TRIBUNE – « Racism or Just French ? », quand une américaine d’origine coréenne s’interroge sur le racisme en France

Auteure et fondatrice du blog Les Lolos, où elle parle de ses découvertes parisiennes, de sa maternité, et du fait d’être une femme en général, Maggie Kim-Bunuel vit à Paris depuis 9 ans, après avoir quitté New-York par amour. Américaine d’origine coréenne âgée d’une quarantaine d’années, elle est mère de deux enfants, ce qui l’a poussé à adresser les problématiques liées au racisme à travers une série d’articles dont le premier publié sur son blog.

Dans le premier épisode de la série « Racism or Just French? », Maggie Kim-Bunuel s’est intéressée au monde la publicité à travers une campagne lancée par Monoprix, confondant différentes cultures asiatiques, faisant de l’Asie non plus un continent mais un pays. Elle y explique l’impact que ce secteur peut avoir au quotidien sur le racisme ordinaire en perpétuant des clichés.

L’article « Racism or Just French ? Monoprix » a été initialement publié en anglais sur le blog Les Lolos, à retrouver en version originale ici.

Est-ce du racisme ou est-ce juste français ? Le cas Monoprix

En tant que femme américaine de couleur, je remarque de diverses façons que ce pays est à la traîne au niveau de la conscience du racisme et de son caractère sensible. Par exemple, mon fils a appris à l’école maternelle une chanson qui s’intitule « Les petits Chinois« . Voilà ce que donne en gros les paroles : « Les petits Chinois sont comme toi mais bon, ils ne sont pas vraiment comme toi parce qu’ils font des trucs exotiques et bizarres comme rêver de dragons, porter des tongs dans les rues de Hong Kong et ils dessinent leur langue au lieu de l’écrire ». (N.B : j’ai pris quelques libertés artistiques avec les paroles).

Alors que cette chanson semble être un classique français des comptines pour enfants, est-ce que les professeurs la remettent en contexte ? Est-ce qu’ils expliquent aux élèves que les enfants chinois portent désormais des baskets et sont conduits en voiture à l’école (et non plus en vélo), en particulier dans la Chine moderne ? Se rendent-ils compte à quel point cette chanson est stigmatisante ? Si vous dites à un enfant âgé de 4 ans en utilisant un rythme entraînant que ça, c’est la Chine, ne va-t-il pas grandir en croyant que c’est vrai jusqu’à ce qu’on lui explique que ce n’est pas le cas ? Et qui va le lui expliquer ? Je n’ai pas encore décidé si j’allais dire à l’école ce que j’en pense, mais comme j’ai passé deux paragraphes à râler, je devrais probablement le faire.

Ce qui m’amène à notre nouvelle série : est-ce du racisme ou est-ce juste français ?

Pour tenter d’informer, de questionner et d’analyser, je vais faire référence à des choses sur lesquelles je suis tombée en France, qui sont au mieux, de l’ignorance, et au pire, du racisme.  (La paresse et la stupidité se situent quelque part au milieu). Je sais que la plupart des gens n’essaient pas d’être racistes, mais les bonnes intentions n’empêchent pas de faire du mal. Lisez ça à nouveau : les bonnes intentions n’empêchent pas de faire du mal. Bien entendu, ça peut être agaçant de « sans cesse » pointer du doigt des choses comme étant racistes. Pourquoi sommes-nous, les minorités, constamment si sensibles ? Mais vous savez ce qui est pire ? Être « sans cesse » entouré.e.s de personnes qui nous rappellent que nous sommes des citoyen.ne.s de seconde zone à cause de nos origines. Au passage, c’est ce qu’on appelle des micro-agressions.

J’espère que vous verrez cette série de la même manière que moi, c’est-à-dire comme une façon d’entamer un dialogue et d’ouvrir une discussion sur la race et la culture pour améliorer notre société, en particulier quand on éduque des enfants, que l’on soit parents ou pas.

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Monoprix, je vous vois surfer sur la tendance de la beauté asiatique parce que c’était une grande mode il y a deux ans. Mais je suis heureuse de voir mon pays se faire un nom et être respecté par un géant français comme vous. Répandons l’amour pour les produits coréens de soin de la peau.

Mais attendez, je suis un peu perdue. Pratiquement tous les produits ici viennent de Corée- pays qui a été le meilleur dans le secteur cosmétique- pourtant votre titre mentionne « le pays du Soleil-Levant ». Hum, ça, c’est le Japon ; la Corée, c’est le pays du Matin calme. Une recherche rapide vous aurait permis d’avoir cette information. Vous ne pensez pas que le Japon et la Corée, c’est la même chose, si ?

Parce qu’ensuite, vous continuez avec les « kawaii-girls ». « Kawaii » veut dire mignon en japonais. Encore une fois, ce ne sont ni les mêmes pays ni la même population et nous n’y parlons pas la même langue. C’est pourtant simple : le coréen est parlé en Corée et le japonais est parlé au Japon. De plus, la Corée et le Japon ont une relation tendue qui remonte à longtemps alors mieux vaut éviter de les mettre dans le même panier.

Jusqu’ici, les références sont japonaises mais les produits ne le sont pas :

  1. La marque Erborian est une collaboration franco-coréenne bien connue
  2. Des mots coréens apparaissent sur l’emballage des masques en tissu Saem

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  1. C’est juste de la paresse. Vous ne pouvez pas dire qu’un produit Maybelline vient « directement de Corée » parce que ce n’est pas vrai. C’est le cas de la technologie de coussin compact mais la marque Maybelline est américaine pur jus (du moins jusqu’au moment où elle a été rachetée par L’Oréal). L’éditrice que je suis est offensée.
  2. Eh bien, tout ça est bien « mignon ». Nous, les Asiatiques, adorons tout ce qui est kawaii !
  3. Est-ce qu’on peut ARRÊTER avec les références aux geishas ? Je ne rêve pas de ressembler pas à une geisha parce que je n’ai pas envie d’avoir l’air de m’être barbouillée le visage avec de la craie. Pourquoi ne pas dire tout simplement « vous rêvez de ressembler à Marcel Marceau ? » Mais si vous tenez à parler des geishas (un conseil en passant : ne le faites pas), montrez un produit japonais et non pas un coréen.

Même si je mets en majeure partie la bêtise de Monoprix qui consiste à dire « ils se ressemblent tous » sur le compte de l’ignorance et de la paresse en ce qui concerne l’équipe de rédaction et  marketing, je n’apprécie pas le fait de confondre les cultures japonaise et coréenne. C’est tellement normal pour eux qu’ils n’ont même pas pris la peine de faire une recherche sur Google au sujet du pays sur lequel ils écrivaient. (J’ai cherché la date à laquelle L’Oréal a acquis Maybelline-parce que c’est ce que font les rédacteur.ices!- et ça remonte à 1996.) C’est ce genre de négligence au quotidien qui font que des gens vont me dire « Konichiwa » dans la rue, pensant que ça fait d’eux des ambassadeurs culturels alors qu’ils sont en fait stupides et offensants. Si vous vendez des produis coréens, ne faites pas référence à la culture japonaise. Ne perpétuez pas l’idée selon laquelle l’Asie est un pays. On ne parle pas de paella française, si ?

Pour finir, faites des vérifications au préalable. On est en 2017, internet est un outil incroyable pour accéder au savoir, si on choisit de l’utiliser de cette manière.

Polémique « Les Visiteurs 3 » : Le fils de Pascal Nzonzi s’exprime

MISE AU POINT – Et pour lui, ce n’est visiblement pas juste « une polémique démente »…

Ce mercredi 6 avril, sort le troisième opus des Visiteurs, accompagné d’une polémique autour de l’affiche. Y figurent tous les acteur.ice.s principaux.ales et leurs noms en haut, tous sauf celui de Pascal Nzonzi, seul comédien noir. La toile s’est fait l’écho de ce qui lui est apparu comme une injustice raciste.

Quelques personnes, comme le blogueur et activiste Solo Niaré sont même allées s’activer dans le métro pour inscrire le nom manquant du comédien, récemment au casting de PauletteLe Crocodile du Botswanga ou Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ?. Gaumont, le studio producteur distributeur et responsable de l’affiche, avait démenti cela, et insisté dans un article de  Challenges sur des raisons contractuelles les ayant conduit à inscrire le nom de l’acteur plutôt en bas  ; pour le studio, la polémique est « démente ».

Si Pascal Nzonzi n’a pas tenu à s’exprimer, son fils lui a posté un message sur Facebook mardi, pour évoquer la polémique et remercier « tous ceux qui se mobilisent pour son père »  en soulignant et saluant « le pouvoir du net ». Et bien loin des déclarations formelles et policées, notamment émises par Gaumont, il indique que son père a reçu « des excuses » et que son agent a été « remercié ».

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La meilleure nouvelle du post : son père va bien et « est déjà sur autre chose ».

Nous aussi.

« Les Visiteurs 3 » – La polémique autour de l’affiche se rallume

Les réseaux sociaux se questionnent  et agissent IRL -in real life ndlr- à nouveau sur l’absence du nom d’un des comédiens, Pascal Nzonzi, présent à côté des autres comédien.ne.s mais seul à ne pas être mentionné en haut de l’affiche.

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C’est l’affiche de la discorde. Celle qui annonce le retour, ce mercredi 6 avril, de Jacquouille la fripouille, dans Les Visiteurs : La Révolution, troisième opus de la saga lancée il y a 23 ans. Comme il y a 23 ans, Christian Clavier incarne le personnage. A ses côtés, on retrouve, entre autres, Jean Reno, Karin Viard, Sylvie Testud, Marie-Anne Chazel, Alex Lutz, Frank Dubosc, Ary Abittan et… Pascal Nzonzi.

Comme les autres comédien.ne.s, ce dernier figure sur l’affiche du film. Or, son nom y apparaît en bas, au contraire de celui de ses collègues de tournage. Le visuel circule de mur en mur Facebook, comme sur celui de la comédienne Mata Gabin ou encore Paps Touré, et se partage à chaque fois, avec la même interrogation indignée : pourquoi, pourquoi les noms des huit autres comédien.ne.s -blanc.he.s- sont inscrits tout en haut et pas celui de Pascal Nzonzi ?

… Une affiche… Neuf acteurs… Huit noms…

Posté par Mata Claudine Gabin sur mercredi 30 mars 2016

Le photographe Paps Touré, dans une vidéo postée sur Facebook, vue plus de 40 000 fois et partagée plus de 500 fois, a entrepris d’inscrire le nom manquant du comédien à côté de celui des autres au marqueur. Il a encouragé dans le même temps celleux qui trouvent la situation anormale à « faire de même ».

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Le blogueur Solo Niaré s’est également mis à ajouter le nom de Pascal Nzonzi sur les affiches.

  
  
Une polémique qui a deux mois

Les réseaux sociaux se sont de nouveau emparés du sujet une semaine environ avant la sortie du film. Or, au moment de la diffusion de l’image en février dernier, Gaumont, qui produit et distribue Les Visiteurs 3 : La Révolution, avait déjà dû s’expliquer et répondre à la polémique jugée « démente ». Si le nom de Pascal Nzonzi n’apparaît pas en haut de l’affiche, a expliqué le studio à Challenges en février, au plus fort de la polémique #oscarssowhite, rien à voir le racisme : c’est pour des raisons contractuelles.

Celui de l’acteur d’origine congolaise, au contraire des autres, ne stipulait pas d’obligation d’y figurer, en haut, du moins. Pourquoi ? L’article ne le précise pas. Par contre, il donne l’argument ultime de Gaumont pour se défendre de tout racisme à l’égard de Pascal Nzonzi : ça ne peut pas en être puisque le studio a produit Chocolat ! Ça sonne un peu comme la variante cinématographique de l’amie noire de Nadine Morano

Pas sûr surtout que cela convainc que Pascal Nzonzi, qui a notamment joué dans Lumumba aux côtés de Eriq Ebouaney ou Qu’est-ce que j’ai fait au Bon Dieu, aux côtés de… Christian Clavier n’ait pas été volontairement zappé du haut de l’affiche. Si une partie du public et Gaumont se sont exprimé, ce n’est pas le cas du principal intéressé. Et sa parole manque encore pour mieux comprendre si son exclusion du haut de l’affiche est consentie comme le présente Gaumont, ou subie. Et donc, raciste.

Citation

TRIBUNE – Décoloniser les imaginaires, un impossible bien français ?

AVIS – Amélie, @akoulanda sur Twitter, activiste, blogueuse, chargée de communication dit son ras-le-bol des représentations racistes et se demande comment décoloniser l’imaginaire français.

« Lorsque je passe devant une boutique ou un café avec une décoration un peu rétro, je guette toujours avec hantise la présence d’une vieille boîte Banania, ou tout autre objet véhiculant une image caricaturale des Noir.e.s ou de l’Afrique,  des représentations qui ne dérangent pas ceux qui y voient un simple «  esprit  vintage ».

En me promenant rue Consolat, dans le 1er arrondissement de Marseille, voilà ce que je découvris à la boulangerie La Banettine sise au numéro 102.

  

Des gâteaux avec le visage d’un homme noir doté d’une grosse bouche rose, des yeux exorbités et un air « naïf », des « têtes de noirs » appelées « L’Antillais » ! Bref des caricatures négrières, et une chosification raciste, disposés à côté de gâteaux en forme d’animaux.

« Si on le fait pour les animaux, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire pour les Noirs »

Au milieu de la « tête de cochon », et de la « tête de grenouille » : le Noir.

J’ai interpellé les patrons de la boulangerie, -blancs, évidemment-, qui ne voyaient pas le racisme de cette pratique. « Si on le fait pour les animaux, je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas le faire pour les Noirs », m’a d’ailleurs rétorqué le patron, très décontracté et plein d’assurance. Ils m’ont expliqué qu’ils faisaient ces gâteaux depuis vingt ans, et qu’ils ne pouvaient pas être racistes puisqu’ils ont un employé noir. 

Au début de l’année une affaire similaire, concernant une boulangerie à Grasse qui vend des pâtisseries, caricatures négrières et hyper-sexualisées baptisées « Dieux » et «Déesses » , avait éclaté, médiatisée et défendue par le Cran (Conseil représentatif des associations noires), ainsi qu’une autre l’année dernière, à Auxerre, où des biscuits répondant au nom de « Bamboula » et « négro » étaient vendus et revendiqués par ses créateurs. 

Les Noir.e.s en pâtisserie : une tradition bien française qui n’a, hélas, pas disparu.  Il n’y a pas si longtemps, on y trouvait des « têtes de nègres » en gâteaux et en bonbons. Et pourquoi pas des « têtes d’arabes », des « têtes de rroms » ou des « têtes de juifs » avec une étoile jaune tant qu’on y est ?! 

Jusqu’ici s’agissant des pâtisseries, la voie légaliste ne s’est pas avérée fructueuse. L’imaginaire colonial français perdure et fait de la résistance. Pourtant en 2011, on fêtait une petite victoire : le Mrap (Mouvement contre le racisme et l’amitié entre les peuples) et Collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais (Collectif Dom) avait obtenu de la cour de Versailles l’interdiction de la commercialisation du slogan « Y a bon Banania», distribuée par la société Nutrimaine. Ce slogan qui infantilise et moque le Noir, perçu comme « arriéré », « non civilisé », en le faisant parler « petit nègre », serait apparu après la fin de la première guerre mondiale. 

Le cas Banania

La marque Banania, qui a toujours utilisé l’image de personnes noires pour vendre son cacao en poudre, disposait d’un stand à l’exposition coloniale qui eut lieu à Marseille en 1922.

Banania est un exemple tristement emblématique de cet attachement français aux symboles coloniaux et néocoloniaux qui ridiculisent les Noir.e.s.

« Je déchirerai les rires Banania sur tous les murs de France », déclarait Léopold Sédar Senghor dans son recueil Hosties noires (1948).  Aujourd’hui  encore, la marque continue pourtant de sévir avec l’image du « tirailleur sénégalais » comme effigie, qui a gardé son expression candide, mais est désormais représenté sous les traits d’un enfant. Il est affligeant de constater que cette utilisation commerciale du « Noir vendeur de chocolat » soit toujours présente dans les rayons de nos supermarchés, tant elle est chargée de sens historiquement. 

C’est donc ainsi qu’on représente des dizaines de milliers de soldats qui ont versé leur sang pour la France,  dont les premiers  furent recrutés comme corps de militaires appartenant à l’Armée coloniale constitué au sein de l’Empire colonial français en 1857, et qui ont été utilisés comme « chair à canon » ? Un soi-disant « hommage » dégradant et malhonnête, et tout bonnement raciste.

Un mal français, un mal mondial

Hélas cette exploitation raciste de l’ « image du Noir » n’est pas exclusivement française, elle évoque notamment la pratique américaine du blackface et de traditions européennes toujours d’actualité. En effet, cette pratique qui consiste pour une personne généralement blanche, à se maquiller le visage en noir fait office de tradition en Belgique avec «Pierre, le Noir», et aux Pays-Bas avec«Zwarte Piet », où des activistes ont œuvrél’année dernière, que la justice néerlandaise reconnaisse et qualifie ce défilé annuel de raciste. En vain. 

Si pour les Noir.e.s et Afro-descendant.e.s issu.e.s de la diaspora noire, il est évident que ces représentations, héritage à la fois de notre histoire commune liée à la traite, au colonialisme, et son continuum actuel qui est le racisme systémique de nos sociétés occidentales, sont racistes et dégradantes, pour les autres, et particulièrement pour les blanc-he-s à l’origine de ces pratiques, le caractère raciste de ces pratiques est certes parfois revendiqué mais pas toujours reconnu avec évidence. . 

En France, il n’est pas rare d’entendre des « intellectuels » ou des politiques se laisser aller à une nostalgie coloniale, ou même à faire l’éloge de la colonisation. Il y a quelques semaines Philippe De Villiers, déclarait  «  Moi je suis fier de la colonisation française, et j’en ai marre de la culpabilisation », ce qui devrait relever de l’apologie d’un crime contre l’humanité, n’a pas provoqué de tollé général dans la sphère politico-médiatique.

Les Noir.e.s ne sont pas détaché.e.s dans le « regard blanc » de l’animalisation, du cliché du « sauvage », de l’hyper-sexualisation, exotisation, du personnage du « naïf », fait pour faire rire, etc. Sortirons-nous un jour de ces stéréotypes aux accents coloniaux? 

La seule voie qui donne de l’espoir est celle de la réappropriation de la narration par les Noir-e-s : lorsque nous devenons auteur-e-s de nos représentations et écrivons nos propres histoires, quitte à revisiter l’Histoire, avec un grand « H ». Une Histoire, souvent « blanchie, invisibilisant le rôle des Noir-e-s, ou en donnant une version moindre ou caricaturale. On ne peut déconstruire entièrement un imaginaire colonial si ancré dans notre société, mais on peut œuvrer pour le décoloniser.