PORTRAIT – « Nos mères, nos daronnes » : Laurence Lascary, de l’autre côté de la caméra

laurence lascary
Elle aime les histoires depuis petite. Laurence Lascary a décidé de contribuer à les faire exister sur petits et grands écrans en devenant productrice et raconte comment elle s’est retrouvée à travailler sur le projet « Nos mères, nos daronnes ».

Placer Laurence Lascary dans cette dernière partie de notre dossier sur les femmes noires dans les médias et l’audiovisuel était une évidence mais nous a posé question. Sept ans d’activité au compteur pour sa maison de production De L’Autre Côté du Périph (D.A.C.P.), créé au retour d’un séjour américain, par opposition à une vision autocentrée, bourgeoise d’un certain cinéma français, Laurence Lascary est loin d’être une newbie, et les projets qu’elle travaille se font toujours plus nombreux.

 « Figurer dans la partie dédiée aux jeunes entrepreneuses, cela me va bien », nous dit par téléphone de son bureau situé au sein de la Cité du cinéma à Saint-Denis, celle dont les documentaires passent régulièrement à la télévision. L’une de ses dernières productions Nos Mères, Nos Daronnes, donnant la parole à des femmes maghrébines de Bobigny, est passée sur France 2 dans Infrarouge.

Repérer, développer, produire

Le documentaire raconte leurs vies à la fin des années 60 en France, époque charnière du féminisme, co-réalisé par Bouchera Azzouz et Marion Stolens, diffusée à 23h05 un soir de semaine fin avril 2015. Il avait intéressé 816 000 téléspectateur.ice.s.

« J’ai rencontré Bouchera via une connaissance, qui m’a dit que nous devions absolument nous voir, nous parler, que nous aurions beaucoup de choses à  nous dire, se rappelle Laurence. On ne se connaissait pas alors qu’on vient de la même ville. » A l’époque, Bouchera Azzouz, -militante féministe, elle a été secrétaire générale de Ni Putes Ni Soumises de 2007 à 2009, ndlr- était en pleine reconversion.

Jeune, noire et engagée

La néo-documentariste avait envie de réaliser un film qui n’était pas encore développé. « J’en ai parlé à une conseillère des programmes de France 2 qui a aimé l’idée. On a trouvé un co-auteur et le travail a commencé », explique Laurence Lascary et de préciser que la réalisatrice a « d’autres projets à venir ». Le résultat : une galerie de portraits d’une génération de citoyennes, qu’on entend peu, venues d’ailleurs, mais définitivement d’ici, et qui éclairent l’histoire sociale et politique de la France d’une lumière nouvelle, une constante dans les productions de Laurence Lascary.

Désireuse d’apporter du neuf dans un secteur embouteillé et déjà riche en créations, en devenant productrice, un métier à 360° de touche-à-tout « de la recherche de projets, aux contacts avec les diffuseur », où il est nécessaire d’avoir du flair, Laurence Lascary a injecté « son côté militant » à son activité, elle qui est passée par l’association Les Indivisibles.

« J’ai participé à l’organisation des Y A Bon Awards, on était  quatre dans le comité de pilotage, et c’était la folie, on ne dormait pas !! », explique cette proche de Rokhaya Diallo, ancienne présidente de l’association, dont elle a produit le documentaire Les Marches de la liberté.  L’envie de poursuivre la collaboration est là.

La possibilité du net

L’avenir de celle qui a toujours aimé les histoires que racontait -très bien- sa grande soeur et le cinéma, est chargé de nombreuses missions pour que le cinéma passe de l’autre côté du périph’ pour de bon. Elle organise le festival Dans Mon Hall avec la Mairie de Paris, qui aura le lieu le 4 mars, où les trente films créés par des réalisateurs et des habitants de quartiers populaires seront projetés.

Laurence Lascary également présidente de la Fédération des Jeunes Producteurs Indépendants est aussi à l’initiative de la journée des jeunes producteurs indépendants, un marché du film qui se tient à Aubervilliers, pour permettre aux diffuseurs de découvrir des talents professionnels et créatifs qui produisent d’autres histoires en phase avec la France diverse et d’aujourd’hui mais qu’on voit peu.

Si les productions de Laurence Lascary passent principalement à la télé, cette dernière travaille sur des projets digitaux, admet avoir beaucoup d’idées, mais déplore la frilosité de l’industrie, qui ne suit pas encore. Internet est un vivier de talents sur lequel elle garde un oeil et avoue avoir envie de travailler avec certains d’entre eux comme Ahmed Sylla, Kevin Razy ou encore Dycosh.  Du video-club qu’il y avait en bas de chez elle d’où elle remontait des films, aux  Youtubeurs qui filment leurs sketches et leurs mini-séries, Laurence Lascary reste derrière l’écran, pour continuer de voir naître des histoires.

Mini-bio subjective de Laurence Lascary

1999 : Voit Fight Club, « un super moment de cinéma »

2007 : Travaille pour UniFrance à New York

2008 : Crée De L’Autre Côté du Périph’ (DACP)

2010 : « C’est l’année de naissance de ma nièce ! »

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