#unjourunacteurafrofrançais #43 : Jackee Toto

TROMBINOSCOPE – Parce qu’on n’en peut plus d’entendre que les comédien.ne.s noir.e.s en France sont invisibles, qu’on n’en connaît peu, que si, que là… on a décidé d’en présenter un, brièvement, tous les jours. Aujourd’hui : Jackee Toto.

Invisibles, les comédien.ne.s afrofrançais.e.s ? Pendant que nous nous demandons si nous sommes capables d’en citer plus de cinq, les artistes s’affairent dans les écoles de formation, les bureaux de casting, sur les plateaux de cinéma, les planches.

Loin de nier la ligne de couleur qui règne au théâtre, au cinéma, à la télévision et malgré des améliorations, nous voulons les mettre en valeur, comme d’autres avant nous, justement parce qu’il peut être difficile de savoir où /quand on peut les voir.

Vous trouverez ici chaque semaine le nom et la photo d’un.e comédien.ne noir.e, sa date de naissance, les productions marquantes dans lesquelles ille a joué, son dernier rôle. Aujourd’hui : Jackee Toto.


On a vu principalement Jackee Toto à la télévision et au cinéma, mais il a également interprété quelques rôles au théâtre notamment en 2012 dans la pièce Andromaque m’a tuée, montée par Naïs El Fassi ou plus récemment, en 2015, dans une mise en scène par Yohann Manca des Radeaux de Christian Siméon.

Sur le petit écran, il a joué dans la série R.I.S – Police scientifique en 2012. L’année précédente, il s’était retrouvé dans le programme court La Vie secrète des jeunes de Riad Sattouf, comme William Lebghil – Soda, Les Beaux gosses…- ou encore Hedy Bouchenafa -vu notamment dans En passant pécho-.

En 2015, Jackee Toto est Pierre dans Patries de Cheyenne Carron. En 2016, il retrouve William Lebghil dans La Fine Equipe, qu’ils forment avec  Annabelle Lengronne, Doudou Masta ou encore Raph Amoussou, réalisé par Magaly Richard-Serrano.

En 2017, Jackee est à l’affiche du nouveau Toledano et Nakache, les réalisateurs d’Intouchables, aux côtés de Jean-Pierre Bacri et Eye Haïdara entre autres. Ce film est sorti le même jour qu’Happy End de Michael Haneke, au casting duquel on trouve l’acteur, donc, mais aussi Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant ou encore Matthieu Kassovitz.

Vous n’avez pas fini de le voir car Jackee sera dans le prochain film de Pierre Salvadori, Remise de peine. Il jouera aux côtés de valeurs sûres du cinéma français telles Audrey Tautou – Le Fabuleux destin d’Amélie Poulain, Da Vinci Code…, Adèle Haenel -Naissance des pieuvres, 120 Battements par minute…, ou encore Pio Marmaï, Le Premier jour du reste de ta vie… .

(Crédits photo : D.R. )

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#unjourunacteurafrofrançais #41 : Alassane Diong

TROMBINOSCOPE – Parce qu’on n’en peut plus d’entendre que les comédien.ne.s noir.e.s en France sont invisibles, qu’on n’en connaît peu, que si, que là… on a décidé d’en présenter un, brièvement, tous les jours. Aujourd’hui : Alassane Diong.

Invisibles, les comédien.ne.s afrofrançais.e.s ? Pendant que nous nous demandons si nous sommes capables d’en citer plus de cinq, les artistes s’affairent dans les écoles de formation, les bureaux de casting, sur les plateaux de cinéma, les planches.

Loin de nier la ligne de couleur qui règne au théâtre, au cinéma, à la télévision et malgré des améliorations, nous voulons les mettre en valeur, comme d’autres avant nous, justement parce qu’il peut être difficile de savoir où /quand on peut les voir.

Vous trouverez ici chaque semaine le nom et la photo d’un.e comédien.ne noir.e, sa date de naissance, les productions marquantes dans lesquelles ille a joué, son dernier rôle. Aujourd’hui : Alassane Diong.


On a vu principalement Alassane Diong à la télévision et au cinéma.

En 2016, il a joué dans la série Héroïnes d’Audrey Estrougo et dans la saison 2 des Grands, aux côtés de Rébecca Chaillon, à venir sur OCS.

En 2017, il sera à l’affiche de pas moins de trois films, dont Sous le même toit, réalisé par l’ex-Nul Dominique Farrugia, Fleuve Noir d’Erick Zonca et de 25 novembre 2007.
Ce film, réalisé par Jean-Luc Baptiste et d’Aziza Sadky est une fiction au coeur des révoltes urbaines, et comment elles touchent différents protagonistes, du corps policier aux habitant.e.s.  Le sous-titre de 25 novembre 2007 : Le Silence n’est pas un oubli. On en reparlera pour sûr !

(Crédits photo : Julien Torres )

#unjourunacteurafrofrançais #39 : Ahmed Sylla

TROMBINOSCOPE – Parce qu’on n’en peut plus d’entendre que les comédien.ne.s noir.e.s en France sont invisibles, qu’on n’en connaît peu, que si, que là… on a décidé d’en présenter un, brièvement, tous les jours. Aujourd’hui : Ahmed Sylla.

Invisibles, les comédien.ne.s afrofrançais.e.s ? Pendant que nous nous demandons si nous sommes capables d’en citer plus de cinq, ces artistes s’affairent sur les plateaux de cinéma, les planches.

Loin de nier la ligne de couleur qui règne au théâtre, au cinéma, à la télévision et malgré des améliorations, nous voulons les mettre en valeur, à la suite d’autres, justement parce qu’il peut être difficile de savoir où et quand illes jouent.

Vous trouverez ici chaque semaine le nom et la photo d’un.e comédien.ne noir.e, sa date de naissance, son premier film, les films marquants dans lesquels ille a joué, son dernier rôle. Aujourd’hui : Ahmed Sylla.

Ahmed Sylla est né en 1990.

Le comédien se fait remarquer  à la télévision dans l’émission On ne demande qu’à en rire où il présente des sketchs de 2011 à 2013. Sur petit écran, il apparaît dans des épisodes de la série Alice Nevers, le juge est une femme (entre 2013 et 2015).

En 2012, il présente son premier one-man show, À mes délires suivi trois ans plus tard, de son second spectacle, Ahmed avec un grand a.

Ahmed Sylla fait ses premiers pas au cinéma dans le film Goal of the dead de Thierry Poiraud, aux côtés d’Alban Lenoir,  Charlie Bruneau et Tiphaine Daviot en 2014. Il tient cette année le rôle principal L’Ascension de Ludovic Bernard, inspiré de l’histoire vraie du journaliste Nadir Dendoune qui a gravi l’Everest, relaté dans son livre Un tocard sur le toit du monde. 

Il est actuellement sur le tournage de la comédie Christ-off de Pierre Dudan, avec Philippe Latreau, Élodie Fontan et Bernard Le Coq.

(Crédits photo : Alun[be] photography)

EXCLU – Shirley Souagnon sera à l’affiche de la première édition de la Brown Sugar Comedy

DIVERTISSEMENT- Après le cinéma, l’équipe Brown Sugar Days se lance dans l’humour avec le Brown Sugar Comedy qui se déroulera à Bobino lundi 16 janvier. Une suite logique quand on sait que des humoristes tels que Phil Darwin, Fary ou encore Jean-Claude Muaka sont montés sur la scène du Grand Rex pendant le festival de films afro-américains. Rencontre.

Ils remplissent le Grand Rex depuis 2015 en programmant des films afro-américains exclusifs ou français, comme Le Gang des Antillais lors de la dernière édition. Lundi 16 janvier, l’agence AK-A met à l’affiche des humoristes afrofrançais à Bobino et c’est déjà complet. Pourquoi l’humour, la place des femmes… On a voulu en savoir plus sur les coulisses de leur événement à guichets fermés.

Comment est née l’idée d’organiser un événement autour de l’humour afro au sein du festival de l’humour à Paris ? 
Nous avons dès le départ intégré l’humour à notre festival Brown Sugar Days car avant tout, l’idée est d’offrir une journée d’entertainment. Nous avons été approché par le festival d’humour de Paris et on s’est dit « GO » !
Depuis quand travaillez-vous sur ce projet ? 
Tout s’est fait assez rapidement. On va dire que le projet mûrit depuis l’avant-dernière édition de BSD.
On ne peut s’empêcher de penser au Jamel Comedy Club. Avez-vous pensé à collaborer avec à un moment donné ? 
Honnêtement, nous n’avons pas pensé à collaborer. Jamel, c’est un autre niveau, nous on continue à creuser notre petit sillon humblement.
Comment a été pensée la programmation ? 
On s’est appuyé sur l’ensemble des humoristes qui ont fait des passages à BSD et on a tenté notre chance auprès d’autres comme Kevin Razy ou Waly Dia.
Est-ce que la présence de Jean-Claude Muaka lors des Brown Sugar Days de 2016 était un test pour le 16 janvier 2017 ?
Non, pas vraiment. On le suivait depuis un moment.
Il y a pas mal d’humoristes déjà connus notamment du public afrofrançais dans la programmation. Est-ce une volonté uniquement pour la première édition de ne pas mettre à l’affiche davantage d’amateurs ?
L’objectif de BSC est de faire découvrir des talents installés ou moins installés. Nous trouvons que c’est un pari pas trop mal réussi pour cette première édition.
Il n’y a pas beaucoup de femmes dans la programmation. Pourquoi ?
Exclu, on vous annonce qu’une deuxième arrive : Shirley Souagnon sera aussi à BSC !
Vous vous faites une spécialité de remplir de grandes salles parisiennes. La date du 16 a rapidement affiché complet. Est-ce que vous vous y attendiez ?
Nous ne nous attendions pas à remplir la salle de Bobino en 2 semaines ! Une vraie belle surprise  !
Comptez-vous proposer d’autres événements de ce type dans l’année ? 
On a plusieurs idées… Rien de concret pour l’instant mais vous serez tenu informées 😉

SÉRIE – Pourquoi c’est important de regarder « Insecure » d’Issa Rae (quand on a OCS)

TÉLÉ – L’Afro a pu voir les premiers épisodes en exclusivité d’Insecure, la nouvelle série créée et interprétée par Issa Rae diffusée dimanche 9 octobre sur HBO (Girls…)   et lundi 10 octobre sur OCS. Ce projet a une histoire, débutée sur Youtube en 2011. On vous la raconte.

Noire et nerd, c’est le parfait point de départ qu’a choisi Issa Rae, une comédienne américaine pour écrire et jouer dans The Misadventures of  Awkward Black Girl, sa série diffusée sur Youtube en 2011. Vingt millions de vues plus tard, le projet a atterri sur HBO et s’appelle Insecure. Même si on n’y aime pas tout, on vous dit pourquoi on a apprécié regarder les premiers épisodes.

The Misadventures of  Awkward Black Girl, c’était l’histoire de J., que joue Issa Rae, qui a également écrit le scenario. « Je suis maladroite et je suis noire. Quelqu’un m’a dit un jour que c’était les deux pires choses que l’on puisse être », dit l’héroïne dès le début du premier épisode. On suit J. dans sa vie d’Afro-américaine moyenne. J. qui se fait larguer par son mec, qui se rase le crâne à la suite de cela, -qui « big chop » comme on dit chez les « nappys »- J. dans son boulot de téléprospectrice pour une entreprise qui vend le nécessaire pour se nettoyer le colon, J. avec ses collègues tous plus ridicules et/ou détestables les un.e.s que les autres.

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Coucou la bonne ambiance

Il y a celui qui parle tellement bas qu’il est inaudible, l’emmerdeuse de première et la cheffe, cerise sur le gâteau, une sorte de Rachel Dolezal, incarnant à merveille le cliché de l’amoureuse de la culture africaine-américaine, n’hésitant pas à arborer d’horribles tresses et à ponctuer ses conversations avec J. de « girlfriend » et autres « sister ».

Coucou les nattes couchées qui marquent mal
Coucou les nattes couchées qui marquent mal

Et la meilleure défense de l’héroïne pour tenir dans cet environnement, c’est l’agressivité passive à coup de rap énervé mais totalement awkward.

Insecure : du droit d’être noire et nerd

Issa Rae a débuté le projet alors qu’elle n’était pas encore diplômée, avec de petits moyens : une équipe de 12 personnes, dont sa meilleure amie – à qui elle apprend à tenir une caméra- et son petit frère – enimaL, rappeur et producteur de la majeure partie de la musique de la websérie. Très vite, l’awkward black girl devient un phénomène sur la toile : la seconde saison est hébergée sur la chaîne Youtube de Pharrell Williams, iamOther et l’ensemble des épisodes des deux saisons totalisent plus de 20 millions de vues à ce jour.

Quand on ne se sent pas représenté.e, on s’en charge soi-même.  C’est ce qu’a fait Issa Rae ; écrire, jouer et réaliser The misadventures of awkward black girl, c’est l’opportunité de se retrouver dans un personnage féminin noir autre que la noire énervée ou la croqueuse d’hommes pour ne citer qu’eux.
Le personnage de J. a diverses facettes, à l’image d’Issa Rae qui avoue « être coupable d’aimer les téléréalités », adorer les délires « ratchet », être fan de Seinfeld et de Donald Glover, qui a contribué à remettre au goût du jour l’image du noir nerd à la télévision par exemple dans le sitcom Community et que l’on connaît aussi comme rappeur sous le nom de Childish Gambino. Ce dernier apparaît d’ailleurs dans l’un des épisodes de la websérie.  J. n’est pas particulièrement sexy, elle n’est pas sous ou surdiplômée mais c’est une « average girl » cherchant l’amour, voulant se faire une place dans la société, s’épanouir professionnellement. Enfin, un personnage normal et marrant qui lui ressemble … et auquel on peut aussi s’identifier  !

Changements locaux pour la version HBO

HBO comprend qu’il y a du potentiel en 2014.

Ce contrat avec la chaîne américaine, c’est un tour de force quand on sait à quel point il est difficile de vendre un concept à une chaîne de télévision. Elle avait notamment été approchée par Shonda Rhimes en 2013 pour réaliser le pilote d’une des Issa Rae productions,  I hate L.A. dudes qui n’a finalement jamais abouti. Mais pour que The Misadventures of awkward black girl, rebaptisé sur le petit écran Insecure voit le jour, il aura fallu près de deux ans de travail, comprenant de nombreuses phases de réécriture.

Dans Insecure, Issa, qui porte son propre nom, est en couple depuis plusieurs années avec un homme qui a du mal à monter sa propre entreprise. Alors qu’elle s’ennuie, elle reprend contact avec son « what if guy », soit celui avec qui il ne s’est jamais vraiment rien passé et qui lui fait se demander ce que serait sa vie si elle s’était mise avec lui.

Dans une interview donnée à CNN, Issa Rae affirme que le rôle qu’elle campe est celui de celle qu’elle serait si elle ne savait pas ce qu’elle voulait faire. Elle a également insisté sur le fait que ce récit n’a aucunement la prétention de représenter la femme noire par excellence mais qu’il s’agit d’une expérience spécifique. Encore une fois, elle démontre la nécessité d’une variété dans les narrations, les façons de les écrire et de les montrer. Les contraintes du format TV -format d’environ 30 min, rythme, le casting vendeur- ont entraîné des changements dans l’oeuvre originale web.

Du renouveau à la télévision américaine ?

Issa Rae a lancé son projet « Color Creative » en 2013, une plateforme visant à « augmenter les chances des auteurs de télé femmes et issus de minorités, de montrer et de vendre leur travail, à la fois au sein et en dehors du circuit classique des studios (…) en formant les futures créateurs et auteurs-producteurs qui aideront à changer le paysage télévisuel. » Si on peut saluer l’initiative, tout n’est pas parfait. La plupart de ses collaborat.eur.ices sont des personnes déjà plus ou moins installées dans le monde de la télévision si hollywoodien, à l’instar de Larry Wilmore qui officie dans le « Daily Show » de Jon Stewart et de Natasha Rothwell qui écrit pour le « Saturday Night Live » et joue dans la série Netflix The Characters.

Côté réalisation, on retrouve Melina Matsoukas qui a  réalisé des clips pour Rihanna (« We found love »-pour lequel elle a gagné un Grammy-, « You da one »), Solange (« Losing You »), Beyoncé (« Pretty Hurts », « Diva », « Formation »), Kevin Bray qui a également fait dans les music videos pour Brandy (« Have you ever, Almost doesn’t count) ou encore Whitney Houston (« Your love is my love ») et désormais dans la série TV avec Suits, sans oublier Cecile Emeke et avec Raphael Saadiq et Solange pour une direction musicale au top. Des personnalités pas tout à fait mainstream, mais influentes et installées dans leur domaine.

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Issa et sa BFF Molly dans Insecure

C’est peut-être dans le casting que l’effort de mettre en valeur plus de comédien.ne.s non-blanc.he.s sans trop d’exposition se voit le plus, on aperçoit plusieurs comédien.nes de chaînes Youtube que l’on suit comme Rome et Chaz, deux des six colocataires humoristes de « Dormtainment », enimaL et d’autres qui jouaient dans The « F » word, websérie réalisée par Issa Rae sur la vie d’un groupe de rap un peu à la ramasse qui essaie de percer.

Insecure et awkward black girl : pas le même combat

La grosse déception, c’est surtout la disparition du duo original que formaient J. et son amie indienne Cece, interprétée par Sujata Day, au summum de l’awkwardness,  au profit du tandem Issa et Molly. Cette dernière est l’archétype de la femme noire éduquée, au top de sa carrière mais qui galère pour se caser. Un air de déjà vu dans la série Being Mary Jane ou encore le film Think like a man. Le pire : la talentueuse Sujata Day devient un simple personnage secondaire. Dommage.

Reste que la série est drôle, même s’il nous manque un peu d’awkwardness. On est en tout cas contentes de voir que la volonté d’Issa Rae de montrer d’autres femmes noires différentes sur petit écran, a porté ses fruits. Et c’est fort et symbolique, à l’heure où Girls, l’autre série phare de HBO, créée et interprétée par Lena Dunham s’arrête définitivement après six saisons et de nombreuses polémiques autour de la représentation ou plutôt la non-représentation des femmes non blanches.

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On continuera à la suivre, en espérant qu’elle puisse développer encore d’autres récits, toujours proches de la réalité, avec une touche de fantaisie et surtout avec son humour particulier. Et que d’autres puissent apporter leur pièce à l’édifice également, qu’ils débutent sur le net ou pas.