Dix bonnes raisons de venir parler santé, sexe, intimité avec Axelle Jah Njiké et Sharone Omankoy

Voici deux ans que nous organisons des événements. Des rencontres-débat publiques, sur diverses thématiques, avec des acteur.ice.s du monde afro-français.

Jamais nous n’avions décidé d’aborder un sujet aussi sensible, important, compliqué : la santé et la manière de la préserver, à tous les niveaux.

C’est un débat émergent, au coeur de nos vies, mais qu’on a encore du mal à aborder.

Nous trouvions intéressant de pouvoir apporter quelques outils, réflexions, coups de gueule avec l’aide de talents, en introduction d’une soirée musicale de haute volée.

N’hésitez pas à prendre vos billets, on vous dit ici pourquoi vous ne le regretterez pas !

Billetterie > weezevent.com/l-afro

  1. Des intervenantes de choix

Nous sommes heureuses et fières qu’Axelle Jah Njiké et Sharone Omankoy aient accepté de discuter en public de ces sujets. La première est une autrice, militante à l’histoire personnelle chargée, et administratrice à la GAMS, federation qui s’occupe de la question des mutilations sexuelles et des mariages forcés. La seconde est l’une des personnes à l’origine de Mwasi, travaillant au contact de femmes afrodescendantes affectées par le VIH. Toutes deux féministes, de générations et de backgrounds différents, elles ont également l’avantage de ne pas être d’accord sur tout ; toujours utile pour un débat. Elles s’accordent sur quelque chose de fondamental : l’intime est nécessairement politique. Et important à reconsidérer, notamment pour les afrodescendant.e.s. Elles ont l’habitude d’être à l’écoute et de choisir les bons mots pour parler de sujets qui bouleversent les codes.

Ni thérapeutes, ni gourous, elles vont cependant délivrer bon nombre d’informations de par leur métier et leur expériences personnelles. Et vont sans doute bousculer vos idées reçues, sur tous les sujets ayant trait à l’intime.

2. La qualité de l’échange

Les deux intervenantes partageront non seulement leurs expériences personnelles mais, également professionnelles, elle seront en mesure de fournir des faits en communiquant des données notamment autour des port.eur.ses du VIH dont Sharone Omankoy nous parlera, loin des clichés habituels que l’on peut entendre sur la question.

3. Des thématiques rarement abordées

Il est rare que ces sujets soient évoqués, surtout dans un espace public. On salue au passage des initiatives tels que le podcast Exhale propulsé par le média atoubaa ou encore les rendez-vous Sexcare.

4. Le cadre

C’est notre deuxième événement au Hasard Ludique. La salle permet d’accueillir un nombre important de personnes tout en gardant le côté intime nécessaire à ce type d’événements. Un espace sûr, safe, où ce qui sera dit sera respecté et tout le monde est bienvenu. Vous avez notre parole.

5. Un sujet qui nous concerne tout.e.s

Toujours sensible à la question de la transmission d’une génération à une autre, nous espérons que cette discussion pourra être l’occasion de débuter ou de pousser plus loin des questionnements personnels mais aussi ouvrir ou prolonger des dialogues, que vous ayez 18 ou 45 ans, que vous soyiez une femme, un homme, mère, père, soeur, frère …

6. On parlera santé sexuelle mais pas que …

Toujours dans le thème de la santé, on abordera également les enjeux liés à la dépigmentation de la peau avec Aude Mougayana de l’association Esprit d’Ebène, qui a lancé une campagne dans les transports franciliens intitulée Stop Dépigmentation dont les clichés sont signés du photographe David Uzochukwu et qu’on exposera le samedi 17 février.

7. L’intimité respectée, justement 😉

Vous vous posez peut-être des questions très intimes, ou avez peut-être des proches qui sont dans des situations sanitaires compliquées, voire mortelles. Vous ressentez peut-être de la tristesse, de la gêne à évoquer certains sujets ayant trait à votre histoire intime, sexuelle et vous ne savez peut-être pas où trouver des réponses à vos questions, quel qu’elles soient. Cet événement peut être l’une des occasions d’en obtenir, et de rencontrer des personnes avec qui vous pourrez dialoguer dans le respect.

8. Le concept : talk mais aussi live et party 🙂

Le thème du débat vous gêne ? Vous ne vous sentez pas concerné.e ? Vous avez peur de ne pas pouvoir arriver à temps pour attraper tout le débat car c’est samedi, que 20h ça vous paraît tôt et que vous courrez déjà toute la semaine ? Le débat promet d’être très intéressant, très fort ; il introduit une soirée musicale qui le sera tout autant. Sira Niamé est la tête d’affiche du concert de cette soirée. L’univers de cette jeune chanteuse cadre parfaitement avec l’événement.

Sira Niamé

Mutine, aventureuse, voire frondeuse, la musique de Sira Niamé est un mélange des musiques afrodescedantes qu’elle aime écouter, qu’elle a appris à maîtriser, et qu’elle a appelé africana. Ses textes parlent de sa vie de femme, amoureuse, à corps perdu dans des histoires intenses, tantôt sulfureuses, tantôt douloureuses.

Plus besoin de vous présenter Cheetah dont nous vous avons déjà parlé ici et.

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Marina Wilson par @NoellaL pour L’Afro / #FraichesWomen

C’est par ailleurs la deuxième fois qu’elle mixe à notre événement. La première fois, c’était déjà au Hasard Ludique. On ne change pas une combinaison gagnante 😉

9. Nos soirées se passent toujours bien 😉

La preuve en images

https://youtu.be/LGmlbR11UZw

10. On ne se retrouvera ensuite qu’en mai

OH NON, vous voit-on déjà crier en vous prenant la tête entre les mains. Si vous ne savez pas tenir sans nous pendant 3 mois, ne vous inquiétez pas, ce n’est qu’un au revoir ! C’est notre dernier événement avant le festival Fraîches Women. Nous l’avons annoncé, on bosse dessus d’arrache-pied : début mai, nous organisons notre première manifestation d’envergure, une plateforme dédiée aux femmes afrodescendantes et à toutes les autres. Ateliers, rencontres, stands, concerts, dj sets… On va mettre les petits plats dans les grands et créer un espace propice à la discussion et aux échanges.

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Les Filles de Illighadad : Et le blues touareg se conjugue enfin au féminin

Le groupe sera sur la scène du Hasard Ludique jeudi 9 novembre.

Jusqu’à il y a peu, elles étaient encore trois. Pour créer, et surtout voyager, depuis novembre 2016, où leur carrière a pris un tour international.

Les Filles de Illighadad sont en France -pour la quatrième fois- depuis quatre jours au moment où on les interviewe pour présenter leur premier album Eghass Malan sorti le 29 octobre 2017. Preuve que leur renommée s’accroît, Fatou Seidi Ghali et Alamnou Akrouni viennent de jouer en Israël et au Maroc, en Afrique « où il est important que notre musique soit plus connue ». En attendant, le duo ne montre pas de signes de lassitude de la longue journée passée à promouvoir leur opus.
« On est contentes de pouvoir faire entendre ce que l’on fait, de voyager, de revoir Paris », explique Fatou qui s’exprime en tamasheq, l’une des langues parlées au Niger. Ahmoudou Madassane, membre informel du groupe traduit leurs réponses courtes, parfois ponctuées d’un sourire.
Hormis Zara Moussa, une des rappeuses engagées du pays, en Occident, la musique du Niger est souvent associée au blues touareg. Popularisé par des groupes tels Tinariwen, Bombino et bien d’autres, il est rarement incarné au féminin. Le son singulier des cordes, surmontées des voix des chanteuses donnent naissance à des morceaux lancinants.

Outre la dimension féminine de leur formation, les Filles d’Illighadad se démarquent par le jeu de guitare, qui sonne comme le takamba, qu’on appelle aussi n’goni. « J’ai appris à jouer en regardant mon grand frère », souligne Fatou.  Leurs textes sont également des évocations de leur vie quotidienne. De la direction artistique au choix des titres, les Filles imposent leur style, -sauf le nom qu’on leur a choisi. N’en déplaisent à ceux qui ont encore du mal à envisager qu’une femme puisse jouer d’un instrument, notamment tradit, malgré le talent des musiciennes en Afrique de l’Ouest. « Ce sont surtout les anciens qui tiquent. La nouvelle génération n’a pas de problème avec ça ! », assure Fatou. Pour une femme, il reste compliqué d’être autorisée à composer. « Au Niger, il reste compliqué d’aller librement si on est une femme et qu’on n’est pas mariée », complète Ahmoudou. Fatou Seidi Ghali et Alamnou Akrouni, là encore, dérogent à la règle.

 

INTERVIEW – Kristel Ratri Band : le bassiste et leader du groupe est une femme

ENTRETIEN – Au MaMa, on a pu voir la nouvelle coqueluche de la chanson française Eddy de Pretto, le vibrionnant Killason ou encore le sublime Jordan Mackampa. Les femmes ont particulièrement brillé lors de cette édition. Kristel Ratri Band, l’un des quelques groupes africains programmés sur cette édition, en activité depuis 2013, était aussi à l’affiche. Rencontre à cette occasion.

On a parlé avec Kristel Ratri, leader du groupe du même nom, en concert ce mercredi soir à la Bellevilloise à Paris.

« Depuis toute petite je baigne dans la musique. À 8 ans, je découvre Jaco Pastorius », et c’est la révélation, confie à L’Afro, la leader du groupe malgache Kristel Ratri Band. Son père est jazzman et bluesman, l’environnement est favorable pour embrasser une carrière musicale. Mais c’est elle qui choisit, la basse, une autre évidence. « Ce n’est pas facile d’imposer le fait d’être une femme et de jouer de cet instrument, mais on peut tout faire !!! », insiste l’artiste et jeune maman -elle couve un enfant de deux ans-.

Musicalement, à quoi s’attendre si on va la voir pour la première fois ce mercredi soir à La Bellevilloise à Paris – où c’était leur première fois professionnelle en dehors de Madagascar- ? À une musique pop-rock teintée d’électro.

« Dans nos textes, on parle beaucoup de notre vie quotidienne, à Madagascar, comme dans ‘Courir’ où on évoque les embouteillages, les routes accidentées de chez nous ; c’est universel en réalité. » Kristel est bassiste et leader de son propre groupe, où on trouve également son époux, dans un pays où le rock n’est pas tellement « tendance », comme elle l’avoue elle-même.  » On est passionné, et on a rencontré les bons partenaires, sans qui le projet n’aurait pas pu avancer. »

Madagascar, l’île, qui de notre point de vue ethnocentré peut être vue comme lointaine, isolée, « exotique », est méconnue. L’une de ses nouvelles ambassadrices, femme, noire et fièrement talentueuse, s’appelle Kristel Ratri.

Kristel Ratri Band sera au Bar en Trans à Rennes le 9 décembre 2017.
Vous pouvez acheter son EP TNM sur toutes les plateformes, ou suivre son actu et la féliciter d’être là en allant sur sa page Facebook Kristel Ratri Band

#Fraicheswomen2017 n°3 : Marina Wilson, dj et beatmakeuse

« Le meilleur, c’est quand des inconnus viennent me remercier de leur avoir fait passer un bon moment ; ma mission est accomplie ! »

Musique – Marina Wilson devient Cheetah quand elle est aux platines pour enjailler son monde. On est tellement fans de son oreille qu’on l’a invitée à mixer lors de notre émission spéciale Afropunk en juillet dernier et à #lafrorentree2017 qui aura lieu ce vendredi au Hasard Ludique. On lui avait même demandé de parler de sa nuit typique. Elle avait donc toute sa place dans notre liste de femmes afrofrançaises à suivre,  elle, la dj montante de la scène afroparisienne, qui est bien au fait des tendances musicales à Abidjan, à Johannesburg ou à Atlanta. En plus d’être un couteau-suisse avec une vraie vision, férue de digital (elle a d’ailleurs créé Creative Land, un site dédié où elle partage des découvertes numériques), à l’origine du webzine culture et lifestyle Black Square et tellement d’autres choses. En d’autres termes, elle ne blague pas.
Comment définissez-vous votre travail ?
Mon travail, je le définis comme étant nourri par ma polyvalence, que ce soit au niveau des morceaux que je choisis de mixer , de mes influences ou encore de mes centres d’intérêts divers et variés.
A-t-on essayé de vous décourager ou vous avez été au contraire encouragée, choyée, portée dans votre entreprise ?
Oui, on a souvent essayé de me décourager du fait de cette assignation -femme et noire- mais la personne qui m’a toujours encouragée à ne rien lâcher, c’est ma mère car elle-même était femme d’affaire donc anticonformiste.
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Crédits photo : Noellal
Quand vous êtes-vous sentie pleinement dj ? 
Je me suis pleinement sentie dj le 3 septembre dernier ! Je mixais pour un événement afro à Communion et à un moment donné, j’ai joué du Meiway, son classique 100% zoblazo ! Pour ceux qui connaissent le clip, une des références est de danser avec des mouchoirs … Lorsque j’ai vu les gens les sortir pour recréer la chorégraphie, c’était incroyable et aussi l’énergie globale qu’il y avait pendant mon set. Le meilleur, c’est quand des inconnus viennent me remercier de leur avoir fait passer un bon moment ; ma mission est accomplie!
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je travaille sur l’organisation de la 3ème édition du Break The Beat, un battle de beatmakers que j’ai lancé le 2 septembre dernier.
Quelle est votre principale source d’inspiration ?
Ma mère 🙂

EDITO – #Fraicheswomen : Black girls rock in France !

À quand une marque, un média, des entreprises FUBU ? La question revient souvent. Des femmes afrofrançaises qui font des choses, il y en a. Dans le milieu associatif, en politique, dans la mode, au théâtre … Certaines sont même totalement dans l’ombre, quand leur métier le requiert ou parce que ce qu’elles font, ce qu’elles sont, n’existe financièrement, politiquement, médiatiquement, que difficilement dans notre bonne société française.

2017 a été une année particulièrement riche en événements : la deuxième édition du festival Black(s) to the future, l’arrivée du média nothingbutthewax, d’Ouvrir La Voix, le film choral d’Amandine Gay, en salles -qui va cartonner-, le documentaire Mariannes Noires de Mame-Fatou Niang,  la diffusion toujours plus importante du guide de l’Afrique à Paris Little Africa par Jacqueline Ngo Mpii, la création par la journaliste Cathy Thiam et l’artiste Serge Kponton de Sheroes TV, 30 Nuances de Noir.e.s, le beau projet de fanfare afroféministe de la chorégraphe Sandra Sainte Rose…

Bonne nouvelle : ces initiatives, pensées, portées par des femmes ou autour des femmes, sont loin d’être les seules à exister.

Non, elles ne brossent pas toujours dans le sens du poil. Oui, elles sont importantes et contribuent à changer les choses.

Nous avons donc décidé de réunir neuf femmes, aux parcours et personnalités différents. On suit leur travail, on nous en a parlé en DM, on les a vu à la télé, sur la toile, en étant de sortie à Paris… Nous avons fini par les contacter, elles étaient disponibles, ont bien voulu nous faire confiance, avaient juste envie d’en être.

Et les voilà, toutes réunies.

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De gauche à droite, en hauteur : Maroussia Pourpoint, Penda Diouf, Anaïs Durand Munyankindi, Aset Malanda, Clarence Kopogo et Aïssé N’diaye. De gauche à droite, par terre : Marina Wilson, Manon Ahanda et Danièle Obono / crédits : Noella L IG : @noellal

On a voulu cette photo de famille, ce cliché façon rentrée pour célébrer ces femmes qui font plus que « représenter » dans leurs domaines respectifs. Que ce soit en politique -Danièle Obono-, dans le monde de la gastronomie- Clarence Kopogo-, dans l’industrie créative -Marina Wilson-… Des femmes afrodescendantes aux talents et savoirs -(faire) multiples qu’il faudra suivre, parce qu’elles sont là pour longtemps.

Maroussia, Aïssé, Penda … certaines se connaissaient, d’autres se sont rencontrées pour la première fois le jour de la séance photo. Le shooting a été aussi l’occasion pour elles de se parler, de nouer des liens -enfin elles pourront mieux le dire que nous-, en quelques heures de sororité et de simplicité.

Nous vous proposons de découvrir tous les jours dès mardi le portrait d’une d’entre elles. Oui, on espère que suite à cette première édition, d’autres suivront pour vous présenter de nouvelles #fraicheswomen, très bientôt.

Adiaratou et Dolores, L’Afro team

Pourquoi L’Afro ? 

Merci à elles de nous avoir fait confiance  :

Manon Ahanda

Penda Diouf

Anaïs Durand Munyankindi

Aset Malanda

Aïssé N’diaye

Danièle Obono

Maroussia Pourpoint

Clarence Joséphine Volta

Marina Wilson

Un grand merci à Noella L. la photographe qui a permis de donner forme à ce projet que nous avions en tête (à suivre sur son instagram) et au bar Monsieur Zinc à Odéon qui nous a chaleureusement accueilli et laissé utiliser son bel espace (à retrouver sur Instagram et Facebook).