RECAP – 2019, on arrive! et on aimerait …

BILAN – 2018, une année bien riche. Entre polémiques et belles réalisations. On revient dessus et on partage aussi nos voeux pieux pour les prochains 365 jours de l’année à venir.

En mai 2018, nous avons eu la chance d’organiser notre premier festival, Fraîches Women. On commençait 2018 justement en vous l’annonçant. Il a pu être un véritable succès et ce grâce à vous ! Merci encore énormément pour ça !

Ce qu’on ne veut plus voir/entendre/lire

– on pense fort à ces rédactions qui se revendiquaient modernes, auprès desquelles on attendait notamment de la « diversité » et qui nous ont livré des photos de famille assez … monochromes ! Comme ici.

– on déplore l’utilisation de photoshop pour faire croire à de la diversité dans une école d’art française voulant s’implanter aux Etats-Unis ! Posons-nous peut-être la question du pourquoi du comment de la blanchité des écoles, non ? 


– on ne veut plus voir de « niggerfishing » ou cette tendance chez certaines instagrameuses à se faire passer pour des noires à coup d’autobronzant et de contouring, une autre forme de blackface bien expliquée ici 

En 2019, on dit bye bye au niggerfishing ?
Source photo : madame.suavelos.eu

– qu’on arrête de faire figurines ratées à l’effigie de l’acteur britannique Idris Elba pour les vendre presque 1000 euros l’unité

-qu’on n’écorche plus les noms d’origines africaines, à l’instar de ceux de certains joueurs de l’équipe de France de football -qui ont rapporté la coupe mondial en juillet dernier !- comme Ngolo Kanté et de Kylian Mbappé et  -notre confrère Cyril Lemba avait déjà donné des tips de prononciations à ce sujet ici et . On vous promet, ce n’est pas compliqué 😉 !

– qu’on respecte enfin l’artiste Aya Nakamura, critiquée tantôt pour avoir posté une photo d’elle sans maquillage tantôt pour utiliser des mots incompréhensibles pour le commun des mortel.le.s français.es dans ses chansons. On n’oublie pas non plus quand son nom -de scène- a été remixé deux fois lors des NRJ Music Awards en novembre dernier. Dur d’être une femme noire dans l’industrie musicale! On rappelle que son album Nakamura a été récemment certifié disque de diamant

Aya Nakamura dans « Djadja »

-et si on arrêtait avec des noms d’entreprise douteux type « Anti Black » ou des tentatives de réédition de la bande dessinée des aventures de « Bamboula » ? Et les représentants une fois interpellés, qui ne comprennent pas où est le souci … #lagrandefatigue   

-que Rachel Dolezal euh Nkechi Diallo pardon cesse de se faire de l’argent sur une vraie cause, on l’a revu à l’oeuvre suite à la polémique H&M en janvier dernier

-qu’on soit d’accord avec elles ou pas, pas possible de tolérer les insultes racistes auxquelles les personnalités publiques n’échappent pas, que ce soit en France avec Rokhaya Diallo et Hapsatou Sy ou en Belgique avec l’humoriste et présentatrice météo Cécile Djunga

qu’il n’y ait plus de non assistance en personne en danger comme ce fut le cas pour Naomi Musenga dont l’appel d’urgence n’a pas été pris au sérieux par le SAMU. La fin de la croyance d’un prétendu syndrome méditerranéen, c’est possible ?

-arrêter de culpabiliser les femmes africaines et leurs ventres, comme des responsables politiques l’ont fait et comme c’est le cas dans un article de presse datant du mois de septembre (!)

-que les cas de violences policières soient plus souvent-tout le temps!-punies. Dans un cas rare, la justice américaine a déclaré coupable de meurtre en août dernier le policier qui a tué par balle Jordan Edwards, adolescent âgé de 15 ans, à Balch Springs (Texas) alors qu’il rentrait en voiture d’une fête avec son frère et des amis, assis côté passager. … On pense notamment à la famille d’Adama Traoré,-dont la soeur, Assa, qui a accepté de parler de son combat pour la vérité lors de la première édition du Fraîches Women festival– à celle de Lamine Dieng et à bien d’autres.  On rêve même de la fin de ces violences …

-on n’oublie pas la communauté LGBT afrodescendant.es prise pour cible. Une pensée pour Kerrice Lewis, et les femmes transgenres racisées le plus souvent, victimes de crimes haineux qui ont été tuées cette année 2018

Ce qu’on est contentes de voir et ce qu’on attend avec impatience et qu’on espère voir

-le beau parcours qui se poursuit pour le documentaire Ouvrir La voix réalisé par Amandine Gay ; entre des prix reçus en festival,-le dernier en date ici– sa sortie en DVD et sa diffusion prochaine à la télévision, notamment sur TV5 Monde, Canal+ où il est déjà dispo en VOD et la chaîne belge BeTV. On attend également avec impatience son second documentaire qui portera sur l’adoption. Elle a par ailleurs lancé le mois des adopté.es en novembre dernier, une excellente initiative pour donner la parole aux adopté.es en France, en Suisse et au Québec.

– on souhaite une belle trajectoire au projet de compilation de musiques francophones de luttes, intitulée Par les damné.e.s de la terre, des voix de luttes 1969-1988 mis en place par Rocé et dont nous avons eu le grand honneur de co-organiser la release party en octobre dernier avec le label Hors Cadres

– on salue l’initiative de la femme qui se cache derrière Ovocytemoi-où elle parle surtout d’infertilité chez les femmes africaines- et de l’association Afrique Avenir qui ont organisé un événement autour de la santé sexuelle et reproductive des femmes noires en novembre dernier à Paris

le retour de Missy Elliott et Timbaland ; on a envie d’y croire cette fois !

-Hâte de découvrir le projet documentaire sur lequel l’actrice Aïssa Maïga travaille autour de la vie de son père, Mohamed Maïga, journaliste sénégalais engagé et proche de Thomas Sankara, assassiné en 1988

-on a hâte de voir des adaptations cinéma de livres marquants. De Petit pays écrit par l’artiste Gaël Faye, à Born a Crime : Stories from a South African childhood sur l’enfance sous le régime de l’apartheid en Afrique du sud de Trevor Noah avec Lupita Nyongo dans le rôle de sa mère en passant par la fiction Americanah écrite par la nigériane Chimamanda Ngozi Adichie avec, une fois de plus au casting, l’actrice kenyane cette fois épaulée de son amie et consoeur Danai Gurira

-vivement février 2019 pour la sortie du livre pour enfants Djibril: un jour de pluie, premier de la série Les aventures de Djibril à l’initiative de Makamoussou Traoré plus connue en tant que DJ Miss Mak. Elle a lancé une campagne de crowdfunding qui s’est achevé en atteignant 126% de son objectif ! Un projet important car les petits garçons noirs aussi souffrent du manque de représentation dans la littérature en France

– plus de nouveaux podcasts inclusifs en France comme Kiffe ta race animé par Rokhaya Diallo et Grace Ly ou Miroir Miroir hosté par la journaliste Jennifer Padjemi

– que Serena Williams continue d’être incroyable malgré les attaques en tout genre

-qu’on comprenne qu’il y a bien des librairies au Nigeria et pas que Boko Haram contrairement à ce que la journaliste Caroline Broué a pu adresser à Chimamanda Ngozi Adichie en interview au Quai d’Orsay le 25 janvier pour la Nuit des Idées.

-on place nos billes pour les Grammys 2019. On ne se remet pas du non sacre de SZA l’an dernier malgré ses nominations mais on a envie d’y croire pour H.E.R nominée quatre fois notamment dans les catégories nouvelle meilleure artiste et album de l’année

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EVENEMENT – RDV le 28 octobre au Hasard Ludique pour la release party de « Par les damné.es de la terre » de Rocé

Le rappeur Rocébien connu pour son engagement sans faille, sortira le 2 novembre prochain son nouveau projetPar les damné.e.s de la terre, une compilation de musiques engagées du temps des décolonisations et des luttes ouvrières, dont la sortie est prévue le 2 novembre.
Pour l’occasion, L’Afro et le label Hors Cadres organisent la soirée de présentation du projet avec les historien.ne.s qui ont participé au livret et la comédienne Aïssa Maïga, qu’on ne présente plus, et qui évoquera notamment son père, le journaliste Mohamed Maïga, grande figure de la résistance africaine.

On vous donne rendez-vous le dimanche 28 octobre à 16H au Hasard Ludique, 128 avenue de Saint Ouen, 75018 Paris, métro : Guy Môquet.

Au programme :

de 16h à 18h, une discussion suivie d’un échange avec le public avec

Amzat Boukari-Yabara

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©Maonghe M.

Historien et docteur de l’EHESS, Amzat Boukari-Yabara est notamment l’auteur de Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme (2014, éditions La Découverte) et de Walter Rodney (1942-1980) : les fragments d’une histoire de la révolution africaine (2015, éditions Présence Africaine) . Militant panafricain, il est également actif au sein de l’organisation Ligue-Panafricaine UMOJA.

Aïssa Maïga

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Source photo : Agences Artistiques

Aïssa Maïga est une actrice de cinéma depuis plus de 20 ans en France. En 2018, elle dirige et publie l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier où une douzaine de comédiennes afrodescendantes en France partagent leurs expériences et leurs points de vue sur la pratique du métier en France en tant que femmes noires. Elle est également la fille du journaliste malien Mohamed Maïga, proche du président Burkinabè Thomas Sankara, qui a été assassiné en 1987. 

Naïma Yahi

Naïma Yahi Africultures
Source photo : Africultures

Naïma Yahi est historienne et chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (URMIS) de l’université de Nice Sophia Antipolis. Spécialiste de l’histoire culturelle des Maghrébins en France, elle est directrice de Pangée Network, organisme faisant la promotion d’une meilleure connaissance des différentes cultures composant la nation française au sein des institutions et des écoles. En 2009, elle est co-commissaire de l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France » et en a rédigé le catalogue à La Cité nationale de l’histoire de l’immigration désormais connue sous le nom de Musée National de l’histoire de l’Immigration. En 2013, elle co-dirige l’ouvrage collectif La France arabo-orientale, treize siècles de présence aux côtés de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Yvan Bastaut (éditions La Découverte).

Rocé

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Source photo : Rocé Facebook

Fils du résistant et anticolonialiste Adolfo Kaminsky, Rocé, rappeur indépendant semble avoir l’engagement dans le sang. Il démarre sa carrière dans le rap il y a une vingtaine d’années, a travaillé avec d’autres rappeurs tels que Manu Key de la Mafia K1fry ou encore JP Manova et a su imposer son style et sa vive plume. Cinq ans après avoir sorti son dernier album Gunz N’ Rocé (2013, Hors Cadres), Rocé présente son nouveau projet Par les Damné.e.s de la Terre. Il s’agit d’une compilation de chansons de luttes francophones, rendant hommage à des figures de luttes, de Colette Magny en passant par l’activiste et psychiatre Frantz Fanon, qui a inspiré le nom de l’opus dont la sortie est prévue en novembre 2018.

La journée finira avec une série des dj sets de 18h à 20h30 avec :
– Dj Kwabena NTK – Afro – West Indies – Soul – Hip Hop
– Dj Krimo (Toukadim) – Consciousness – Maghreb – Hip Hop
– Cheetah – Grime – Afrobeat – Afropop – Baile Funk – Hip Hop
– Momo Big Cheese – Soul – Funk – Maghreb

ENTREE LIBRE !

On vous attend nombreux.ses 😉 !