MUSIQUE – Dadju, Roga Roga, Serge Beynaud … la playlist qui enjaille la Côte d’Ivoire par Dj BDK (Trace)

ENJAILLEMENT – Dj et même Vj de Trace Côte d’Ivoire, il fait partie de celleux qui ambiancent dans les boîtes de nuit abidjanaises, faisant naviguer le public entre nostalgie avec des classiques et fraîcheur avec les derniers tubes allant du zouglou, au coupé-décalé en passant par du rap et du r&b. Il a accepté de nous concocter une sélection des morceaux qui font vibrer la Côte d’Ivoire actuellement.
Il a commencé à mixer en 2004 en direct de sa chambre pour se faire la main. Jusqu’à ce qu’une radio locale commerciale de l’époque à l’audience non négligeable lui réserve une tranche horaire et hebdomadaire le samedi après-midi. Aujourd’hui, il est une référence des nuits abidjanaises. A l’écoute de ce qui parle musicalement et sur les pistes de danse aux Ivoirien.ne.s en ce moment, en voici un échantillon.

Safarel Obiang – « Grattanhou »

Dadju – « Ma fuzzy style »

StarBoy feat Wizkid, Ceeza Milli, Spotless, Terri – « Soco »

Kerozen feat Serge Beynaud – « ça dépend de toi »

Olamide – « Science Student »

Shado Chris, Locko – « Kitadi »

Roga Roga – « 242 »

Serge Beynaud – « Babatchai »

Singuila – « Faut pas me toucher »

(Crédits photo = Adriel BOKA)

[CINÉMAAAAAAA] On a vu… La Vie de Château en salles le 9 août

À L’AFFICHE – Le film de Cédric Ido et Modi Barry sort début août, au creux de l’été. Une comédie sympathique au coeur de Château d’Eau, « l’un des derniers quartiers vraiment populaires de Paris », selon ces derniers.

Le jeu de mots du titre prévient déjà -un peu- : le parti pris du film est comique. Charles aka « Le Prince » est à la tête d’un groupe de rabatteurs, mais rêve de s’installer à son propre compte. Autour de ce point de départ se déroulent des histoires qui ont toutes le même et unique lieu : Château d’Eau. Le personnage principal, interprété par Jacky Ido, est bien connu des deux réalisateurs. L’un d’eux, Cédric Ido, également comédien, réalisateur du remarqué Twaagaun court primé à plusieurs reprises, est son frère et lui offre ainsi son premier premier rôle dans un film français. L’autre, Modi Barry avait déjà dirigé Jacky Ido dans 1983, un film court d’anticipation. Le duo amis dix ans à monter le projet, une intrigue sur fond d’embrouilles, à Château d’Eau, dans ses magasins et salons, avec celles et ceux qui y travaillent.

 

Ici, pas de sandwiches à 6 euros, de bars à cocktails onéreux, ni de magasins streetwear réservés aux happy few. Le film se centre sur cette partie du 10e industrieuse, entre le boulevard de Strasbourg et la rue des petites écuries, qui ne dort presque jamais. Et sur la rivalité entre Charles et Bébé, autre chef des rabatteurs, qui travaille pour des salons concurrents.

crédits Jean-Claude Lother

Pas de préambule à la Enquête Exclusive demandant « Mais qui sont les rabatteurs de Château D’Eau-quels sont leurs réseaux-ils témoignent », mais une histoire centrée autour d’eux – certains qu’on voit dans le film jouent leur propre rôle-, de l’envie d’ascension des uns et des autres, et des coups fourrés pour tenter d’y arriver.

C’est bien l’un, si ce n’est le personnage central de cette comédie. Le quartier est de tous les plans. On le voit dès l’ouverture du film, en musique avec Paris de Joséphine Baker ; une manière transparente de dire que Paris est Paris aussi parce qu’il y a Château d’Eau.

Tatiana Rojo crédits Jean-Claude Lother

On croise toute une galerie de personnages, campés notamment par Jean-Baptiste Anoumon, Tatiana Rojo -Amou Tati-, ou encore comme Assa Sylla, vue dans Danbé, Bande de filles, ou encore Ralph Amoussou, –La Fine Equipe…- et même Serge Beynaud, la star du coupé-décalé.

L’un des grands atouts de cette comédie, c’est sa bande-son et son casting. C’est bien d’y retrouver Félicité Wouassi. Les réalisateurs ont confessé avoir écrit le film en pensant à elle. Depuis Aide-toi le ciel t’aidera en 2008, qui lui avait valu une nomination aux Césars en 2009, on avait revu la comédienne à quelques -trop- rares occasions sur le petit  écran. Ici, elle incarne une gérante de salon, businesswoman avisée et figure du quartier empêtrée dans un imbroglio qu’on ne vous dévoile pas ici.

Ici, l’assistant du couturier -forcément italien- est japonais et taiseux. Les Indien.ne.s sont dur.e.s en affaire, les femmes noires aussi et ces dernier.e.s le savent. Le trait est forcé dans La Vie de château, – la marque de bon nombre de comédies françaises-, contrebalancés par des scènes où affleurent la détresse de certains des personnages, tou.te.s des combattant.e.s pour s’offrir une vie meilleure ; le tout baigne dans la bienveillance pour ses personnages. Le film a le mérite d’offrir une plongée fictionnelle dans une partie de la capitale que le cinéma n’avait pas vraiment envisagé comme un lieu à filmer. Sans en jeter celles et ceux qui en ont fait l’âme.