Fraîches Women Festival #2 : ateliers enfants, masterclass, les inscriptions sont ouvertes !

Vous les attendiez, vous nous avez même écrit à ce sujet … A J-15 du lancement de le seconde édition du #FWFbyLafro2019 à La Marbrerie (Montreuil), nous avons le grand plaisir de vous annoncer que vous pouvez désormais vous inscrire à ces moments de partage de savoirs intimistes ! On est également très contentes de vous dire qu’une masterclass s’ajoute à la liste : ça parlera management sportif, Coupe du monde féminine de football aussi avec Laura Georges de la team #FraichesWomen2019 !

ATTENTION : les places sont limitées !

A vos marques, prêt.es, inscrivez-vous !

SALLE 1 (située à l’étage de La Marbrerie)

1.30pm-3pm : coaching session « how to get away from the pressure of reaching excellence by any means necessary ? keys to embrace imperfection. » hosted by Shanon Bobinger.

ShaNon Bobinger is a systemic life-, & business coach, moderator and public speaker. As a systemic coach she focuses on promoting self growth, personal development and goal setting for individuals and groups with intercultural identities.She emphasizes on an intersectional and inclusive perspective with a holistic approach. www.shanon.me

Registration here

15h-16h : masterclass capillaire #Kinkyhairmatter animée par Gisèle Mergey, fondatrice et directrice de la Body Academy, première école européenne de coiffure à enseigner comment prendre soin de tout type de cheveux, y compris les crépus et frisés. C’est une de nos #FraichesWomen2019 Elle enseignera notamment la base d’auto-diagnostic. Inscription par ici.

16h-17h : masterclass « comment le sport m’a permis d’acquérir des compétences en management » animée par Laura Georges, ex-footballeuse (OL, PSG, Boston College, Bayern Munich, équipe de France) et actuelle Secrétaire générale de la Fédération Française de Football. Une des 8 afrodescendantes de la seconde édition de notre projet photo qui a donné son nom au festival, #FraichesWomen2019. Par là si vous voulez y assister.

17h-18h : masterclass « assigné.e métis.se, comment trouver sa place ? » animée par Jessica Gérondal Mwiza, militante afroféministe panafricaniste. Elle fait également partie de notre série photo #FraichesWomen2019. Cliquez ici pour remplir le formulaire d’inscription.

18h-19h : masterclass « discrimination au travail, comment les prouver devant la justice ? » animée par Paule Ekibat, avocate au Barreau de Paris. Elle figure parmi nos 8 #FraichesWomen2019. Cliquez là pour vous inscrire.

SALLE 2 (située en face de l’espace brunch)

13h-15h : book club enfants animé par Wendie Zahibo, créatrice du webzine et livre « Reines des Temps modernes ». Wendie accueillera un premier groupe d’enfants de 13h à 14h puis de 14h à 15h. Voici le lien vers la première session et le lien vers la seconde.

15h30-17h30 : yoga enfants animé par Aurélie, co-fondatrice de Flawless Yoga. Aurélie
accueillera un premier groupe d’enfants de 15h30 à 14h30 puis de 14h30 à 15h30. Voici le lien vers la première session et celui vers la seconde.

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Naïl Ver-Ndoye, co auteur de ‘Noir entre peinture et histoire’: « Mon but est de rendre l’art accessible à tout le monde»

ENTRETIEN- Depuis le 26 mars, le grand public peut visiter l’exposition « modèle noir : de Matisse à Géricault » au Musée d’Orsay. Une exposition qui parle des noir.es en tant que sujets artistiques mais adresse également leur place dans la société française. En octobre dernier paraissait le livre « Noir entre peinture et histoire », co-écrit par les historiens et professeurs Naïl Ver-Ndoye et Grégoire Fauconnier adressant la question des modèles noir.es du XVIème au XXème siècle à travers l’Europe. Un travail de quatre ans bien venu alors qu’il reste encore difficile d’aborder les questions raciales en France. Naïl Ver-Ndoye nous en dit plus sur ses découvertes et livre son point de vue sur la difficile discussion en France sur ces questions.


Quel est le postulat de départ du livre « Noir, entre peinture et histoire » ?

Au départ, je pensais que l’histoire de la présence noire en Europe se résumait surtout à l’esclavage et à la colonisation. Je m’attendais d’ailleurs à ce qu’on trouve beaucoup de tableaux mettant en scène l’esclavage. Mais ce ne fut pas le cas car contrairement aux Etats-Unis, il ne se pratiquait pas sur le sol français. En revanche, on a trouvé beaucoup d’oeuvres représentant des domestiques. J’ai finalement découvert que des Noir.es étaient en Europe notamment suite à des échanges diplomatiques et offraient même des cadeaux, comme une girafe

Comment a été accueilli le projet par les maisons d’édition ?

Ça a été difficile de trouver un éditeur. Au début, on nous a conseillé d’aller voir des éditeurs anglo-saxons en nous disant que si le livre marchait bien, on le traduirait en français car c’est une problématique qui n’est pas traitée en France.

Y a-t-il des œuvres qui ont été particulièrement difficiles à trouver ?

On a découvert l’histoire de l’abbé Moussa, un sénégalais arrivé en France dans les années 1820 et qui a donné la messe au roi Louis-Philippe, à travers un texte. Il n’y avait pas d’images en haute définition de son portrait. Quand on a contacté le musée de Bagnères-de-Bigorre dans les Pyrénées, la toile n’était pas exposée mais stockée dans la réserve et il n’y avait pas de possibilité d’avoir de photos. On a mis un an et demi pour obtoir cette photo et pour d’autres œuvres. Finalement, notre éditeur a négocié avec le musée pour envoyer un photographe sur place. En tout, il aura fallu un an et demi pour obtenir la photo de cette œuvre. Pareil pour le tableau « Ourika » et d’autres, ce qui a en partie retardé la sortie du livre.

Quel est le but de ce livre ?

Mon but est de rendre l’art accessible à tout le monde, de démocratiser la culture et je pense qu’avec ce livre, c’est réussi. On a produit un livre que les historiens de l’art n’ont pas pu faire.

En histoire, il y a quatre périodes : ancienne, médiévale, contemporaine, moderne. Dans le livre, on traite un peu de la médiévale et surtout des deux dernières. Je pense que pour les historiens de l’art, on va se concentrer sur un courant de peinture, un artiste ou un pays. Mon objectif est de sortir de cette lecture trop académique, de ne pas me mettre de limites.

Je l’ai conçu de façon à ce qu’il n’y ait pas besoin de le lire en continu ; on pioche dedans quand on veut.

Je me suis efforcé de trouver des petites anecdotes pour chaque tableau, de partir de la petite histoire pour aborder la grande histoire. Par exemple, quand on met un tableau sur Haïti, on en profite pour placer la révolution haïtienne ; quand on voit « Othello », on parle du blackface qui existe encore aujourd’hui, quand on fait figurer le tableau « Les grands plongeurs noirs » de Fernand Léger dans la dernière partie de l’ouvrage, on peut évoquer la ségrégation dans les piscines américaines et rappeler qu’une de ses conséquences est que les noir.es sont toujours plus victimes de noyades que les blanc.hes aux Etats-Unis …

Parlons de l’exposition « Le modèle noir : de Matisse à Géricault » actuellement au Musée d’Orsay qui balayent les périodes de 1794 au XXème siècle. Dans la première salle, un panneau indique que de « nombreux titres (d’oeuvres) anciens reflètent des marqueurs raciaux datés tels que « nègre », « mulâtre », « câpresse » mais ne pouvant être d’usage de nos jours. (…) et a décidé de renommer les œuvres en mettant le nom du modèle lorsqu’il était connu. On note aussi que sous certaines œuvres les termes racistes ont été remplacés par « noir » par exemple. Qu’en pensez-vous ?

Le fait de remplacer les termes racistes se fait déjà aux Pays-Bas depuis 2015. La directrice de l’époque du Rijksmuseum à Amsterdam a décidé de remettre en question le passé colonial du pays et de passer en revue 220 000 noms de tableaux. Elle recevait beaucoup de messages de descendant.es et elle a décidé de chercher des termes « plus neutres ». Pour moi, neutre ne veut rien dire car peut-être qu’à l’époque « nègre » était neutre. Une chose est sûre : je suis contre son utilisation aujourd’hui, c’est péjoratif, une partie de la population en souffre. A partir du moment où on utilise des termes qui peuvent blesser des gens, il faut faire attention. Il y a eu tentative de réappropriation mais le mot est trop chargé. Mais la sémantique évolue et peut-être que le mot « noir » ne sera plus neutre dans le futur.

A Amsterdam, ils ont été jusqu’au bout. Il ne faut pas oublier que la plupart des artistes, à part les grands noms, n’ont pas donné les titres à leurs oeuvres, ce sont leurs proches ou autres qui vendaient les toiles qui l’ont fait. Mais si c’est l’artiste qui l’a marqué au dos, le musée laisse le titre original en dessous en indiquant « nom original donné par l’artiste » Cette réflexion est intéressante à mon sens.

J’ai d’ailleurs récemment appris l’origine de « chabin » et « mulâtre », des mots péjoratifs depuis le début puisqu’ils désignent des animaux hybrides et stériles. Informer les gens sur les sens de ces termes, c’est un travail d’éducation que nous avons.

On parle aussi d’exposition pionnière sur le sujet or elle vient des Etats-Unis.

Le Musée d’Orsay oublie d’évoquer l’exposition de 2008 « Black is beautiful, de Rubens à Dumas » au Rijksmuseum à Amsterdam qui balaye cinq siècles, intègre sept pays européens et a été réfléchi avec des membres de la communauté noire sur place.

Finalement, en France, c’est comme si on existait dans les peintures du XIXème siècle mais qu’on existait pas au XXème siècle.

Quels sont les retours concernant le livre ?

Aujourd’hui encore, on m’envoie des messages en me disant « le livre est super, j’ai appris des choses » ou pour se réjouir qu’on voit autre chose que juste des noir.es dans des positions subalternes, avec des rois, des princes, des cavaliers etc. Des personnes ayant acheté le livre se prennent en selfie avec et j’ai donc créé un compte Instagram pour les publier.

Quels sont les projets à venir ?

Le livre sera actualisé et réédité. Sinon, je continue à donner cours dans un lycée.

INTERVIEW – Adjani Salmon, créateur de « Dreaming Whilst Black » : « la spécificité fait l’universalité »

ENTRETIEN – Réalisateur jamaïcain âgé de 29 ans basé à Londres depuis cinq ans, Adjani Salmon dépeint avec sa websérie Dreaming Whilst Black le parcours de Kwabena Robinson, un jeune jamaïcain londonien qui tente de se faire sa place dans l’industrie du cinéma. Le soutien ou pas des proches, la procrastination, la page blanche, le difficile équilibre entre objectifs professionnels et vie personnelle, les problèmes financiers … Les grandes lignes de vie d’un.e créatif.ve y sont. Mais aussi le racisme et les discriminations dont on fait l’objet dans le milieu professionnel notamment quand on est issu.e d’une « minorité ». Adjani Salmon a répondu aux questions de L’Afro.

Vous avez réalisé votre première websérie, Blip online series, avec votre cousin quand vous viviez encore en Jamaïque. Que retenez-vous de cette expérience ?

C’était en 2011 et elle est encore en ligne mais elle est horrible ! (rires) il faut bien avoir en être que c’était la première fois que je réalisais du contenu. C’était bien par rapport à où j’en étais à l’époque. Je laisse mon travail sur internet pour que l’on voit mon évolution. Car beaucoup d’artistes n’assument pas ce qui a contribué à leur processus d’apprentissage et retirent leurs anciennes oeuvres pour laisser en ligne un premier film où on se dit « waouh ! c’est incroyable! » Mais j’ai évolué en tant qu’artiste. Je trouve que Blip était un concept marrant : on avait une idée le matin, on filmait le jour et on mettait l’épisode en ligne la nuit. C’est très différent de Dreaming Whilst Black. On retrouve le côté humoristique. On peut aussi déjà percevoir mon univers même si je ne maîtrisais pas encore la réalisation.

A l’âge de 14 ans, ma mère m’a offert une petite caméra avec laquelle on pouvait lire les vidéos à l’envers. On l’utilisait avec cette option avec mon cousin pour faire des films de karaté. La vie est ensuite devenue sérieuse et j’ai décidé de m’orienter professionnellement dans l’architecture que j’ai étudié en Angleterre. J’ai été diplômé à 21 ans. Quand mon cousin a fini ses études, il s’est acheté une caméra. Il était photographe et c’est là que j’ai compris qu’il était possible d’être artiste.

Comment vous est venue l’idée de la série Dreaming Whilst Black ?
Elle est le résultat d’une frustration. J’ai été diplômé d’une école de cinéma en février 2013. J’ai ensuite réalisé un court métrage, His Father’s son qui a été en compétition au sein de festivals à l’international qui permettent une nomination possible aux Oscar. Je pensais que ça suffirait. Mais ça ne change rien, ça ne rapporte pas d’argent. A l’époque, je regardais la websérie Awkward Black Girl d’Issa Rae. Un an plus tard, j’ai trouvé du travail dans la section artistique d’une grande entreprise dans l’industrie cinématographique. Puis, Cecile Emeke est arrivée sur Youtube avec sa websérie et Ackee & Saltfish. de Cecile Emeke. Je voyais ces personnes qui explosaient sur internet, qui parlaient directement à leur public et que les décideurs allaient chercher après les avoir repérées. J’ai donc décidé de tenter ma chance. Dès le début, je savais que je voulais faire une websérie. L’idée de DWB est en partie inspirée de Insecure, d’Atlanta et de Master of None, la série créée par Aziz Ansari, acteur Indien vivant à New-York sur un acteur indien vivant à New-York. Je ne pouvais pas tourner autre part qu’à Londres comme je n’avais pas d’argent, il fallait donc que mon personnage soit aussi à Londres. La stratégie était d’être le plus économe possible. Si Spielberg et vous deviez chacun.e faire un film dans votre maison, vous pourriez techniquement faire le même film. La différence sera le savoir-faire et bien sûr, les moyens puisque Spielberg a bien plus l’argent ! Une idée simple bien réalisée, c’est ce sur quoi on est parti. En termes financiers, je ne m’attendais pas à ce que ça coûte autant !

La plupart des séries britanniques avec un casting majoritairement noir parle surtout des noir.es mais ne met jamais en lumière les Blanc.hes et la question raciale de façon générale et ça change très lentement. Pour l’instant, il n’y a aucune série qui parle directement de racisme sans prendre de gants. Le plus souvent, quand ça arrive, il s’agit d’une série avec un « token », un personnage noir qui évolue seul dans un monde blanc. A Londres. Ce n’est pas réaliste! Traiter de racistes des personnes qui financent votre contenu, ça ne peut pas marcher ! Je suis indépendant et en tant que tel, je me suis dit que si je devais choisir un message à délivrer au monde, ce serait celui-là et que je le ferai avec autant de force que possible. C’est à prendre ou à laisser. Je me suis aussi dit qu’il y avait assez de noir.es en Angleterre, en Jamaïque et aux Etats-Unis qui pourraient au moins aimer la série. Mais il y a des gens qui disent que l’on a fait du racisme inversé.

On vous a dit ça ?

Pas directement mais une personne m’a fait remarquer une fois qu’il n’y avait aucun personnage blanc positif dans la série. Je lui ai répondu que c’était la vie ! (rires)

L’histoire est centrée sur l’expérience de Kwabena Robinson, un jeune réalisateur d’origine jamaïcaine et basée à Londres, comme vous. Mais la série aborde aussi la façon dont la société britannique traite les noir.es et les autres non-blanch.es. C’est le thème principal de l’épisode 2 « The Great British race off ». Pourriez-vous nous en dire plus ?

J’ai développé la série avec 4QuarterFilms (la société de production qu’il a co-fondé avec trois ex-camarades d’école de cinéma ndlr) et l’ai écrite avec mon ami Ali Hughes avec qui j’ai étudié dans la même école. Je voulais faire un épisode qui serait une métaphore de la recherche de travail car c’est ce qu’on passe le plus clair de notre temps à faire dans le monde du cinéma. On a réfléchi à la meilleure façon de mettre ça en scène. Ali a dit qu’il voulait le faire sous la forme d’une course. Là, on s’est tou.tes dit « c’est génial, faisons-le ! » Après, ça s’est compliqué. Au départ, on avait huit personnages mais le budget étant restreint, on en a gardé quatre. On a du se baser sur des statistiques prenant en compte la sexe et la race des réalisateur.ices qui ont réalisé un film en Angleterre de 1911 à nos jours; on ne pouvait pas affirmer des choses sans savoir de quoi on parlait précisément. Résultat : 94% des longs-métrages sont réalisés par des hommes blancs, 4% par des femmes blanches, 0,9% par des hommes noirs et asiatiques, 5 hommes noirs ont réalisé un long métrage et une femme indienne qui est Gurinder Chadha (Joue la pour Beckham, Coup de foudre à Bollywood). En sachant que les minorités représentent 11% de la population du pays et 40% de celle de Londres. Mais les minorités ne représentent que 8% de l’industrie à Londres. D’ailleurs, à chaque fois que je travaillais sur un tournage, j’étais le seul Noir.

Un autre sujet abordé dans DWB est la difficulté à gérer à la fois sa vie personnelle et sa carrière professionnelle. Est-ce quelque chose que vous avez vécu ?

Oui ! C’est en partie basée sur des faits personnels et Ali, qui a écrit avec moi chaque épisode, l’a vécu également. Mais ce qui nous importait surtout, c’était de raconter la relation de couple entre un créatif et une non-créative, la déconnexion qui s’opère entre les deux. C’était compliqué car on voulait que le personnage principal, Kwabena, soit un personnage noir non stéréotypé mais on devait lui trouver des défauts et on voulait éviter certains clichés du type dealer, pauvre, abusif … Finalement, Kwabena est un homme passif, qui a du mal à gérer son temps. Au fond, c’est un bon gars qui prend de mauvaises décisions.

Le casting de Dreaming Whilst Black (de gauche à droite Dani Moseley (Amy Akinsanya), Anyebe Godwin (Toby Oyasodun), Adjana Salmon (Kwabena Robinson), Tomisin Adepeju (Maurice Henry) et Vanessa Clarke (Vanessa Vanderpuye)

Comment avez-vous choisi vos acteur.ices ?

Les personnages principaux devaient être de vrai.es comédien.nes professionnel.les que ce soit pour le rôle de Vanessa, d’Amy, de l’oncle … sauf moi qui joue le rôle principal car nous n’avions pas le budget pour engager quelqu’un.
Presque tous les figurants sont des proches. Par exemple, la femme qui joue ma mère est la mère d’un ami. La dizaine de figurants de l’épisode 8, qui a été tourné en une prise, a accepté de participer gratuitement. On les a appelé et on leur a demandé s’ils étaient d’accord. Ils se sont vraiment donné et les acteur.ices ont même réduit leur salaire parce qu’iels croient au projet. Pareil pour mon amI qui nous aide avec les t-shirts et pulls portant le nom de la websérie ; je lui ai expliqué que je ne pouvais pas le payer, il m’a dit qu’il n’y avait pas de souci, qu’il me suffisait de le mentionner comme producteur, qu’il pense que la série va marcher.

Votre famille vous a-t-elle soutenu quand vous avez décidé de vous lancer dans une carrière de réalisateur ?

Pas du tout. L’épisode 4 « Family Dinners » est inspirée de ma famille. Il n’y a que ma mère qui me soutient dans l’ombre, en me prêtant mais elle se demande si j’ai pris la bonne décision. Elle ne m’a tout de même jamais dit d’arrêter. Son plus grand souci, c’est que je sois indépendant et que j’ai une situation stable. Elle sait bien que le milieu que dans lequel j’ai choisi de travailler ne permet pas de stabilité.

Vous avez expliqué dans une interview publiée en mars dernier sur le site Jamaica Gleaner que pour financer le projet, vous avez utilisé vos fonds propres puis utiliser l’argent de l’hypothèque de votre mère.

En poste dans cette grande entreprise de cinéma, j’ai pu facilement économiser de l’argent, je ne payais pas de loyer, je mangeais sur les plateaux de tournage … Pour les deux premiers épisodes de DWB, j’ai utilisé cet argent. Il a vite été dépensé ! Avec l’équipe, on s’est demandé comment on allait faire. On s’est dit qu’il fallait continuer puisqu’on était lancé. Ma mère économisait pour acheter une maison. Je lui ai demandé si elle pouvait m’en prêter à plusieurs reprises. Il me semble que les deux premières fois, je lui ai remboursé assez rapidement. Elle m’a demandé si je pensais que le projet marcherait. Je lui ai expliqué que le projet marcherait, que rien de tel n’avait encore été en Grande Bretagne et que je lui rendrai son argent avec intérêt. J’ai toujours cru en ce projet. Ma mère m’a aussi demandé combien de réalisateur.ices noir.es s’en sortaient. Je lui ai expliqué que 5% de diplômés d’école de cinéma réalisaient un long métrage mais qu’en ce qui concerne les noir.es, le nombre est tellement bas qu’on ne peut pas en faire un pourcentage. Elle m’a ensuite demandé pourquoi je pensais le suivant ? Je lui ai répondu que je ne savais pas mais que je croyais vraiment pouvoir y arriver.

Pouvez-vous nous en dire plus sur 4quarterfilms, la société de production que vous avez co-fondé ?

La majorité de l’équipe est composé d’ancien.nes camarades de l’école de cinéma qui sont réalisateur.ices. Chacun.e tentait de s’en sortir de son côté avant qu’on ne décide de travailler ensemble et de créer notre boîte de production. Quand j’ai voulu faire DWB, j’ai appelé Ali Hughes pour m’aider à écrire car je connais mes compétences et celles que je peux améliorer. L’écriture n’est pas naturelle pour moi alors qu’Ali est bon dans ce domaine. Il a accepté ce qui m’a paru étrange car c’est le mec le plus blanc que je connaisse (rires).

C’est-à-dire ?

Je suis allé le voir à Oxfordshire où il a grandi (situé dans le sud-est de l’Angleterre ndlr), j’étais le seul noir du coin et les enfants me fixaient. Un jour, j’ai trouvé Ali en train de lire Why I’m no longer talking to White people about race
(traduit en français par Le racisme est un problème de Blancs) de Reni Eddo-Lodge et je lui ai demandé pourquoi il lisait ce livre. Ce à quoi il m’a répondu qu’il écrivait une série sur les Noir.es. Il comprend ces choses-là. Il y a aussi Natasha qui est une femme asiatique et qui a tenu à réaliser l’épisode 2 car elle se sentait proche de l’histoire.

L’équipe de 4quarterFilms (de gauche à droite : Adjani Salmon, Laura Leixas, Natasha Jatania et Maximilian Evans)

La websérie DWB est-elle destinée à une audience en particulier ?
Je crois au pouvoir de la niche ; il faut qu’une personne en particulier soit atteinte avant que tout le monde puisse l’être. Je dirais donc que le programme est destiné en premier lieu aux créatif.ves issu.es des minorités, aux minorités en second lieu et enfin aux créatif.ves en général. Je n’ai jamais été en Italie mais j’adore les films de Sorrentino, j’arrive à m’identifier à ce qu’il raconte. La spécificité d’un lieu est ce qui le rend universel car il est question de problématiques auxquelles tout le monde peut être confronté.

Un conseil pour celleux qui souhaiteraient se lancer dans la réalisation ?
N’attendez pas que quelqu’un vous valide, faites vos propres contenus. Ce qui est encore très important pour moi aujourd’hui est de continuer à apprendre, tout le temps. Quand j’étudiais le cinéma,
Chung-hoon Chung, le directeur de la photographie du film Old Boy est venu faire une masterclass durant laquelle il a dit une chose essentielle : « faire du cinéma, c’est parler de la vie. N’étudiez pas le cinéma, étudiez donc la vie ». Il faut étudier la psychologie, lire comprendre ce qu’est le marketing, le story telling …

Une dernière chose : faites avec ce que vous avez, utilisez toutes les ressources dont vous disposez au maximum. Par exemple, si vous n’avez personne pour prendre le son, faites un film muet ! Si vous n’avez qu’une maison de disponible, faites en sorte d’adapter votre film à cette contrainte. C’est ce qu’on a fait avec Dreaming Whilst Black.

Quels sont les projets futurs ?
Avec 4QuarterFilms, on prépare la saison 2 de DWB en format télé. Nous avons déjà rencontré cinq sociétés britanniques mais rien n’a encore été signé.
Nous voulons prouver que nous pouvons faire en sorte que ça marche. Nous avons obtenu 15 nominations officielles et 9 prix à des festivals. On travaille aussi sur d’autres concepts de webséries et sur deux longs métrages ; un dont le tournage est prévu en mai et sera réalisé par Natasha et le deuxième sera réalisé par Laura et sera tourné entre le Portugal et le Brésil avant la fin de 2019. Enfin, on a un projet de court métrage.

Un mot de la fin ?

On aimerait pouvoir prendre plus le temps dans la saison 2 de développer davantage les personnages et continuer à faire du contenu qui apporte un récit différent de ce qu’on voit habituellement dans les médias britanniques concernant les minorités. On souhaite que DWB inspire d’autres personnes à faire de même. Et cette seconde saison prend une toute autre direction que la première …

Nkaliworks, Les Rdv SexCare, la sensation sud-africaine Faka… : toute la programmation du #FraîchesWomenFestival est là ;)

On est super contentes de vous annoncer la programmation du #FraîchesWomenFestival, qui aura lieu le 6 mai, de 13h à minuit.

Si vous voulez participer à tout l’événement – la journée d’ateliers, de discussions et la soirée de concerts- on a prévu un pass à 20€ au tarif plein.

Pour plus d’informations sur les tarifs -gratuité, tarifs réduits, duo etc- c’est ici : https://www.helloasso.com/associations/l-afro/evenements/fraiches-women-festival

Pour les tarifs de groupe, contactez-nous.

Les inscriptions aux ateliers sont ouvertes ! Il vous faut avoir pris vos billets pour le faire. Attention, les places sont limitées !

Le dimanche 6 mai, c’est la première édition du festival Fraîches Women. La programmation propose d’aller à la rencontre des artistes, activistes, citoyennes qui changent les choses, sans forcément faire beaucoup de bruit.

Cette première édition est en forme d’interrogation : « Libérée pour tout.e.s, la parole ? » elle est l’occasion de rappeler que la « libération de la parole » n’a pas commencé en octobre 2017 et les révélations autour de Weinstein. Cependant, il n’est pas sûr que ces paroles, plurielles, soient toutes entendues. Sans nul doute que c’est une véritable prise de conscience collective qui a eu lieu ; bref, il devient urgent d’écouter TOUTES les femmes et celleux qui s’identifient au genre féminin.



PROGRAMMATION 

12h : départ de la fanfare afro-féministe 30 Nuances de noir-es de la Mairie de Montreuil en direction de la Marbrerie

30 nuances de noires def

13h Lancement du festival avec la marraine Leïla Sy

Leïla Sy

 13h10-13h20 Parole de Fraîches Women par Lasseindra Ninja

Lasseindra Ninja est une figure
 majeure du voguing en France, qu’elle a contribué à imposer.
 Organisatrice de soirées – La Crème de la crème…-, l’artiste propose
 une réflexion autour de la question « Qu’est-ce qu’être une femme
 noire ? » Sourires et décalage garantis !

Lasseindra

 13h30-15h30 Discussion modérée par Vanessa Vertus, journaliste politique qui vit
 et travaille à Toulouse.

 « Féminismes en France : passé, présent et futur »

 De tous temps, les femmes, notamment non-blanches, se sont organisées pour faire valoir leurs droits en France, quand il ne s’agissait pas de les arracher.

 Non exhaustif niveau intervenantes, ce temps d’échange se propose d’en faire l’état des
 lieux, avec des actrices de différentes obédiences et de différentes
 générations, pour échanger entre elles.

 Les 45 minutes de la fin permettront au public de poser des questions
 aux intervenantes.

 Avec Gerty Dambury, autrice et militante, Estelle du collectif
 Afro-Fem, une membre du collectif Mwasi, Rebecca Amsellem des
 Glorieuses et Brigitte du Collectif Asiatique Décolonial.

 

 

15h30-15h45 Pause

 15h45-15h55 Parole de Fraîches Women avec Marie Dasylva 

Marie Dasylva, que vous connaissez sans doute pour son travail sur Nkali Works, est une énergie. Lors de ses ateliers -nous avions eu l’occasion de participer à l’un d’eux-, elle distille trucs et astuces pour mieux vivre micro-agressions et réflexions racistes au  travail. Un boulot d’ampleur, salué par des salles qui ne désemplissent pas et des sollicitations.

Marie Da Silva

Elle présentera « 300 secondes ou le refus de justifier son humanité », le nouvel outil qu’elle développe, en exclusivité devant un large public.

 https://www.facebook.com/nkaliworks/

 16h-18h Discussion autour de la question de l’intergénérationnalité modérée par Laurie Pezeron, fondatrice du READ! Club de lecture des auteurs afro

 « Comment transmettre la mémoire des luttes des femmes »

 Dans les luttes féministes, notamment afrodescendantes, difficile de ne pas avoir l’impression que les combats sont nouveaux.
 L’afroféminisme, par exemple, qui jouit d’une attention renouvelée, a une histoire en France, méconnue, mais la manière dont le mainstream s’en est emparé, donne le sentiment aux publics concernés que cette forme de lutte serait née de la dernière pluie.

 La question de la transmission est essentielle et nous souhaitons
 l’aborder, avec des activistes, des mères, des citoyennes.

 Avec Leïla Sy, la militante Assa Traoré et la comédienne, autrice, metteure en scène et Fraîche Woman édition 2017 Maroussia Pourpoint.

Assa Traoré def

Maroussia Pourpoint def

18h-18h10 Parole de Fraîches Women avec Grace Ly

Grace Ly, blogueuse food
franco-chinoise à l’initiative de la websérie Ca reste entre nous sur
la question asiatique en France nous proposera une introduction à sa
vision du militantisme en tant que femme asiatique ; il sera sans doute
question de minorité modèle et de nourriture 😉

lapetitebanane.com

En parallèle, nous proposons quatre ateliers pour échanger de manière
intimiste sur différentes thématiques.

SALLE 1

13h30-15h30 Les Rendez-Vous SexCare ou comment parler d’intimité pour
mieux la vivre et défaire les tabous. Avec ses animatrices Stella Tienbedreogo (psychologue et sexologue) et Audrey Warrington (militante afroféministe), il sera question des enjeux de pouvoir dans le couple.

Pour vous inscrire, il vous faut avoir pris vos places. Puis direction ce lien : http://bit.ly/inscription-atelier-RDVSexCare-Fraiches-Women-Festival

Attention : atelier limité à 10 places !

Audrey Warrington bis

Stella Tiendrebeogo def

https://www.facebook.com/lesrendezvoussexcare

16h15-18h15 littérature et représentation avec Mélody Thomas,
journaliste et co-auteure de la newsletter « What’s good ? » 

Si vous avez chopé vos entrées pour le festival, vous pouvez réserver votre place pour cet atelier. Les places sont limitées à 10 personnes !

Inscrivez-vous vite >> http://bit.ly/inscription-atelier-littérature-identité-fraiches-women-festival

https://www.facebook.com/whatsgoodnl/

SALLE 2

13h30-15h30 : ateliers journalisme
Coumba Kane travaille pour le Monde Afrique. Avec elle, vous pourrez
aborder la question du journalisme en général, et en particulier celle
du travail journalistique sur le continent.

Coumba Kane.png

Hortense Assaga, journaliste chez Africa 24, travaille entre la France, différents pays africains et où se trouvent leurs diasporas. Elle partagera son expérience du terrain.

#africaisnotacountry

Attention : entrées limitées ! Pour vous inscrire, c’est là: http://bit.ly/inscription-ateliers-journalisme-Fraiches-Women-Festival

16h15-18h15 « Se réapproprier l’intime » Avec les militantes Sharone
Omankoy et Axelle Jah Njiké
 

Une fois vos places achetées, vous pouvez remplir le formulaire pour y participer ici : http://bit.ly/inscription-atelier-réappropriation-intime-fraiches-women-festival

 

 

> https://lekitambalaagite.tumblr.com

>> www.parlonsplaisirfeminin.com

18h10 Clôture de la journée

18h30-20h15 Pause

20h15 Ouverture des portes pour les concerts

20h30-21h Sira Niamé est une chanteuse franco-malienne qui a grandi à
Montreuil. L’enfant de la ville proposera sa pop africana accompagnée
d’un joueur de n’goni.

Sira Niamé def

21h15-21h45 Kami Awori ; duo soul futuriste qui a fait la première
partie de la chanteuse canado-haïtienne Mélissa Laveaux lors de la
dernière édition du festival Les Femmes S’en Mêlent et qui tisse sa
toile sur la scène musicale.

Kami Awori def

22h-22h45 FAKA, le groupe sudafricain queer et genderfluide, dont les prestations artistiques anthologiques commencent à faire parler d’elles, se produit pour la première fois en France et propose un concert aux sonorités gqom. Performance artistique de folie garantie !!

 

23h-minuit Cheetah (DJ set)

Marina Wilson aka Cheetah nous ambiancera entre hip-hop, baile funk, dancehall, afrobeat et nous surprendra avec des remixes dénichées sur la toile et qu’elle affectionne particulièrement.

Cheetah def

Tout au long de la journée, retrouvez les expositions artistiques de la photographe Noëlla L et de l’artiste Estelle Prudent.

Estelle Prudent def

Noëlla L def

#Fraicheswomen2017 n°5 : Penda Diouf, auteure et co-fondatrice de Jeunes textes en liberté

« Je souhaite que les plateaux de théâtre ressemblent à la France telle qu’elle est actuellement, avec tous types de physique, d’âge, d’origines ethniques et d’autres rôles que ceux habituellement proposés. »
THEÂTRE – Penda Diouf milite pour plus de diversité dans les textes et sur les planches.  C’est d’ailleurs ce qu’elle fait avec Jeunes Textes en liberté dont elle est co-fondatrice. Elle compte aussi bien donner la parole à des aut.eur.ice.s racisé.e.s avec la revue littéraire hEXagones dont elle est l’une des initiatrices. On pourra y retrouver les écrits du rappeur Rocé, du chanteur Blick Bassy ou encore de la metteure en scène Eva Doumbia. Une campagne de crowdfunding, qui s’achève dans 6 jours, a été lancée. Pour faire un geste, c’est par ici. Pour en savoir plus sur l’autrice Penda Diouf, poursuivez votre lecture ;).
Comment définissez vous votre travail?
Je travaille sur la question de la représentation. Pour Jeunes textes en liberté, le festival itinérant de lectures de textes de théâtre contemporain centré sur la question de la « diversité » que je co-organise, cela se joue sur deux niveaux.
Sur le plateau, les comédiens peuvent être noir.e.s, arabes ou asiatiques, iels peuvent jouer n’importe quel rôle. Il ne s’agit pas de les cantonner, comme cela se fait habituellement dans le théâtre français à des personnages stéréotypés de dealer, sans papier, migrant, femme de ménage, femme de migrant, personne en difficulté à aider. Non. Cela ne correspond pas du tout ni à ma réalité de femme noire de France, ni à mon quotidien ou à celui de mes proches. Alors pourquoi est-ce que ces rôles seuls sont valorisés au théâtre pour les racisé.e.s ?
Je souhaite que les plateaux de théâtre ressemblent à la France telle qu’elle est actuellement, avec tous types de physique, d’âge, d’origines ethniques et d’autres rôles que ceux habituellement proposés.
La question de la narration est importante également dans le festival. Achille Mbembe dit : « Le fait est que les vaincus sont obligés, pour survivre, de connaître non seulement leur propre histoire mais aussi celle de leurs dominants. Les dominants, eux, non ». Et de fait, nos histoires d’anciens peuples colonisés -et pas forcément vaincus-, sont invisibilisées ou racontées selon le même modèle paternaliste et condescendant, du type « L’homme africain n’est pas assez rentré dans l’histoire » . C’est à nous de démontrer que notre histoire est riche et doit être étudiée par tous.
En tant qu’autrice, je fais mienne la citation de Chinua Achebe : « Tant que les lions n’auront pas leurs historiens, l’histoire de la chasse glorifiera toujours le chasseur. » Je suis plutôt du côté du lion. Mon écriture tourne autour du patriarcat, des questions d’identité, de la folie, de l’oppression mais aussi de la magie. Je suis très mystique. 

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Crédits photo : Noellal

Sur quoi travaillez vous en ce moment?
Je travaille avec Anthony Thibault, mon binôme sur Jeunes textes en liberté, sur la saison #3 qui a pour thème « Espoirs ». Nous sommes en résidence à Mains d’Oeuvres à Saint Ouen et continuons les lectures des textes dans différents lieux partenaires comme la MC93, le théâtre de la Loge et d’autres lieux hors les murs comme la bibliothèque d’Issy -lès-Moulineaux ou le restaurant « Chez Betty ».  La prochaine en Ile-de-France, ce sera le 26 novembre dans le cadre du « Relais festival » au Théâtre Gérard Philippe de Saint-Denis à 15h. Je lirai en préambule mon texte Pistes.
Et ensuite c’est une lecture de Jeunes textes en liberté: Tabaski de Marine Bachelot Nguyen mise en lecture par Laëtitia Guédon.
Je prépare une version longue de mon dernier texte, en partie autobiographique Pistes qui évoque mon vécu de femme noire en France, la découverte de la Namibie, ancienne colonie allemande où s’est déroulé le premier génocide (complètement oublié) du XXe siècle. Je vais le jouer en Guinée, dans le cadre du festival « L’univers des mots »  en novembre prochain.
Je voudrais aussi écrire un texte sur la solitude de la femme noire. J’ai déjà quelques poèmes sur le thème, je ne sais pas quelle forme cela va prendre au final.
Je travaille également sur une revue littéraire à paraître début 2018 où tous les auteurs de la revue sont racisés.
Quelle est votre principale source d’inspiration?
Je ne parle bien que de ce que je connais. Alors je pars de moi, de mes sensations, de mon corps, de mes expériences intersectionnelles. Pour élargir à mon entourage, des femmes racisées, des amis, des gens que j’ai la chance de côtoyer, de leur vécu. Pour élargir davantage et essayer d’embrasser un maximum de personnes. J’aime quand la petite histoire rencontre la grande et que personne n’est laissé sur le bas-côté. 
Et il y a un personnage qui me parle beaucoup depuis quelques années, c’est celui de la Reine Pokou, qui est à l’origine du peuple Baoulé en Côte d’Ivoire. Elle a permis, par le sacrifice de son unique fils, de sauver son peuple qui fuyait le Ghana. Chez les Baoulé -l’ethnie de ma mère-, la société est matriarcale.  Je crois qu’il y a un peu de Pokou, de sa force dans mes dernières pièces.