PORTRAIT – La nuit de… Marina Wilson, digital brand manager pour Afrostream le jour, DJ Cheetah la nuit

crédits : Lons Anydi
SOIREE -Elle sera aux platines pour  le lancement -que nous saluons- du média musical Afrovibes. On s’est mis dans les pas de Marina Wilson aka DJ Cheetah.

 « Je m’appelle Marina, j’ai 27 ans. Je travaille pour Afrostream en tant que digital brand manager. Je dois développer l’image de la marque auprès du grand public. Mais sinon, je suis Cheetah quand je mixe. Pas comme la guenon de Tarzan, hein ! J’ai choisi ce nom parce que ça veut dire guépard en anglais et c’est l’animal le plus rapide de la savane ; j’aime le concept d’aller vite, apprendre vite et j’aime bien comment ça sonne.


Je vis à Paris mais je viens du Cameroun, où j’ai vécu jusque mes 21 ans. Puis je suis venue en France pour faire mes études.


 Je fais la musique depuis un moment. Je suis dans le beatmaking depuis 2007, j’ai participé à des battles. Je suis DJ – le mot ne me dérange pas d’ailleurs !- depuis cinq mois environ. C’est une envie que j’avais depuis longtemps que je commence un peu à concrétiser. Tant que ça n’empiète pas sur mon activité principale, je ne me vois pas arrêter.

« Être une femme noire peut être un frein mais quand tu es douée, ça ne trompe pas ! »

Ma soirée idéale commence à 20h jusqu’au matin ; je mixe, fais de la vidéo, du beatmaking, danser et surtout , surtout rigoler parce que sans ça, c’est mort !

Dans mes sets, je mixe principalement du hip hop, mais surtout des classiques de la musique africaine (coupé décalé, afrobeat) , du hip hop africain également sud-africain, ghanéen, ivoirien, gabonais et camerounais) ; c’est primordial pour moi. J’ai les deux yeux sur la scène musicale africaine, j’adore la dynamique de la musique urbaine africaine pour ce qu’elle apporte de différent. Je passe aussi du baile funk brésilien. J’ai une grosse affection pour les remixes de morceaux populaires ; j’adore partager ces nouvelles versions et surprendre le public. Pour mixer, ça se joue beaucoup au contact, j’ai principalement évolué dans des réseaux hip hop et afro, en accord avec mes goûts musicaux. J’ai notamment mixé tout le mois d’août pour le festival Black Movie Summer ou pour le collectif Paris Loves US (P.L.US) qui est plus axé urbain et hip hop.


Être une femme noire peut-être un frein dans le sens où il faut prouver deux voire trois fois plus que les autres ce qu’on vaut. Mais au final, quand tu es doué.e, ça ne trompe pas ! Bosser dans la musique est une passion couplée à un business, donc si la personne en face ne veut pas faire du business avec moi, je vais voir ailleurs. En tant que DJ je n’ai rien vécu de négatif en ce sens. Dans mes autres activités liées à la musique, les expériences désagréables sont plus axées sur le fait que je sois une femme tout court – dédicace à mes amis machos lol ! -.

 


Je  ne prends pas trop les réseaux sociaux au sérieux. C’est une bonne manière de m’amuser de raconter des blagues plus qu’autre chose. Mon mot d’ordre c’est de travailler tout en s’amusant !

Pour suivre toutes les soirées et projets de Marina qui a un projet d’afterwork , des collaborations avec des artistes dans le beatmaking et une petite ligne de t-shirts en préparation, connectez-vous sur ses réseaux sociaux.
Publicités
Citation

PORTRAIT – La nuit de… Kendra Yukiji des Girls Do It Better

SOIREE -À la tête du collectif exclusivement féminin Girls Do It Better, qui organise sa « Xmas Party » le 12 décembre au Comedy Club à Paris, Audrey aka Kendra Yukiji, slasheuse qui se dit afroféministe parle de son quotidien derrière les platines avec son squad.

MISE A JOUR : Audrey-Kendra a ajouté une corde à son arc en sortant le titre « Brown Sugar », un titre aux accents r’n’b, aux côtés de deux des membres de son collectif Girls Do It Better. NxxxxxS est à la prod ; le titre figure sur son EP Market Crash, sorti début novembre sur Orfèvre, le label du rappeur tout juste retraité Espiiem.


 « Je m’appelle Audrey, j’ai 26 ans, mais ceux qui viennent aux soirées de mon collectif Girls Do It Better, fondé il y a deux ans, me connaissent aussi sous mon nom de scène, Kendra Yukiji. Le but : réunir les filles avec qui je bossais déjà pour faire évoluer nos projets toutes ensemble, de manière officielle, sous un seul nom, qu’on voulait un peu insolent,-à notre image-, et qui glorifierait les femmes.IMG_0374


J’ai grandi dans le nord, à Roubaix, près de Lille. J’ai toujours fait de la musique, je me suis cherchée pendant des années et je pense m’être enfin trouvée : je mixe dans des soirées. Ne m’appelez pas Djette, je déteste ce terme !


 J’ai la chance de me produire beaucoup dans de gros clubs, à Paris, la ville où je suis née, depuis un an. Samedi, on sera au Comedy Club et on a prévu plein de surprises : un genre de soirée idéale en perspective, avec mon mec, mon entourage et notre public en club à mixer une bonne partie de la nuit !
image1

Je ne considère pas que je suis pleinement DJ mais je bosse pour avoir ce statut un jour.  Ce n’est pas facile ; il faut beaucoup travailler, proposer une performance à la hauteur des clubs qui nous accueillent. On a un public de gens jeunes, modernes et vraiment très cools, de Paris ou d’ailleurs, qui évolue souvent dans le même réseau média/RP/mode/lifestyle parisien que nous. Samedi d’ailleurs, avant la soirée, je viderai mon dressing avec une floppée de blogueuses mode, mon ancienne activité. J’ai eu la chance d’être bien entourée à mes débuts, ce qui m’a donné l’opportunité de jouer à l’étranger : je remercie le Seigneur chaque jour LOL  !


« Être une femme noire n’a jamais été un problème dans ce milieu pour moi »


Dans mes sets, je passe 40% de hip-hop US, 30% de rap français, 20% de futurebeats/grime et 10% d’afrobeat. Je ne connais pas de site spécialisé pour choper des sons africains, du coup ça m’arrive de jouer des classiques, surtout ces derniers mois ! J’aime beaucoup l’afrobeat alors j’en profite pour le mélanger avec des vrais sons de chez moi, -mes parents sont d’Abidjan en Côte d’Ivoire-, ou d’ailleurs en Afrique ! J’ai hâte d’y retourner cet été… Frères, oncles, tantes, cousins, cousines, bref, une bonne partie de ma famille vit à Abidjan.



Être une femme noire n’a jamais été un problème dans ce milieu pour moi, même si je sais que ça peut être difficile pour certains artistes. Sauf une fois, dans un club dont je tairai le nom et qui ne s’attendait pas forcément à ce que je joue vraiment, du rap français en plus. On nous a prises pour « les danseuses » toute la soirée : le fiasco ! L’image que les gens ont parfois des femmes noires, qui seraient des sauvages, des grandes gueules, juste bonnes à danser… me dépasse.


Les réseaux sociaux sont un bon moyen de me connaître. C’est important de montrer quand je suis à la cité avec mes amis, quand je sors pour découvrir des artistes qui peuvent me donner envie de les programmer. J’ai envie d’y montrer ce qui m’inspire vraiment au quotidien. »

Pour suivre les événements du collectif pour 2016, connectez-vous sur la page Facebook des « Girls ».

PORTRAIT – La nuit… de Yannick Do, fondateur de 97% Africa

Yannick Do ©HLenie
Yannick Do ©HLenie

CLUBBING – Yannick Do nous a expliqué le concept de 97% Africa, la soirée qu’il organise de manière irrégulière le plus souvent à la Favela Chic (Paris 11e).

« Aussi bizarre que cela puisse paraître, je connais mal la scène afro-parisienne ! Je vais surtout dans les soirées dans lesquelles je mixe, comme les Yard ou la mienne, 97% Africa. Je l’ai créée en 2011, moins pour gagner de l’argent que pour me divertir. Je ne me retrouvais pas dans l’offre clubbing afro qui existait, trop « ambiance de papa », sauf dans les Groove Deluxe, où DJ VR, que je respecte, passait déjà de la musique ivoirienne.
Puis, je m’étais rendu compte que beaucoup de gens autour de moi ne connaissaient pas les musiques africaines, tellement nombreuses et riches mais pas assez diffusées à la radio, à la télé. Je voulais faciliter la tâche aux clubbers curieux et leur donner envie de découvrir plus.

Paris est un melting-pot. Je souhaitais des soirées qui ressemblent à ma génération.

J’ai grandi en France avec la soukouss, la rumba, le high-life et gamin, chaque été, je retournais au Togo, le pays de mes parents. 97 % Africa est née comme ça mais l’idée n’est pas de faire un copié-collé de ce que font les DJs au pays, -je n’oublie pas que nous sommes en France-, où je vais au moins une fois par an pour écouter de nouveaux sons et me ressourcer.
Dans mes sets, je joue 97 % de tubes actuels d’Afrique de l’Ouest, du Koffi Olomidé, du Davido, Extra Musica ; imparables. Les 3 % restants, c’est hip-hop et autres pour varier, ne pas me saouler, ni saouler les gens. Pas de régularité, je mixe quand j’ai envie, pour garder le plaisir et faire ça bien.
Pour rentrer, il suffit de venir comme on est ! Personne ne se fait recaler. C’est entrée libre, y a pas de système de bouteilles, ça enlève la pression à plus d’un fêtard.

Mes soirées brassent large, du directeur marketing d’une marque à Sonia Rolland au mec de cité.

Ce n’est pas un truc d’intello, ni de Noirs en mode « on marche entre nous ». Le but de ma démarche, c’est que jouer des musiques africaines devient une évidence au même titre que du rap ou de l’électro. Plus on est nombreux à organiser des soirées de ce genre, plus les DJs en joueront dans leurs sets, mieux les musiques africaines se diffuseront : c’est mon seul souhait ! ».

Pour guetter les prochaines dates sur son Instagram : @doyannick

Initialement publié sur  Afriscope / Africultures

BONUS :