#Fraicheswomen2017 n°7 : Aset Malanda, auteure engagée

« En ce moment, je travaille sur mon troisième livre ainsi que sur une web-série dans lesquels je vais aborder des thématiques telles que le colorisme »

ECRITURE – Vous la croiserez dans bon nombre d’événements où les Afrodescendant.e.s vont volontiers. Mettant une main à la pâte dans l’organisation, participant le sourire aux lèvres, actrice et spectatrice. Elle a gagné le respect de ses pairs en écrivant Les Etoiles noires de Nollywood, devenu l’ouvrage de référence sur l’industrie du cinéma au Nigéria en 2014. Ce livre, comme bien des projets dans lesquels s’investit Aset, met en lumière le dynamisme des Africain.e.s -et aussi le sien ?- ; le prochain, politique, portera sur le colorisme. On manque de travaux sérieux sur ces sujets.

Comment définissez-vous votre travail ?

Je définis mon travail comme étant la somme de mes expériences de vies, de l’Afrique noire à la France. En ce moment, je travaille sur mon troisième livre ainsi que sur une web-série dans lesquels je vais aborder des thématiques telles que le colorisme… Je tiens mon inspiration des personnes qui m’entourent, de la société dans laquelle je vis et surtout de l’Afrique.

Retrouvez l’édito photo et toutes les #fraicheswomen réunies

A-t-on essayé de vous décourager ou au contraire vous avez été choyée, portée dans votre entreprise ?

Des amis et surtout la famille ont dit et fait tout ce qu’ils pouvaient pour me décourager en me disant de retourner à des activités plus « ordinaires » comme secrétaire au lieu d’écrire des livres que personne ne lirait, que je me prenais vraiment la tête pour rien avec mes histoires de noir.e.s…, bref d’aller chercher du travail comme madame et monsieur tout le monde. Un membre de la famille disait : « Passe le concours d’infirmière, comme ta mère, tu auras la sécurité de l’emploi. »

Aset Malanda crédits Noella L

Mon entourage avait peur pour moi car il considérait que ma situation était précaire, que je n’avais pas conscience des réalités. Comment, selon eux, je pouvais tranquillement percevoir mes droits Assedic tout en écrivant mon livre et avoir des activités militantes ?

Quand vous êtes-vous sentie auteure ?

Lors de la finale du concours miss waouw fondée par Miss Mahop, responsable communication chez Ubiznews, -la chaîne fondée par le journaliste Amobe Mevegue-, le rappeur et producteur Passi m’a attendu à la fin de l’évènement pour me féliciter pour la qualité et la pertinence de mon livre Les étoiles noires de Nollywood. Il a tout fait pour que je sois inviturée au salon du livre porte de Versailles en tant qu’auteure en dédicace. J’étais honorée.

Quelle est votre principale source d’inspiration ?

Ma principale source d’inspiration reste l’Afrique, sa complexité et sa beauté. Mon entourage, ma famille et mes ami.es  m’inspirent aussi chaque jour, en me racontant des histoires folles, des anecdotes et j’adore ça parce que cela contribue à faire grandir mon imagination. Les grandes figures de femmes influentes telles que Chimamanda Ngozi Adichié me stimulent et augmentent ma confiance dans mon processus de création. Ces dernières années la condition des noir.es en France me préoccupe et m’inspire forcément.

EDITO – #Fraicheswomen : Black girls rock in France !

À quand une marque, un média, des entreprises FUBU ? La question revient souvent. Des femmes afrofrançaises qui font des choses, il y en a. Dans le milieu associatif, en politique, dans la mode, au théâtre … Certaines sont même totalement dans l’ombre, quand leur métier le requiert ou parce que ce qu’elles font, ce qu’elles sont, n’existe financièrement, politiquement, médiatiquement, que difficilement dans notre bonne société française.

2017 a été une année particulièrement riche en événements : la deuxième édition du festival Black(s) to the future, l’arrivée du média nothingbutthewax, d’Ouvrir La Voix, le film choral d’Amandine Gay, en salles -qui va cartonner-, le documentaire Mariannes Noires de Mame-Fatou Niang,  la diffusion toujours plus importante du guide de l’Afrique à Paris Little Africa par Jacqueline Ngo Mpii, la création par la journaliste Cathy Thiam et l’artiste Serge Kponton de Sheroes TV, 30 Nuances de Noir.e.s, le beau projet de fanfare afroféministe de la chorégraphe Sandra Sainte Rose…

Bonne nouvelle : ces initiatives, pensées, portées par des femmes ou autour des femmes, sont loin d’être les seules à exister.

Non, elles ne brossent pas toujours dans le sens du poil. Oui, elles sont importantes et contribuent à changer les choses.

Nous avons donc décidé de réunir neuf femmes, aux parcours et personnalités différents. On suit leur travail, on nous en a parlé en DM, on les a vu à la télé, sur la toile, en étant de sortie à Paris… Nous avons fini par les contacter, elles étaient disponibles, ont bien voulu nous faire confiance, avaient juste envie d’en être.

Et les voilà, toutes réunies.

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De gauche à droite, en hauteur : Maroussia Pourpoint, Penda Diouf, Anaïs Durand Munyankindi, Aset Malanda, Clarence Kopogo et Aïssé N’diaye. De gauche à droite, par terre : Marina Wilson, Manon Ahanda et Danièle Obono / crédits : Noella L IG : @noellal

On a voulu cette photo de famille, ce cliché façon rentrée pour célébrer ces femmes qui font plus que « représenter » dans leurs domaines respectifs. Que ce soit en politique -Danièle Obono-, dans le monde de la gastronomie- Clarence Kopogo-, dans l’industrie créative -Marina Wilson-… Des femmes afrodescendantes aux talents et savoirs -(faire) multiples qu’il faudra suivre, parce qu’elles sont là pour longtemps.

Maroussia, Aïssé, Penda … certaines se connaissaient, d’autres se sont rencontrées pour la première fois le jour de la séance photo. Le shooting a été aussi l’occasion pour elles de se parler, de nouer des liens -enfin elles pourront mieux le dire que nous-, en quelques heures de sororité et de simplicité.

Nous vous proposons de découvrir tous les jours dès mardi le portrait d’une d’entre elles. Oui, on espère que suite à cette première édition, d’autres suivront pour vous présenter de nouvelles #fraicheswomen, très bientôt.

Adiaratou et Dolores, L’Afro team

Pourquoi L’Afro ? 

Merci à elles de nous avoir fait confiance  :

Manon Ahanda

Penda Diouf

Anaïs Durand Munyankindi

Aset Malanda

Aïssé N’diaye

Danièle Obono

Maroussia Pourpoint

Clarence Joséphine Volta

Marina Wilson

Un grand merci à Noëllal la photographe qui a permis de donner forme à ce projet que nous avions en tête (à suivre sur son Instagram) et au bar Monsieur Zinc à Odéon qui nous a chaleureusement accueilli et laissé utiliser son bel espace (à retrouver sur Instagram et Facebook).