EDITO : #FraichesWomen2019 Noire, femme, créative : l’éternelle injonction à l’excellence?

2018 s’est terminée sur des notes plutôt positives pour L’Afro. L’un des points d’orgue de cette année écoulée a été d’organiser la première édition du festival Fraîches Women le 6 mai 2018. Une nouvelle expérience pour nous, dont nous avons appris beaucoup -des réussites, comme des choses à améliorer- et pour laquelle on a eu besoin de temps pour se remettre. On remercie d’ailleurs toutes celles et ceux qui ont pris le temps de nous faire leur retour, de nous donner des conseils précieux qui nous ont permis de préparer l’édition 2.

Elle se tient samedi 11 mai, toujours à La Marbrerie à Montreuil.

A travers la première série de portraits qui a donné le nom à notre festival, il s’agissait de dire que les voix de la moitié de la planète méritent d’être vues et surtout entendues, dans son ensemble. Un peu comme lorsqu’au cours de la marche #NousToutes le 24 novembre dernier, une manifestation pacifique et silencieuse pour adresser les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, des voix se sont élevées pour dire #NousAussi et pointer que ces violences « sont [aussi]une expérience inséparable du racisme, du validisme, de la précarité ». Les retours que vous nous avez faits, les réactions aux articles ici et sur nos réseaux sociaux nous ont donné envie de reprendre, pour une seconde fois, cette série de portraits de femmes « diverses dans leurs diversités ». D’enfoncer le clou. Pour cette deuxième édition, on a décidé de questionner la « black excellence ».

« L’excellence noire », un concept tout droit venu des États-Unis consiste à prôner la réussite, à mettre en avant des modèles aux parcours jugés exemplaires et la promotion d’une élite noire, rendant fière toute une communauté. Le rappeur, producteur et
désormais avant tout businessman Diddy s’en est fait le fer de lance depuis un an. Rihanna, Naomi Campbell, Spike Lee, Jay-Z -avec qui il avait annoncé en mars 2018 vouloir lancer une application pour promouvoir les entreprises dont les propriétaires sont noir.es-, autant de figures noires ayant atteint des sommets dans leurs domaines respectifs, pour bon nombre parti.es de loin et parfois présenté.es comme « self-made », inspirant potentiellement des millions d’autres, illustrent son compte Instagram. Le storytelling sur papier et dans les esprits fait rêver …

Mais ce club de la « black excellence » semble quelque peu fermé ; qui juge qui peut y entrer ? Quels sont les critères pour y accéder ? Y a-t-il de la place pour des erreurs de parcours ? Et si on n’en est pas, est-on finalement médiocres ? A-t-on même le droit à la médiocrité ? Quid de la méritocratie ? Ces questions méritent d’être posées. Qui plus est quand on parle de femmes noires. La charge mentale, le syndrôme de la femme potomitan se devant de toujours supporter plus, sans jamais se plaindre, de toujours tout bien gérer, de rester au top niveau  et encore mieux, avec le sourire. Difficile de laisser de la place pour la vulnérabilité qui demeure encore dans certains esprits un signe de faiblesse.

Les 8 Fraîches Women 2019 De gauche à droite : Laura Georges, Gisèle Mergey, Annie Melza Tiburce, Paule Ekibat, Jeannine Fischer Siewe, Jessica Gerondal Mwiza, Anne Sanogo, Laurie Pézeron.

Si au coeur du projet photo et événementiel Fraîches Women, réside l’idée d’entrelacer des récits de vie, de réussites, le but, nous tenons à le rappeler, n’est en aucun cas de présenter des parcours exceptionnels et inspirants pour les mettre en opposition à d’autres qui le seraient moins. Ce n’est pas non plus de remplacer le patriarcat par un pendant féminin. Le pouvoir reste le pouvoir.

Les 8 #FraîchesWomen que nous avons réuni pour cette seconde édition sont africaines, caribéennes, ou sont nées et ont grandi en France. Avocate, militante, entrepreneure, ex-footballeuse. Certaines étaient familières avec le concept de l’excellence noire, d’autres n’en avaient jamais entendu parler. Nous leur avons demandé de nous faire part de leur point de vue à ce sujet et avons retracé leurs parcours. En les lisant, vous découvrirez 8 femmes aux carrières bien distinctes, qui ont fait beaucoup de chemin et ne manquent ni de ressources ni de projets.

Un merci tout particulier à Ozal Emier, la photographe qui a mis sa touche si particulière et a produit cette belle salve de portraits.

Un grand merci également au bar Monsieur Zinc à Odéon qui nous a permis d’investir son beau sous-sol une fois de plus le temps d’un shooting et nous a mis bien !

Nous vous donnons rendez-vous les prochains lundi, mercredi et vendredi pour vous laisser faire connaissance avec Anne, Annie, Gisèle, Jeannine, Jessica, Laura, Laurie et Paule que l’on tient à remercier pour avoir accepté de jouer le jeu de la pose et des questions/réponses.

Bonne lecture et vivement que l’on puisse poursuivre cette conversation sur les internets et IRL !

Adiaratou et Dolores, L’Afro team

A propos de la photographe Ozal Emier

« Ozal Emier est née en 1986 à Paris, par un froid matin de février. Après une première vie de journaliste, elle bascule dans le cinéma et la réalisation. En 2015, elle co-écrit et co-réalise son premier court-métrage, Métropole – récit de l’exil d’un Antillais en métropole -, puis réalise en 2018 La Nuit d’Ismael, errance nocturne d’un immigré marocain et de deux Parisiens. En parallèle, elle travaille comme assistante à la mise en scène sur des tournages. Son intérêt pour l’image et le cadre l’ont amenée à aussi pratiquer la photographie, nourrie par des photographes tels que Saul Leiter, Harry Gruyaert ou encore Vivian Sassen. Dans son écriture, ses films et ses photos, la question de l’entre-deux, social, culturel et identitaire est prépondérante. Depuis 2016, elle poursuit un travail photographique autour de son jeune frère, «La vie d’Emmett ».Une partie de ce projet a été exposée en janvier 2017 au Théâtre El Duende à Ivry-sur-Seine dans le cadre du festival Traits d’Union. » A découvrir sur Vimeo et Instagram

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EVENEMENT – Fraîches Women Festival #2 : la programmation complète est là !

La seconde édition du Fraîches Women festival se le samedi 11 mai -RETENEZ BIEN LA DATE !!!- à La Marbrerie à Montreuil, comme l’édition passée, arrive dans un mois et demi ! Nous avons l’immense plaisir de vous communiquer les premières infos concernant nos intervenantes et ateliers –vous pourrez choisir ce qui vous intéresse et vous inscrire très bientôt.


ATTENTION, LES PLACES SONT LIMITEES !!!

D’autres ateliers, activités et noms ainsi que le programme de la soirée seront annoncé.e.s très prochainement …

Pour l’heure, pour la billetterie, c’est par ici !

Cette année, on vous propose des billets early bird, soit à un tarif préférentiel … et limité !!! Toute la semaine prochaine, si vous achetez un pass journée, au tarif plein ou réduit, vous avez le brunch inclus et une réduction !!

Pour un pass journée tarif normal avec brunch inclus, vous payez 25€ au lieu de 31€. Pour un pass journée tarif réduit, avec brunch inclus, c’est 20€ au lieu de 26€.

Premier.es sur le coup, premier.es servi.es 😉 ! PROFITEZ-EN !!

Une formule brunch pour les enfants de moins de 12 ans à 8€ de retour comme l’an passé et vous pouvez d’ores et déjà réserver !

Autre information importante : le festival est family-friendly, l’entrée du festival est gratuite pour les moins de 15 ans -à retirer dans la billetterie dans la rubrique « tarif moins de 15 ans »- et on aura de nouveau un espace enfants 😉 !

Et voici le programme :

De 13h à 18h, des discussions mais également des speechs façon Ted Talks que nous avons choisi d’appeler « Paroles de Fraîches Women » ponctueront la journée. Les thématiques abordées seront le travail, le genre, le féminisme, la représentation, la santé sexuelle.

13h : Lancement du festival avec la marraine Leïla Sy -qui nous avait fait l’honneur de l’être également le 6 mai 2018- et les 9 fraîches Women qu’on vous fera découvrir tout au long des semaines à venir

13h10-13h20 : Parole de Fraîche Woman avec Sandrine Ngatchou, à l’initiative de la page Facebook Ovocyte moioù elle parle de son parcours, elle qui découvre son infertilité en 2014

13h30 – 15h30 : DISCUSSION
« Et la bienveillance, bordel ? Militer, écrire, parler sur les réseaux sociaux à l’heure du shade et de la cancel culture » , modérée par la journaliste Vanessa Vertus

avec Coumbis Hope Lowie (journaliste), Charline Ouarraki (blogueuse féministe auteure de Mon fils en rose), Jennifer Padjemi (journaliste et créatrice du podcast Miroir Miroir, Laure Salmona (fondatrice et trésorière de l’association « Féministes contre le cyberharcèlement » , une membre du collectif « Nta Rajel » (collectif militant de féministes issues de la diaspora nord-africaine)

15h30-15h45 : Pause

15h45-15h55 : Parole de Fraîche Woman avec My, membre du Collectif Asiatique Décolonial

16h-17h30 : Cours détonnant afrobeats avec Wawa L’asso 

18h-18h10 : Parole de Fraîche Woman avec Ndèye Fatou Kane autrice sénégalaise qui signe l’ouvrage Vous avez dit féministe ? et instigratrice du mouvement #balancetonSaïSaï (« balance ton pervers ») en 2018

En parallèle de ces échanges, nous proposons des ateliers pour échanger de manière intimiste sur différentes thématiques. (Sur inscription uniquement.)

SALLE 1

13h-15h : Book Club enfants animé par Wendie Zahibo, créatrice du concept « Reines des temps modernes »

15h30-17h30 : yoga enfants avec Aurélie, co-fondatrice de Flawless Yoga

SALLE 2

13h30 – 15h : coaching session in English « how to get away from the pressure of reaching excellence by any means necessary ? Keys to embrace imperfection », hosted by Shanon Bobinger, Berlin-based systemic life and business coach

15h-16h  : masterclass capillaire #Kinkyhairmatter avec Gisèle Mergey fondatrice de la Body Academy première école européenne qui apprend à s’occuper des cheveux crépus, frisés …

16h-17h : masterclass « discriminations au travail, comment les prouver devant la justice ? » par Paule Ekibat, Fraîche Women 2019, avocate au barreau de Paris

Des stands commerciaux et associatifs seront également présents tout au long de l’après-midi.

Le soir, dès 20h, place aux concerts ! La soirée sera animée par Juliette Fievet, journaliste et animatrice de l’émission radio « Légendes urbaines » avec la rappeuse Leys, la rappeuse Meryl -tête d’affiche de cette seconde édition– pour finir avec un dj set de Diva

Bambara et westerns modernes : la pop africana de Sira Niamé est à tomber

Elle était l’une de nos « Fraîches Women » l’année dernière, lors la première édition du festival du même nom. Sira Niamé est surtout une autrice-compositrice-interprète, que vous avez peut-être croisé en première partie d’Oxmo Puccino ou de Mélissa Laveaux. Rencontre avec une artiste dont le talent irrigue doucement mais sûrement la scène musicale française.

NOTE : Sur invitation de Sira Niamé, L’Afro modère un talk sur le thème de l’aventure – des parents arrivés en France, après de nombreuses péripéties, entre autres- dans le cadre de la soirée « Many Others » samedi 16 mars au Mob Hôtel. Vous pourrez discuter avec elle, mais aussi la créatrice et animatrice du podcast The Black Lemonade Violette Tannenbaum ou encore l’autrice Penda Diouf. Si vous souhaitez venir, comme les places sont limitées écrivez-nous ici >> lafrolesite@gmail.com <<

Quand as-tu commencé à chanter ? J’avais 14/15 ans, j’écoutais ma grande soeur Sali chanter ; je voulais faire comme elle au départ. Ensuite, au lycée, je m’y suis mise plus sérieusement, -vers 16/17 ans-. Avec mes potes de lycée, on a monté un groupe,
« Madatao », où j’étais la chanteuse.

Quel est le rapport de ta famille à la musique ? En écoutiez-vous beaucoup ? As-tu grandi en écoutant des styles musicaux particuliers ? Ma famille est malienne et est issue de la caste des « niamakala  » qui veut dire « griots ». Il s’agit d’une caste d’orateurs, de chanteurs, de musiciens. On a toujours été entouré de musiques, d’arts en tous genres. J’écoutais beaucoup de musique africaine malienne, congolaise etc. Mon père est un fan de James Brown et Bob Marley. Je vous laisse imaginer l’ambiance à la maison !

Depuis quand sais-tu que la musique serait une partie importante de ta vie ? 
La musique fait partie de la vie de tout le monde. Je crois que depuis toujours, je suis touchée par les sons du quotidien, une voix, un instrument et la sensation que cela procure.

Tu as grandi à Montreuil. Peux-tu nous parler de cette ville et de l’impact qu’elle a eu notamment sur ta création ? Mes parents vivent dans un quartier proche de Montreuil, j’ai vraiment mis le pied dans cette ville à mon entrée au lycée, et de là, j’ai fait du théâtre. Cosmopolite, créative, Montreuil est une ville qui me ressemblait, j’y ai fait des rencontres incroyable et y ai tissé des liens indéfectibles. Grâce à mon père qui y a vécu, fraîchement débarqué en France et qui nous baladait en voiture rue de Paris et dans les alentours pour nous montrer plein d’endroits, parfois disparus aujourd’hui, je suis une petite « historienne » de la ville que je connais, au delà

Peux-tu définir ton style de musique ? C’est un mélange de tout ce que j’ai écouté, de mes influences musicales, pop, rock, folk, afro. Ma musique à moi c’est de la pop africana.

Entre toutes les choses que tu as apprises, quelle est celle qui t’a permis de toujours croire qu’un jour, tu pourrais faire de la musique à un autre niveau ? Franchement… LE TRAVAIL, LE TRAVAIL ! Ca va au-delà de la simple envie de faire, de d’avoir quelque chose à dire. J’ai un rapport viscéral , genre je n’ai pas le choix mon coeur ,mon âme ont des choses à dire alors je travaille toujours plus dur pour y arriver avec mes moyens , sans relâche …

Pourquoi c’est important pour toi de chanter en bambara, la langue de tes parents ? Parce que c’est moi, c’est la langue dans laquelle j’ai grandi au même titre que le français. C’est la langue que je parle à mon fils toute la journée, avec mes parents, amis etc Chanter en bambara, c’est aussi montrer une autre partie de moi, exprimer ma double culture.

Tu as récemment fait la première partie d’Oxmo Puccino. Peux-tu nous parler de cette connexion ? Je croisais souvent Oxmo, à des événements, par hasard. On est
tous les deux originaire du Mali, il me saluait. C’est un artiste dont j’apprécie particulièrement le flow. Je ne sais plus comment notre rencontre s’est faite , mais je me souviens de ce qu’il m’a dit : « Sira, comment je peux t’aider ? ». Je revenais de Mauritanie où je venais de faire un live devant plus de 1000 personnes dans le désert. Je lui ai dit « Jouer ma musique, encore et toujours. »
Il m’a encouragé à continuer de me battre pour défendre ma musique. Peu de temps après cela, son équipe me contactait pour les premières parties de son live !!

Peux-tu nous parler de ton concept « Many Others » ? C’est une soirée, du PARTAGE. Many others c’est un hommage que nous rendons à nos racines, à nos origines, l’alliance de gens de différentes disciplines, qui s’aiment se soutiennent et se sont réunis sur mon projet de disque et de musique, un peu à la manière d’un collectif. Aujourd’hui, ce sont des partenaires, et des amis qui sont comme d’une même famille. Aline Afanoukoé est une hôtesse en or. On a lancé le premier acte au Mobhotel, où elle nous accueille, un lieu comme il est rare d’en trouver à Paris.

Tes chansons parlent d’amour, de sentiments, de ta vie d’afro-française. Tes textes sont-ils uniquement inspirés de ta vie ? Mes textes sont principalement inspirés de la vie jeune homme de mon père , les aventures qu’il a vécues, comme dans un western, c’est dingue ! Dans ces histoires, j’y glisse mes expériences de la vie, le genre qu’on trouve si intenses au moment où on les vit et si romanesques, suffisamment grandioses au point de les écrire. Faut pas se mentir : la vie est dure, en vrai, en tout cas pas toujours facile, mais c’est tellement incroyable ! C’est ce paradoxe-là que célèbrent mes textes.


Que penses-tu de la réception actuelle de la musique afro ? Les pépites ne datent pas d’hier mais ce qui se passe en ce moment, c’est tant mieux. Vive les jeunes artistes de cette deuxième génération qui prennent conscience de leurs origines . …Quand on baigne dans une double culture et qu’on réussit à en extraire de la musique contemporaine, qui plaît et qui marche, c’est magique.


À quoi va ressembler ton premier album ? Quand va-t-il sortir ? Mon premier album va parler à tout le monde. Il sort dans le courant de cette année !

Portrait – Muthoni Drummer Queen « Pour l’amour de la musique »


La formation musicale suisso-kényane est de passage à Paris pour ses premières performances live en France dans le cadre de la 30ème édition du festival Africolor. Après avoir joué vendredi 16 novembre, Muthoni Drummer Queen partagera son univers entre rock, soul, électro et hip-hop ce samedi 17 novembre aux côtés de Dope Saint Jude à Ris Orangis. Portrait d’un groupe en constante évolution.

Muthoni Drummer Queen, c’est l’histoire d’un trio dont deux producteurs suisses -GR! et Hook- et une chanteuse, rappeuse et percussionniste kényane – Muthoni. Tout a commencé grâce à l’intervention d’un ami en commun, dj Kostega, le genre d’ami qui a du flair. Pourtant, au début, tout ne fut pas si facile … « laborieux » suivi d’un rire, c’est le premier mot qui vient à l’esprit de GR! quand il se souvient du premier rendez-vous Skype avec l’artiste basée à Nairobi et d’ajouter  » et à l’époque, on parlait encore moins anglais qu’aujourd’hui. » Suit une première rencontre physique dans le studio de Hook, à faire écouter des beats à Muthoni, qui réagit en disant si elle aimeou pas ce qu’elle entend.  Mais avec le temps, iels apprenent à mieux se connaître et la passion du hip-hop va les souder : « Fight the power » de Public Enemy en 1989 est une révélation pour GR! , Hook citeWu-Tang et de IAM avec l’album « l’école du micro d’argent » en 1988 comme références. Quant à Muthoni, ce sont les femmes du rap auxquelles elle s’identifie avant tout, plus précisément Missy Elliott pour sa fraîcheur et son originalité et Lauryn Hill pour son talent et son authenticité, même si elle apprécie Lil’ Kim pour son talent et sa beauté « mais son hypersexualisation ne me parle pas spécialement. » Le groupe a fait du chemin : des festivals -notamment Montreux jazz et Les Trans – et un deuxième album « she » sorti cette année.

C’est aussi cet amour de la musique qui les pousse à tenter de proposer des sonorités nouvelles, loin des diktats d’une industrie « où tout le monde cherche à copier tout le monde, où tel rappeur veut un flow à la Migos. »


En ce qui concerne la scène musicale kényane, Muthoni note qu’elle « évolue, grandit, n’a rien avoir avec ce qu’il se faisait il y a dix ans. Elle est très pop mais j’ai le sentiment que l’on essaie de trouver à cette pop son identité locale, on la diffuse de plus en plus à la radio et à la télé. » Elle décide de créer son premier festival, Blankets and Wine il y a dix ans, pour permettre aux artistes faisant autre chose que de la pop et n’ayant donc pas de canaux de diffusion locaux de partager leurs univers avec le public. Le succès est tel qu’il finit par s’exporter en Ouganda et au Rwanda. Il y a trois ans, elle en crée un second, Africa nouveau, un festival multidisciplinaire entre musique, mode, photographie, gastronomie, art en général.

L’album She sorti en mars 2018 est inspiré de figures féminines fortes, empouvoirantes, qui « vivent de vraies choses et qui s’en sortent », que ce soit l’équipe de rugby kényane sur « Squad up », « une femme trans qui affirme son amour et qui s’émancipe des attentes de la société ou comme dans « Suzie Noma », des femmes qui réunissent pour monter une affaire ensemble ou dans « No more » une femme qui quitte son mari violent. » De quoi trouver une vraie caisse de résonance en terme de message, plusieurs mois après le lancement du mouvement #Metoo.

MDQ travaille actuellement sur son prochain projet, un EP ou un album, prévu pour 2019 et se produira également sur la scène des Transmusicales de Rennes la même année.

#Felafrica : 5 bonnes raisons d’aller à l’Art’Press Yourself festival

Chez L’Afro, nous sommes heureuses d’être partenaires du festival Art’Press Yourself, que nous suivons depuis sa première édition. On vous donne cinq raisons d’y aller cette année.

C’est reparti pour l’APY – pour Art’Press Yourself- ! Le festival afro de l’automne lance sa quatrième édition les  23 et 24 novembre 2018. Thème, intervenant.e.s, artistes… On vous dit pourquoi vous ne pouvez pas le rater cette année. 

Un rendez-vous renouvelé 

Cette année, l’événement prend un nouveau départ après trois éditions, où le concept Art’ Press Yourself mis en place par Laetitia N’Goto et sa team, a été éprouvé. Vous retrouverez toujours un marché de créatrices et créateurs mais attendez-vous à quelques changements. Le festival afro-urbain change de lieu. En 2017, il a eu lieu pour la dernière fois au Pan Piper dans le 11e arrondissement. Désormais, direction Pantin et les Magasins Généraux, où l’équipe organisatrice est désormais installée. Niveau durée, cette année, petit changement. Le festival s’étale, comme l’édition passée, sur deux soirées. Mais là où la fête s’arrêtait à 23h, pour celles et ceux qui prendront le pass week-end, vous pourrez aller faire la fête à la Cosy, enfin s’il reste des places. En deux ans, c’est devenu l’une des soirées les plus courues de Paris. Au programme c’est DJ sets afro et buffet à volonté.

Laetitia N'Goto (c) Demoizelle Coco
Laëtitia N’Goto par Demoizelle Coco

Une édition sous le signe de Fela 

Chaque année, la thématique du festival explore et relie les villes, déploie des atmosphères. Ainsi en 2016, Art’Press Festival faisait un pont entre Paris et la vibrante Johannesbourg, ou plaçait sa troisième édition sous l’égide de l’afrofuturisme. Direction le Nigéria de Fela Kuti, le génial musicien inventeur de l’afrobeat, pour cette quatrième édition. Ce sera l’occasion de revisiter son oeuvre et de se souvenir de l’homme engagé, du musicien novateur, au mode de vie discutable. Un hommage aux vingt-cinq femmes de l’artiste est prévu, durant ces deux jours de fête.

(Re)découvrir des talents
À côté de la trentaine d’exposant.e.s, vous pourrez retrouver Demoizelle Coco. Ses photos sont souvent le résultat d’installations originales et inspirées – se balader sur son Instagram vous donnera un petit aperçu de ce qu’elle sait faire- elle aura pour mission de vous immortaliser, relooké.e.s « à la Fela ». Un « artiste peaufineur » qui travaille le cuir et la peinture présentera ses oeuvres, principalement des masques : Alex Ganglò.

Alex Ganglo

Côté musique, vous pourrez entendre notamment Dani Bumba. À L’Afro, on a déjà eu la chance de l’accueillir pour un mini-concert lors de notre événement sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s. Vous l’avez peut-être déjà vu à la Nouvelle Star, ou aux côtés de Camélia Jordana et d’autres artistes avec qui il collabore, ou encore sur le net, où il a pris l’habitude de distiller des covers poétiques et originales. Ne le ratez pas si vous ne l’avez jamais encore vu sur scène.

Préparez vos meilleurs pas : il y aura battle de danse ! 

Art’Press Yourself  ne serait pas complet sans représenter tous les arts : mode, musique, arts plastiques et même la danse. Pour la première fois, il y a aura une battle qui promet d’être l’un des moments les plus interactifs des deux jours de festival. Des danseuses et danseurs internationaux.ales seront là pour le « Fela battle dance contest ».

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Vous pouvez y aller gratuitement 

Car on vous fait gagner des places ! Pour ça, il suffit de nous écrire sur lafrolesite@gmail.com avec dans l’objet « JE VEUX PARTICIPER A L’APY ». Mais vous pouvez toujours offrir des places à vos proches qui n’ont pas eu la chance d’en gagner en cliquant ici > http://bit.ly/billetterieAPYFEST2018