Portrait – Muthoni Drummer Queen « Pour l’amour de la musique »


La formation musicale suisso-kényane est de passage à Paris pour ses premières performances live en France dans le cadre de la 30ème édition du festival Africolor. Après avoir joué vendredi 16 novembre, Muthoni Drummer Queen partagera son univers entre rock, soul, électro et hip-hop ce samedi 17 novembre aux côtés de Dope Saint Jude à Ris Orangis. Portrait d’un groupe en constante évolution.

Muthoni Drummer Queen, c’est l’histoire d’un trio dont deux producteurs suisses -GR! et Hook- et une chanteuse, rappeuse et percussionniste kényane – Muthoni. Tout a commencé grâce à l’intervention d’un ami en commun, dj Kostega, le genre d’ami qui a du flair. Pourtant, au début, tout ne fut pas si facile … « laborieux » suivi d’un rire, c’est le premier mot qui vient à l’esprit de GR! quand il se souvient du premier rendez-vous Skype avec l’artiste basée à Nairobi et d’ajouter  » et à l’époque, on parlait encore moins anglais qu’aujourd’hui. » Suit une première rencontre physique dans le studio de Hook, à faire écouter des beats à Muthoni, qui réagit en disant si elle aimeou pas ce qu’elle entend.  Mais avec le temps, iels apprenent à mieux se connaître et la passion du hip-hop va les souder : « Fight the power » de Public Enemy en 1989 est une révélation pour GR! , Hook citeWu-Tang et de IAM avec l’album « l’école du micro d’argent » en 1988 comme références. Quant à Muthoni, ce sont les femmes du rap auxquelles elle s’identifie avant tout, plus précisément Missy Elliott pour sa fraîcheur et son originalité et Lauryn Hill pour son talent et son authenticité, même si elle apprécie Lil’ Kim pour son talent et sa beauté « mais son hypersexualisation ne me parle pas spécialement. » Le groupe a fait du chemin : des festivals -notamment Montreux jazz et Les Trans – et un deuxième album « she » sorti cette année.

C’est aussi cet amour de la musique qui les pousse à tenter de proposer des sonorités nouvelles, loin des diktats d’une industrie « où tout le monde cherche à copier tout le monde, où tel rappeur veut un flow à la Migos. »


En ce qui concerne la scène musicale kényane, Muthoni note qu’elle « évolue, grandit, n’a rien avoir avec ce qu’il se faisait il y a dix ans. Elle est très pop mais j’ai le sentiment que l’on essaie de trouver à cette pop son identité locale, on la diffuse de plus en plus à la radio et à la télé. » Elle décide de créer son premier festival, Blankets and Wine il y a dix ans, pour permettre aux artistes faisant autre chose que de la pop et n’ayant donc pas de canaux de diffusion locaux de partager leurs univers avec le public. Le succès est tel qu’il finit par s’exporter en Ouganda et au Rwanda. Il y a trois ans, elle en crée un second, Africa nouveau, un festival multidisciplinaire entre musique, mode, photographie, gastronomie, art en général.

L’album She sorti en mars 2018 est inspiré de figures féminines fortes, empouvoirantes, qui « vivent de vraies choses et qui s’en sortent », que ce soit l’équipe de rugby kényane sur « Squad up », « une femme trans qui affirme son amour et qui s’émancipe des attentes de la société ou comme dans « Suzie Noma », des femmes qui réunissent pour monter une affaire ensemble ou dans « No more » une femme qui quitte son mari violent. » De quoi trouver une vraie caisse de résonance en terme de message, plusieurs mois après le lancement du mouvement #Metoo.

MDQ travaille actuellement sur son prochain projet, un EP ou un album, prévu pour 2019 et se produira également sur la scène des Transmusicales de Rennes la même année.

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#Felafrica : 5 bonnes raisons d’aller à l’Art’Press Yourself festival

Chez L’Afro, nous sommes heureuses d’être partenaires du festival Art’Press Yourself, que nous suivons depuis sa première édition. On vous donne cinq raisons d’y aller cette année.

C’est reparti pour l’APY – pour Art’Press Yourself- ! Le festival afro de l’automne lance sa quatrième édition les  23 et 24 novembre 2018. Thème, intervenant.e.s, artistes… On vous dit pourquoi vous ne pouvez pas le rater cette année. 

Un rendez-vous renouvelé 

Cette année, l’événement prend un nouveau départ après trois éditions, où le concept Art’ Press Yourself mis en place par Laetitia N’Goto et sa team, a été éprouvé. Vous retrouverez toujours un marché de créatrices et créateurs mais attendez-vous à quelques changements. Le festival afro-urbain change de lieu. En 2017, il a eu lieu pour la dernière fois au Pan Piper dans le 11e arrondissement. Désormais, direction Pantin et les Magasins Généraux, où l’équipe organisatrice est désormais installée. Niveau durée, cette année, petit changement. Le festival s’étale, comme l’édition passée, sur deux soirées. Mais là où la fête s’arrêtait à 23h, pour celles et ceux qui prendront le pass week-end, vous pourrez aller faire la fête à la Cosy, enfin s’il reste des places. En deux ans, c’est devenu l’une des soirées les plus courues de Paris. Au programme c’est DJ sets afro et buffet à volonté.

Laetitia N'Goto (c) Demoizelle Coco
Laëtitia N’Goto par Demoizelle Coco

Une édition sous le signe de Fela 

Chaque année, la thématique du festival explore et relie les villes, déploie des atmosphères. Ainsi en 2016, Art’Press Festival faisait un pont entre Paris et la vibrante Johannesbourg, ou plaçait sa troisième édition sous l’égide de l’afrofuturisme. Direction le Nigéria de Fela Kuti, le génial musicien inventeur de l’afrobeat, pour cette quatrième édition. Ce sera l’occasion de revisiter son oeuvre et de se souvenir de l’homme engagé, du musicien novateur, au mode de vie discutable. Un hommage aux vingt-cinq femmes de l’artiste est prévu, durant ces deux jours de fête.

(Re)découvrir des talents
À côté de la trentaine d’exposant.e.s, vous pourrez retrouver Demoizelle Coco. Ses photos sont souvent le résultat d’installations originales et inspirées – se balader sur son Instagram vous donnera un petit aperçu de ce qu’elle sait faire- elle aura pour mission de vous immortaliser, relooké.e.s « à la Fela ». Un « artiste peaufineur » qui travaille le cuir et la peinture présentera ses oeuvres, principalement des masques : Alex Ganglò.

Alex Ganglo

Côté musique, vous pourrez entendre notamment Dani Bumba. À L’Afro, on a déjà eu la chance de l’accueillir pour un mini-concert lors de notre événement sur le traitement médiatique des Afrodescendant.e.s. Vous l’avez peut-être déjà vu à la Nouvelle Star, ou aux côtés de Camélia Jordana et d’autres artistes avec qui il collabore, ou encore sur le net, où il a pris l’habitude de distiller des covers poétiques et originales. Ne le ratez pas si vous ne l’avez jamais encore vu sur scène.

Préparez vos meilleurs pas : il y aura battle de danse ! 

Art’Press Yourself  ne serait pas complet sans représenter tous les arts : mode, musique, arts plastiques et même la danse. Pour la première fois, il y a aura une battle qui promet d’être l’un des moments les plus interactifs des deux jours de festival. Des danseuses et danseurs internationaux.ales seront là pour le « Fela battle dance contest ».

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2FARTPRESSYOURSELF%2Fvideos%2F2223772037835345%2F&show_text=1&width=560

Vous pouvez y aller gratuitement 

Car on vous fait gagner des places ! Pour ça, il suffit de nous écrire sur lafrolesite@gmail.com avec dans l’objet « JE VEUX PARTICIPER A L’APY ». Mais vous pouvez toujours offrir des places à vos proches qui n’ont pas eu la chance d’en gagner en cliquant ici > http://bit.ly/billetterieAPYFEST2018

EVENEMENT – RDV le 28 octobre au Hasard Ludique pour la release party de « Par les damné.es de la terre » de Rocé

Le rappeur Rocébien connu pour son engagement sans faille, sortira le 2 novembre prochain son nouveau projetPar les damné.e.s de la terre, une compilation de musiques engagées du temps des décolonisations et des luttes ouvrières, dont la sortie est prévue le 2 novembre.
Pour l’occasion, L’Afro et le label Hors Cadres organisent la soirée de présentation du projet avec les historien.ne.s qui ont participé au livret et la comédienne Aïssa Maïga, qu’on ne présente plus, et qui évoquera notamment son père, le journaliste Mohamed Maïga, grande figure de la résistance africaine.

On vous donne rendez-vous le dimanche 28 octobre à 16H au Hasard Ludique, 128 avenue de Saint Ouen, 75018 Paris, métro : Guy Môquet.

Au programme :

de 16h à 18h, une discussion suivie d’un échange avec le public avec

Amzat Boukari-Yabara

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©Maonghe M.

Historien et docteur de l’EHESS, Amzat Boukari-Yabara est notamment l’auteur de Africa Unite ! Une histoire du panafricanisme (2014, éditions La Découverte) et de Walter Rodney (1942-1980) : les fragments d’une histoire de la révolution africaine (2015, éditions Présence Africaine) . Militant panafricain, il est également actif au sein de l’organisation Ligue-Panafricaine UMOJA.

Aïssa Maïga

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Source photo : Agences Artistiques

Aïssa Maïga est une actrice de cinéma depuis plus de 20 ans en France. En 2018, elle dirige et publie l’ouvrage collectif Noire n’est pas mon métier où une douzaine de comédiennes afrodescendantes en France partagent leurs expériences et leurs points de vue sur la pratique du métier en France en tant que femmes noires. Elle est également la fille du journaliste malien Mohamed Maïga, proche du président Burkinabè Thomas Sankara, qui a été assassiné en 1987. 

Naïma Yahi

Naïma Yahi Africultures
Source photo : Africultures

Naïma Yahi est historienne et chercheure associée à l’Unité de recherche Migrations et société (URMIS) de l’université de Nice Sophia Antipolis. Spécialiste de l’histoire culturelle des Maghrébins en France, elle est directrice de Pangée Network, organisme faisant la promotion d’une meilleure connaissance des différentes cultures composant la nation française au sein des institutions et des écoles. En 2009, elle est co-commissaire de l’exposition « Générations, un siècle d’histoire culturelle des Maghrébins en France » et en a rédigé le catalogue à La Cité nationale de l’histoire de l’immigration désormais connue sous le nom de Musée National de l’histoire de l’Immigration. En 2013, elle co-dirige l’ouvrage collectif La France arabo-orientale, treize siècles de présence aux côtés de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Yvan Bastaut (éditions La Découverte).

Rocé

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Source photo : Rocé Facebook

Fils du résistant et anticolonialiste Adolfo Kaminsky, Rocé, rappeur indépendant semble avoir l’engagement dans le sang. Il démarre sa carrière dans le rap il y a une vingtaine d’années, a travaillé avec d’autres rappeurs tels que Manu Key de la Mafia K1fry ou encore JP Manova et a su imposer son style et sa vive plume. Cinq ans après avoir sorti son dernier album Gunz N’ Rocé (2013, Hors Cadres), Rocé présente son nouveau projet Par les Damné.e.s de la Terre. Il s’agit d’une compilation de chansons de luttes francophones, rendant hommage à des figures de luttes, de Colette Magny en passant par l’activiste et psychiatre Frantz Fanon, qui a inspiré le nom de l’opus dont la sortie est prévue en novembre 2018.

La journée finira avec une série des dj sets de 18h à 20h30 avec :
– Dj Kwabena NTK – Afro – West Indies – Soul – Hip Hop
– Dj Krimo (Toukadim) – Consciousness – Maghreb – Hip Hop
– Cheetah – Grime – Afrobeat – Afropop – Baile Funk – Hip Hop
– Momo Big Cheese – Soul – Funk – Maghreb

ENTREE LIBRE !

On vous attend nombreux.ses 😉 !

EVENEMENT – Retours sur les temps forts du Fraîches Women festival, live, party… RDV à #lafrorentree2018 le 16 octobre au Petit Bain !

La première édition du Fraîches Women Festival en mai dernier a été un succès grâce à nos crowdfunders !!! Merci pour vos donations, votre présence, votre soutien ! Pour vous célébrer et vous remercier comme il se doit, on revient au Petit Bain le mardi 16 octobre  dès 19h pour une soirée qui s’annonce chaude et pleine de turn up !!!

POUR VOUS RENDRE AU PETIT BAIN > Aller au Petit Bain pour #lafrorentree

On veut vous retrouver et vous présenter nos projets passés et à venir et notamment, en avant-première, le casting de la seconde édition de notre projet photo Fraîches Women !

L’entrée est libre. On vous attend nombreux.ses pour fêter la rentrée avec nous. Confirmez votre présence par mail en nous indiquant « moi + » le nombre de personnes avec lesquelles vous viendrez ;). Vivement !

Au programme :
19h30-20h30 : projection des vidéos du festival, présentation en avant-première du shooting n°2 des Fraîches Women.
– 21h : LIVE de Jeannie

Elle se destinait au journalisme, mais après son diplôme, c’est dans la musique que Jeannie se jette corps et âme.
Deux singles plus tard, elle dévoile son premier EP : NINJA. Jeannie bouscule les codes du r’n’b des années 2000, dont elle aime s’inspirer.
Les productions ciselées pour sa voix captivante lui permettent de s’exprimer avec conviction sur l’estime de soi, la séduction, les relations amoureuses et la singularité des femmes noires.
22h – minuit : DJ set de Jennifer Padjemi

Jennifer Padjemi
Source photo : https://jenniferpadjemi.com/

Vous l’avez sans doute lu longtemps sur BuzzFeed. La journaliste lifestyle Jennifer Padjemi continue de rendre la presse plus inclusive et féministe en prêtant sa plume à Glamour, O le mag. Co-créatrice de la newsletter What’s Good, bien tenue avec Mélody Thomas, elle vient de lancer son podcast « Miroir miroir » qui questionne les standards de beauté avec des invité.e.s de qualité.

Femme de goût, déjà présente derrière les platines pour les un an de L’Afro, elle vient pour mixer souple, cool en conclusion d’une soirée qu’on vous promet inratable !!!

Vous pouvez écouter « Miroir miroir » ici : https://soundcloud.com/miroir-miroir/grossophobie-sexcuser-dexister

Tout au long de la soirée, exposition de l’artiste Estelle Prudent

autoportrait
©Estelle Prudent

« Artiste queer racisée, je questionne la représentation de ma communauté en France. Pour moi, le terme QUEER est un superpouvoir. Il résulte des forces élévatrices émancipatrices, de nos peaux, corps, sexualité, genre, identités… face à ce qui se définit comme étant la norme. Il est déterminant pour moi de ne pas entrer dans une fabrication du réel mais de rendre compte de ce qui existe déjà et qui n’est pas mis en avant. À force de représentations biaisés, manipulées, je tente par mes moyens de donner la possibilité de mettre en place des représentations faites pour nous et par nous. Ces représentations s’accordent de manière sincère et authentique vis-à-vis du vécu des personnes concernées au travers de nos vies, nos réalités, nos difficultés. »

Pour découvrir son travail : http://www.estelleprudent.com/

 

MUSIQUE – Dadju, Roga Roga, Serge Beynaud … la playlist qui enjaille la Côte d’Ivoire par Dj BDK (Trace)

ENJAILLEMENT – Dj et même Vj de Trace Côte d’Ivoire, il fait partie de celleux qui ambiancent dans les boîtes de nuit abidjanaises, faisant naviguer le public entre nostalgie avec des classiques et fraîcheur avec les derniers tubes allant du zouglou, au coupé-décalé en passant par du rap et du r&b. Il a accepté de nous concocter une sélection des morceaux qui font vibrer la Côte d’Ivoire actuellement.
Il a commencé à mixer en 2004 en direct de sa chambre pour se faire la main. Jusqu’à ce qu’une radio locale commerciale de l’époque à l’audience non négligeable lui réserve une tranche horaire et hebdomadaire le samedi après-midi. Aujourd’hui, il est une référence des nuits abidjanaises. A l’écoute de ce qui parle musicalement et sur les pistes de danse aux Ivoirien.ne.s en ce moment, en voici un échantillon.

Safarel Obiang – « Grattanhou »

Dadju – « Ma fuzzy style »

StarBoy feat Wizkid, Ceeza Milli, Spotless, Terri – « Soco »

Kerozen feat Serge Beynaud – « ça dépend de toi »

Olamide – « Science Student »

Shado Chris, Locko – « Kitadi »

Roga Roga – « 242 »

Serge Beynaud – « Babatchai »

Singuila – « Faut pas me toucher »

(Crédits photo = Adriel BOKA)