Comment est né le projet 

Beata raconte sa première expérience dans un club de lecture et son amour pour les livres

Isabelle nous parle de son rapport aux livres

Comment se déroule une session

« Nous essayons de traiter de plusieurs thématiques et de souhaitons varier les genres »

Black History Month à la française : quatre sites et blogs français à retenir

VU SUR LE NET – Chaque mois de février depuis 40 ans, aux Etats-Unis et au Canada on célèbre l’histoire des Noir.e.s pendant un mois. L’Afro vous propose de (re)découvrir des blogs et sites qui se mettent à l’heure BHM made in France ou qui le sont depuis le départ.

Docs Afros

Les Docs Afros, c’est une revue qui propose un éphéméride de l’histoire des afrodescendants dans le monde depuis fin 2012. D’abord sur une page Facebook et désormais sous forme de site internet, c’est donc Black History Month tous les jours avec des résumés de faits historiques, des portraits et des suggestions de documentaires à (re)visionner sur les diasporas noires.

Une autre histoire

Claude Ribbe, l’écrivain et historien que l’on connait notamment pour son travail autour d’Alexandre Dumas (avec le documentaire Le Diable Noir adapté de la biographie qu’il a lui-même signée) a créé un site pour mettre en avant des histoires oubliées du monde noir qui existe depuis 3 ans.

Oh Shit

Pour le Black History Month, le blog apporte sa contribution avec des articles résumant l’histoire des Africains de France ou encore la place du rap dans les musiques noires pour commencer, avec encore plus de contenu prévu pour le reste du mois.

Afrofeminista

Le blog, « une plateforme d’expressions et de réflexions sur les problématiques liées au genre en Afrique et dans la diaspora », a décidé de jouer le jeu du hashtag #BlackHerStoryMonth lancé sur Twitter pour rendre hommage aux femmes noires qui ont fait l’histoire. L’occasion de découvrir les parcours de la militante sénégalaise Aoua Keïta et de la pionnière de la lutte des droits civiques au Canada Viola Desmond.