#mediasfrotalk : Blog vs média ?, financement et plagiat… Tout ce qui s’est dit le 22 avril ou presque est là ;)

Negronews, Cité Black, Blackbeautybag, Les Docs Afros… Les fondat.eur.ice.s et rédact.eur.ice.s en chef de ces sites internet, blogs ou magazine ont accepté notre invitation à débattre sur la question des médias afro le samedi 22 avril, veille du premier tour de la présidentielle en France. Une question tellement riche et complexe qu’il aurait fallu au moins 24h pour aborder la plupart des enjeux.

Depuis longtemps, nous voulions réunir différents act.eur.ice.s du secteur pour initier une discussion sur cette « niche » qu’est le média afro. Depuis le lancement de L’Afro, fin octobre 2015, à vrai dire. Car en tant que journalistes, la réflexion sur le rôle et le fonctionnement des médias est perpétuel. Et avant même de se poser la question du média afro en tant que tel, encore faut-il définir ce qu’est un média tout court, qu’on appelle également « 4ème pouvoir ». Ce que l’ensemble des intervenant.e.s s’accordent à dire, peu importe la ligne éditoriale de leur média,  c’est qu’iels ont lancé leur plate-forme d’information parce qu’il ressentait un manque dans les médias mainstream. Mais pour autant, les médias afro font-ils la différence ?

Cette discussion s’est faite en 3 temps.

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De gauche à droite, Sarah Kouaka (rédactrice en chef chez NOFI) et Hortense Assaga (fondatrice de Cité Black et journaliste chez Africa 24)

Les médias afro ont une histoire. Certains, à l’instar du magazine Amina, existe depuis plus de 40 ans, d’autres ont suivi, existent toujours aujourd’hui, ont disparu, sont revenus : Grioo, Afrobiz, Chocolate…, la liste est longue. Pour ouvrir cette soirée, nous avons donné la parole à une des femmes qui a contribué à écrire cette histoire, Hortense Assaga, journaliste officiant aujourd’hui sur la chaîne de télévision Africa 24. Elle a retracé une partie de son expérience de fondatrice et rédactrice de Cité Black tenu pendant 8 ans depuis 2000, la construction du magazine qu’elle a bataillé à faire rentrer puis rester dans les kiosques, selon ses conditions. (on l’avait d’ailleurs interviewée à ce sujet en 2015 dans notre dossier « Femmes noires dans l’audiovisuel »).

À ses côtés, Sarah Kouaka, rédactrice en chef de NoFi; elle a évoqué notamment la problématique du modèle économique. 

À l’origine une marque de Tshirts Noir & Fier, NoFi est devenu une marque tout court à 360°, constituée d’un média, d’une association et d’une agence de communication destinée à aider des entreprises, -pas nécessairement afro-, à cibler un public afrodescendant pour qu’elles puissent leur vendre leurs produits.

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De gauche à droite, Adiaratou Diarrassouba (co-fondatrice de L’Afro) et Sarah Kouaka

On retiendra ici la complexité de faire vivre financièrement parlant et ce, de manière durable, les médias en général ; cette question n’épargne pas les médias mainstream, eux-mêmes bien souvent obligés de faire appel à des investisseurs ou de se faire racheter par de riches banquiers ou entrepreneurs pour subsister.

L’impact de ces médias afro dans la société, c’était l’objet du second temps de la soirée. On est notamment revenu sur la polémique du magazine Elle et son article de 2012 sur la « blackgeoisie », qui aurait découvert le style grâce à Michelle Obama, soulignant qu’avant elle, les Noir.e.s ne savaient pas s’habiller. À l’époque, l’affaire avait fait un tollé, des afronautes en nombre avaient tenu à faire entendre leur colère sur les réseaux sociaux. Une colère partagée par Danielle Ahanda, fondatrice du webzine Afrosomething et du blog BestofD, et sa sœur Patricia qui ont interpellé la rédaction, puis y sont allées pour discuter face caméra avec deux journalistes. Les coulisses de cette vidéo sont beaucoup moins apaisées que ne le montrent les images, a souligné la protagoniste. De ce coup de griffe, mis en scène par la rédaction du magazine, reste une plus grande place faite aux mannequins non-blanc.he.s, constate Danielle ; un sentiment qui n’était pas partagé par toute la salle.

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De g. à d. : Dolores Bakèla, co-fondatrice de L’Afro, Danielle Ahanda, fondatrice d’Afrosomething, Regis Mutombo Katalayi, fondateur de Negronews et Pierre Désiré Cras, co-fondateur des Docs Afro

Nous avons eu la chance de pouvoir revenir sur cet épisode avec Danielle Ahanda, qui est intervenue aux côtés de Régis Mutombo Katalayi, le rare créateur de Negronews et Pierre Désiré Cras, co-fondateur des Docs Afros. Un plateau particulièrement éclectique : la première est blogueuse, le second, informaticien de formation, le dernier, historien. Aucun n’est journaliste. Pour autant, font-iels fi des règles de déontologie journalistique, essentielle pour les fais.eur.se.s d’information ? Comment le gèrent-t-iels ? Regis Mutombo Katalayi a lancé la page Negronews sur Facebook en 2012, en y relayant exclusivement des articles écrits par d’autres, sans produire de contenu original, dans le but de transmettre des informations qu’il estimait inconnues et indispensables à faire connaître à la « communauté ». En 2015, il affirmait ne relayer plus que 50% d’articles écrits par d’autres médias et 50% de contenu original. La donne est différente pour Pierre Désiré Cras, historien spécialisé dans l’histoire africaine-américaine ; il propose à l’inverse, -avec la co-fondatrice et également historienne Narcy Malanda-, 100% de contenu original sur le site Les Docs Afros, qui a également commencé sous forme de page Facebook. Il explique que sa page a été victime de plagiat de la part d’autres pages ou sites qui ont repris tout simplement en copié-collé du contenu, sans citer la source, ce qui est une règle de base, bien connue des journalistes et des chercheu.r.se.s.

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Danielle Ahanda et Regis Mutomno Katalayi

L’affaire Cais, petit garçon dont les parents soupçonnaient à l’époque qu’il avait été violé par un personnel de l’école, est également évoquée par Danielle Ahanda, suite à un article problématique au niveau de l’éthique liés à son traitement par une rédaction afro. Une manière de dire que même un sujet touchant un membre de ladite communauté peut-être mal traité par un.e membre de ladite communauté travaillant pour un média de ladite communauté, qu’iel n’échappe pas forcément aux travers reprochés aux médias traditionnels, dont le public se méfie de plus en plus. On reproche souvent aux afros – et nous sommes bien placées pour le savoir, l’ayant entendu dans des rédactions mainstream- la question de la distance par rapport au sujet traité. Plus on serait proche du sujet à traiter, moins on serait objectif, l’objectivité étant la qualité la plus souvent mise en avant pour faire un.e bon.ne journaliste. Ce type de raté, évoqué par D. Ahanda, viendrait faire écho à cette affirmation. Vaste champ.

Autre sujet qui a échauffé le public : la question de la solidarité entre médias afro, évoquée par le responsable de Negronews.

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Fatou N’diaye de Blackbeautybag et Mariam Ndour de Djiguene

On a consacré le dernier moment de la soirée aux blogs. Vu comme certains d’entre eux sont suivis, on s’est demandé si on pouvait les considérer comme des médias à part entière. Pour l’occasion, Fatou N’Diaye de Blackbeautybag et Mariam Ndour de Djiguene sont venues en discuter. L’une, 40 ans, écrit sur la beauté depuis maintenant 10 ans et le dit haut et fort : son travail est différent du journaliste. L’autre, 25 ans, écrit sur l’Afrique depuis 1 an. Avec Fatou, qui travaille avec différentes grandes marques de luxe dont L’Oréal, on a abordé la question de l’indépendance quand on est lié à des marques. La blogueuse dit pouvoir choisir d’accepter ou de refuser les contrats proposés, que son caractère lui a permis de s’imposer sur la durée, de la rendre visible dans la sphère afro-française ; ses recommandations auraient même permis à d’autres femmes noires d’être embauchées par de grands groupes. Connue pour son franc-parler, elle a tenu à rappeler combien les fantasmes entourant le fait d’être blogueuse étaient importants. Elle a également fustigé la notion d’influenceur.se, arguant que tout le monde décrétait en être un.e et a évoqué, entre autres, l’achat de followers, décrédibilisant les personnes s’y prêtant auprès de grosses entreprises au fait de ce type de pratiques.

Pour Mariam Ndour, le blog Djiguene est un lieu de relais d’informations sur des initiatives autour de l’Afrique pour valoriser et donner une autre vision du continent. Parlant du printemps africain, qui fleurit dans bon nombre d’institutions parisiennes, Mariam a parlé de son travail, amorcé depuis quelques années vs l’intérêt récent pour le continent et le choc entre les deux. Dans les deux cas, la relation au public est différente. Ce qui conclut la soirée et ouvre le sujet : finalement, à qui ces médias s’adressent-ils ?

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Nous ne sommes pas sûres qu’il était possible de répondre à cette vaste question en trois heures. Les intervenant.e.s , venu.e.s de différents horizons, avaient beaucoup de choses à dire, et qui n’allaient pas forcément dans le sens du vent. Le fonctionnement des médias afro a pu cependant être abordé, dont les entités administratives même posent question ; avant même de pouvoir répondre à cette question, il était important de présenter l’écosystème dans lequel naissent et se développent ces médias.

Nous nous réservons la possibilité de revenir sur tout ce qui s’est dit et d’aller plus loin, une prochaine fois, avec vous, on l’espère 😉

DÉBAT- À la rencontre de NOFI, Africa 24, Blackbeautybag et d’autres le 22 avril… VENEZ NOMBREUX.SE.S #mediasafrotalk

Les medias afro, intriguent, posent un certain nombre de questions. Pour notre septième débat, nous souhaitons donner la parole, aux chercheur.se.s, blogueuses, journalistes et autres acteur.ices de ces plateformes, magazines à la veille des élections présidentielles, oui, il faut qu’on parle !

Rendez-vous le samedi 22 avril à la Librairie des Orgues dans le 19ème arrondissement de Paris pour notre #mediasafrotalk

Pour prendre une place, cliquez ici >> bit.ly/2oF54OZ << PLACES LIMITÉES

Tarifs : 

7€ :  boisson incluse (soft, bière, vin) 

5,50€ : boisson incluse tarif réduit sur justificatif (précaires, étudiant.e.s, chômeur.se.s)

12€ : offre duo valable pour deux personnes, 2 boissons incluses

Déroulé de la soirée

19h : Qu’est-ce que les médias afro ? Quel est l’intérêt de leur existence en 2017 ? Et vous, lecteur.ices, que cherchez-vous quand vous en lisez ?

Avec Hortense Assaga (Africa 24), Sarah Kouaka (Noir et Fier)

20h : pause

20h15 : Féminin “ethnique”, news “noires”… Comment les médias afro, lancé parfois par des non professionels, font évoluer la société… ou pas

avec Danielle Ahanda (Afrosomething),  Régis Mutombo Katalayi (Negro News), Pierre-Désiré Cras (Les Docs Afro)

21h15: Les blogs, nouveaux médias à part entière ? On les dit plus libres que les médias traditionnels, ou, dans d’autres cas, trop proches des marques. Qu’en est-il vraiment ?

Avec Fatou N’Diaye ( Black Beauty Bag), Mariam NDour (Djiguene)

Nos invités 

Sarah Kouaka
Sarah Kouaka, rédactrice en chef de NOFI
Hortense Assaga
Hortense Assaga, journaliste chez Africa 24, fondatrice du magazine Cité Black
photo Danielle Ahanda
Danielle Ahanda, fondatrice du site Afrosomething et créatrice du blog BestofD
Photo interview copie
Pierre Désiré Cras, co-fondateur du site Les Docs Afros
Regis Negronews
Regis Mutombo Katalayi, responsable de NegroNews
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Fatou N’Diaye, fondatrice du blog Blackbeautybag (© Yves Saint Laurent)
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Mariam Ndour, fondatrice du blog Djiguene

DEBAT -« Le traitement des afro-descendant.e.s dans l’espace médiatique est-il acceptable », une question rhétorique ?

Lundi 20 février, nous organisions une rencontre autour du traitement médiatique des Afrodescendant.e.s. Il s’agissait de parler dans le contexte actuel -mobilisation pour le changement de nom du Bal Nègre, violences policières à l’encontre de Théo Luhaka, de la manière dont on parle d’elleux dans les médias, et dont illes existent. Bref, quels mots sont employés et comment ils giflent parfois la dignité des concerné.e.s en émeuvant à peine. On avait ouvert l’année 2016 avec Leïla Sy. On devait organiser ce premier événement de l’année 2017 depuis un moment et on a décidé de parler du traitement médiatique des Afrodescendant.e.s avec des lecteur.ice.s.

Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s crédits Aboubacar Naby Camara
Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s crédits Aboubacar Naby Camara

Là, un syndicaliste relativise l’usage du mot “bamboula” à la télé, soutenu par un ancien magistrat, ici c’est un homme qui appelle un cabaret « bal nègre », arguant de l’histoire, alors qu’il ne s’était jamais nommé ainsi officiellement. Les afrodescendant.e.s seraient des victimes qui se plaignent tout le temps d’attaques. Or, la sortie de Luc Poignant, le 9 février, parlant de « bamboula » a été jugé inadmissible et raciste, condamné notamment par le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux, sauf pour l’ex-procureur Philippe Bilger qui a parlé d’un mot “presque affectueux ».

Nous voulions savoir si nous avions progressé depuis 2010 et la phrase de Guerlain sur « les nègres fainéants » point de départ d’une mobilisation militante sans précédent. La réponse n’est pas évidente…

Face à Luc Poignant, il y avait Caroline Roux. La journaliste de France 5 a réagi de suite, tout en laissant sur le même plan une injure raciste et une insulte (“enculé de flic”) et ce, 7 ans après une scène similaire entre Elise Lucet et Jean-Paul Guerlain.

Personne n’a oublié la sortie offensive et raciste du parfumeur au JT de 13h que présentait alors Elise Lucet : il doutait au calme que « les nègres aient jamais travaillé »

Elle n’avait pas su/pu lui répondre et s’en était excusée par la suite.

Nous voulions savoir si nous avions progressé depuis 2010 et cette phrase, point de départ d’une mobilisation sans précédent de la Brigade Anti-Négrophobie, née à ce moment-là, des Indivisibles portée par Rokhaya Diallo à l’époque et qui a conduit à la condamnation du parfumeur ?

Nous avions organisé trois mini-débats. Le premier échange permettait de mettre en contexte le terme « nègre » et toute son histoire complexe, d’injure raciste et condescendante à la réappropriation, notamment littéraire et poétique. Qu’y met-on derrière ? Les journalistes Sindanu Kasongo, animateur du blog Le Black et la plume et  Samba Doucouré, ont pu analysé le mot dans le rap français, un de leur champ d’écriture privilégié. 

Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s crédits Aboubacar Naby Camara
De g. à d. : les journalistes Samba Doucouré, Sindanu Kasongo et Adiaratou Diarrassouba, de L’Afro Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s
crédits Aboubacar Naby Camara

Pour le deuxième échange, on s’est fixé sur l’affaire du “bal nègre”, de l’annonce de la réouverture du lieu, dont l’histoire est mal connue, à la mobilisation qui a suivi et sur la couverture médiatique. Nous avions convié la militante Magali Fontaine, à l’origine du collectif BLM France – Les vies des Noir.e.s comptent et Ghyslain Vedeux, chargé des relations police-société civile du CRAN. Ce qui nous a particulièrement intéressé, c’est de voir qu’à part les institutions visibles, reconnaissables, notamment le CRAN, alors même que les afrodescendant.e.s ont quand même permis de faire savoir ce qui se passait au 33 de la rue Blomet, à aucun moment elles/ils ne sont clairement mentionné.e.s. 

Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s
Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s

Dans l’article du  Mondeilles sont les « initiateurs d’une pétition », dans celui du Parisien, en date du 8, qui rejette la polémique en bas de l’article dans un encadré qu’on doit aller chercher et à côté duquel on peut passer, et prend clairement le parti de Guillaume Cornut, ce sont des dizaines de personnes. L’article du même jour de 20minutes montre les visages des manifestant.e.s à travers une photo tirée d’un tweet du compte Vivre à Paris, mais idem, sans prendre la peine de dénominer les organisations présentes ; et distigant une fois de plus le CRAN.

Alors même que les Afrodescendant.e.s sont dans l’action, font l’actualité, on ne le retient qu’à peine.

Surtout, on prend avec des pincettes le fait que l’afrodescendant qu’on n’ose pas nommer ne soit pas d’accord avec le fait de baptiser ce lieu Bal Nègre.

Soudain, un cri.

Dani Bumba avait fait le déplacement. Le chanteur a proposé quelques chansons, dont un titre inspiré d’un contrôle policier malheureux avec son fils. 

S’il a ce titre en stock, qui coïncide avec un moment de sa vie et avec l’actualité, Dani Bumba a un univers musical marqué par la poésie ; il a d’ailleurs récité un poème pour conclure son set.

Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s crédits Aboubacar Naby Camara
Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s crédits Aboubacar Naby Camara Rencontre-débat du 20 février 2017 sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s crédits Aboubacar Naby Camara

Nous avons terminé la conversation par un échange autour du mot « bamboula. » Entre autres échanges, le public s’est accordé pour dire que le mot n’avait pas la même force que le mot « nègre », et qu’il n’était pas question de se le réapproprier.

 

Qu’on se le dise, illes ne sont pas bamboula.

 

VIDEOS – #justicepourtheo On était au rassemblement le 11 février à Bobigny

REPORTAGE – Pour celleux qui n’y étaient pas, voici ce que l’on a vu le 11 février lors de la manifestation pacifique en soutien à Théo, victime de violences policières, le 2 février. Principalement des participant.e.s qui en ont assez des violences policières et qui veulent qu’on les entende, enfin. Cette vidéo a été co-réalisée par un collectif de reporters citoyens. Merci à Bassel A-Rifaï, Mathieu Michal et Fatiha de Gouraya.


Il n’y a pas eu de « vives tensions » samedi 11 février à Bobigny lors du rassemblement pour Théo devant le tribunal. En tout cas, pas entre les quelques 4000 personnes -2000 selon la préfecture de police- réunies samedi après-midi vers 16h, avec des pancartes. Les manifestant.e.s étaient venu.e.s en masse, au grand étonnement des organisateurs, pour exprimer  son dégoût et son incompréhension suite à l’interpellation de Théo, un jeune homme de 21 ans par quatre policiers le 2 février.
Alors qu’il s’interposait entre des fonctionnaires et des jeunes dans  le quartier de la Rose-des-vents à Aulnay-sous-Bois, Théo s’est retrouvé isolé avec les policiers. Ce qui est communément décrit dans les médias comme étant une « interpellation musclée » se traduit dans les propos de Théo, comme ni plus ni moins qu’une agression, au cours de laquelle un des policiers qui tentait de le maîtriser, lui a introduit une matraque dans l’anus, provoquant une déchirure de 10 cm, selon le diagnostic du médecin qui l’a ausculté.
Si la justice s’occupe de tirer les responsabilités de chacune des parties dans ce qui est désormais appelé « l’affaire Théo », la situation du jeune homme, à qui les blessures imposent deux mois d’incapacité totale de travail suscite beaucoup de questions, d’émotions et d’incompréhension.
Les résultats de l’enquête menée par l’IGPN, ladite « police des polices », dans un rapport ont beaucoup interpellé. Le geste du policier ayant introduit la matraque y est qualifié de « non intentionnel ». La personne en charge d’instruire le dossier judiciaire n’a cependant pas retenu cela et a décidé de mettre en examen l’un des policiers pour viol. La qualification pénale des actes commis par les policiers reste en cours.

A LIRE >> « Quand cesserons-nous d’avoir peur pour nos frères ?« , la tribune d’une journaliste aulnaysienne inquiète pour les siens

Le rassemblement devant le tribunal de Bobigny se voulait pacifique, et l’a été, dans l’émotion d’habitants de quartier qui ont peur pour eux, leurs proches, une manière de dire stop aux abus policiers et aux blessures invalidantes et aux morts qu’ils causent. Dans la foule, des parents, des enfants, des jeunes, vraiment de tout, venues entre ami.e.s, de tous les départements d’Île-de-France pour dire leur ras-le-bol et surtout soutenir Théo.

crédits : L'Afro
crédits : L’Afro

Quand on arrive, on sait déjà que le rassemblement n’aura pas lieu à proprement devant le tribunal mais dans un parc à côté, séparé par l’avenue Paul Vaillant, sous la passerelle y menant. Nul besoin de dire que le lieu de rassemblement final était cerné par les forces de l’ordre. C’est dans cette ambiance tendue autour, alors que les manifestant.e.s étaient calmes, occupé.e.s à brandir leurs pancartes, que des personnes ont pris la parole. Représentant.e.s d’associations, syndicalistes, mais beaucoup de citoyen.ne.s, des enfants, tou.te.s se sont relayé.e.s pour parler d’union, de solidarité envers Théo.

T’as compris, Philippe Bilger ?

À tous ceux qui pensent que notre reportage occulte les échauffourées, nous disons que les manifestant.e.s réuni.e.s dans le parc ont gardé leur calme malgré l’agitation violente qui les entouraient. Les gens n’étaient pas venu.e.s avec leurs pancartes pour en découdre, mais pour dialoguer. Preuves à l’appui.

Du côté des manifestant.e.s, des cris émergent pour que les échauffourées s’arrêtent.

Des appels au calme qui ont été suivis. Ceux appelant à marcher n’ont pas été suivis, tant la situation côté parc avec les échauffourées qui débutaient a brouillé la fin de la manif pacifique.

#unandubloglafro : Chrysogone Diangouaya, Mélissa Laveaux, Afrikanista, Dj set #teamBuzzFeed à l’affiche

SAVE THE DATE – Si vous n’êtes pas déjà abonné.e à notre newsletter, on vous donne toutes les infos pour l’événement du 29 octobre à la Bellevilloise.

En octobre dernier, L’Afro naissait. Un jour pas comme les autres. Pour certain.e.s, c’est Halloween. Pour d’autres, le 31 octobre, c’était la Marche pour la dignité et contre le racisme, initiée par le collectif de femmes MAFED.

Nous, comme beaucoup de militant.e.s, acteur.ice.s de la société civile, simples citoyen.ne.s étions dans la rue, à la rencontre de celleux qui marchent. Ça a été notre premier papier sur ce blog ; depuis nous ne nous sommes pas arrêtées.

On a décidé de fêter nos un an d’existence, en lieu et place de nos discussions bimestrielles. L’occasion de vous rencontrer une fois de plus, de parler journalisme, vies d’afrodescendant.e.s, collectivités, communautés dans tous les sens du terme.

Voici le programme et les horaires. On sera entourées comme jamain.

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18h15-19h50

Magali Fontaine du blog Ode à l’ethnic sera présente pour parler de militantisme, de mobilisations et des Afrodescendant.e.s avec d’autres témoins privilégiés.

20h-20h20

Chrysogone Diangouaya, grand danseur du Congo à la tête de son propre centre de danse à Paris présentera dix minutes de son nouveau spectacle Tina ! Tina !.

20h30-20h55

Dem Charles, repéré dans l’émission « Music Explorer » sur France Ô, présentera quelques titres avec son groupe.

21h-22h

Jen&Jul, journalistes  chez BuzzFeed et amateur.ice.s de bon son vont s’emparer des platines pour nous faire danser.


La chanteuse Mélissa Laveaux tirera les cartes avec son tarot vintage et féministe. À NE PAS MANQUER ! Pour s’inscrire : lafrolesite@gmail.com ATTENTION : PLACES LIMITÉES

Aïssé N’Diaye d’Afrikanista, Ouafa Mamèche de la maison d’édition Faces Cachées et Aicha Diallo du magasin Diyananko seront parmi nous pour présenter les créations mode et /ou littéraires qu’elles créent et/ou soutiennent !

 

On vous attend donc le 29 pour débattre, guincher, boire, rire. Bon week-end !